Les derniers avis (92 avis)

Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Celui qui ressemble à un lapin (Zzzwük)
Celui qui ressemble à un lapin (Zzzwük)

Ah mais c'est franchement très sympa, ça ! Sorti de l'esprit (un brin bordélique) de James il y a quelques années, cet album regroupe un certain nombre de gags en une ou plusieurs planches , avec une sorte de lapin comme personnage principal. On suit ses péripéties, de sa naissance à son destin, à la recherche des plaisirs de la chair et de la jouissance de la vie. C'est très inventif, assez drôle la plupart du temps, même si un peu réchauffé parfois. Boris Mirroir semble s'être bien amusé, ça se sent dans son dessin, un brin halluciné mais tellement expressif. Ca ressemble un peu à une sorte de pari potache des deux auteurs plutôt qu'à un véritable projet éditorial. On notera dans la nouvelle édition une galerie d'hommages faits par d'autres auteurs, vraiment sympathique. On passe un vrai bon moment.

15/05/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série La Grande évasion - Diên Biên Phu
La Grande évasion - Diên Biên Phu

J’ai adoré me perdre dans la bataille de Diên Biên Phu, sanglant épilogue de la guerre d’Indochine. Un cauchemar pour l’armée française. C’est surtout la fin de la présence coloniale française en Asie et c’est aussi la guerre du Vietnam qui s’annonce. L’atmosphère cauchemardesque est bien là. La colorisation est juste magnifique. Le côté abominable et ignoble de cette guerre est excellement restitué. Le trait d’Erwan Le Saec est juste et précis. Visuellement c’est du grand art. J’ai l’impression d’être sur le champ de bataille. Les balles fusent. Les obus tombent de toute part. Le scénario tout en s’appuyant sur des faits réels, relate l’histoire d’un petit groupe de soldats qui tente de percer les lignes ennemies. Un moyen de rappeler que ce fut la bataille la plus longue, la plus furieuse, la plus meurtrière de l’après seconde guerre mondiale et l’un des points culminants des guerres de décolonisation. L’évasion de ces combats terribles ne fut malheureusement possible que pour une poignée d’entres eux. L’approche m’a séduite. J’ai apprécié que les auteurs ne s’attachent pas à un personnage particulièrement. La mise en avant de valeurs comme la bravoure, le courage, le sacrifice ou encore l’héroïsme est bien vu. Un album bouleversant au final que je vous invite à découvrir.

14/05/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Aldébaran
Aldébaran

Kim et Marc sont des personnages attachants et toujours en action. Pas de temps mort ! Ils évoluent dans des paysages superbes aux couleurs franches… Cette série cumule pas mal de défauts qui auraient dû me rebuter mais par un phénomène étrange, après quelques pages de lectures, j’ai trouvé l’histoire captivante ! Je viens de relire le premier cycle, et il n’a rien perdu de ses qualités. Côté défauts : il y a d’abord les positions très figées des personnages aux expressions ahuries, bouches ouvertes, il y a aussi les dialogues, plus que mièvres quand il s’agit des rapports amoureux naissants entre adolescents aux sourires idiots. Côté plus : un scénario très bien écrit, sans temps morts, un rythme actif pour un récit fluide, au découpage impeccable. Les personnages n’ont pas tous un intérêt équivalent. Kim est la plus passionnante, la plus forte, la plus mûre et en miroir Marc, qui est en sorte l’inverse de Kim. A cela s’ajoute une critique politique d’un régime totalitaire aux excès d’autorité sans surprise mais qui donne un contexte et une profondeur assez intéressante à l’histoire. Quant à la Mantrisse, le fil rouge mystère de l’histoire, Léo laisse planer le doute sur son caractère bénéfique ou maléfique. Et c’est cette incertitude qui donne toute sa dimension au récit. Moralité : ne pas se fier à la simplicité et à la naïveté apparente de l’histoire…

14/05/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Il était une fois en France
Il était une fois en France

Une lecture captivante, émouvante et instructive. L'histoire de Joseph Joanovici, dont je ne savais rien, elle est romancée mais les faits principaux sont réels. Et c'est là tout le talent de Fabien Nury, un subtil mélange de fiction et d'Histoire. Un homme parti de rien qui deviendra milliardaire. Une narration non linéaire qui nous fait découvrir le destin hors norme de cet homme, à différentes périodes de sa vie. Le côté historique du récit est retranscrit de façon pointilleuse, et j'ai particulièrement apprécié la partie sous l'occupation allemande, avec toute l'ambivalence des personnages et la chasse aux sorcières qui s'en est suivi. Les mots ambiguïté et énigmatique prennent tous leurs sens pour Joseph Joanovici. Tantôt une ordure, tantôt un "héros". Chacun aura sa propre idée sur ce personnage. Sylvain Vallée a fait un travail de fou, on est plongé de plain pied dans cette France : d'entre deux guerres, d'occupation puis d'après guerre. Des personnages aux décors, il en émane une authenticité à chaque page. Pour preuve les deux publicités pour Suze et Picon dans les deux premiers tomes, deux apéritifs que j'apprécie mais avec modération. Du bel ouvrage. Évidemment, je recommande.

14/05/2022 (modifier)
Par Ollash
Note: 4/5
Couverture de la série Encyclomerveille d'un tueur
Encyclomerveille d'un tueur

L’Encyclomerveille d’un tueur est une très belle bande dessinée. Nous suivons un orphelin dans son étrange apprentissage au cimetière. L’histoire se déroule en Martinique, où le jeune garçon découvre la face cachée du cimetière où il travaille avec le fossoyeur, son « père adoptif ». Les dessins sont incroyables ! Les couleurs sont douces tout en étant vives. Nous retrouvons tout du long à peu près les mêmes tons ce qui crée une jolie harmonie. Les pages dénudées de cases sont exceptionnelles, je dirais même grandioses. Nos yeux se baladent de partout, du fait que l’on trouve toute une panoplie de détails. Par exemple, par moment en fond, hors des cases nous pouvons apercevoir les brouillons qui ont été faits pour la création de cette BD. Les personnages sont sympathiques, voire certains sont même drôles - je parle de Hamlet - et sont très bien dessinés. Le fossoyeur porte vers la fin une incroyable tenue, très complexe. Pour conclure, j’ai apprécié la lecture de cette BD, qui est très bien dessinée et qui possède une histoire intéressante qui mêle magie et mystères. Mais je trouve qu’il manquait un petit peu d’action. Je suis déçu d’apprendre que la saga n’est pas renouvelée. Je me contenterai de ce premier tome qui est réussi. =)

12/05/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Seizième printemps
Seizième printemps

Voilà un album jeunesse qui aura su me conquérir et se révéler d'une grande justesse en abordant un sujet difficile. Yeowoo est une jeune renarde de 5 ans quand ses parents décident de divorcer. Son père l’emmène s'installer temporairement chez son grand-père et sa tante qui habitent ensemble. Mais le "temporaire" va s'éterniser et c'est finalement jusqu'à ses 16 ans que Yeowoo va devoir vivre là-bas. Sa mère ne donnera pas signe de vie et son père lui promet entre chaque visite toujours plus espacée de la ramener "bientôt"... Yeowoo fait chèrement payer à son entourage ces sentiments d'abandon et d'injustice et c'est grâce à Paulette, (une poule rejetée par les siennes par ce qu'elle ne pondait pas) venue s'installer à côté du grand-père de Yeowoo que cette dernière va petit à petit apprendre à vivre et grandir malgré tout. Si le dessin de l'autrice Yunbo qui fait très "album jeunesse" ne m'inspirait pas de prime abord, c'est grâce à son récit très bien construit que je suis rentré petit à petit dans un album qui se révèle au final très complet et subtil. Les sujets abordés, qu'il s'agisse du rejet, de l'abandon, de la différence, le sont de manière intelligente, sans être pédant ou didactique. Les personnages sont d'une rare justesse et on finit par se laisser porter par ce récit et cette relation singulière qui va se tisser entre Paulette et Yeowoo. Le contraste entre cette colère sourde de Yeowoo qui ne demande qu'à exploser et ce graphisme animalier "enfantin" très poétique est surprenant, mais l'équilibre trouvé par l'autrice est redoutable et force l'admiration : parti dans cette lecture plus par curiosité que par conviction j'en suis sorti conquis. Un album à découvrir et une autrice à suivre !

12/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Spirou de Tarrin et Yann - Le Tombeau des Champignac
Le Spirou de Tarrin et Yann - Le Tombeau des Champignac

Messieurs Yann et Tarrin nous entraînent-ils dans une aventure qui en cache une (des) autre(s) ? J'ai un peu tendance à le penser. Ce troisième opus d'une aventure de Spirou par des auteurs extérieurs revient à du grand classicisme à l'ancienne. Le dessin de Tarrin ne choque sûrement pas les amateurs de la série mère. Seule Seccotine, pratiquement l'héroïne principale, prend un coup de lifting rajeunissant et dynamisant. Je trouve les décors et les couleurs très agréables et soignés, je me croirais presque revenu à l'époque Franquin. (Je n'avais pas lu les autres avis et ne connaissais pas la pub des éditeurs avant mon avis) Le scénario de Yann est aussi en droite ligne de ce que nous aurions pu lire il y a plusieurs années. J'aime bien le travail de Yann dans les séries dérivées de Thorgal et je retrouve ici un scénario que je pense bien construit et très coquin. Je fais deux remarques. Tout d'abord Yann aime à jouer sur la sexualité du héros principal. J'avais fait une petite remarque dans Les Mondes de Thorgal - Louve et ici aussi il place des passages équivoques et amusants entre Spirou et Seccotine. Pour finir j'ai eu le sentiment que les auteurs s'amusaient à un hommage détourné non pas de Spirou mais de son concurrent le plus prestigieux avec cette crypte dans un château, une chasse au trésor, une momie d'une autre civilisation et un voyage en Himalaya. Seccotine travaille-t-elle pour le petit vingtième ? Je trouve cela très amusant.

12/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Imbattable
Imbattable

Quelle fraicheur ! C'est pas prétentieux et diablement inventif ! Voilà un petit univers où l'on se sent bien. La créativité constamment renouvelée en fait un peu un Julius Corentin Acquefacques mais abordable par tout le monde, avec un petit côté peps coloré en plus ! C'est imbattable !

11/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Dernier Atlas
Le Dernier Atlas

Wow wow wow Alors ça, je m'y attendais pas. Il est rare que le scénario soit au dessus du dessin (qui est très bon). Cette bd c'est un thriller ! Un roman, graphique, thriller, dystopique (les dystopies sont souvent négatives...) C'est vraiment très bien écrit, il y a un rythme, une narration, du chien ! Et surtout, c'est très original. Les personnages dans leur ensemble, sont crédibles, divers, bien campés, originaux, cohérents. Leurs chemins se recoupent par fils scénaristiques habiles. Il y a une relecture de la société, actuelle, en devenir, en dystopie qui fait un peu flipper tout le monde. Ce qui pourrait être mon seul mini bémol : je suis une petite flippette et cette bd m'a légèrement angoissée à la lecture (en même temps c'est un "thrilleur dystopique") et quelques scènes gores pour moi. La partie "science fiction" est très bien gérée, ce qu'il faut, intriguante. L'idée des robots atlas est géniale. La dystopie avec l'histoire française et algérienne est je trouve assez fine, et constitue une trame de fond bien dosée, qui rajoute du corps à l'ensemble. Bref ça fonctionne à merveille. C'est intelligent, dense, rythmé. Une bd assez rare, j'ai hésité avec les 5 étoiles. Vivement recommandée.

11/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Seules à Berlin
Seules à Berlin

Juncker a déjà produit plusieurs albums dans lesquels il était parvenu à mêler habilement petite et grande histoire (je pense par exemple à Malet et j’avais déjà vu son talent pour montrer en quelques touches l’horreur de la guerre dans Le Front). « Seules à Berlin » est un peu la synthèse de ces deux aspects. L’intrigue se déroule dans le chaos et l’horreur de la fin de la seconde guerre mondiale à Berlin, dans les derniers jours d’avril et les premiers jours de mai 1945. Deux femmes vont se croiser. Ingrid, une Allemande promise aux viols des soldats de l’Armée rouge, qui survit dans les caves ou dans les bras de soudards. Et Evgueniya, une jeune traductrice du NKVD, plutôt anticonformiste. Avec une économie de moyens (peu de texte, décors et personnages peu détaillés), Juncker arrive à montrer l’horreur de la situation, mais aussi les fragilités, les fêlures des êtres. Et la possibilité, malgré tout, de rester humain (la dernière image, qui apporte couleur et liberté à Ingrid, se révèle là aussi simple et efficace, forte). Une pagination importante, mais l’histoire se lit vite, d’une traite, il n’y a pas de temps mort. Juncker a réussi là un bel album, parvenant même à glisser dans ce décor apocalyptique quelques touches d’humour, lorsque le supérieur d’Evgueniya, sur ordre de Beria et Staline, cherche à mettre la main sur le cadavre d’Hitler.

11/05/2022 (modifier)