Les derniers avis (19 avis)

Couverture de la série Oh, Lenny
Oh, Lenny

C’est le troisième album d’Aurélien Maury que je lis. Tous publiés chez Tanibis (dans des formats très différents les uns des autres, mais avec comme à chaque fois un beau travail éditorial). Cette histoire est elle aussi très différente de ce que j’avais lu de lui. Mais elle est intéressante. Sans doute la plus aboutie. Si au départ on pense à un roman graphique classique, avec un couple qu’on sent rapidement au bord de l’implosion, tant l’héroïne, sensible, empathique, semble très éloignée de l’homme avec lequel elle vit et qui fait peu de cas de ses goûts, de sa personne. Mais, par petites touches, avec l’arrivée d’une créature improbable, que va adopter l’héroïne (et qui va peu à peu la vampiriser – dans tous les sens du terme !), on bascule vers quelque chose de différent, à la fois onirique et noir. Le malaise s’installe. La fin est un peu ouverte, et Maury ne cherche pas à expliquer la créature ou ce que l’on vient de lire. Mais ça n’est pas frustrant. L’album est épais, mais se lit très rapidement – peu de texte, mais aussi une intrigue captivante, presque envoûtante. Le dessin de Maury, une ligne claire agréable, avec des contours épais, donne un rendu simple, presque anodin, qui contribue à l’étrangeté du récit, et à nous faire accepter par paliers le fantastique dans lequel il baigne. Note réelle 3,5/5.

22/05/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Azrayen'
Azrayen'

Je relis ce diptyque 25 ans après l’avoir découvert, et je passe ma note de 3/5 à 4/5. Le « making-off » (passionnant) en fin de tome 2 nous apprend que si l’histoire est fictive, elle est inspirée du témoignage du papa de Frank Giroux, ainsi que de leur voyage en Kabylie pour se documenter, et des rencontres faites à cette occasion. La narration suit Valéra et son équipe à la recherche d’un régiment disparu, et en profite pour nous montrer cette « non-guerre » et ses abus. L’armée française n’est bien entendu pas dépeinte sous son meilleur jour, mais le ton reste juste, les conflits internes sont montrés, et si la population locale nous est présentée comme accueillante et chaleureuse, la barbarie des combattants du FLN n’est pas passé sous silence. Il en résulte une impression de gâchis unilatéral et de traumatisme durable. La mise en image de Lax est parfaite, les 2 auteurs se sont beaucoup documentés, ont pris beaucoup de photos, la représentation de l’Algerie est donc fidèle… la mise en couleur ocre-jaune complète parfaitement le tableau. Un diptyque passionnant et essentiel pour quiconque souhaite (re)découvrir cette période trouble de l’Histoire française.

11/05/2001 (MAJ le 22/05/2026) (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Cauchon... ou l'homme qui tua Jeanne d'Arc
Cauchon... ou l'homme qui tua Jeanne d'Arc

Le procès de Jeanne d'Arc raconté à travers le regard de Pierre Cauchon, l'évêque de Beauvais qui organisa le procès de la Pucelle pour le compte du pouvoir anglais, dans l'espoir d'en tirer prestige, influence et pouvoir. J'ai trouvé l'album remarquable à plusieurs niveaux. Déjà par son objet même : le grand format met superbement en valeur les planches de Joël Parnotte, dont le dessin est magnifique du début à la fin. Les décors, les visages, les jeux de lumière, les costumes, les ambiances hivernales et oppressantes de Rouen ou des geôles participent à une immersion constante. Chaque page respire le soin et l'ambition. Certaines scènes ont une ampleur presque cinématographique. Mais ce qui impressionne surtout, c'est l'intelligence du récit. Les auteurs parviennent à trouver un équilibre très fragile : raconter une histoire aussi proche que possible de la réalité historique, en s'appuyant sur les actes du procès et sur des paroles authentifiées par la majorité des historiens, tout en assumant des variations, des réorganisations et des partis pris romanesques destinés à rendre l'ensemble plus vivant, plus incarné et plus dramatique. Cela fonctionne admirablement bien. Comme le titre l'indique, le récit tourne principalement autour du personnage de Pierre Cauchon. Dès les premières pages, il apparaît comme un notable ambitieux, fin politique, manipulateur et très attaché à son ascension personnelle après la perte de son évêché de Beauvais au profit du camp de Charles VII. C'est un personnage d'abord assez détestable, persuadé de pouvoir utiliser ce procès historique pour renforcer encore sa position auprès des Anglais et de l'Église. Mais toute la force de l'album est justement de faire progressivement évoluer cette image. Au fil des interrogatoires et des confrontations avec Jeanne d'Arc, sa foi absolue, ses fines réparties et sa conviction inébranlable viennent fissurer les certitudes de Cauchon. Le récit développe alors l'idée qu'il aurait pu, au moins partiellement, être remué moralement par cette rencontre au point d'essayer plus ou moins d'agir en sa faveur. C'est évidemment un parti pris romanesque, mais il est traité avec suffisamment d'intelligence et de nuances pour rester passionnant sans donner l'impression de réécrire brutalement l'Histoire. Les dialogues sont excellents, souvent brillants, et le récit montre avec beaucoup de subtilité la confrontation entre foi sincère, calcul politique, droit ecclésiastique et luttes d'influence. Toute la mécanique du procès devient captivante. La présence du jeune clerc servant de narrateur renforce encore cette immersion et rappelle beaucoup Le Nom de la Rose dans sa manière d'observer un homme puissant vaciller intérieurement. J'ai également apprécié certains ajouts fictionnels, notamment le personnage de Louise, la sœur abbesse de Cauchon, incarnation de ses ambitions et de sa cupidité, qui se retrouve progressivement confrontée aux doutes et à l'évolution morale de son frère. Ces ajouts permettent d'incarner les tensions politiques et religieuses sans trahir l'esprit général de l'époque. Mon principal regret concerne toutefois le traitement du comte de Warwick. Le récit en fait un antagoniste brutal, presque caricaturalement cruel et sans scrupule, notamment dans une scène finale très violente qui m'a paru trop hollywoodienne et forcée par rapport au ton jusque-là subtil et crédible de l'album. C'est pratiquement le seul moment où j'ai eu le sentiment que le récit forçait un peu artificiellement le trait dramatique. J'ai aussi apprécié le dossier historique final et sa démarche d'honnêteté. L'historien ayant participé au projet y détaille les écarts entre les faits établis et les éléments romancés, permettant au lecteur de mieux distinguer ce qui relève des sources historiques et ce qui appartient à l'interprétation des auteurs. C'est d'autant plus intéressant que le procès de Jeanne d'Arc est devenu quasiment immédiatement un objet de propagande politique et religieuse, aussi bien du côté anglais que français, ce qui rend impossible toute certitude absolue sur certains aspects humains ou psychologiques de cette affaire hors norme. Il faut donc bien voir cet album comme une fiction historique documentée et intelligente, pas comme un ouvrage prétendant imposer une vérité définitive. Cette semi-réhabilitation du personnage de Cauchon est un parti pris auquel chacun adhérera ou non, mais elle donne naissance à un récit passionnant, porté par un dessin somptueux et une mise en scène remarquable. Une lecture dense, captivante et profondément immersive dans l'état d'esprit de cette époque et dans l'intensité extraordinaire de ce procès devenu légendaire. Si cet album n'est pas en état de Grâce, que Dieu l'y mette, et s'il y est, que Dieu l'y garde.

22/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Les Chants du Cygne Noir
Les Chants du Cygne Noir

J’ai beaucoup aimé Les Chants du Cygne Noir. Dès les premières pages, on est plongé dans un univers de space opera rétrofuturiste où les navires quittent Brest comme s’ils allaient traverser l’océan… sauf qu’ici, ils s’arrachent à la gravité pour partir vers l’espace. Cette idée de 19e siècle projeté dans la conquête spatiale fonctionne incroyablement bien, et donne une vraie identité à l’œuvre. J’ai trouvé le récit très immersif, notamment avec l’histoire de Benesh, marquée par la vengeance après la mort de son frère dans le Raj colonial britannique. Son parcours vers l’éthernef du Baron Cockburn, direction la ceinture d’astéroïdes, mélange quête personnelle, aventure et conflit plus vaste autour des empires et de la conquête du Ring. Il y a un côté très classique dans la structure (vengeance, rencontre de pirates, mentor inattendu), mais c’est justement ce qui rend la lecture fluide et efficace. Visuellement, c’est impressionnant. Le passage au noir et blanc façon manga est totalement réussi, avec un encrage très maîtrisé, des planches parfois gigantesques dans leur ambition, et d’autres plus intimes et émotionnelles. Le dessin d’Alex Alice garde ce côté presque pictural, très détaillé, qui donne une vraie ampleur aux vaisseaux, à l’espace et aux scènes d’action. J’ai aussi beaucoup aimé l’ancrage historique dans le Raj britannique, qui donne une profondeur supplémentaire au récit de SF. On sent une vraie envie d’explorer les rapports de domination, les classes sociales et le prolongement du colonialisme dans un futur spatial. J’aurais même aimé que cette partie soit encore plus développée, car elle est vraiment intéressante. Je n’ai pas lu Le Château des étoiles, mais ça ne m’a pas empêché de rentrer dans l’histoire. Et d’après ce que j’ai compris, on peut très bien découvrir cet univers sans connaître les autres œuvres. Et franchement, j’ai bien fait de prendre l’édition collector avec le jaspage noir. Ça renforce encore l’ambiance sombre et élégante de l’univers, et l’objet est vraiment jolie.

21/05/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série Spirou et Fantasio
Spirou et Fantasio

Le dessin s'est amélioré au fil des ans, à l'image du marsupilami qui à chaque aventure montrait de nouvelles capacités ! Dommage que comme les Schtroumpfs il ait éclipsé les héros de la série mère. Spirou et Fantasio sont de vrais amis, avec leurs disputes, et bien complémentaires, avec le savant comte de Champignac, les habitants du village, le cousin Zantafio, inoubliable dictateur, Seccotine la journaliste à laquelle on ne va pas reprocher de ne pas être très sexuée quand rien ne l'est dans cette série, j'en passe et des meilleures. Cette longue série est malgré tout inégale, mais mérite une très bonne note. J'oubliais les inventions farfelues de Champignac et les belles voitures… Par contre, Zorblub ne vaut pas Zantafio mais imaginons qu'il ait trop bien marché, comme le marsupilamI, il aurait qui sait lui aussi éclipsé nos deux héros.

21/05/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Compagnons du Crépuscule
Les Compagnons du Crépuscule

Je suis fan du travail de François Bourgeon… j’adore Les Passagers du vent, et dans une moindre mesure Le Cycle de Cyann. J’étais pourtant complètement passé à côté des Compagnons du Crépuscule lors d’une première lecture douloureuse en 2001, allouant la note de 2/5. Je me décide de relire cette série du haut de mes 50 ans, et comme vous pouvez le voir, la note est passée à 4/5 ! Les deux premiers tomes proposent des aventures « médiévales fantastiques » mêlant rêve et réalité, et c’est sur ce point que j’avais bloqué en première lecture, notamment pour le tome 2. Ce dernier mêle rêve et réalité mais également deux époques, et la lecture est ardue… j’ai pourtant réussi à me laisser porter sans forcément essayer de tout comprendre, et je dois avouer avoir pris un certain plaisir à suivre cette galerie de personnages attachants. Et puis vient ce 3eme tome à la pagination élevée, véritable apothéose scénaristique… je l’avais déjà apprécié lors de ma première lecture, mais je me suis régalé lors de cette relecture. L’intrigue est complexe, il y a beaucoup de personnages, la lecture doit être attentive, certes, mais elle est intéressante et beaucoup plus réaliste que les deux premiers tomes (le fantastique onirique est presque complétement absent). La fin est réussie et m’a beaucoup ému. Et puis le dessin de Bourgeon atteint des sommets, notamment sur les vues architecturales… un délice pour les yeux. Une relecture fructueuse, et un coup de cœur.

04/11/2001 (MAJ le 20/05/2026) (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Meuf - Guide pour nos filles
Meuf - Guide pour nos filles

Voila une BD intéressante à mettre entre les mains des petites filles ! C'est un manuel assez simple, clair et didactique sur les femmes, avec la question centrale de "qu'est-ce qu'une femme ?". Sans divulgâcher, la réponse ne sera pas très simple, évidemment. Puisque la femme est une construction sociale, une façon de comprendre les différences de genres qu'on identifie comme essentialisante. La BD s'inscrit dans la lignée d'un grand nombre d'autre œuvre qui analysent la place des femmes dans notre société et ce que l'on apprend en l'analysant. La BD cite de nombreuses autrices, de témoignages aux travaux de recherches, tout en se mettant en scène en tant que maman, mais aussi dans sa propre vie de femme telle qu'elle l'a vécue dans la jeunesse. Car oui, le tout est principalement articulé autour de l'enfance et de l'école, de ces années où l'on fabrique et intègre le sexisme. L'ensemble est à la fois très clair, notamment par un découpage en chapitre qui permet de s'articuler d'une notion à l'autre tout en restant parfaitement fluide, mais en distinguant parfaitement bien chacune d'entre elles. D'autre part, il y a une vraie construction du propos qui intègre progressivement chaque notion pour développer. Au final, même si je n'ai pas appris grand chose car beaucoup de ces sujets étaient déjà arrivées avant dans mes réflexions et mes lectures, je suis émerveillé de les voir expliqué si simplement et si efficacement au grand nombre. Les témoignages de chacun/chacune permet de renforcer les questions, les débats. Tout au plus, dirais-je qu'il manque une partie sur le female gaze (évoqué mais pas en ces termes) ainsi que sur la prédominance du male-gaze et ce qu'il génère. C'est dans le même ordre d'idée que ce qui est évoqué dans la BD mais ça aurait permis un sujet intéressant précisément sur l'art. Mais là on est dans du pinaillage. Le dessin de Marie Dubois colle très bien à ce type de récit, avec un dessin aux touches coloré, très rond et sans trop de décors, permettant de bien faire ressortir tout les aspects de son documentaire. Ni trop détaillé ni trop flou, il est dans cette précision qui convient lorsque le propos n'est pas transmis principalement par le dessin. Bref, très réussi là aussi. En fait, je dirais que toute personne qui a un gamin devrait lui offrir, quel que soit son genre, pour faire évoluer les mentalités dans le bon sens. On commence à peine à avoir ces sujets qui percent dans le débat public, il serait de bon ton que ça fasse plus que des petits échos dans les milieux militants. Une BD à mettre entre toutes les mains, donc.

20/05/2026 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5
Couverture de la série L'Or et le Sang
L'Or et le Sang

Et encore une saga de Nury cochée ! Pour être honnête, j'ai eu du mal à entrer dans celle-ci. La faute à un dessin un peu particulier, d'abord, qui n'est pas laid, mais dont les proportions étranges déconcertent un peu. Et ensuite parce que le scénario prend son temps. Ce qui est une bonne chose, mais pendant les 2 premiers tomes, je ne savais pas si j'allais aimer vraiment ou si ça deviendrait un pétard mouillé. Mais le miracle a fini par opérer. Après 2 tomes très classiques et très convenus pour qui lit régulièrement du Nury, le récit commence à prendre davantage d'ampleur, et à révéler ses enjeux géopolitiques. C'est là que L'Or et le Sang exploite pleinement son potentiel, et devient véritablement captivant. À partir du moment où nos deux héros commencent à être en conflit, le récit commence à nous emmener peu à peu vers une fin inévitablement tragique et on retrouve la gravité qui réussit tant aux œuvres de Nury. En outre, c'est aussi à partir du 3e tome que le récit s'ancre davantage dans l'Histoire. On y voit débarquer des personnages historiques célèbres dont j'ignorais toute implication dans la guerre du Rif, et on voit se dessiner les grandes lignes de ce conflit entre nations africaines et européennes qui vont structurer une grande partie des relations internationales du XXe siècle. Accompagné d'une action qui prend des proportions plus épiques, le récit devient alors celui d'une grande fresque à la Lawrence d'Arabie, avec de fortes teintes picaresques. Malgré un dessin que j'aurais aimé un peu plus soigné (même s'il s'améliore dans le 4e tome), c'est passionnant, c'est envoûtant, c'est profond et c'est tout ce qu'on attend d'une grande aventure marquante. Et quand on referme le dernier tome de cette belle quadrilogie, on réaliste qu'on a découvert tout un pan qu'on ignorait presque intégralement de l'histoire d'Afrique du Nord, et on se dit que quand même, entre enseignement et divertissement, la BD est décidément un des plus grands arts qui soient.

20/05/2026 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Le Marchand de tapis de Constantinople
Le Marchand de tapis de Constantinople

Un conte oriental très dépaysant. Ce qui m'a frappé tout de suite, c'est une vision de l'amour conjugal fondé sur le projet professionnel de la femme : Ayse est fille de fabricant de tapis et elle souhaite partir à la ville pour faire connaître le travail de sa famille. Zeynel est le fils d'une famille très savante (mère médecin et père imam) il est comme réfugié dans les mots des saintes écritures. Ce mariage est à la fois arrangé et consenti pour servir le projet d'Ayse. C'est Zeynel qui est beau et Aysé qui est entreprenante. La seconde partie avec la mauvaise rencontre est moins originale. Le dessin, très dense en couleur, avec une certaine fixité, faisant référence aux motifs des tapis, peut rebuter, mais honnêtement cela fait aussi le charme de l'album. Il y a un rythme un peu déconcertant, une certaine lenteur méditative par moments ( pages muettes, pages de prières ou de poésie...) et à d'autres, l'action se précipite. Cela peut donner une certaine frustration mais , pour moi, le message qui met en valeur une autre forme d'amour que le modèle hollywoodien est ce qu'il y a de plus important : avec une interpénétration entre ambition personnelle, perpétuation familiale, compréhension mutuelle, tendresse, ce mélange est réellement original aujourd'hui et semble faire le pont entre les traditions de tous pays et le metoo occidental...

20/05/2026 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Ulis
Ulis

Pas grand chose à ajouter à l'avis de Pol. Toulmé est très fort pour nous montrer la vie quotidienne et en extraire ce qu'elle a de touchant voire d'inspirant. Au fur et à mesure des jours, cet informaticien en burnout reprend pied dans la vie en essayant de s'adapter à son nouveau rôle d'AESH. ( Aide aux enfants en situation de handicap ) Pas très vif et un peu handicapé, lui-même, au début (rien ne lui est expliqué) il découvre un monde qui n'a rien d'exotique : un collège bien croqué dans son béton, mais avec des classes spéciales, cachées dans un coin, les ULIS. On voit que le système d'éducation crée beaucoup de laissés pour compte. Et que les personnes chargées d'accompagner ces enfants sont souvent en souffrance, dans un sentiment d'échec et d'exclusion, comme si "devenir normal" était l'objectif à atteindre, absolument, sans autre critère de réussite. Nous sommes tous un peu pris dans cet objectif parce que nous confondons "rôle social" et "conformité". Toulmé ne propose ni réflexion ni solution et c'est en cela qu'il est fort : toutes les informations et émotions nous sont données, et à nous de réfléchir... Son dessin, plus rondelet que dans Ce n'est pas toi que j'attendais, joue toujours avec des couleurs douces mais cette fois-ci, avec des pages en contraste ( jaune et violet, orange et bleu, changeant de couple au fil des saisons). Rien de révolutionnaire, adapté à tout public, et peut-être à faire lire aussi aux enfants...

20/05/2026 (modifier)