Les derniers avis (9 avis)

Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Après l'orage (Cremers)
Après l'orage (Cremers)

Une BD lente sur un choix à faire dans sa vie. La BD commence par l'arrivée de Hélène, une femme d'une quarantaine d'années, chez ses parents. Sa mère a Alzheimer, son père est un peu artiste. La pluie commence à arriver et couper les routes. Elle doit rester pour la nuit. Et puis les questions essentielles arrivent, les discussions importantes aussi ... La BD est lente, franchement lente, laissant le temps au propos de se développer. Certaines choses prennent sens dans la durée, jusqu'à certains moments clés et souvent muets. On comprend sans avoir besoin de texte pour nous souligner les choses, ce qui est franchement bien, d'autant plus pour un récit intimiste qui raconte les difficultés que traverse cette femme, et notamment la question de la prise de conscience qu'elle doit faire. Le tout est enrobé dans une histoire de pluie torrentielle et d'eau qui monte. Je ne sais pas trop de quand date l'idée de la BD mais ça m'a fait penser à ces inondations catastrophiques qui ont dévastées la Belgique en 2021. Cette idée introduit quelque chose d'inquiétant, une sorte de métaphore de tout ce qui remonte progressivement et nous isole des autres, mais aussi un refoulement d'émotion qui monte et gagne tout, dévastant nos vies jusqu'à un lever de soleil métaphorique sur une nouvelle étape de la vie. Hélène est une femme meurtrie, qui doit reconnaitre ses échecs et la réalité de ce qu'elle vit, forcée de rester chez ses parents qui sont gagnés par la maladie également. Le tout est servi par un dessin étrange, avec des têtes que j'ai trouvé trop fixe pendant un long moment avant de comprendre que c'était une volonté de l'auteur, puisque Hélène va progressivement changer de tête et se dérider, tout en s'ouvrant aux autres. L'air hautain est une défense qu'elle adopte pour survivre. En fait, en écrivant l'avis, j'ai un meilleur souvenir que la première impression que j'avais en écrivant l'avis. C'est une BD qui reste simple dans son déroulé, lent mais pas chiant, avec un rendu final plutôt tendre. Je vois quelques défauts, dont le principal selon moi est la disparition des parents étrangement fantastique. Je comprend que c'est une façon de continuer la métaphore du récit, mais cette disparition est si brusque et irréelle (presque irréaliste) qu'elle fait un peu tâche face au reste du récit qui est très réaliste. Cependant, en dehors de cette note que j'ai trouvé de trop, le reste est franchement bien tenu et arrive à me marquer plus que je n'aurais cru. En fin de compte je serais plus modéré dans ma note et mon avis, enclin à vous conseiller cette BD finalement.

02/04/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Helen de Wyndhorn
Helen de Wyndhorn

Je note large pour le dessin superbe et l'enthousiasme qui m'a porté tout au long de ma lecture, dans une ambiance parfaitement orchestré entre son hommage et son propos. Parce que cette histoire est avant tout un bel hommage à la fantasy pulp des années 30, clairement inspiré de la vie de Robert E. Howard et son célèbre Conan, mais pas seulement puisqu'il y a aussi l'esthétique renvoyant au comics pulp, notamment l'héroïne qui rappelle pas mal Red Sonja. C'est une surtout cet hommage qui se ressent, mais l'esthétique de la BD en envoie plein les mirettes, entre les couvertures magnifiques, le dessin coloré et rappelant les bons vieux designs de fantasy héroïque de ces années-là, sans jamais faire dans le plagiat ni dans la reprise sans originalité. Le dessinateur s'est fait plaisir en mélangeant différents styles visuels, chacun absorbé et digéré, jamais saugrenue. C'est clairement une maitrise de sa part, avec la combinaison de tout ce qu'il veut référencer suffisamment bien mélangé pour qu'on ne voit pas uniquement là quelque chose de forcé. Ce dessin est un excellent point, si ce n'est le meilleur, de cette BD. Pour autant, la BD n'est pas en reste sur l'histoire, prenante jusqu'au bout. C'est une histoire qui démarre doucement, avec cet interview d'une vieille femme par un type que je pensais plus important qu'il ne l'est finalement. Mais très vite, on comprend que ce sera une histoire scindée en deux parties : la narration de cette vieille femme, entrecoupée des cassettes enregistrées qui voyagent de propriétaire en propriétaire. Le tout est entrainant avec l'introduction progressive de ce monde de fantasy débridé, sans règles et qui ne se laisse jamais cerner ou appréhender totalement. L'histoire reste celle de cette gouvernante qui n'y va jamais, se contenant de tenir le rôle qu'on lui a donné tout en acceptant parfois de sortir de celui-ci pour obliger quelqu'un à se bouger. Le seul défaut que je vois à cette histoire est là toute fin, qui semble montrer l'importance de ces histoires certes mais qui se finit sans réellement avoir de point final. C'est dommage, même si je comprends la portée de ce message : les histoires comme celles-ci ne s'arrêtent jamais et leurs héros vivent encore à travers nous. Cependant, je trouve que la fin est abrupte, pas spécialement marquante et peut-être un peu trop cryptique. La dernière planche semble vouloir dire quelque chose mais je n'ai pas compris quoi. Bref, la BD est riche visuellement et franchement intéressante, prenante dans un récit épique mais aussi intime. C'est franchement bon, avec un dépaysement qui fait plaisir et me donnerait envie de revoir cette fantasy grand spectacle, débridée, s'autorisant tout et n'importe quoi pour faire rêver et proposer une inventivité de chaque instant. Bref, j'ai passé un excellent moment de lecture même si la fin m'a un peu déçu. Donc lecture conseillée !

02/04/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Quand je ne serai plus là
Quand je ne serai plus là

3.5 Un one-shot touchant qui mets en lumière ce qui risque d'arriver lorsqu'on devient un laisser pour compte dans la société japonaise, que l'ont soit un humain ou un animal et malheureusement c'est une situation tellement universelle que n'importe quel lecteur dans le monde pourrait retrouver des problèmes de sa propre société. Alors on suit l'histoire d'un vieux qui vit en situation précaire et seul depuis la mort de sa femme. Le seul autre être vivant dans sa vie est sa vieille chienne et lorsqu'il apprend qu'il a une tumeur, il va tout faire pour que sa chienne ne soit pas abandonnée après sa mort. C'est un récit plein d'émotions (il y a une scène qui va faire pleurer à coup sur les amateurs de chiens !) sans qu'on force trop dans le mélodrame. Je n'ai jamais eu l'impression que l'auteur voulait absolument que je pleure même dans les scènes qui sont clairement fait pour que je ressente des émotions. Hormis peut-être une ou deux coïncidence un peu grosse, ce qui est arrive à ce pauvre vieux et à sa chienne est crédible et on a bien de la peine pour eux. Le récit est captivant et comme c'est un one-shot le scénario n'est pas inutilement étiré. Le dessin est du réaliste comme je l'aime dans les mangas, il y a un peu de dynamisme et ce n'est pas du tout figé.

01/04/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série La Reine des pantins
La Reine des pantins

Ne vous l'avais-je point dit que Rosalia Radosti était une artiste - complète - à surveiller. Voir mon avis sur Sauvage (Rosalia Radosti). Elle commence tardivement sa carrière d'autrice à l'âge de 33 ans. Auparavant elle travaillait dans une troupe de théâtre, et cette période l'a profondément marquée. Si je vous en touche deux mots c'est que le théâtre va avoir une place centrale dans ce conte cruel. Assoyiez-vous confortablement dans votre fauteuil et attendez que le rideau s'ouvre sur la scène où va se jouer le destin de Jacques et Jacqueline. Jacques est un petit garçon frêle à l'allure androgyne, il se casse le dos en travaillant aux champs. Jacqueline est une jeune fille qui rêve de devenir reine, elle est entourée de cinq saltimbanques, ils vont partir à la recherche d'une robe magique. Je disais donc un conte cruel, il aborde des thèmes actuels tel que l'identité de genre (on comprend très vite que Jacques et Jacqueline ne sont qu'une seule et même personne), le droit d'être différent et de s'accepter tel quel, mais aussi à des degrés moindre, les violences familiales et le fanatisme religieux. Et l'amitié ! Une narration atypique, rendant hommage au sixième art, puisqu'elle se calque sur une pièce de théatre une grande partie du récit. On va suivre une succession d'actes mettant en scène Jacqueline dans un univers teinté de fantastique. Des actes séparés par de courts intervalles mettant en scène Jacques et sa vie de labeur. Sur les dernières planches les deux histoires vont se rejoindre pour n'en former plus qu'une jusqu'au dénouement tragique. Une lecture touchante grâce à ces deux petits êtres attachants et cherchant une vie meilleure. Un bémol tout de même, et là je me rallie à Ro, certains phylactères ne sont pas toujours évident à suivre. Gênant. Je suis encore sous le charme du dessin de Rosalia Radosti. Un trait fin, méticuleux et très expressif. Un colorisation différente suivant les personnages, elle est grisâtre lorsqu'il s'agit de Jacques et lumineuse dans les tons pastel pour Jacqueline. Un contraste qui dissocie le monde réel du rêve. J'ai aimé le soin apporté aux petits détails qui nous plonge de plain-pied au XVIIIe siècle. Une mise en page aérée qui permet de profiter du talent de cette autrice italienne que je vous conseille de découvrir. On peut fermer le rideau.

01/04/2026 (modifier)
Couverture de la série Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)
Un polar à Barcelone (Je suis leur silence)

Voilà une lecture plaisante. Un polar qui ne paye pas de mine, où il n’y a finalement pas beaucoup d’action, mais qui est à la fois prenant et plein de peps. Car la narration est très dynamique, à l’image de l’héroïne, Eva, une jeune psy un peu déjantée qui se transforme en enquêtrice « hors norme ». L’aspect polar n’est pas hyper original (une histoire d’héritage, de magouilles qui refont surface, dans une famille de la grande bourgeoisie barcelonaise), mais son traitement primesautier, très frais rend la lecture très agréable. Et l’héroïne, elle aussi très « naturelle » (voir la façon avec laquelle elle distille certaines infos au psychiatre sensé l’évaluer) est pour beaucoup dans la fluidité de la lecture. Le dessin de Lafebre est simple, sans être minimaliste. Il est en tout cas, avec une économie de moyens, très expressif (en particulier pour les bouilles des trois femmes, qui accompagnent Eva en pensée). Un chouette album. Rien d’exceptionnel, mais un bon moment de détente assuré. ******************* J'ai découvert sur le tard que ce que je croyais n'être qu'un one-shot se transformait en une série d'histoires indépendantes. Je ne sais si c'est une bonne idée. Enfin bon, j'ai lu cet "Ange perdu". Il est sur la lancée du précédent album, on y retrouve les mêmes personnages, les mêmes tics (la personnalisation des "voix intérieures" de l'héroïne - héroïne toujours aussi désinvolte et borderline, énervante et attachante, probablement insupportable quand même). L'intrigue est un chouia plus originale que dans le précédent opus, mais est quand même secondaire. Tout est encore misé sur Eva et sa relation aux autres, au monde. Un personnage lunaire auquel quelques situations et dialogues amusants donnent un certain peps. Une série sans prétention, mais la lecture est toujours plaisante.

06/04/2024 (MAJ le 31/03/2026) (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Wax paradoxe
Wax paradoxe

Je suis tombé sur cette BD dont le sujet m'a immédiatement interpelé : le wax ! Le fameux tissu "africain" dont on fait les chemises et les boubous. Or, je suis grand amateur de Wax ! Si cette BD est sortie opportunément pendant une exposition parisienne précisément consacrée au Wax (c'est même une commande), elle ne passe pas à côté de son sujet. La jeune autrice Justine Sow, métis de père guinéen, et dont il s'agit de la première BD, livre même une bonne histoire qui ne fait pas l'impasse sur l'émotion. En effet, elle livre quelques souvenirs familiaux poignants, et surtout comment elle niait sa propre situation. Comment aussi elle a subit le racisme invisible, y compris de la part de sa très proche famille. Tout cela est bien fait. L'intro pose parfaitement le cadre, et le rendu documentaire est distillé en parallèle de l'histoire familiale. Le dessin remplit parfaitement sa fonction, et on apprend des choses étonnantes sur le fameux tissu. On regrettera simplement une fin abrupte, ainsi que la fugacité des scènes de famille, certes concentrées autour d'anecdotes et de dialogues bien choisis. L'ensemble manque d'un poil de percussion, d'où un côté un peu froid peut-être. Perso, j'aurais aimé quelque chose de plus investi d'autant qu'il y avait largement matière à le faire.

31/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Beta Ray Bill - Etoile d'argent
Beta Ray Bill - Etoile d'argent

Beta Ray Bill : Étoile d’argent est une véritable claque visuelle et émotionnelle. Daniel Warren Johnson livre ici une œuvre profondément personnelle, où l’action cosmique sert avant tout une histoire intime sur la perte, l’identité et la reconstruction. Le récit suit Beta Ray Bill, personnage souvent sous-estimé de l’univers Marvel, dans une quête presque désespérée pour retrouver ce qu’il a perdu. Mais derrière les combats spectaculaires et les voyages interstellaires, c’est surtout un récit mélancolique sur l’acceptation de soi. Le héros, brisé et en quête de sens, devient incroyablement humain malgré son apparence. Graphiquement, c’est exceptionnel. Le trait de Johnson est brut, nerveux, presque sauvage, mais toujours lisible et d’une puissance folle. Chaque planche déborde d’énergie, que ce soit dans les scènes d’action ou dans les moments plus introspectifs. Ce qui marque vraiment, c’est l’équilibre parfait entre grand spectacle et émotion sincère. L’histoire ne se contente pas d’être épique, elle touche juste. Un comics à la fois spectaculaire et profondément touchant, qui prouve que même les héros les plus “cosmiques” peuvent raconter des histoires très humaines.

30/03/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Minuit Passé
Minuit Passé

C'est d'abord la couverture, magnifique, qui a attiré mon attention. Et m'a hanté, un moment, avant que je lise finalement cet album. Tout cela pour une histoire de hantise, que l'on pourrait peut-être qualifier de classique, de déjà-vu, de superficielle. Mais pour ma part, j'ai été totalement embarqué dans cette histoire. D'abord séduit par le style, très mature à mon goût, franchement élégant, avec notamment ces enluminures sur certaines cases. Dans le choix de l'époque et du style architectural et vestimentaire, que je qualifierais de post-victorien, avant de constater, à la toute fin de l'histoire, que nous sommes finalement dans les années 1920. Un cadre pour un duo un peu inhabituel, un père (aux allures androgynes) et son fils, dans une immense demeure remplie d'histoires, d'odeurs, de présences invisibles. Cette hantise qui se dévoile peu à peu, d'abord à peine esquissée, puis de plus en plus évidente, à mesure que le père se souvient de son enfance. Cette étrangeté, savamment dosée, m'a tenu en haleine durant les 200 pages de l'album. J'ai bien aimé en particulier l'arc concernant les trois corneilles. C'est le genre d'album dont on sait qu'on a adoré, sans pouvoir vraiment exprimer la raison de ce sentiment. Pour les amateurs et trices de romantisme, de maisons hantées...

30/03/2026 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série La Véritable Sexualité débridée des animaux
La Véritable Sexualité débridée des animaux

La véritable sexualité débridée des animaux se présente comme un petit manuel de vulgarisation scientifique déguisé en BD humoristique, qui raconte les spécificités parfois très surprenantes de la sexualité d'espèces animales très diverses. Chaque planche se concentre sur une espèce et ses pratiques reproductives, avec des explications claires, concises et basées sur des faits réels, le tout illustré de manière accessible et efficace. Ce n'est pas forcément une BD à mourir de rire. J'ai tout de même ri à plusieurs reprises, grâce à quelques bonnes mises en scène et certaines chutes bien trouvées, mais l'humour reste globalement assez classique. En revanche, là où l'album fonctionne vraiment bien, c'est dans sa dimension instructive. J'ai appris beaucoup de choses, souvent surprenantes, parfois franchement déroutantes, sur des comportements animaux dont je n'avais absolument pas idée. Et c'est clairement ce qui fait tout l'intérêt de la lecture : cette accumulation d'anecdotes aussi improbables que fascinantes. Entre la baudroie et ses mécanismes de reproduction complètement hallucinants, ou cette femelle acarien qui naît directement enceinte, il y a une quantité de cas incroyables et marquants. Ce sont typiquement le genre d'informations que je retiens et que je ressors facilement ensuite. Plus qu'une BD humoristique pure, c'est surtout un excellent réservoir d'anecdotes à raconter. Si l'objectif est de briller en société, lancer des discussions improbables ou simplement épater son entourage (voire sa femme), l'album remplit parfaitement son rôle. C'est ludique, instructif, souvent étonnant, et suffisamment bien rythmé pour ne jamais devenir ennuyeux. Note : 3,5/5

30/03/2026 (modifier)