Les derniers avis (3 avis)

Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Egon Schiele
Egon Schiele

Il est important de ne pas confondre l'œuvre avec l'auteur, proclame la néo-herméneutique. Nous sommes face à une biographie romancée et critique qui ne cache pas les aspects les plus désagréables d'une personnalité égocentrique et auto-martyrisée. Je pense que le plus intéressant dans le récit est la rencontre avec Klimt et sa relation de rivalité mimétique. Au niveau du dessin et des couleurs, je pense que Coste a fait un bon travail. Ce n'est pas attrayant au premier contact, mais cela finit par correspondre, sans copier servilement, à l'esprit de la vie et de l'œuvre de Schiele, un Klimt moins décoratif et plus sombre. Mais je recommanderais surtout la contemplation des peintures en direct. Chose que j'ai faite, encore jeune, allant exprès aux musées Albertina et Belvédère de Vienne. À cette époque, j'admirais incontestablement l'art du peintre. En plus de la peinture érotique, il fut un grand portraitiste (au-delà des autoportraits) et paysagiste (tant la nature que la ville). Souvent, je me suis demandé comment son œuvre aurait évolué s'il n'était pas mort à 28 ans. Comme le dit Xavier Coste à la fin, «tant de tableaux qui n'auront pas été peints».

04/05/2026 (modifier)
Couverture de la série November
November

Un polar très sympathique. L’histoire en elle-même se laisse lire, mais c’est surtout la « mise en scène » qui la fait sortir du lot et rend relativement prenante l’intrigue. En effet, c’est assez « déconstruit » au départ, avec ces personnages (féminins surtout) qui ne se connaissent pas et sur lesquels on nous livre au compte-gouttes quelques infos, jusqu’à ce que leurs trajectoires se croisent et que l’histoire prenne corps et sens. J’ai quand même eu un peu de mal au début à saisir ce qui se passait et qui était qui. Même si ça s’éclaire au fur et à mesure, c’est un petit bémol me concernant. Surtout que pas mal de scènes sont « revues », vécues sous différents angles en fonction des protagonistes. A ces allers-retours et multiplications d’angles de vue s’ajoute le travail graphique, lui aussi s’écartant du gaufrier classique. De grandes cases alternent avec plein de toute petites. Et la colorisation, volontairement tranchée, parfois terne, donne une patine un peu vintage intéressante. L’ensemble est assez noir, même si la fin offre une respiration et presque un happy-end. Le personnage de Dee reste quand même jusqu’au bout un peu nihiliste et paumé. Un petit polar plaisant, dynamique, dont les deux tomes se lisent relativement vite. Note réelle 3,5/5.

04/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Ce soir c'est cauchemar
Ce soir c'est cauchemar

Depuis quelques années, les éditions Cornélius ont entrepris de rééditer toute l’œuvre de Nicole Claveloux. Ils poursuivent leur travail avec cet album inédit. Comme à leur habitude ils le font très bien, avec un très beau travail éditorial, qui met en valeur une histoire très originale. Dans ce récit, nous entrons dans le cerveau endormi de l’auteure, pour pénétrer au cœur de ses rêves. Mais rêves et réalité se mélangent. Comme se mélangent propos réalistes et décors et situations quasi surréalistes. Durant son sommeil, le subconscient de Claveloux est très animé. Les très nombreux personnages se partagent l’animation, la mise en fonctionnement de ce qui pourrait s’apparenter à une petite entreprise, qui subit une sorte de « contrôle de gestion », de la part de Charles Chaposec, qui exige logique et raison, singulièrement éloignés du mode de fonctionnement d’autres personnages. Claveloux penche nettement vers ceux qui apportent imprévus et magie aux rêves (comme Loïc Lalune): l'imagination doit garder le pouvoir ! La plupart des cases sont très chargées. D’abord avec un texte très abondant (c’est un peu ce qui m’a parfois gêné, c’est parfois indigeste – même si finalement ça passe). Mais surtout avec ce dessin, qui mélange personnages humains et animaliers, avec des décors très riches (qui font penser parfois à ceux du Douanier Rousseau), avec une multitude de détails en arrière-plan. Se chargeant elle-même de la colorisation (couleurs peintes avec des encres à eau), Claveloux nous propose ici quelque chose de très réussi, prouvant qu’à son « grand âge » elle n’a pas perdu la main. Si le récit est parfois difficile à suivre, il est néanmoins plaisant à lire, et très original, avec une partie graphique que j’ai vraiment beaucoup aimée.

04/05/2026 (modifier)