Les derniers avis (19 avis)

Couverture de la série Les Mémoires du Dragon Dragon
Les Mémoires du Dragon Dragon

VALMY, C'EST FINI: Juncker aime bien s’immiscer dans les interstices de L’histoire, pour y glisser sa malice, sans en changer trop la trame (il est proche en ce sens de Teulé). Et la période Révolution/Empire semble être un bon terrain de jeu pour lui (voir, entre autres, l’excellent Malet !). Ici, nous avons droit aux mémoires d’un soldat de l’épopée révolutionnaire, qui se prénomme dragon (et est aussi dragon, c’est-à-dire cavalier). Si la trame historique n’est pas trop distordue dans ses grandes lignes – et une pseudo interview de Dragon en fin d’album tente de le confirmer dans une sorte de dossier historique –, les détails sont on ne peut plus loufoques. C‘est en effet une grosse farce historico-militaire dans laquelle Juncker nous entraine, à la suite de Dragon, pleutre et vénal, mais surtout sodomite obsédé (sans préférence pour le sexe, même si, à l’armée, les hommes offrent plus de possibilités). Souvent grand-guignolesque, l’intrigue est agréable à suivre, les réparties et pas mal de situations sont assez drôles (d’autant plus qu’elles impliquent des célébrités, généraux, Conventionnels, membres de la famille royale, etc.). Le côté décalé, loufoque, est accentué par le dessin de Spruyt, proche de celui de Dumontheuil, caricatural et tout à fait adapté au ton développé par Juncker. Je ne sais pas jusqu’où les auteurs vont mener notre dragon. Mais en l’état, c’est une série que je recommande fortement, pour une vision décalée, caricaturale, parfois déjantée d’une page de notre Histoire. **************************** LA BELGIQUE, C'EST CHIC: Si j'ai trouvé ce deuxième tome un peu moins emballant que le précédent (l'humour m'est apparu moins présent et outrancier), ça reste quand même une lecture agréable, amusante. Les auteurs ont gardé le côté loufoque qui leur sert d'angle d'attaque pour traiter de la geste révolutionnaire. Si Dragon est encore très lubrique - et attiré par les fesses hauts placées, cet aspect est moins présent. Par contre, ses côtés lâche, et surtout voleur ressortent davantage. Alors qu'il est dans l'armée de Dumouriez en Belgique, il est embarqué dans des magouilles de vols d'oeuvres d'art par un Danton trafiquant de haut vol (ces oeuvres étant remplacées par des copies aux airs de croûtes infectes). Le dessin de Spruyt sied toujours au ton employé, et la narration de Juncker est elle aussi dynamique. La lecture est donc toujours recommandée. dans l'album suivant, notre anti-héros nous narrera comment il a suivi Napoléon Bonaparte en Italie. Ça promet ! ************************ OSEZ, JOSEPHINE: Un album dans la lignée du précédent, un chouia en retrait du tome inaugural (mais l'effet de surprise ne joue sans doute plus). Mais, sur l'élan, ça reste quand même une lecture très agréable. Avec un anti-héros bourré de défauts (lâche, obsédé, vantard, voire mythomane - il n'y a qu'à voir la vision de son rôle dans les grandes batailles napoléoniennes !). Mais c'est aussi une forme de loser, qui n'atteint réellement aucun de ses buts (si ce n'est rester en vie - ce qui n'est pas rien quand même !). Et toujours des tableaux au coeur de l'intrigue, notre héros s'y retrouvant dans des postures pas toujours à son avantage. En tout cas Juncker prouve une nouvelle fois qu'il sait très bien jouer de l'Histoire, pour la pervertir et mettre en avant des "second rôles: il nous donne même en épilogue une explication à l'absence de dragon des livres d'histoire. En plus lubrique et paillard, j'ai trouvé que Dragon avait pas mal de points communs avec le Blutch des "Tuniques bleues". Au final, voilà une série des plus recommandables !

31/10/2022 (MAJ le 13/03/2026) (modifier)
Par Isma
Note: 4/5
Couverture de la série Le Sommeil du Monstre
Le Sommeil du Monstre

Enki Bilal propose avec Monstre une série de science-fiction sombre et très personnelle. L’univers est étrange, inquiétant, et l’atmosphère visuelle est immédiatement reconnaissable grâce à son style graphique unique. Une vraie œuvre d’art. Les dessins dégagent une ambiance froide et mélancolique qui correspond parfaitement au ton du récit. Seul bémol : la narration qui devient un peu confuse vers la fin et demande une véritable attention. J’avais d’ailleurs eu l’occasion de visiter Sarajevo, ce qui m’a rendu le destin des protagonistes encore plus touchant. Plus on avance dans la série, plus on comprend que le « monstre » du titre n’est pas une créature, mais plutôt l’Histoire humaine elle-même, avec ses guerres, ses manipulations et ses traumatismes qui se transmettent de génération en génération. Une œuvre ambitieuse, sombre et marquante.

13/03/2026 (modifier)
Par Isma
Note: 4/5
Couverture de la série L'Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA
L'Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA

Une lecture agréable et pleine d’humour L’histoire est originale et pleine de situations improbables qui rendent le récit amusant et très fluide à lire. On se laisse facilement embarquer dans ce voyage complètement fou à travers l’Europe. Le scénario de Zidrou, adapté du roman de Romain Puértolas, fonctionne bien et propose une aventure légère, souvent drôle et pleine de fantaisie. Les dessins de Jordi Lafebre restent très corrects, même s’ils ne sont pas forcément ce qui m’a le plus marqué dans l’album. Au final, une BD sympathique et divertissante qui se lit avec plaisir. Je la noterais 3,5/5

13/03/2026 (modifier)
Par Isma
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Mickey et le roi des pirates
Mickey et le roi des pirates

J’ai été agréablement surpris par cette aventure que j’ai lue en une seule traite. L’écriture de Chamblain est très réussie et l’histoire se lit avec beaucoup de fluidité. Le mélange entre une ambiance à la Dickens et l’esprit de L’Île au trésor fonctionne à merveille et donne une vraie saveur d’aventure au récit. L’univers est immersif et très plaisant à parcourir. Pour ma part, c’est totalement validé.

13/03/2026 (modifier)
Par Isma
Note: 4/5
Couverture de la série Siegfried
Siegfried

Alex Alice propose avec Siegfried une réinterprétation très réussie de la légende germanique des Nibelungen, rendue célèbre notamment par l’opéra de Wagner. Il parvient à transformer ce matériau mythologique dense en un récit clair, accessible et captivant. L’un des grands points forts de l’album est évidemment son dessin. Les planches sont souvent impressionnantes, avec des paysages majestueux, des scènes épiques et une mise en scène très cinématographique. On sent une vraie ambition graphique : certaines pages m'ont donner l’impression de regarder un grand film de fantasy à la "Seigneur des anneaux". Le récit suit l’ascension de Siegfried, jeune héros insouciant qui découvre progressivement sa destinée. L’histoire mélange aventure, mythologie et tragédie, tout en gardant une narration assez fluide qui rend la lecture agréable. Même pour quelqu’un qui ne connaît pas bien la légende originale, le récit reste facile à suivre. Si je devais faire une petite réserve, ce serait peut-être que l’album mise parfois davantage sur la dimension épique et visuelle que sur la profondeur psychologique des personnages. Mais cela n’enlève rien au plaisir de lecture. Au final, Siegfried est une très belle BD de fantasy mythologique : spectaculaire, immersive et portée par un dessin exceptionnel. Une lecture que j’ai vraiment appréciée.

12/03/2026 (modifier)
Par Isma
Note: 4/5
Couverture de la série Wolverine - Old Man Logan
Wolverine - Old Man Logan

J’ai été assez surpris par ma lecture de Old Man Logan. Pendant longtemps, ce comics ne m’attirait pas vraiment. Je l’avais feuilleté plusieurs fois et certains éléments visuels m’avaient refroidi : voir des dinosaures ou une famille de Hulk qui traquent les héros me semblait un peu trop grotesque pour une histoire de Wolverine. Mais une fois plongé dans le récit, j’ai complètement changé d’avis. La lecture est très fluide et la narration fonctionne remarquablement bien. L’histoire prend la forme d’un road-trip dans un univers Marvel dystopique où les super-vilains ont gagné. Ce format permet de découvrir progressivement ce monde détruit et donne un vrai rythme au récit. Le personnage de Logan, vieux, brisé et hanté par son passé, apporte aussi beaucoup de gravité à l’histoire. Derrière les idées parfois extravagantes, le récit reste étonnamment cohérent et surtout très efficace. Au final, c’est une lecture très agréable, immersive et bien construite. Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier à une première impression en feuilletant un livre. Old Man Logan est une vraie bonne surprise.

12/03/2026 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Dans les oubliettes de la République - Georges Ibrahim Abdallah
Dans les oubliettes de la République - Georges Ibrahim Abdallah

Un documentaire-enquête sur le cas de Georges Ibrahim Abdallah qui jusqu'à l'an passé était le plus vieux prisonnier politique de France. J'avais bien sûr entendu parler de son cas lorsqu'il est sorti de prison, mais je ne savais pas tous les détails. Je peux vous dire que j'ai été stupéfait d'apprendre qu'il a été emprisonné très longtemps pour des crimes dont le vrai responsable serait l'Iran et qui s'il avait purgé une peine uniquement pour les crimes dont on est sûr de sa participation, il aurait pu être libéré depuis longtemps ! C'est rageant d'autant plus qu'il me semble que les terroristes iraniens eux n'ont pas été vraiment inquiétés. L'enquête de Pierre Carles est très informative et bien que le parcours d'Abdallah ne soit pas présenté de façon linéaire, tout est clair et précis. Le monde politique ainsi que les médias français ne sont pas montrés sous leur meilleur jour, mais je pense que toute personne un peu politisée ne va pas être bouleversée par ce que l'on apprend sur eux ici. J'avoue que toute la partie où Pierre Carles interroge plusieurs membres des médias pour savoir pourquoi on ne parle pas plus en profondeur du cas de Georges Ibrahim Abdallah m'a un peu moins captivé. Je comprends que c'est la marque de fabrique de ce réalisateur de pointer les sujets que les grands médias ne traitent pas ou peu, mais au bout d'un moment ça tourne un peu en rond. Même si depuis Abdallah a été libéré, cela reste malgré tout un documentaire intéressant sur comment la justice peut être partisane lorsqu'elle est entre les mains de gens qui veulent absolument un coupable, et aussi plaire à un pays étranger.

12/03/2026 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Les Frustrés
Les Frustrés

Je suis retombée sur ces albums souples dans une broquante et j'ai eu envie de les lire alors que quand ils traînaient sur le canapé de mes parents (début des années 80), je n'en voyais pas l'intérêt. Je comprends que cela ne soulève pas l'enthousiasme : ça nous met le nez dans le caca, on sent les doigts rentrer dans notre nuque : ce n'est pas drôle parce qu'il n'y a pas de bouc émissaire extérieur sur qui taper : tous les personnages adultes sont ridicules, snobs, et le patriarchat des années 70 est extrêmement bien décrit. De droite, de gauche, hommes, femmes, intellos, populaires, tous et toutes ( nous) se font rouler dans la farine de leurs a priori sociaux crétins. Contrairement à beaucoup d'autres aviseurs, je trouve que ça n'a pas pris une ride : Retaillau et Rousseau, sont dans le bateau de Bretecher. Ce n'est pas drôle, c'est peut-être ça qu'on appelle grinçant : on sent le dégoût que l'autrice éprouve pour la bienpensance qui l'environne... Et non je ne suis pas très d'accord avec le nouveau chapeau de BDtheque : pas de la tendresse, de l'agacement froid. Bravo à elle en tout cas pour avoir été presque la seule femme de la BD sociale française, pendant des années, sans que ça ne fasse rien bouger... pas assez drôle, trop proche de la réalité, trop woke ( éveillée ) en somme. Et non ce ne sont pas des histoires de gonzesses, "frustrés" est au masculin pluriel, soit le neutre de la langue française à son époque.

24/08/2025 (MAJ le 11/03/2026) (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Phantom Road
Phantom Road

Je suis friand de récits horrifiques, et ces deux premiers tomes ne m'ont pas déçu. Au scénario Jeff Lemire montre de nouveau son savoir faire pour captiver son lecteur et il a un don pour choisir ceux qui l'accompagnent au dessin lorsqu'il ne s'y colle pas. Une voiture accidentée sur cette longue route, un camion qui s'arrête pour porter secours. Bilan, le mari est mort et les emmerdes commencent. Dom est chauffeur poids lourd, cela lui permet de s'évader, de laisser derriere lui ses problemes familiaux. Birdie, l'épouse, est bien énigmatique. La découverte d'un objet mystérieux va les mener vers une destination dans un monde parallele où vivent d'horribles créatures et dont les portes d'entrée se trouvent non loin des stations services pour PL Billy Bear. Et ce Billy Bear sera bien plus que la mascotte de ces stations services. Dans le même temps une enquête du FBI est menée par Teresa Weaver, une jeune femme au passé trouble. Des personnages qui ont un point commun, celui d'étranges visions pendant leur enfance (un thème cher à Lemire). Un récit violent (le pied-de-biche sur la couverture ne va pas servir à retirer des clous) qui ne prend pas de chemins détournés pour planter l'intrigue. Par contre, Lemire distille par doses homéopathiques des indices, mais le voile enveloppant ce monde parallèle reste toujours bien mystérieux. Une lecture rapide, palpitante et au suspense savamment dosé. Classique mais efficace. Le dessin de Gabriel Hernandez Walta participe grandement à l'atmosphère angoissante du récit avec son trait gras et précis, il est très bien accompagné avec les couleurs sombres de Jordie Bellaire. Du très bon boulot. Curieux de decouvrir la suite, mais le tome 3 se fait attendre...

11/03/2026 (modifier)
Couverture de la série Kursk - Tourmente d'acier
Kursk - Tourmente d'acier

Le sticker apposé sur la couverture (par l’auteur du « Soldat oublié ») m’a intrigué, car je ne trouvais pas trace d’une série ou d’un album de Dimitri portant ce nom. Et c’est en cherchant sur internet que j’ai compris. Et du coup, ça éclaire pas mal la personnalité de l’auteur et cet album (mais aussi celui que j’ai lu juste avant, Raspoutitsa). Ce sont les albums « historiques » que je préfère dans l’œuvre de Dimitri. Et ce « Kursk » est sans doute celui qui, malgré quelques défauts, se révèle le plus intéressant, le plus prenant. Mais c’est aussi parce que l’auteur nous livre ici quelque chose de personnel. Si la tension qui anime les soldats, la violence, l’âpreté des combats sont aussi bien rendues, c’est parce que Dimitri a lui-même vécu cette bataille (au sein de l’armée allemande), et on peut imaginer que nombres de passages sont directement inspirés de son expérience ou de celle de ses compagnons d’arme. D’ailleurs, l’album se finit brutalement – suite à la blessure du narrateur/personnage principal. L’immense théâtre d’opérations de cette bataille se trouve ainsi réduite à la lutte et la survie d’êtres humains, l’horreur passant à l’arrière-plan. Car la bataille de Kursk a été un tournant dans la guerre. Suite à la défaite allemande de Stalingrad, cet affrontement marque le coup d’arrêt définitif des espoirs allemands à l’Est, la concentration de chars de la Wehrmacht ayant été repoussée par l’Armée rouge (j’avais lu il y a peu le très bon « Koursk, 1943 » de l’historien Roman Töppel, à lire pour ceux qui voudraient approfondir sur cette bataille), et les dernières pages, sans le dire vraiment, montrent plutôt une Wehrmacht « blessée », sur le reculoir, et des soldats au moral chancelant. Le récit de Dimitri est haletant, on suit au plus près certains soldats (soldats allemands, car « Ivan », les Soviétiques, n’apparaissant quasiment jamais, si ce n’est au travers des projectiles qu’ils envoient). Aucune vue d’ensemble donc, mais une guerre à hauteur d’hommes. Le dessin est globalement bon (quelques menus défauts de perspective et quelques visages moyennement réussis), la colorisation terne ou sombre convenant plutôt bien au récit. On pourrait juste regretter un commentaire off un peu trop présent parfois. Mais, au final, on a un récit de guerre bien mené, on est virtuellement au cœur d’une bataille, que l’auteur a vécu de l’intérieur. Note réelle 3,5/5.

11/03/2026 (modifier)