Les dessins "beaux" ? dit la présentation de l'œuvre. Et puis quoi encore ? Mais prenants, d'accord, de même que l'histoire sombre et mystérieuse. Je l'ai lu il y a un certain temps donc ne me rappelle pas des méandres, de toute façon, le propos semble de maintenir le lecteur dans l'obscurité, l'attente, et parfois la mystérieuse intensité du blast. Je me disais surtout en lisant que j'aimerais vivre cette accélération, mais pas au prix de la noirceur et de l'ennui qui l'environne. Non ! Ce qu'il y a de plus beau pour moi est l'aube, on voit la distance. Pourtant, cette lecture aura été stimulante, bon, pas au point que je relise. Mais parce que le mélange d'ennui, de noirceur, d'intensité et l'originalité du trait charbonneux apporte du nouveau. Et le nouveau, du moins dans les œuvres pour moi, ailleurs, ça peut être très destructeur : "Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ? Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !" comme dit Baudelaire dans Le Voyage.
Avant qu'on n'arrive au fond… La forme est parfaite ! Les protagonistes sont bien dessinés, et le trait est dynamique, surtout pour la Baron Noir ! Le paysage n'est pas encombré, ainsi ce dynamisme et les dialogues ressortent mieux. Que j'ai souris ! Bon, aucune bd ne m'a fait rire, donc sourire, c'est le plus ! Les rapports de force et l'absurde sont bien évoqués, sans parler de la bêtise et de l'hypocrisie. Marquée par notre société, je pense que cette bd pourrait plaire dans des sociétés bien différentes, pourvu qu'elle ait des rapports de force assez tranchés, ce qui est généralement le cas. Bd malheureusement universelle, donc !
J'ai à peine commencé à lire ce que j'ai dans ma collection Servais.
La belle coquetière m'avait laissé de marbre malgré la beauté du dessin. Mais en lisant Fanchon, j'ai pris une petite claque.
J'ai trouvé pour commencer que Servais sortait de l'illustration pour faire vraiment du dessin. Par exemple, l'aliénation urbaine du personnage principal est vraiment bien retranscrite dans les premières pages.
Servais a choisi des thèmes puissants pour son histoire : les amours d'enfance, l'impossible retour à l'adolescence, le sentiment d'absence... Le tout au service d'une histoire très belle et très triste.
Ça aurait pu faire un beau film de cinéma. Il manque peut être une dizaine de pages pour en faire un chef d'oeuvre absolu. Car si l'histoire sait prendre son temps, j'ai trouvé que ça allait un tout petit peu trop vite vers la fin.
Une bd à lire pour constater que Servais est tout à fait capable de générer de puissantes émotions.
Des trois one shots publiés avec Jamar, c'est celui que j'ai le plus apprécié.
Intrigue travaillée, dialogues ciselés, gros travail de Jamar pour reconstituer le Paris du 17eme.
On a droit à un dossier de 5 pages à la fin de l'album avec de jolis esquisses.
Une lecture tout à fait recommandable.
Toujours dans les publications de Gimenez avant son mariage avec Jodo, nous avons Mutante, un recueil d'histoires courtes.
La meilleure histoire est celle qui introduit l'album, "princesse de rêve", les autres récits sont un peu trop courts pour rester en tête. L'ensemble reste solide.
Ce qui a retenu mon attention, c'est surtout la maîtrise du vocabulaire SF et la qualité des dialogues. On a parfois l'impression de lire du Jodorowsky alors que Gimenez est seul au scénario.
Le dessin est juste superbe, aucun superlatif ne peut restituer correctement ce que l'on admire à chaque page qui se tourne.
Un petit chef d'oeuvre SF de Carlos Trillo magnifiquement mise en scène par Gimenez : voici Gangrène.
Publié en 1987, cette bande nous montre un Juan Gimenez ayant déjà atteint sa pleine maturité graphique.
Cerise sur le gâteau on a ici un récit mordant, plein d'ironie avec une conclusion à la hauteur.
Les années 80, quelle époque de rêve pour les fans de science fiction...
C'est donc ça une œuvre de jeunesse ?
Une histoire de Barreiro simple mais efficace, très bien écrite et surtout les prémisses de ce qui deviendra le style Gimenez : science de la mise en scène, palette de couleurs idéale pour créer une ambiance SF, amour des vaisseaux spatiaux... Et un coup de crayon unique. On reconnaît un décor ou un personnage dessiné par Gimenez au premier coup d'œil.
C'est peut être une oeuvre de jeunesse mais la galaxie Gimenez, née de ce trou noir en 1981, était déjà prête à prendre le pouvoir.
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Blast
Les dessins "beaux" ? dit la présentation de l'œuvre. Et puis quoi encore ? Mais prenants, d'accord, de même que l'histoire sombre et mystérieuse. Je l'ai lu il y a un certain temps donc ne me rappelle pas des méandres, de toute façon, le propos semble de maintenir le lecteur dans l'obscurité, l'attente, et parfois la mystérieuse intensité du blast. Je me disais surtout en lisant que j'aimerais vivre cette accélération, mais pas au prix de la noirceur et de l'ennui qui l'environne. Non ! Ce qu'il y a de plus beau pour moi est l'aube, on voit la distance. Pourtant, cette lecture aura été stimulante, bon, pas au point que je relise. Mais parce que le mélange d'ennui, de noirceur, d'intensité et l'originalité du trait charbonneux apporte du nouveau. Et le nouveau, du moins dans les œuvres pour moi, ailleurs, ça peut être très destructeur : "Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ? Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !" comme dit Baudelaire dans Le Voyage.
Le Baron Noir
Avant qu'on n'arrive au fond… La forme est parfaite ! Les protagonistes sont bien dessinés, et le trait est dynamique, surtout pour la Baron Noir ! Le paysage n'est pas encombré, ainsi ce dynamisme et les dialogues ressortent mieux. Que j'ai souris ! Bon, aucune bd ne m'a fait rire, donc sourire, c'est le plus ! Les rapports de force et l'absurde sont bien évoqués, sans parler de la bêtise et de l'hypocrisie. Marquée par notre société, je pense que cette bd pourrait plaire dans des sociétés bien différentes, pourvu qu'elle ait des rapports de force assez tranchés, ce qui est généralement le cas. Bd malheureusement universelle, donc !
Fanchon
J'ai à peine commencé à lire ce que j'ai dans ma collection Servais. La belle coquetière m'avait laissé de marbre malgré la beauté du dessin. Mais en lisant Fanchon, j'ai pris une petite claque. J'ai trouvé pour commencer que Servais sortait de l'illustration pour faire vraiment du dessin. Par exemple, l'aliénation urbaine du personnage principal est vraiment bien retranscrite dans les premières pages. Servais a choisi des thèmes puissants pour son histoire : les amours d'enfance, l'impossible retour à l'adolescence, le sentiment d'absence... Le tout au service d'une histoire très belle et très triste. Ça aurait pu faire un beau film de cinéma. Il manque peut être une dizaine de pages pour en faire un chef d'oeuvre absolu. Car si l'histoire sait prendre son temps, j'ai trouvé que ça allait un tout petit peu trop vite vers la fin. Une bd à lire pour constater que Servais est tout à fait capable de générer de puissantes émotions.
Vincent - Un saint au temps des mousquetaires
Des trois one shots publiés avec Jamar, c'est celui que j'ai le plus apprécié. Intrigue travaillée, dialogues ciselés, gros travail de Jamar pour reconstituer le Paris du 17eme. On a droit à un dossier de 5 pages à la fin de l'album avec de jolis esquisses. Une lecture tout à fait recommandable.
Mutante
Toujours dans les publications de Gimenez avant son mariage avec Jodo, nous avons Mutante, un recueil d'histoires courtes. La meilleure histoire est celle qui introduit l'album, "princesse de rêve", les autres récits sont un peu trop courts pour rester en tête. L'ensemble reste solide. Ce qui a retenu mon attention, c'est surtout la maîtrise du vocabulaire SF et la qualité des dialogues. On a parfois l'impression de lire du Jodorowsky alors que Gimenez est seul au scénario. Le dessin est juste superbe, aucun superlatif ne peut restituer correctement ce que l'on admire à chaque page qui se tourne.
Gangrène
Un petit chef d'oeuvre SF de Carlos Trillo magnifiquement mise en scène par Gimenez : voici Gangrène. Publié en 1987, cette bande nous montre un Juan Gimenez ayant déjà atteint sa pleine maturité graphique. Cerise sur le gâteau on a ici un récit mordant, plein d'ironie avec une conclusion à la hauteur. Les années 80, quelle époque de rêve pour les fans de science fiction...
L'Étoile noire
C'est donc ça une œuvre de jeunesse ? Une histoire de Barreiro simple mais efficace, très bien écrite et surtout les prémisses de ce qui deviendra le style Gimenez : science de la mise en scène, palette de couleurs idéale pour créer une ambiance SF, amour des vaisseaux spatiaux... Et un coup de crayon unique. On reconnaît un décor ou un personnage dessiné par Gimenez au premier coup d'œil. C'est peut être une oeuvre de jeunesse mais la galaxie Gimenez, née de ce trou noir en 1981, était déjà prête à prendre le pouvoir.