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Les Vieux Fourneaux

Note: 3.89/5
(3.89/5 pour 28 avis)

Angoulême 2015 : Prix du public Cultura 2014 : Prix des Libraires de bande dessinée Vous êtes la pire génération de l'histoire de l'humanité !


Angoulême : récapitulatif des séries primées Les prix lecteurs BDTheque 2014 Prix des Libraires de Bande Dessinée Troisième âge

Pierrot, Mimile et Antoine, trois septuagénaires, amis d'enfance, ont bien compris que vieillir est le seul moyen connu de ne pas mourir. Une comédie sociale aux parfums de lutte des classes et de choc des générations, qui commence sur les chapeaux de roues par un road-movie vers la Toscane, au cours duquel Antoine va tenter de montrer qu'il n'y a pas d'âge pour commettre un crime passionnel.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Avril 2014
Statut histoire Série en cours 6 tomes parus
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux

13/04/2014 | jurin
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Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Ju

Au départ, j'avoue que je n'étais pas spécialement attiré. Les dessins sont sympathiques mais pas exceptionnels, l'histoire ne me paraissait pas incroyablement originale, bref, je préférais m'orienter vers d'autres titres. Et puis, à force de voir les albums exposés partout, je me suis laissé tenter. Et j'ai eu bien raison. Les aventures de ces papys ronchons et désabusés sont étonnamment rafraîchissantes, et je me suis plusieurs fois franchement fendu la poire. Le premier tome est vraiment génial. Si l'histoire se concentre sur un personnage (Antoine), le développement des autres protagonistes n'est absolument pas bâclé, et tous sont incroyablement attachants. J'ai véritablement dévoré ce tome et me suis donc logiquement pressé pour lire les autres. Je n'ai pas été déçu non plus. Si le tome 1 reste, à mon goût, le meilleur, les tomes 2 et 3, qui se concentrent chacun sur un personnage différent (Antoine pour le tome 1, Pierre pour le tome 2 et Mimile pour le tome 3), utilisent la même recette, et ça marche : une bonne dose d'humour, teintée d'une critique de la société et d'aspects plus personnels de la vie de nos héros. J'appréhendais le tome 4 (le fait que la bd ne porte pas sur un des personnages principaux comme c'était le cas pour les albums précédents me laissait craindre un scénario moins prenant), et j'ai été agréablement surpris : l'esprit de la bd est intact, et j'ai encore passé un bon moment à la lire. Cet album ne se focalise pus sur un de nos trois héros, mas sur l’héroïne, Sophie, et le résultat est très appréciable. Enfin, le 5e tome change encore de type de narration et tente de donner aux quatre héros une couverture identique, alors même qu'ils ne sont pas ensemble. Ca marche à peu près, même si le résultat est que certains personnages ont la part belle (Antoine ou Mimile) quand d'autres sont plus anecdotiques, comme Sophie qui avait pourtant une place de choix dans les précédents opus. Mais l'essentiel reste là : on rigole, on sourit, on se prend d'affection pour tout ce joli monde. Encore un album réussi. J'avoue avoir préféré les tomes 1, 2 et 3 aux deux derniers, mais je ne dirais pas que la série se dégrade. Elle évolue et a su garder son identité et sa fraicheur intacts. Une série à lire.

04/02/2018 (MAJ le 04/12/2018) (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur gruizzli

J'ai longuement hésité à acheter cette BD, apeuré par le syndrome de l'avis enthousiaste et l'engouement qu'avait provoqué le premier tome. J'ai donc patienté, et finalement, rappelé à l'ordre par les affiches du film sortant bientôt, j'ai été voir ce que valait cette série. Ce qui fait qu'au final, j'ai lu d'une traite les quatre tomes et j'ai eu beaucoup moins d'appréhension face aux tomes suivants. Ce fut une lecture d'une traite, et donc bien moins attentive sur les tomes suivants. Et j'ai été conquis. Oui, réellement, et sans aucune concession. Lupano, le fantastique conteur d'histoires, a encore une fois frappé juste. Il sait manier la plume pour faire des personnages profondément humains, des gens simples dans lesquels on croit et qui nous donnent envie de les aimer. Ce qui n'est pas sans risque lorsqu'on ne connait rien de leurs vies. L'humour ressort particulièrement bien de cette BD, et j'ai beaucoup ri à la lecture. Vraiment ri aux éclats, pas simplement souri. C'est déjà bon signe ! Les albums sont très différents les uns des autres, abordant tour à tour d'autres thématiques et mettant en avant d'autres aspects des personnages. Mais surtout, je crois bien qu'il s'agit de l'album de Lupano le plus engagé. L'auteur avait toujours un message social dans ses BDs, et souvent très engagé. Mais là, j'ai l'impression de lire un message bien plus politique et bien plus engagé. Avec des petites piques sur le monde de la politique, mais surtout sur l'engagement de chacun dans une société de tous. Et le dernier tome est particulièrement bien trouvé, sur une situation assez courante et peu manichéenne : agrandir une usine d'anti-dépresseur pour refaire des emplois dans une zone à sauvegarder, avec la possibilité d'un retour des jeunes et des magouilles politiques à la clé. Rien n'est blanc ou noir, c'est une situation qu'il n'est pas facile de juger. Et c'est là la force de ce récit, qui invite non pas à s'engager pour refaire le monde, mais qui semble inviter à s'en créer un nouveau. C'est un peu comme un souffle d'espoir qui passe dans cette BD, cette envie d'autre chose que ce qu'on a. C'est très orienté décroissance, nouvelle politique et engagement citoyen, mais ça fait du bien de voir comment cela se mêle avec des vieux combats, de vieilles idées et des vieilles aspirations. J'en ai peu parlé, mais le dessin est d'une très bonne efficacité. En vrai, je n'aurais pas grand chose à en dire, vu que je n'ai rien noté de particulier. Ça fonctionne parfaitement. Cette BD m'a beaucoup plu, et même si j'ai sans doute gardé une lecture très politique de l’œuvre, je trouve qu'elle mérite qu'on s'y attarde juste pour se faire plaisir. L'histoire reste très sympathique, on passe un agréable moment en compagnie de ce trio infernal de vieux. Je recommande la lecture de cette BD qui fait souffler un vent de fraicheur avec des aînés !

17/08/2018 (modifier)
Par herve
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur herve

Tome 1 J'avoue avoir mis du temps à acquérir ce volume. A cause peut-être de Lupano himself, sur lequel mon avis est toujours très partagé : selon moi, il publie du très bon comme L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu mais aussi, du moins réussi comme L'Assassin qu'elle mérite. Et là il a fallu attendre de lire les critiques dithyrambiques ici ou là pour enfin me lancer dans la lecture. Et bien un seul mot me vient après avoir refermé ce premier opus : jubilatoire ! Un scénario très réussi, mêlant humour, nostalgie et dérision ; servi par un dessin très dynamique de Cauuet. Rien que le gag du fusil (page 42, planche quasi muette) m' a fait hurler de rire. Les dialogues font mouche à chaque fois et je n'attends qu'une seule chose : lire la suite (même si ce premier volume peut presque se suffire à lui même). Bien construite, drôle, cette équipée sauvage du 3ème âge est une des meilleures bandes dessinées de l'année, à mon humble avis. Tome 2 Certes j'avais mis du temps à acquérir le premier volume de cette série mais je m'étais régalé à la lecture. Pour la sortie du tome 2, je me suis littéralement précipité de l'acheter. Mais j'avoue que, comme certains, j'ai trouvé qu'une fois passé la bonne surprise du premier volume, cet opus n'en avait pas la fraicheur. Si certaines situations m'ont fait sourire ici (le running gag de la baguette de pain), les auteurs n'atteignent pas le niveau du volume précédent. En entrecoupant trop d'intrigues (la recherche d'un amour de jeunesse, la visite de l'île de la Tordue, le projet de Mimile...), Lupano casse un peu le rythme de la lecture (d'où une baisse de note). Dommage, mais la barre était plaçée bien haut. Cela reste tout de même une lecture plaisante. tome 4 Signe peut-être d'une lassitude, je ne me suis pas précipité vers l'achat de cet opus , me contentant de l'emprunter à la médiathèque plus d'un mois après sa sortie. Certes, la fraicheur du premier album n'y est plus mais ce quatrième volume se lit avec plaisir, multipliant le niveau de lectures (le côté politique avec les "zadistes", le côté familial avec l'histoire de la famille de Sophie, et le côté mystérieux avec "le trésor des papys") Je regrette quelque peu que notre vieux trio soit mis en second plan dans cette aventure qui privilégie ici l'histoire de Sophie, mais avec Jojo, le couvreur, j'ai retrouvé la verve du premier volume. Un album correct mais une série qui finit par s'essouffler tout de même

28/04/2014 (MAJ le 25/02/2018) (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Pasukare

Cette fois c’est sûr et je le répète haut et fort (et gras) : mon scénariste préféré en BD est Wilfried Lupano ! Une fois encore, et après de jolies pépites et autres séries cultes comme, entre autres, Alim le tanneur, Le Droit Chemin, Ma révérence, Le Singe de Hartlepool ou L'Assassin qu'elle mérite, Lupano signe ici un scénario drôle et bien ficelé mettant en scène des personnages grandes gueules et attachants dont la vie trépidante ne connait pas le repos, physique ou psychologique. Les vieux fourneaux ce sont trois « séniors » pas du tout rangés, qui se retrouvent au début de la série à la triste occasion de l’enterrement de la femme de l’un d’eux. Cette dernière a laissé à son mari une lettre à n’ouvrir, chez le notaire, qu’après sa mort… Et pour cause, la révélation qui y est faite est un vrai coup de tonnerre qui va bouleverser bien des certitudes. Aux côtés de nos trois vieux, on trouve la jeune Sophie (enceinte jusqu’aux yeux au début du tome 1), petite fille d’un des trois compères, qui ne fera pas mentir le dicton « les chiens ne font pas des chats ». Cette dernière a tout quitté pour revenir aux sources, et va se retrouver mêlée à l’aventure en y apportant sa lucidité, sa raison et son franc parler (mention spéciale pour les épisodes « boulangerie » ou la rencontre avec le groupe de vieux promus « pire génération de l’histoire de l’humanité »). Au dessin, Cauuet illustre admirablement le scénario du sieur Lupano avec un style qui colle parfaitement à l’ambiance : très expressif, très coloré, très dynamique. J’aime beaucoup également les sauts dans le passé qui nous montrent la jeunesse de nos vieux briscards, tout aussi animée que leur vie actuelle d’ailleurs. Une série à ne louper sous aucun prétexte !

29/02/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Eric2Vzoul

Trois vieux papis lancés dans un road movie ! C'est vrai qu'ils sont attachants ces ancêtres, qui refusent de vieillir malgré leurs rhumatismes. Réunis pour un enterrement, les voilà partis pour une course-poursuite en quête de l'éternelle jeunesse. La pire génération de l'histoire ? Peut-être… N'empêche qu'ils n'ont jamais cessé de se battre, eux ! Pour des causes sociales, puis pour passer le temps et enfin pour le plaisir d'emmerder les cons. “Ceux qui vivent sont ceux qui luttent”, et ce n'est pas la jeune Sophie, enceinte jusqu'aux yeux, qui va les contredire. Les personnages son drôles et attachants. Les réparties fusent. L'histoire est simple mais passionnante. Lupano réussit encore un joli scénario, tout en tendresse caustique. Le dessin de Cauuet est très réussi. Il a déjà travaillé avec Lupano sur L'Honneur des Tzarom et adopte cette fois un style plus caricatural, qui colle merveilleusement au sujet. J'ai jubilé en accompagnant Les vieux fourneaux dans leur périple et j'espère qu'ils reviendront bientôt pour de nouvelles aventures. La fin ouverte promet un bel avenir à ces nouveaux héros. •••••• 3 albums et j'apprécie toujours autant les trois papys •••••• Je lis que certains posteurs font la fine bouche : « pas original », « convenu », « sans surprise »… Je vous trouve bien sévères mes amis, alors je reprends la plume (enfin le clavier) pour les défendre. Peut-être que le thème des ancêtres turbulents n'est pas neuf ; c'est vrai que ceux-ci rappellent nombre d'œuvres antérieures comme Les Vieux de la Vieille (les anars de René Fallet plutôt que les cabotins d'Audiard et Grangier), ou encore La Vieille de Patrick Font. Les pépés indignes sont des figures littéraires récurrentes, et alors ? Ces Vieux fourneaux ne font pas exception au genre, mais quel plaisir de les voir évoluer ! Par leurs facéties, si absurdes soient-elles, ils ressuscitent un univers à la Brassens et ça me fait chaud au cœur. Parce qu'en ces temps de repli individualiste et de politiquement correct, ça fait foutrement plaisir de contempler ces dinosaures gauchistes semer le désordre dans la bonne humeur. Qui ose encore s'en prendre aux travers d'une société qui s'auto-satisfait de sa perversité tout en la déplorant ? Qui à part des Pierrot, Antoine, Mimile et Mamie Fanfan ? Il y a bien Revanche dans un genre un peu différent, mais on ne peut pas dire que l'esprit gauchiste fasse florès de nos jours. Il faut de vieux farceurs au bord de la tombe pour nous offrir la vision jubilatoire et optimiste d'un avenir possiblement radieux. Et il est faux de dire qu'ils sont enferrés dans leurs certitudes et leurs dogmes passéistes. Au fil des albums Lupano a l'intelligence de les bousculer, de les mettre face à leurs contradictions, de les prendre en faute, de raviver leurs regrets, de les amener à doute d'eux-mêmes. Des caricatures, sans doute, mais plus humaines que bien des vivants ! Longue vie aux Vieux Fourneaux et à leurs aventures salutaires !

15/04/2014 (MAJ le 26/12/2015) (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Une fois de plus, Lupano me scotche ! Et pourtant son intrigue est toute simple… Oui mais voilà, le gars a l’art du dialogue, la science du profil psychologique attachant, l’humour à fleur de peau, le don de glisser la petite anecdote mortelle au coin d’une case, là, comme ça, l’air de rien. Résultat : un récit vif, alerte, drôle, surprenant, peuplé de personnages attachants. Le genre de récit où l’on se dit : « Qu’importe la fin, ce qui compte ici, c’est le voyage… ». Sauf que la fin, je suis tout de même très curieux de la découvrir. Avec cet auteur, la surprise est souvent au coin de la route, au détour d’un chemin de traverse aux parfums d’école buissonnière. Cette liberté de ton, cet art de toucher à plusieurs registres dans un seul et même album est une des marques de fabrique de l’auteur. Et toujours ce talent de conteur qui nous offre des séquences magiques comme "le polichinelle dans le tiroir" ou "la sortie de route" (vous me comprenez si vous avez lu cet album ;) ). Et que dire du travail réalisé par Cauuet sinon qu’il est du même niveau que celui de son complice. Le trait est rond et nerveux à la fois, extrêmement expressif et vivant. Les personnages sont croqués avec talent, les cadrages font régulièrement montre d’originalité (ce plan en contre-plongée depuis l’intérieur d’une camionnette en est un bel exemple). La colorisation est au diapason. C’est un sans faute ! J’attends déjà la suite avec impatience !!! Reste le problème de la notation. D’ordinaire, je n’accorde la note maximale qu’à des œuvres qui me semblent avoir contribué à l’évolution de la bande dessinée ou, du moins, qui constituent des tournants décisifs dans la carrière d’auteurs majeurs… A mes yeux, Lupano est devenu sinon majeur du moins incontournable. Et signer après l’excellent « Ma révérence » un album tel que celui-ci m’incite à penser qu’il a atteint un niveau digne du culte.


La série perd une étoile à mes yeux suite à la lecture du deuxième tome. J’ai en effet trouvé celui-ci plus confus, plus éparpillé et moins tranchant que le premier. Qu’on ne s’y trompe pas, j’ai bien aimé ce tome mais plus au point de lui attribuer la note maximale. Par ailleurs, je regrette également certains choix scénaristiques qui nous montrent une nouvelle génération qui se plait à critiquer l’ancienne… mais qui adopte rapidement un profil bas, histoire de ne pas faire de vague, alors qu’elle a les armes pour (un peu) changer le monde. Ce manque d’ambition est peut-être volontaire de la part des auteurs mais il me déçoit, à l’heure actuelle. Ceci dit, cette série figure parmi celles qui m’ont le mieux accroché depuis quelques années. La truculence des personnages est formidable, ce qui me les a rendus attachants en un temps record. J’attends donc la suite avec impatience.

23/04/2014 (MAJ le 18/11/2014) (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Ro

J'ai été un peu surpris en fin d'album de réaliser que ce n'était pas un one-shot. Il y a dans ce seul premier tome tout à fait de quoi former une histoire complète. Mais quoiqu'il en soit, ce fut pour moi une très chouette lecture ! Soutenu par un excellent dessin, le récit met en scène un excellent trio de vieillards pleins de vie qui ont à peine vieilli dans leur tête. Le récit est drôle, prenant, bien mené et rythmé. Les personnages sont succulents, les dialogues exquis, les situations pleines d'humour et d'humanité. Ces vieux fourneaux mais aussi la jeune Lucette enceinte sont très attachants et j'ai bien hâte de lire la suite de leurs aventures.

13/08/2014 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Trois vieux roudoudous, réunis pour l’enterrement de Lucette, l’épouse de l’un d'entre eux, se retrouvent embarqués dans une folle équipée vers l’Italie, à cause d’une histoire vieille de 50 ans, en compagnie de Sophie, petite-fille et sosie de Lucette, enceinte de 7 mois. Antoine, le nouveau veuf de la bande, a passé sa vie à la tête de la section syndicale d’un gros laboratoire pharmaceutique. Émile cache une vie de bâton de chaise sous des dehors de papi respectable pour jardin public. Pierre, le plus brindezingue des trois, anime le collectif d’aveugles anarchistes « Ni Yeux ni maître ». Malgré leur âge canonique, nos trois compères n’ont renoncé ni à leur esprit frondeur ni à leur goût pour les bêtises d’adolescents. Heureusement, Sophie veille sur eux. Une Sophie pas plus raisonnable que son grand-père pourtant, qui a quitté boulot et mec à Paris, pour venir reprendre le « Loup en slip », le théâtre de marionnettes itinérant de sa grand-mère, et qui est capable d’engueuler une bande de touristes septuagénaires sur une aire d’autoroute, en leur expliquant qu’ils sont la pire génération de toute l’histoire de l’humanité. Dans la veine des Petits Ruisseaux ou du roman Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, les Vieux Fourneaux est une réjouissante pochade qui se moque des « seniors » sans tabous pour rappeler que la vie se déguste à tous les âges et que la vraie vieillesse, c’est de renoncer. Le dessin très expressif de Cauuet, dans la veine de Lelong, rajoute de la vigueur à cette histoire très bien troussée. Une de mes plus jolies découvertes de 2014 !

01/08/2014 (modifier)
Par SkAmby
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Sans aucun doute un des meilleurs scénarios de Lupano. Le Singe de Hartlepool était déjà juste magique. Là, on se retrouve avec des dialogues dignes des "tontons flingueurs". Tous les personnages sont absolument humains, avec des défauts finalement communs. Des fous rires, des coups de sang, une vraie amitié entre amis d'enfance. Voilà les ingrédients simples d'une recette savoureuse à souhait. L'histoire de chacun d'entre eux mériterait une histoire. On veut rapidement en savoir plus, mieux les connaitre. Un vieux qui peine à sortir d'une voiture trop basse, "rabaissée par un fossé qui s'est jeté sur la voiture" se révèle être plus tatoué qu'un yakuza et son passé pourrait faire pâlir bien des aventuriers. Un autre vieux fourneaux est un ancien syndicaliste prêt à faire ruer la société dans ses brancards juste pour le plaisir de la secouer comme par exemple en s'incrustant avec un gang d'handicapés à des soirées mondaines. La cohérence du scénario est parfaite, les rebondissements inattendus donnent un rythme haletant à ce début de série plus que prometteur. Un ouvrage à recommander aux ex soixante-huitards et à tous les autres. A consommer sans modération !

22/07/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur PAco

Rien à redire sur les avis unanimes du moment qui soufflent par ici : « Les vieux fourneaux » est sans doute une de mes meilleures lectures depuis ce début d’année ! Moi qui ai jusqu’ici toujours apprécié les scénarios de Wilfrid Lupano, cet album ne fait que conforter à mes yeux son talent d’écriture, tant pour ce qui est de la trame du récit que des dialogues. Il a ce don pour nous camper des personnages au caractère ciselé, qu’ils soient attachants ou imbuvables ; impossible de rester de marbre face à ces « gueules » qui vont forger l’âme et illuminer les récits qu’il nous balance. Car avec lui ça jette ! Ca balance ! Ca pulvérise dirait tonton ! Et cerise sur le gâteau, tout cela s’inscrit dans un cadre réaliste et contemporain qui sait aller s’appuyer intelligemment sur l’actualité tout en la détournant. C’est fin, ça se mange sans faim. Et si ces trois vioques pas piqués des hannetons qui tiennent le haut de l’affiche de cette série ne sont pas des adeptes du flingue (quoi que…), ça ne les empêche pas de sabrer à tout va à coup de réparties cinglantes à pisser de rire. Car ce qui fait aussi la force de cet album c’est cet humour distillé sous les formes les plus variées. Que ce soit le ton décapant que peuvent prendre les dialogues, les jeux de mots qui viennent nourrir le scénario (cf. le coup du polichinelle) ou les détails nichés dans les cases et/ou les expressions que retranscrit Paul Cauuet par le biais de son dessin, on n'a vraiment pas le temps de s’ennuyer ! Mais ce n’est pas le tout d’amuser la galerie, encore faut-il avoir un comparse qui tienne la comparaison et le rythme au dessin pour porter bien haut ces tribulations épiques. Et pour une découverte, j’avoue avoir été servi ! Paul Cauuet que je ne connaissais pas du tout tient là un sacré coup de patte ! Son dessin a du style et autant de gueule que ses personnages ont de caractère. Sa narration est impeccable. Ses cadrages sont justes hallucinants par moments (j’ai scotché sur la même case que MacArthur, celle en contreplongée vu de l’intérieur de la camionnette). Sa colorisation est chaude et lumineuse et rend ses personnages encore plus vivants. Bref, j’arrête là avant que môssieur, un peu comme ces p’tits vieux qu’il croque si bien, ne se sente plus pisser. Vous l’aurez compris, ce premier tome, qui aurait par ailleurs comme l’ont fait remarquer certains pu se suffire à lui-même, est un vrai petit bijou, et comble de bonheur pour nous,il devrait se poursuivre dans un second tome. Vivement la suite ! Rien à redire sur les avis unanimes du moment qui soufflent par ici.

17/05/2014 (modifier)