Une BD sur l’humain, tout simplement. La construction est assez classique : plusieurs vies, plusieurs trajectoires qui finissent par se croiser plus ou moins directement, avec le jeu d’échecs comme métaphore en toile de fond. Rien de révolutionnaire donc, mais l’ensemble est vraiment bien exécuté. Les personnages ont justement ce côté réaliste, presque « monsieur tout le monde », qui les rend faciles à suivre et attachants sans avoir besoin d’en faire trop.
J’ai particulièrement apprécié le ton feel-good de l’ensemble. Ça fait du bien, sans tomber pour autant dans quelque chose de trop naïf ou artificiel. La mécanique du récit est maîtrisée, les différentes histoires s’articulent naturellement et, même si l’auteur ne prend pas énormément de risques, ce n’est pas vraiment ce qu’on demande à ce type de BD.
Côté dessin, rien à redire non plus. Il accompagne très bien le récit, avec quelques petites touches empruntées au roman graphique ou au web qui apportent un peu de jeunesse et de dynamisme à l’ensemble. Une lecture simple dans son principe, mais très bien construite et particulièrement agréable.
Bon, je n'ai que le premier album sous la main, mais vous savez quoi ? On s'en fout ! Il s'agit d'une succession de gags absurdes à durée variables unies par le simple enjeux ouvertement politique qui parsème l'ensemble. Ça et le personnage de Koko, gorille ayant appris le langage des signes et visiblement désireux de révéiller les consciences.
Et puis mon papa a dit que j'avais le droit d'aviser simplement le premier tome, nah !
Bon, l'album donc.
Comme dit plus haut il s'agit ici d'une succession de courts récits absurdes, sans réel fil conducteur, mais sincèrement désireux tout du long de porter un discours ouvertement politique et de faire remettre en question des acquis sociétaux à ses lecteur-ice-s. Premier gros point positif de l'album pour moi : la dimension politique fait mouche. Trop souvent dans ce genre de création souhaitant mélanger humour et politique je déplore que ladite dimension politique ne soit en fait que trop peu éffleurée, qu'elle ne pousse pas réellement à la remise en question et ne propose pas vraiment de discours détaillés ou de propositions d'améliorations, proposant bien trop souvent au final de n'enfoncer que des portes ouvertes. Ici le discours est explicite, large et détaillé. On parle de convergence des luttes, de féminisme, de hiérarchies sociales, de formes de contre-discours malhonnêtes, et on propose régulièrement de se lever, d'activement participer à un renouveau de la société plutôt que de bêtement regarder le crash arriver. Le discours politique est omniprésent, sa présence constante dans des situations bien trop éloignées du milieu politique engagé est justement la principale source de gags de l'album (en plus des références cinématographiques et des mille et un tacle sur les sciences parallèles et les théories du complot).
L'humour, justement, est bon. Subjectif, forcément, mais il m'a particulièrement touché et j'avoue avoir éclaté de rire à plusieurs reprises à ma lecture. L'humour est principalement absurde, jouant sur les cassures de ton et l'improbabilité des situations, mais prend également la forme de quelques gags de répétitions.
La forme de l'album est éclatée, certains gags se partagent de petits espaces serrés, les dessins figés (classiques du genre) sont de bonne facture sans être nécessairement révolutionnaires, ...
Difficile d'en dire plus sur mon ressenti sans développer davantage le propos politique, je vais donc conclure ici avec une phrase courte et simple : l'album est sincèrement drôle, est engagé et vaux certainement la lecture selon moi !
Bon, troisième escapade dans le monde des romans photos visant l'absurde et c'est plutôt une réussite.
Pas de fil conducteur, si ce n'est le sujet du langage et les formules débilement ampoulées qui nous suivent quasiment tout du long, mais surtout une succession de courtes histoires absurdes recyclant des vieux romans photos et créant un nouveau propos à partir de ça (façon "La Classe Américaine" si vous voulez).
C'est inégal, comme souvent avec les recueils de gags/récits absurdes, mais j'avoue qu'il y en a plusieurs qui ont réussi à me faire rire, notamment L'Anéantisseur Ultime, Le Pays des Bisous et Asticotissimo pour ne citer que ceux qui me sont restés en tête une fois l'album refermé.
Pas sûr que j'en garde des souvenirs inoubliables mais je dois reconnaître que dans l'océan de bandes-dessinées visant un humour absurde celle-ci Bon, troisième escapade dans le monde des romans photos visant l'absurde et c'est plutôt une réussite.
Pas de fil conducteur, si ce n'est le sujet du langage et les formules débilement ampoulées qui nous suivent quasiment tout du long, mais surtout une succession de courtes histoires absurdes recyclant des vieux romans photos et créant un nouveau propos à partir de ça (façon "La Classe Américaine" si vous voulez).
C'est inégal, comme souvent avec les recueils de gags/récits absurdes, mais j'avoue qu'il y en a plusieurs qui ont réussi à me faire rire, notamment L'Anéantisseur Ultime, Le Pays des Bisous et Asticotissimo pour ne citer que ceux qui me sont restés en tête une fois l'album refermé.
Pas sûr que j'en garde des souvenirs inoubliables mais je dois reconnaître que dans l'océan de bandes-dessinées visant un humour absurde celle-ci parvient à se démarquer et surtout à faire mouche. Faire rire n'est-il pas déjà un bel exploit ?
à se démarquer et surtout à faire mouche. Faire rire n'est-il pas déjà un bel exploit ?
(Note réelle 3,5)
Deux auteurs nés â Beyrouth, l’un qui y est retourné et l’autre qui est resté en France (en tout cas, si j’ai bien compris !) parlent des événements qui se sont passés depuis les attaques du 7 octobre 2023.
On sent leurs sentiments de révoltes contre la montée de l’extrême-droite partout dans le monde et les massacres de civils palestiniens qui se poursuivent sans que personne ne semble capable de les arrêter. On voit aussi un point de vue de l’actualité vu depuis le Liban, un pays compliqué qui ne s’est jamais vraiment remis de la guerre civile.
J’ai trouvé cet album vraiment passionnant à lire et instructif sur plusieurs aspects. J’ai bien aimé suivre les réflexions de ses deux auteurs sur les événements du présent et du passé. Le ton est certes décousue vu que c’est écrit â quatre mains au jour le jour, mais tout ce qui est raconté m’a semblé former un tout cohérent. Il n’y a pas un sujet qui m’a semblé hors-sujet avec tous les autres sujets traités dans cet album qui est un peu difficile à résumer.
Tout ce que je peux dire s’est que c’est un livre terriblement humaniste qui m’a marqué et bouleversé.
Très bonne BD, qui m’a surtout permis de découvrir un pan de l’Histoire que je connaissais très peu. C’est passionnant aussi bien pour ce qu’elle raconte de la transition monarchique européenne que pour cette situation assez improbable : un empereur autrichien et une impératrice belge à la tête du Mexique. Au-delà de cette singularité, la série offre une excellente immersion dans la royauté du XIXe siècle, ses codes, ses ambitions et ses jeux de pouvoir.
Sans savoir exactement où s’arrête la réalité historique et où commence la fiction, la lecture reste très convaincante. Si tout n’est pas complètement inventé, on apprend clairement des choses, mais sans jamais avoir l’impression de lire une série historique didactique. Les personnages sont bien construits, le contexte particulièrement soigné, et on sent derrière l’ensemble un vrai travail de recherche et une certaine finesse dans la reconstitution de l’époque.
Le dessin apporte aussi beaucoup. Moderne, dynamique et coloré, il détonne agréablement avec l’image que l’on peut avoir de la BD historique, souvent plus précise, sobre et parfois un poil vieillotte. Ici, ce choix donne beaucoup de vie au récit, et c’est clairement pour le mieux.
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Échecs
Une BD sur l’humain, tout simplement. La construction est assez classique : plusieurs vies, plusieurs trajectoires qui finissent par se croiser plus ou moins directement, avec le jeu d’échecs comme métaphore en toile de fond. Rien de révolutionnaire donc, mais l’ensemble est vraiment bien exécuté. Les personnages ont justement ce côté réaliste, presque « monsieur tout le monde », qui les rend faciles à suivre et attachants sans avoir besoin d’en faire trop. J’ai particulièrement apprécié le ton feel-good de l’ensemble. Ça fait du bien, sans tomber pour autant dans quelque chose de trop naïf ou artificiel. La mécanique du récit est maîtrisée, les différentes histoires s’articulent naturellement et, même si l’auteur ne prend pas énormément de risques, ce n’est pas vraiment ce qu’on demande à ce type de BD. Côté dessin, rien à redire non plus. Il accompagne très bien le récit, avec quelques petites touches empruntées au roman graphique ou au web qui apportent un peu de jeunesse et de dynamisme à l’ensemble. Une lecture simple dans son principe, mais très bien construite et particulièrement agréable.
Koko n'aime pas le capitalisme
Bon, je n'ai que le premier album sous la main, mais vous savez quoi ? On s'en fout ! Il s'agit d'une succession de gags absurdes à durée variables unies par le simple enjeux ouvertement politique qui parsème l'ensemble. Ça et le personnage de Koko, gorille ayant appris le langage des signes et visiblement désireux de révéiller les consciences. Et puis mon papa a dit que j'avais le droit d'aviser simplement le premier tome, nah ! Bon, l'album donc. Comme dit plus haut il s'agit ici d'une succession de courts récits absurdes, sans réel fil conducteur, mais sincèrement désireux tout du long de porter un discours ouvertement politique et de faire remettre en question des acquis sociétaux à ses lecteur-ice-s. Premier gros point positif de l'album pour moi : la dimension politique fait mouche. Trop souvent dans ce genre de création souhaitant mélanger humour et politique je déplore que ladite dimension politique ne soit en fait que trop peu éffleurée, qu'elle ne pousse pas réellement à la remise en question et ne propose pas vraiment de discours détaillés ou de propositions d'améliorations, proposant bien trop souvent au final de n'enfoncer que des portes ouvertes. Ici le discours est explicite, large et détaillé. On parle de convergence des luttes, de féminisme, de hiérarchies sociales, de formes de contre-discours malhonnêtes, et on propose régulièrement de se lever, d'activement participer à un renouveau de la société plutôt que de bêtement regarder le crash arriver. Le discours politique est omniprésent, sa présence constante dans des situations bien trop éloignées du milieu politique engagé est justement la principale source de gags de l'album (en plus des références cinématographiques et des mille et un tacle sur les sciences parallèles et les théories du complot). L'humour, justement, est bon. Subjectif, forcément, mais il m'a particulièrement touché et j'avoue avoir éclaté de rire à plusieurs reprises à ma lecture. L'humour est principalement absurde, jouant sur les cassures de ton et l'improbabilité des situations, mais prend également la forme de quelques gags de répétitions. La forme de l'album est éclatée, certains gags se partagent de petits espaces serrés, les dessins figés (classiques du genre) sont de bonne facture sans être nécessairement révolutionnaires, ... Difficile d'en dire plus sur mon ressenti sans développer davantage le propos politique, je vais donc conclure ici avec une phrase courte et simple : l'album est sincèrement drôle, est engagé et vaux certainement la lecture selon moi !
Les Six Fonctions du langage
Bon, troisième escapade dans le monde des romans photos visant l'absurde et c'est plutôt une réussite. Pas de fil conducteur, si ce n'est le sujet du langage et les formules débilement ampoulées qui nous suivent quasiment tout du long, mais surtout une succession de courtes histoires absurdes recyclant des vieux romans photos et créant un nouveau propos à partir de ça (façon "La Classe Américaine" si vous voulez). C'est inégal, comme souvent avec les recueils de gags/récits absurdes, mais j'avoue qu'il y en a plusieurs qui ont réussi à me faire rire, notamment L'Anéantisseur Ultime, Le Pays des Bisous et Asticotissimo pour ne citer que ceux qui me sont restés en tête une fois l'album refermé. Pas sûr que j'en garde des souvenirs inoubliables mais je dois reconnaître que dans l'océan de bandes-dessinées visant un humour absurde celle-ci Bon, troisième escapade dans le monde des romans photos visant l'absurde et c'est plutôt une réussite. Pas de fil conducteur, si ce n'est le sujet du langage et les formules débilement ampoulées qui nous suivent quasiment tout du long, mais surtout une succession de courtes histoires absurdes recyclant des vieux romans photos et créant un nouveau propos à partir de ça (façon "La Classe Américaine" si vous voulez). C'est inégal, comme souvent avec les recueils de gags/récits absurdes, mais j'avoue qu'il y en a plusieurs qui ont réussi à me faire rire, notamment L'Anéantisseur Ultime, Le Pays des Bisous et Asticotissimo pour ne citer que ceux qui me sont restés en tête une fois l'album refermé. Pas sûr que j'en garde des souvenirs inoubliables mais je dois reconnaître que dans l'océan de bandes-dessinées visant un humour absurde celle-ci parvient à se démarquer et surtout à faire mouche. Faire rire n'est-il pas déjà un bel exploit ? à se démarquer et surtout à faire mouche. Faire rire n'est-il pas déjà un bel exploit ? (Note réelle 3,5)
Et toi, comment ça va ?
Deux auteurs nés â Beyrouth, l’un qui y est retourné et l’autre qui est resté en France (en tout cas, si j’ai bien compris !) parlent des événements qui se sont passés depuis les attaques du 7 octobre 2023. On sent leurs sentiments de révoltes contre la montée de l’extrême-droite partout dans le monde et les massacres de civils palestiniens qui se poursuivent sans que personne ne semble capable de les arrêter. On voit aussi un point de vue de l’actualité vu depuis le Liban, un pays compliqué qui ne s’est jamais vraiment remis de la guerre civile. J’ai trouvé cet album vraiment passionnant à lire et instructif sur plusieurs aspects. J’ai bien aimé suivre les réflexions de ses deux auteurs sur les événements du présent et du passé. Le ton est certes décousue vu que c’est écrit â quatre mains au jour le jour, mais tout ce qui est raconté m’a semblé former un tout cohérent. Il n’y a pas un sujet qui m’a semblé hors-sujet avec tous les autres sujets traités dans cet album qui est un peu difficile à résumer. Tout ce que je peux dire s’est que c’est un livre terriblement humaniste qui m’a marqué et bouleversé.
Charlotte Impératrice
Très bonne BD, qui m’a surtout permis de découvrir un pan de l’Histoire que je connaissais très peu. C’est passionnant aussi bien pour ce qu’elle raconte de la transition monarchique européenne que pour cette situation assez improbable : un empereur autrichien et une impératrice belge à la tête du Mexique. Au-delà de cette singularité, la série offre une excellente immersion dans la royauté du XIXe siècle, ses codes, ses ambitions et ses jeux de pouvoir. Sans savoir exactement où s’arrête la réalité historique et où commence la fiction, la lecture reste très convaincante. Si tout n’est pas complètement inventé, on apprend clairement des choses, mais sans jamais avoir l’impression de lire une série historique didactique. Les personnages sont bien construits, le contexte particulièrement soigné, et on sent derrière l’ensemble un vrai travail de recherche et une certaine finesse dans la reconstitution de l’époque. Le dessin apporte aussi beaucoup. Moderne, dynamique et coloré, il détonne agréablement avec l’image que l’on peut avoir de la BD historique, souvent plus précise, sobre et parfois un poil vieillotte. Ici, ce choix donne beaucoup de vie au récit, et c’est clairement pour le mieux.