Les derniers avis (5 avis)

Couverture de la série La Fille dans l'écran
La Fille dans l'écran

La Fille dans l’écran est une BD profondément feel-good et romantique, qui aborde les sentiments avec beaucoup de douceur et de justesse. La manière dont l’anxiété sociale est intégrée au récit donne une vraie épaisseur aux personnages et évite toute approche simpliste ou caricaturale. Cette fragilité assumée nourrit la relation et rend le lien entre les deux protagonistes crédible et touchant. La narration par messages fonctionne très bien et rappelle le roman graphique “adolescent” dans le bon sens du terme, mais avec une réelle maîtrise et une maturité d’écriture. Le dispositif des deux points de vue, traités séparément puis de plus en plus entremêlés, est intelligemment exploité. Il permet de ressentir progressivement le rapprochement émotionnel des personnages, sans lourdeur ni effets forcés. Graphiquement, l’album est très réussi. La gestion des couleurs — alternance entre une trame colorée et une trame en noir et blanc — est subtile et pertinente, servant à la fois la narration et les états émotionnels. Le dessin, simple mais expressif, accompagne parfaitement le propos. Rien de révolutionnaire sur le fond, mais une histoire d’amour sincère, bien construite et émotionnellement juste, qui marque par sa sensibilité.

03/02/2026 (modifier)
Couverture de la série La Dernière Nuit d'Anne Bonny
La Dernière Nuit d'Anne Bonny

Très bonne bande dessinée, portée par une construction narrative particulièrement efficace. La triple trame — le présent avec le débat d’historiens, la fin de vie d’Anne Bonny et le récit de ses aventures — apporte une vraie profondeur au propos. Ce dispositif rend la lecture dynamique tout en instaurant un recul bienvenu, presque introspectif, sur le personnage et sur ce que l’Histoire choisit de retenir ou de transformer. La dimension éducative fonctionne bien, notamment grâce à ce jeu de regards croisés qui met en lumière les subtilités de la réinterprétation historique. Le parcours d’Anne Bonny est en lui-même passionnant. Le récit est rythmé, aborde de nombreux thèmes et le choix d’un personnage féminin à cette époque donne une résonance très moderne à l’ensemble. La piraterie sert davantage de cadre que de finalité : on n’est pas face à une BD de pirates classique, mais plutôt à un portrait de femme en quête de liberté, dans un monde qui la contraint de toutes parts. La relation avec la mort incarnée, sans être révolutionnaire, est bien intégrée et apporte une touche supplémentaire de sens et de gravité. Graphiquement, le dessin est expressif et s’inscrit clairement dans les codes de la BD ado contemporaine. Ce n’est pas forcément une esthétique qui me séduit immédiatement, mais elle s’accorde bien au ton du récit et finit par fonctionner sur la durée. Une œuvre que je recommanderais sans hésiter aux adolescents, surtout filles mais aussi garçons, et tout autant à leurs parents.

03/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Parker 1969
Parker 1969

Très bon ce tome ! Pourtant pas féru du genre polar, je n’ai toujours pas lu les Criminal par ex., j’ai pris mon pied avec cette bd. Il faut dire que je n’en attendais pas grand chose mais tout m’a surpris positivement. Le constat est sans appel, les auteurs magnifient leurs parties respectives pour embarquer le lecteur. Alors que je m’attendais à une enquête policière à la Philip Marlow, j’ai déjà été agréablement surpris de découvrir que notre héros se situait du côté des braqueurs. Après l’aventure proposée n’est pas révolutionnaire (un braqueur s’étant fait braquer cherche à retrouver son braqueur) mais notre héros s’avère attachant et le récit est dense. Ce que j’ai beaucoup aimé c’est la retranscription de l’époque donnant un côté suranné à l’intrigue, notre braqueur passant son temps à attendre devant le téléphone et à avaler les km. Et même si la trame est linéaire, il y a une certaine complexité avec les très nombreux personnages, heureusement c’est bien séquencé pour ne pas être perdu. J’ai également succombé à la voix off du héros qui meuble et accompagne admirablement les nombreux blancs. Et enfin la partie graphique qui m’a rapidement conquis, une bichromie élégante, une narration percutante, la forme au service du fond. Bref forcément pour les amateurs de polar mais pas que.

02/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Don Juan des Flots
Don Juan des Flots

Je n’aurais jamais misé un kopeck sur cette série. Le titre et la couverture ne m’interpellent en rien, un éditeur que j’ai tendance à ne même pas feuilleter, dans ma petite tête c’était encore une énième adaptation du héros. Bref à la base rien de palpitant dans mon horizon et… ce n’est pas du tout ça ! Je n’ai lu que le 1er tome mais ce dernier est franchement prometteur. On sent bien que c’est pour les grands ados mais j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir l’univers (et les enjeux) mis en place. Ici un monde médiéval fantastique à tendance X-men mâtiné de La Brigade Chimérique, un récit qui est loin de se laisser deviner et parfaitement mis en images. J’ai trouvé l’aventure relativement dense, la fin est parfaite pour titiller le lecteur. Si la suite est du même tonneau, on aura une très chouette trilogie. Une version de Don Juan intéressante.

02/02/2026 (modifier)
Par Fastsnake
Note: 4/5
Couverture de la série Libre à jamais
Libre à jamais

Après le monument qu'est La Guerre éternelle, j'appréhendais la manière dont ce récit pourrait être prolongé. Libre à jamais relève brillamment le défi en s'imposant comme une suite qui n'en est pas tout à fait une. Fini la guerre à grande échelle : on se focalise ici sur une communauté restreinte pour des enjeux paradoxalement plus vastes, touchant aux fondements mêmes de l'Humanité. Si le premier tome fait office de transition en parallèle à la fin de la série originale, il prépare le terrain pour un deuxième volume qui installe lentement la causalité du récit. Le tout culmine dans un troisième tome qui assume une rupture totale avec la 'Hard SF' pour s'aventurer vers une conclusion métaphysique. Un dénouement certes abrupt, voire proche du Deus Ex Machina, mais qui offre une fin bienvenue aussi bien mystique qu'audacieuse.

02/02/2026 (modifier)