Les derniers avis (25 avis)

Par Isma
Note: 4/5
Couverture de la série La Bibliomule de Cordoue
La Bibliomule de Cordoue

Quand le savoir vaut toutes les aventures. La Bibliomule de Cordoue est une œuvre originale et intelligente. L'histoire nous transporte dans la Cordoue du Xe siècle, où la grande bibliothèque du calife, l'une des plus importantes du monde médiéval, est menacée de destruction par des intégristes religieux fraîchement arrivés au pouvoir. Face à cette catastrophe annoncée, un vieux copiste, sa disciple et un jeune voyou s'allient pour tenter l'impossible : sauver un maximum de livres en les faisant fuir à dos de mule. Une course contre le temps semée d'embûches, portée par une écriture vive, drôle et pleine d'esprit. Derrière ce postulat simple se cache un message profond sur la transmission, la mémoire et la fragilité de la culture face à l'obscurantisme. On apprend sans jamais avoir l'impression de suivre un cours d'histoire. Et c'est là tout l'art de l'exercice. Les personnages contribuent énormément à cette réussite. Tarid, le vieux copiste, émeut par sa dévotion totale aux livres : chaque volume sauvé est pour lui une victoire arrachée à l'oubli. Le jeune voyou apporte une énergie brute, un cynisme de façade qui se fissure à mesure que l'aventure le dépasse et le révèle. Entre eux, Loubna, esclave intelligente et rebelle, avec une présence forte et une lucidité qui tranche avec l'agitation des deux autres. Et puis il y a la mule, véritable quatrième compagnon autour duquel tout gravite : têtue, imprévisible, presque philosophique à sa manière. Ensemble, ils forment au final un quatuor improbable dont les échanges apportent de la légèreté au cœur d'un récit pourtant grave. Un bémol tout de même : j'aurais aimé que le voyage offre un peu plus de piquant, un peu plus de danger. L'ensemble reste parfois trop sage, trop lisse. Pour une histoire aussi riche, un peu plus de mordant aurait donné encore plus de relief et de tension au récit. Mais l'essentiel est ailleurs. La Bibliomule de Cordoue est une BD intelligente, accessible et pleine de sens. Le genre d'album qu'on recommande sans hésiter, et qui laisse derrière lui une envie simple mais essentielle : protéger ce qui mérite de ne jamais disparaître.

22/03/2026 (modifier)
Par Cidtheo
Note: 4/5
Couverture de la série Yé

De très jolis dessins qui servent à merveille cette histoire initiatique délicate. Yé est attachant et son chemin parsemée d'embûches est prenant. J'ai particulièrement apprécié la poésie qui en ressort et la délicatesse des dessins. Une très belle découverte du 9e art brésilien dont je ne connaissais rien jusqu'alors.

22/03/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Un été loin des hommes
Un été loin des hommes

Dans ce roman graphique délicat, la question du deuil rejoint celle du temps qui passe et active les souvenirs d’un âge où les oripeaux de l’enfance se désagrègent lentement face aux problématiques des adultes. Si le sujet a été abondement traité, c’est toujours son approche qui distinguera l'œuvre du tout-venant. A ce titre, « Un été loin des hommes » est une réussite. L’ouvrage respire l’authenticité dans cette évocation des vacances, à partir de la mort d’un proche, en l’occurrence la mère de Frédérique qui repense à cet été 1985 en Corse, où ses parents avaient été à deux doigts de se séparer. La pré-adolescente qu’elle était alors est en proie à des questionnements liés à cet âge, mais pas seulement, car on la sent en quête d’elle-même, étrangement attirée par les filles, mal à l’aise dans un monde où elle peine à se construire, un sentiment aggravé par les fissures qui se creusent entre son père et sa mère, et la menace d’un divorce imminent… Comme si des nuages noirs étaient venus assombrir le soleil corse pourtant réputé inaltérable… Dans ce contexte peu serein, la vie continue pourtant à s’écouler comme si de rien n’était au milieu de ce décor de rêve qu’est l’île de beauté, où les apparences de l’insouciance parviennent à masquer, et peut-être alléger aussi les tourments intérieurs des êtres. Et c’est en parsemant leur récit d’anecdotes anodines que Fabienne Blanchut et Catherine Locandro parviennent à y injecter l’authenticité en question. Des anecdotes qui font résonner en chacun de nous les flashs marquants d’une jeunesse qui s’éloigne… Tout cela, Thomas Campi va le mettre en images de façon magistrale, tant sur le plan du dessin que de la couleur. Sa palette variée aux tonalités chatoyantes vient enrober son trait délicat d’une aura enchanteresse, conférant à cette Corse des années 80 un côté idyllique, où le réalisme s’accorde parfaitement avec une nostalgie bien dosée. Les références visuelles nous immergent dans cette époque qui avait tout de même meilleure mine sous les cieux estivaux de l’île de beauté, parce que quand on y pense, la crise économique avait déjà commencé à produire ses effets néfastes. Malgré la gravité du sujet, on ressort apaisé d’une lecture jamais plombante, comme si par une sorte de magie, l’environnement lumineux de l’histoire avait exercé son influence sur les êtres en évitant les drames potentiels. Voilà pourquoi « Un été loin des hommes », dans sa simplicité, constitue une lecture éblouissante qui imprime sur nos rétines une couleur splendide.

21/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Dimanche perdu (À la recherche du dimanche perdu)
Le Dimanche perdu (À la recherche du dimanche perdu)

Je l'ai déjà dit par le passé mais j'adore les contes, leur simplicité de forme, leur puissance évocatrice et leur capacité à se mouvoir et évoluer au fil des ans et des cultures. Qu'ici l'autrice assume complètement son travail de réécriture et de réinterprétation d'un vieux conte (déjà plusieurs fois réécris par le passé) et cherche à nous présenter ouvertement sa version du récit a ajouté à ma lecture un véritable plaisir de connivence (un point positif non négligeable, donc). L'histoire est celle d'une jeune fille trimant toute la semaine qui décide un beau jour de partir récupérer le dimanche que l'on dit avoir été volé par une méchante sorcière. L'histoire est simple, archétypale même dans sa construction narrative (avec ses épreuves à la morale évidente), mais le conte fait mouche, la lecture est charmante (surtout avec le trait et les couleurs chaleureuses d'Ileana Surducan), les représentations métaphoriques des jours de la semaine en loups affamés mais "domesticables" est joliment trouvée, la morale sur la nécessité de se reposer sans pour autant tirer au flanc est ma foi louable à partager, … Bref, pour une lecture jeunesse visant à inculquer une morale et éveiller l'imaginaire, je dirais que l'album réussi son objectif. Une lecture rapide mais que je ne regrette pas. Allez, sans être chamboulée je ressors charmée et je vais même arrondir ma note au supérieur ! (Note réelle 3,5)

21/03/2026 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Mise à sac
Mise à sac

Cette BD était partout à sa sortie ! En tout cas à Mulhouse où j'habite, bien sur. Parce que pour une fois qu'on parle de chez nous, en plus pour un scandale public de grande ampleur ! On a nos fiertés, dans le coin ... Cette histoire est sans doute moins connu du public extérieur à notre bonne cité, mais elle a fait son petit scandale. En résumé, c'est le pillage d'un musée et une collection complète de motifs de tissus assez inestimables qui faisaient la fierté d'un musée de la ville, celui de l'impression sur étoffes. L'histoire s'étale sur des années, avec un pillage organisé à l'interne par divers acteurs et pratiquement au vu de tous, avant une mort accidentelle suspecte qui lança l'affaire au grand public. La BD essaye de retracer les grandes lignes de toute cette affaire, en remontant aux années 80 et l'introduction des acteurs dans le musée. On comprend vite que c'est complexe, le musée n'étant pas un musée nationale mais une collection gérée par une association en lien avec des entreprises. Bref, un petit sac de nœud qui va aboutir à une désorganisation interne chaotique débouchant au final sur un pillage massif. C'est une histoire triste, une histoire presque banale de personne de pouvoir se servant dans la caisse pour son train de vie personnelle. La Bd est assez didactique pour qu'on comprenne à la fois le bordel de l'organisation et la façon dont ces collections sont achetées, gérées et surtout pillées sans vergogne, le tout entre argent public et privé, intérêt particulier et notion de biens communs. Le résultat est une BD assez linéaire, presque trop sage par moment et qui ne déborde pas de son cadre strict. J'aurais apprécié un peu plus d'à-côté, notamment les considérations sur les questions de ce qu'on laisse comme marge de manœuvre dans ces espaces peu surveillés. De même, la Bd met en lumière les complexités pour retrouver des œuvres uniques dans un marché de l'art qui semble s'en ficher complètement de l'origine de ses ventes. Un état de fait qui permet des vols comme celui qui touchera notre cher musée ... La BD a un dessin sympathique, en noir et blanc assez bien fait. J'ai pris plaisir à reconnaitre les lieux que je connais (d'ailleurs j'habite juste en face du dessin d'une des cases !), et globalement la lecture est fluide et intéressante. Un peu plus n'aurait pas été de trop, à mon gout, mais en l'état la BD donne à réfléchir à ces musées que l'on délaisse parfois trop, laissant prospérer des marchés parallèles dont l'impact est malheureusement énorme ...

21/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Zig et Puce
Zig et Puce

Zig et Puce (et aussi Alfred) est une série sympathique que j'aime beaucoup depuis l'enfance. La reprise par Greg a été très réussie, je pense: bons dessins beaucoup d'humour et quelques inventions et innovations scientifiques en plus. Plus récemment, j'ai acquis plusieurs albums de Saint-Ogan et c'est un délice! Les éditions Glénat ont fait un bon travail de récupération et aussi de comparaison entre les histoires. Cela montre que même Hergé a été influencé et qu'il l'a reconnu!

20/03/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série L'Homme qui a vu l'homme qui filme l'homme qui tire plus vite que son ombre (presque journal d'un tournage)
L'Homme qui a vu l'homme qui filme l'homme qui tire plus vite que son ombre (presque journal d'un tournage)

Bouzard – Lucky Luke, le retour ! A défaut d'être le meilleur album de Bouzard (mais ça, on s'en fout un peu), il a le double mérite d’une part de sortir (un peu) du récit strictement personnel pour proposer ici un pseudo documentaire à la manière de ce qu’avait fait Fabcaro avec ses Carnets du Pérou, et d’autre part d’avoir occasionné chez moi une barre de rire comme je n’en avais pas connue depuis longtemps (cf. la scène du maquillage qui a coulé). Non, on ne saura pas vraiment si ce récit a été au moins en parti vécu. Bouzard a-t-il vraiment assisté au tournage de la série ? Comme dans la BD de Fabcaro précitée, ces aventures peuvent bien être complètement fictives, ce n’est pas l’objet. L’objet, c’est son auteur lui-même. Et ça marche. Les gags sont amenés souvent en deux, voire trois bandes. Il y a des trucs inhabituels, graphiquement. L’effet est surprenant mais franchement bien utilisé. Les hommages au personnage de BD le plus célèbre de tout l’Ouest sont décalés (ici par le biais de Rantanplan), jusqu’à la scène finale, que j’ai personnellement trouvée hyper touchante. Le tout est très drôle ! Ça a fait mouche chez moi à plusieurs reprises. Ce « Lucky Luke » est tout simplement le meilleur album de l’auteur depuis… La Grande Aventure ? (Oui parce que La Grande Aventure est un album un peu mésestimé selon moi, mais dans le genre humour préhistorique, on a rarement fait mieux). Bon, peu importe. J’ai aimé lire ce Bouzard qui m’aura donné l’occasion de faire mon petit jogging zygomatique.

20/03/2026 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série L'Embrasement - La guerre Israël - Hamas, dans l'enfer de Gaza
L'Embrasement - La guerre Israël - Hamas, dans l'enfer de Gaza

En ces temps où le Moyen-Orient part totalement en sucette, ce genre d'ouvrage permet de sortir du sensationnalisme pour revenir aux faits. Florent Calvez adapte en effet ici en BD l'ouvrage éponyme de Michel Goya, en y ajoutant quelques touches personnelles pour ce medium. Son album nous permet d'appréhender de façon rationnelle l'histoire de la Palestine, de Gaza, en remontant à ses origines, en passant par la création d'Israël en 1948, jusqu'au terrible jour du 7 octobre 2023. L'ouvrage est conséquent, mais Florent Calvez a su retranscrire sans être indigeste, ni survoler, l'ouvrage de Michel Goya pour nous proposer un album salutaire pour ceux qui cherchent à y voir plus clair dans ce conflit. C'est précis, factuel, tout en cherchant à éviter la partialité, ce qui est plutôt réussi. Pour autant les horreurs et les erreurs des deux bords ne sont pas cachées sous le tapis, tissant au fil des pages la trame d'un conflit de plus en plus complexe et qui parait inextricable. Pour ce qui est du dessin, Florent Calvez opte pour un dessin très réaliste, proche de la photographie, et une colorisation tout en ocre/orange qui colle parfaitement avec cet angle documentaire et les ambiances sombres des tragédies traversées. Un très bon documentaire sur le sujet.

20/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Dad
Dad

Une série qui devrait devenir (ou qui l'est déjà) un classique du catalogue Dupuis. Le gros atout de cette série c'est qu'on y est bien. On est bien dans cette petite famille de 4 filles de mères différentes avec un papa poule un peu looser attachant. C'est rare qu'on s'esclaffe mais c'est tout de même réussi. Il y a de la douceur et certaines planches sont mêmes très attendrissantes. C'est aussi une bd qui, je pense, peut se lire à différents âges, et qui se relit avec plaisir. J'aime aussi le dessin Nob, que je qualifierais de "classique-laché-maitrisé" Bref beaucoup d'atouts pour Dad !

20/03/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série Little Nemo in Slumberland
Little Nemo in Slumberland

Il s'agit d'une œuvre fondamentale dans l'histoire de la bande dessinée, je crois. Je possède les éditions Horay et Taschen, les deux sont asez bonnes. Pour l'époque, les dessins de W. McCay étaient fantastiques et les histoires délirantes! Après tout, il s'agissait de rêves, parfois un peu réalistes(?), mais principalement surréalistes. Elles doivent être appréciées avec modération, sous peine d'indigestion... ou chute du lit.

20/03/2026 (modifier)