Tyler Cross

Note: 3.89/5
(3.89/5 pour 27 avis)

Tyler Cross transporte 17 kilos de came, d'une valeur d'un demi million à la revente au détail. Et il a exactement 21 dollars et 81 cents en poche. Il note l'ironie de la chose et se met en marche.


Tueurs à gages [USA] - Dixie, le Sud-Est des USA

Quand Tyler Cross s'est rendu chez Di Pietro et que celui-ci lui a proposé 20 kg d'héroïne mexicaine, il a cru a une erreur. Son truc c'est les braquages, pas le trafic de stup. A priori la routine, mais tout ne se passe pas comme prévu. Après une tuerie qui tourne mal, Tyler Cross se retrouve dans une ville sous la coupe de la famille tyrannique.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 23 Août 2013
Statut histoire Une histoire par tome 3 tomes parus
Couverture de la série Tyler Cross
Les notes (27)
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28/08/2013 | herve
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Par gruizzli
Note: 4/5
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Je n'ai lu que le premier tome pour l'instant, mais je suis étonné de le trouver bien meilleur que dans mes souvenirs. Une lecture espacée dans le temps, puisque la première remonte à quelques années, mais je garde une bien meilleure impression à ma deuxième. Dans mes souvenirs, je gardais un sentiment confus sur l'ensemble de l'histoire, avec l'idée d'une histoire bateau servie par un dessin que je n'aime pas. A la relecture, je me suis rendu compte que le dessin est d'un genre particulier, qu'il faut accepter sans forcément le trouver beau. Mais il rend très bien pour le récit, ajoutant un côté froid et monolithique à Tyler, mais également en jouant sur les couleurs notamment dans les paysages. Et pour l'histoire ... Ben oui, c'est bateau. Classique du genre, mafieux dans le Texas et trafic, désert, ville perdue et famille d'enfoirés. Des classiques du genre, déjà vus et éculés .... Mais qui marchent ! C'est assez fou, mais à la relecture je me rends compte que les poncifs du genre ne sont finalement pas usés jusqu'à la moelle. Tout est classique dans la facture, mais on s'y plonge quand même et j'ai eu le petit suspense lors de ma lecture. La preuve de son efficacité, c'est qu'il est lisible d'une traite sans se rendre compte de rien. En deuxième relecture, Tyler Cross est une BD de polar efficace à défaut d'être dans l'originalité la plus totale, mais qui me plait. Et alors que ma première lecture m'avait laissé sur un sentiment mitigé, je me rends compte que finalement je suis bien enclin à chercher la suite pour me replonger dans cette ambiance et ce décor. Une petite réussite !

06/11/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

J’ai eu à peu près la même difficulté à entrer dans cet album que pour Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle, la précédente collaboration du duo Nury/Brüno. La faute au dessin de Brüno, qui nécessite un temps d’adaptation (pour moi en tout cas). Puis, une fois habitué, je lui trouve des qualités (même s’il ne fait pas partie de mes préférés). Il faut dire qu’il colle plutôt bien à cette histoire finalement assez épurée. L’histoire justement. Le scénario de Nury est bon, utilisant à bon escient certains flash-back pour créer des effets de surprise. Pour ce qui est des dialogues et de la construction, on est assez proche je trouve de Tarantino, violence teintée d’humour y compris d’ailleurs. Alors, c’est sûr que Tyler Cross fait le ménage autour de lui, et qu’il ne fait pas bon se trouver au travers de son chemin. Voire même sur le bord… et qu’il vise bien (et que son chargeur est bien rempli...) ! Enfin bon, les quelques invraisemblances sont habillement escamotées par un rythme haletant, et nous suivons – en essayant de les précéder en imagination – les péripéties menant Tyler à traverser le Rio Bravo. Une bonne histoire de gangsters, avec un personnage principal aussi froid que Chéri, son éphémère compagnon de cellule de crotale. A découvrir. Et à suivre, puisque les deux auteurs annoncent une suite (même si cet album se suffit à lui-même et pourrait très bien rester un one shot). ****************************************************************************** Bon, ben voilà, la "suite" est sortie. Encore que, de suite il n'y en a pas vraiment, puisque chaque album se lit tout à fait indépendamment de l'autre. On y retrouve donc le dessin de Brüno, qui n'est toujours pas ce que je préfère, mais auquel je vais finir par m'habituer. En tout cas il colle bien au parti pris de Nury, c'est à dire de "raconter" une histoire sans fioriture, avec des coups de poings scénaristiques, et une voix off omniprésente. C'est toujours violent, froid, visant l'épure au niveau des émotions et de la personnalité des personnages (Tyler y compris). Simplicité aussi dans les thèmes abordés: rien que du classique. Au point qu'on pourrait croire que Nury souhaite faire le tour de tous les clichés du polar noir, dans une sorte d'anthologie rendue vivante par l'implacable Tyler Cross. Cet album est sans doute mieux réussi que le premier. Je ne change pas ma note, mais si vous ne devez en lire qu'un, choisissez cet album, dense, prenant (le découpage, très haché et cinématographique est vraiment bien fait). Pour amateur d'action, un très bon "album de genre"... Note réelle 3,5/5 (3 pour le premier, 4 pour le second)... ************************** Les auteurs continuent sur la même lancée avec ce troisième tome, Miami, en jouant encore la carte de l'album de genre, avec un dessin épuré, des cadrages et un Montage très cinématographique. Et des dialogues eux-aussi minimalistes, à la fois brutaux et teintés d'humour noir. L'album se laisse lire rapidement, il n'y a pas trop de temps morts, ni de circonvolutions au niveau du scénario: comme Tyler, on va à l'essentiel. Si j'avais préféré le tome précédent, celui-ci ne dépare pas par rapport aux autres (note réelle 3,5/5). Je profite de cette mise à jour pour monter aux quatre étoiles. Cette série sans prétention n'est pas un chef d'œuvre, mais elle est un très bon divertissement, jouant sur les clichés, les codes du polar, et dynamisant les classiques par un traitement tarentinesque.

01/02/2014 (MAJ le 08/06/2018) (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
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Tome 1 : Black Rock "Tyler Cross" n’était pas passé inaperçu lors de sa publication, et on comprend pourquoi à sa lecture. Ce n’est pas tant le thème qui est original (l’histoire d’un braqueur égaré dans le Far-West des années 50) mais la façon dont l’histoire a été traitée. Signé de Fabien Nury, le scénario est excellent et pourrait parfaitement être adapté à l’écran par un Tarantino, qui ne renierait pas l’humour caustique des dialogues et de la narration. Un scénario qui claque et envoie le bois, en parfaite synergie avec l’ensemble graphique. Cadrage cinématographique de haut vol, dessin rétro-futuriste sans fioritures, à-plats de couleurs rutilantes, contrastes pertinents. Simplicité, fluidité, efficacité. Les personnages quant à eux ont des personnalités bien identifiées. Tout concourt à faire de ce polar-western un succès qui ne s’est d’ailleurs pas démenti à sa sortie. -------- Tome 2 : Angola Après un premier tome impeccable, c’est peu dire que cette suite était attendue avec impatience. Une fois encore, les auteurs utilisent les codes du film noir dans un scénario acéré comme une lame, sans temps morts. Certes, on a l’impression d’avoir vu ça mille fois au cinéma, mais il y a quelques arguments… à commencer par Tyler Cross lui-même, ce héros charismatique et ténébreux à qui il ne vaut mieux pas s’aviser d’en chercher, des crosses… Fabien Nury prouve ainsi que le recours aux clichés n’est pas incompatible avec la qualité du scénario, néanmoins un peu moins prenant que pour le premier épisode. Mais ce qui retient surtout l’attention est une fois encore le graphisme unique et innovateur de Brüno, agrémenté d’un jeu d’ombres et de couleurs en a-plats magnifiques dans lequel harmonie et simplicité fusionnent à un point que c’en est jubilatoire. Une telle stylisation est assez inhabituelle pour ce type d’histoire, qui généralement est plus associée à un dessin d’un réalisme académique. Le tout, porté par un cadrage cinéma très punchy, a vraiment de la gueule ! La violence de certaines scènes est tenue à distance par l’esthétique propre à Brüno, un peu à la manière d’un Tarantino, aussi trash mais avec un humour moins marqué. A cet égard, je n’imaginais pas qu’une insignifiante petite cuillère pouvait constituer une arme aussi redoutable. Ce qui m’amène à la conclusion de cette chronique en forme de conseil : attention les yeux ! -------- Tome 3 : Miami Cette nouvelle histoire du mercenaire au menton en crosse de révolver commence très fort, avec l’assassinat sordide d’une prostituée, mais avec une bonne dose d’humour noir, histoire de mettre dans l’ambiance. Un début en béton, pourrait-on dire, ce qui paraît la moindre des choses pour une intrigue qui se déroule dans le milieu de l’immobilier de Miami, une ville où visiblement « le crime paye »… Le reste du récit est axé sur un personnage féminin, Shirley Axelrod, jeune et jolie assistante de direction d’un promoteur mafieux. Présentée dans un premier temps comme une fille fragile et soumise aux hommes qui l’entourent, celle-ci va se découvrir une âme d’héroïne après avoir échappé par son seul instinct de survie à une mort quasi-certaine, juste parce qu’elle en sait trop. Un beau personnage de femme que Quentin Tarantino n’aurait pas renié (on pense avant tout à Jackie Brown). Au final, l’intrigue se révélera beaucoup plus classique que ne laissait espérer l’introduction, voire un brin complexe, avec profusion de personnages peu fréquentables dont la seule préoccupation est d’empocher le pactole, peu importe les moyens utilisés. Heureusement, pour compenser la baisse de punch scénaristique de Fabien Nury, qui clairement laisse le lecteur sur sa faim, il y a le dessin de Brüno, qui lui n’en manque pas, tant s’en faut. Son trait élancé et épuré, hyper visuel, très bien calibré pour accueillir des à-plats de couleurs vives et vintage, comporte tout ce qu’il faut de cinématographique sur le plan du cadrage pour immerger facilement le lecteur dans l’histoire. Il a vraiment de la gueule, son dessin, au gars Brüno ! Et c’est en grande partie par ce style si reconnaissable, si puissant dans ce minimalisme parfaitement dosé, qu’il a imposé le personnage charismatique de Tyler Cross. C’est donc avec plaisir que l’on découvre ce nouvel épisode, malgré les quelques réserves exprimées quant au scénario, celui-ci s’avérant assez peu marquant – contrairement à certaines scènes qui produisent leur petit effet - et in fine recourant de façon un peu trop appuyée aux clichés des films de gangsters des années cinquante. Comme avec « Blackrock », l’excellent tome inaugural, on aimerait juste que chaque épisode soit à la hauteur de ce héros ténébreux.

24/05/2014 (MAJ le 04/04/2018) (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Tome 1: Black Rock Avec Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle, le duo Nury et Brüno nous avait déjà livré un album remarquable. Encore une fois, leur nouvelle collaboration débouche sur une histoire qui ne restera pas inaperçue pour cette rentrée. En rendant hommage au cinéma américain des années 50 - je pense en particulier à l'ambiance de "Traquenard" de Nicholas Ray (1958 ) ou encore de celle d'"Un homme est passé" de John Sturges (1954), références d'ailleurs rappelées dans la très belle édition en noir et blanc, limitée à 1 200 exemplaires, publiée chez Dargaud. L'ensemble des canons du polar américain est présent dans cet album : le gangster, la belle, la ville aux mains d'une famille, une vengeance qui se dessine et des tueries en série que ne renieraient certainement pas un certain Quentin Tarantino. Cet album est simplement jubilatoire. Le scénario de Fabien Nury, même s'il reste très éloigné de son chef d'oeuvre Il était une fois en France, est de très bonne qualité. Le tout servi sur un dessin très élégant de Brüno, qui prend toute son ampleur dans l'édition en noir et blanc proposé par Dargaud. Un scénario puissant, un dessin superbe, bref un album très réussi et qui marquera sans doute cette rentrée. En outre, la voix off, style Le Tueur vient renforcer l'aspect romanesque de l'aventure. C'est certes un scénario classique, assez loin de ce que nous avait proposé Brüno avec son irrévérencieux et très déjanté Lorna, paru en mai 2012. A noter que deux versions sont proposées ; une, mise superbement en couleur par Laurence Croix; l'autre, plus sobre, en noir et blanc, comme les éditions Dargaud l'avaient fait avec "Atar Gull". Pour ma part, je n'ai pu résister à l'achat des deux versions. Un second one shot est d’ores et déjà prévu, qui, aux dires des auteurs, pourrait se situer chronologiquement avant le présent opus, album que j'achèterai évidemment les yeux fermés. Tome 3 : Miami Troisième aventure de "Tyler Cross", et troisième réussite pour le duo Nury-Brüno. Ayant pour décors Miami, cet opus est truffé de références cinématographiques et littéraires comme le souligne sur un ton très humoristique, Fabien Nury, dans le dossier réservé à l'édition noir et blanc de Canal bd. Cette aventure reprend l'ensemble des canons du genre, avec des traitres, des truands hauts en couleurs, des fusillades et des jolies filles. L'incipit, par ailleurs, m'a furieusement fait songer à l'épisode de la série Columbo, " Une ville fatale"(1971) où le pilier d'un immeuble en construction servait de tombeau. S'il fallait pinailler, je pourrai dire que certaines ellipses m'ont obligé de revenir parfois en arrière pour suivre l'histoire, que trop de gros plans coupent les visages, mais c'est juste pour relever un éventuel défaut. Depuis le lancement de cette série, je n'arrive pas à me départager entre l'achat de la version noir et blanc et celle en couleur, les deux versions ayant leur intérêt. J'ai donc opté pour les deux versions pour chaque volume. D'ailleurs, Brüno est un des dessinateurs dont j'achète systématiquement la version n&b, lorsqu'elle est disponible (comme Commando colonial ou encore Atar Gull). Il faut néanmoins souligner le travail de Laurence Croix qui, au niveau des couleurs, réalise un travail remarquable, j'en arrive même à découvrir une nouvelle histoire avec la version couleur, après avoir découvert cette aventure en n&b. Cet opus est digne des meilleurs polars des années 50, et le scénario se place, à mon avis au dessus du tome 1, et au niveau d'"Angola", le tome 2, qui avait placé la barre très haut. J'attendais ce troisième opus avec impatience, je n'ai pas été déçu.

28/08/2013 (MAJ le 29/03/2018) (modifier)

Boum Boum Pan Pan ! Voici Tyler Cross ! Dargaud épaissit son catalogue d'oeuvres de qualité avec cette pure bombe signée Fabien Nury et Brüno (qui avaient déjà collaboré avec Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle), dont le premier tome paru en 2013 fit l'effet d'un séisme de magnitude 10 sur l'échelle de Richter, à tel point que les critiques s'époumonaient d'éloges et rangeaient déjà ce petit joyau classieux et bien énervé parmi les classiques. Je rajouterais ma petite voix fluette à ce concert de dithyrambes, tellement on ne peut nier avoir là affaire à de la grande bande dessinée. Ce provisoire diptyque (Black Rock et Angola, en attendant les tomes suivants) se distingue d'emblée par son protagoniste. Une carrure de boxeur, une gueule carrée et anguleuse, ce bad boy coiffé d'un stetson et traînant son fusil à pompe rappelle immédiatement certains monstres sacrés du cinéma tels que Jack Palance, Clint Eastwood voire Humphrey Bogart. Mais non content d'être pourvu d'un charisme insolent, notre anti-héros ne manque pas de répondant : cynique et caustique, ses prises de parole sont très souvent savoureuses. Le ton dur, le verbe haut, à travers lui on aperçoit tout le génie de Fabien Nury dans la construction des dialogues. Mais Tyler Cross c'est aussi des intrigues et une atmosphère, très empreinte des films noirs d'après-guerre ; on peut considérer d'ailleurs cette BD comme une déclaration d'amour nostalgique au cinéma hollywoodien des années 50/60. En effet elle revisite certains grands classiques du 7ème art d'Outre-Atlantique, je pense aux films de gangsters dans le premier tome ( avec le narcotrafic, les braquages à main armée, les milieux mafieux...) et aux films de bagnards dans Angola. Derrière des scénarios que l'on peut considérer comme assez classiques se cachent en réalité une maîtrise impressionnante de son sujet, on sent des auteurs qui se sont exhaustivement documenté pour ne rien laisser au hasard. Dans cette série au dessin minimaliste qui renvoie à une esthétique expressionniste, tout se coordonne comme dans une machine parfaitement huilé, on est happé de la première à la dernière page dans les remugles de cet univers sordide où règne le vice et le crime. Non, clairement, ce polar-thriller, truffé de références (des films hard boiled à la James Ellroy au western façon Sergio Leone sans oublier la petite touche pulp de Tarantino) est un merveilleux hommage rendu à Hollywood, et un charmant petit nouveau dans le monde la BD franco-belge. Pour tout dire il a frôlé la note maximale, mais je préfère d'abord attendre de voir comment la série évolue avant de m'emballer. En tout cas , un peu comme Blacksad de Guarnido et Diaz Canalès (avec qui il partage le même cadre géographique et historique), le potentiel est là pour que le Petit Poucet devienne Gargantua.

22/05/2017 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur PAco

C'est avec la revue numérique "Pr Cyclope" que j'ai découvert "Tyler Cross" en feuilleton. Ma première surprise avec cette version papier fut donc de découvrir qu'il s'agissait d'une version colorisée ! Car la version numérique était proposée en noir et blanc, ce qui collait à merveille à cette histoire. Petite appréhension donc... mais vite dissipée. La mise en couleur assurée par Laurence Croix est efficace et donne chaleur et intensité au coup de patte minimaliste et contrasté de Brüno. (Bon après, j'aime tellement le noir et blanc... :P ) Et du côté du scénario, c'est Fabien Nury qui s'y colle. Cool, ça ! Moi qui suis ses différentes productions avec attention et plaisir, c'est tout content que je retrouve l'association de ces deux auteurs qui ont su me conquérir en douceur. J'avais déjà beaucoup aimé Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle et retrouver ce duo aux commandes d'un polar bien trempé, ça fait plutôt plaisir. Surtout qu'avec "Tyler Cross" on n'est pas déçu. Les codes du genre ont bien été assimilés et nous sont restitués à merveille ! Ça sent le Tarentino, les frères Cohen et tout le tiroir caisse classique des bons polars et autres thriller US. Une histoire au cordeau, bien sombre, avec des personnages tous plus retors les uns que les autres et prêts à tout pour mettre la main sur le grisbi qui sert de point de départ à cette histoire... Tous les ingrédients sont là et mitonnés avec soin pour nous proposer un album que vous ne lacherez pas avant d'en être arrivé à son terme. Du très bon polar à ne pas rater pour les inconditionnels du genre et à découvrir de tout urgence pour les autres. *** 2e tome *** Fabien Nury et Bruno remettent le couvert pour un deuxième tome tout aussi percutant que le premier ! On retrouve cette fois notre Tyler Cross qu'on croyait plus ou moins rangé directement dans une de ces prisons paumées dans le trou du cul des États-Unis, où la loi se résume au bon vouloir de celui qui la dirige. Comme dans le précédent opus, la brochette de personnages qui nous est proposée est des plus truculentes, tout en gardant ce côté classique en allant compter fleurette avec les codes établis du genre. C'est dur, impitoyable, violent et noir, comme tout bon polar qui se respecte. Une nouvelle fois, la qualité du scénario alliée au dessin toujours aussi efficace et stylé de Bruno enfoncent les derniers clous d'une bière fraichement sortie de l'atelier d'un croquemort qui connait son boulot ! Une série à lire pour tout amateur de polar !

04/10/2013 (MAJ le 21/05/2016) (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Je découvre ces auteurs que je ne connaissais pas. La première chose qui me dérange, c'est le dessin ; ce graphisme stylisé, géométrique, expressionniste, c'est pas terrible parce que ça crée des effets pas toujours réussis, mais bon, je finis par m'y faire. En fait, je l'accepte parce que c'est une sacrée bonne histoire, bourrée de références, qui se lit assez vite et dont le rythme rapide, carré, sec et efficace me rappelle plein de vieux films de gangsters américains des années 50, dans le style de High Sierra, L'Enigme du Chicago Express, la Peur au ventre, Gun Crazy, et plus encore Un Homme est passé... Le décor en lui-même rappelle beaucoup celui de ces films où des gangsters urbains échouent en plein Texas de bouseux bourré d'éléments folkloriques qu'une petite ville provinciale de cet acabit peut offrir. Et pourtant, c'est archi usé, tout ce scénario est rempli de clichés aussi gros que la Chevy de Tyler : une petite ville aux mains d'un magnat fort en gueule et mal dégrossi, ses fils qui occupent des postes de notables pourris jusqu'à la moelle, leurs caractères différents tels celui du shérif Randy (une vraie tête de lard sadique), celui du banquier timoré ou celui du maire (une vraie lavette)... et au milieu de tout ce beau monde, Stella, la poule blonde un peu godiche à qui le destin va lui apporter le moyen de venger la mort de son père (le pauvre type lessivé par la poisse) ; sans oublier le héros Tyler, prototype du gangster monolithique, le "heavy guy" au visage de marbre qui me fait beaucoup penser à Jack Palance, Ralph Meeker ou Lee Marvin, de vrais durs à gueule, et aussi un peu à Bogart pour son cynisme. Tout ça est vu et revu mais miraculeusement, ça passe je ne sais pas trop comment ni pourquoi, sans doute grâce à la façon de traiter le récit, car le talent de Nury parvient à recycler une trame de film noir ultra classique en insérant une violence moderne plus frénétique, digne des fusillades à la Tarantino, avec de gros flingues et un festival de macchabées, mais surtout en utilisant un dialogue en voix-off magistral ; c'est beau comme du Raymond Chandler, ça imprime un ton très roman noir qui pour moi est au moins à 80% dans la réussite de cet album. Les répliques qui claquent, c'est aussi dans le même ton excellent. J'aime bien aussi la mise en page avec de grandes cases et des cadrages cinématographiques qui vous mettent immédiatement dans l'ambiance du ciné hollywoodien de la grande époque, de même que plusieurs références littéraires à de grands romanciers U.S. comme Richard Stark, Jim Thompson ou James Ellroy sont également bien intégrées. Comme je le disais au début, seul le dessin ne me convient pas, ces visages très épurés avec menton en galoche et 2 ou 3 traits pour figurer le nez ou la bouche, je ne trouve pas que ce soit toujours très heureux, mais bon c'est comme ça, ça coûte 1 étoile à ce polar teigneux... "Tyler Cross" reste une histoire à la densité vertigineuse tout à fait tarantinienne qui pourrait fort bien être adaptée par ce génie de Quentin qui en ferait à coup sûr un film culte comme Pulp Fiction ou Reservoir Dogs. Par contre, je n'ai pas envie d'avoir une suite, ça doit rester unique pour garder sa fulgurance. ADDITIF SUR TOME 2 Bon, j'ai relu le tome 1 pour me remettre dans le bain, et j'ai hésité à lire ce tome 2 qu'on m'a prêté car comme je l'avais dit, je n'avais pas envie que le braqueur le plus hard boiled de la BD reprenne du service après l'avoir laissé filer le long de la frontière mexicaine. Résultat ? ça commence aussitôt par le décor de la prison où est amené Cross, on ne sait donc pas comment ni pourquoi il est arrivé là, la fin du tome 1 pouvant laisser penser qu'il s'en sortait ; déjà je ne trouve pas cet enchainement très réussi. Mais les 3/4 de l'album se focalisent sur la vie en taule, dans un pénitencier de bayou qui m'a rappelé encore un paquet de films du genre Luke la main froide (très proche) combiné avec La Chaîne et même Nevada Smith, où Steve McQueen allait jusqu'à se faire enfermer pour se venger et tuer un homme. Bref, l'atmosphère est bien rendue, hostile, poisseuse, cradoque, impropre à toute forme d'humanité. On voit que Nury a de solides références cinématographiques et littéraires en matière de polar, ça ne fait aucun doute. De son côté, le dessin est plus affirmé, les cadrages sont au cordeau, les masses noires sont bien réparties, la gueule de Cross a gagné en profondeur, de même que les faciès et les postures de toute la belle bande de salopards qui peuplent cette taule, à commencer par le chef Kroeker, plus amoureux de ses clebs que de son épouse Velma qui puise dans ce vivier d'hommes de quoi occuper ses nuits. Malgré toutes ces qualités, j'ai trouvé moins de densité et moins de fulgurance dans ce tome 2, pour moi il est nettement inférieur au tome 1 en qualité de récit, alors que graphiquement, il s'est amélioré, c'est pourquoi je conserve ma note qui couronne une oeuvre dans son ensemble ancrée dans un genre très codifié.

16/06/2014 (MAJ le 31/03/2016) (modifier)
Par karibou
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Merci Tyler Cross, maintenant j'ai une expression toute faite pour désigner quelqu'un de solide, froid, déterminé, pragmatique et surtout qui a une immense classe. Le dessin me rappelle la série animée Batman diffusée dans les années: minimaliste, anguleux, dynamique avec de beaux aplats. La narration est incroyable dans le sens où elle prend son temps mais enchaîne tout de même des scènes fortes, retours en arrière, moments calmes etc. D'autres séries en auraient fait un roman fleuve, ici cela tient dans un one-shot. Des 2 tomes, le 2ème est anthologique, nul doute qu'un 3ème est attendu par un paquet de monde.

02/02/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Avouons le d'entrée, une fois qu'on a passé le cap du dessin, ça envoie du lourd ! Le dessin est ce que je qualifierais de minimaliste, surtout au niveau des traits du visage des différents personnages. Mais, finalement, pris par l'intrigue, on en oublie ce petit désagrément et je me suis aperçu que ça collait bien à l'ambiance nerveuse, rapide de ce polar. Enfin polar pas vraiment, disons plutôt western moderne avec tous les ingrédients de l'ancien. Une ville sous la coupe d'une famille un brin dégénérée avec à sa tête le patriarche très pourri, le héros solitaire sur qui les ennuis tombent sans fin, un pauvre gars frappé par le destin dont la vie a été laminée par la faute de la famille qui met la ville en coupe, une blonde comme on n'en fait plus et enfin quelques mafiosos particulièrement réussis. Le type du début qui suçote ses olives est carrément jouissif. Un scénario au cordeau et des répliques qui font mouche, voilà un one shot indispensable, très cinématographique et qui, comme dit par mes prédécesseurs, mériterait une adaptation. A conseiller. Tome 2 : Et bien mes aïeux!! Comment avec de l'ultra classique faire un truc qui claque ? Avec des éléments vus et revus, les film de prisons et de bagnes poisseux nous ont déjà tout dit, les auteurs réussissent le tour de force de nous captiver de la première à la dernière case. Ce qui me bluffe particulièrement c'est l'adéquation dessin/narration et rythme. En effet le dessin arrive à installer un climat dense et poisseux et un faux rythme qui sous des airs de rapidité prend son temps pour installer les choses. La narration oscille constamment entre scènes violentes ou pleines de tension et des plages plus tranquilles mais ces différents ressentis ne sont jamais éloignés les uns des autres. Les mots me manquent pour dire toute mon admiration sur la construction basique mais d'une efficacité redoutable de cette histoire, messieurs Nury et Brûno , bravo et bien entendu il faut lire ce diptyque en souhaitant que cela devienne une trilogie rapidement.

12/01/2015 (MAJ le 27/11/2015) (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Soyons clairs : le premier tome de Tyler Cross est un bon album et je ne peux qu'en conseiller la lecture (et même l'achat). Fabien Nury et Brüno nous proposent un récit bien rythmé et stylé. Les années 50 sont à l'honneur, tout comme le polar noir. L'écriture de Nury est soignée, la narration très présente n'alourdit aucunement le rythme de lecture tandis que les dialogues sonnent justes. Le dessin de Brüno est stylé. Très épuré, il s'est étoffé et a gagné en profondeur pour la circonstance, avec un beau travail sur les jeux d'ombre. Je l'ai trouvé plus accessible que dans ses productions précédentes, ce qui n'est pas pour me déplaire. Pourtant, avec ce premier tome, ma cote n’était que de 3/5. Pourquoi ? Parce qu'il manquait deux petits ingrédients pour totalement me convaincre. D'une part, l'humour était totalement absent. C'est un choix assumé des auteurs (et partiellement confirmé dans le deuxième opus) et je ne peux que le respecter mais je ne peux m'empêcher de penser que quelques petites pointes d'humour (au détour d'une réplique, par exemple) n'auraient pas fait de tort à ce sombre récit. D'autre part, l'idée de départ (un gangster qui échoue dans un village paumé contrôlé par une seule famille) a été tellement souvent exploitée que je ne peux que trouver un goût de déjà-vu à ce récit. C'est un bel hommage, mais tellement classique, tellement respectueux qu'il ne m'a pas offert cette part d'originalité que j'attendais. Attention, j'insiste : ce premier tome est agréable à lire, soigné, prenant... A lire, donc. Mais pas révolutionnaire. Que dire du deuxième volet : Angola ? Et bien, déjà, il a fait remonter ma cote d’un point ! Pourtant, cet album n’est guère différent du premier puisqu’on y retrouve le même cocktail d’éléments : un univers bien connu des polars (ici, le milieu carcéral en plein bayou), une narration emphatique (mais un peu plus ironique, m’a t’il semblé), un dessin léché, une influence manifeste du cinéma du genre (comment ne pas penser à « the Shawshank Redemption », à « Cool Hand Luke » ou plus encore à « Papillon ») et des personnages hauts en couleur. Peut-être mes attentes étaient moins élevées que lors de la sortie du premier tome, peut-être le ton employé est-il plus juste, peut-être le dessin est-il plus affirmé, un poil plus accessible, peut-être les seconds rôles ont-ils plus de présence… Peut-être tout cela ensemble, finalement ? Quoiqu’il en soit, j’ai dévoré ce deuxième opus avec énormément de plaisir, retrouvant avec bonheur ce découpage très addictif en multiples chapitres qui fait qu’il est finalement impossible de s’arrêter en cours de route (sauf, à la limite, pour aller se resservir une Bertinchamps ;) ). Ce deuxième tome est une grande réussite ! Toujours aussi classique, fondamentalement sans réelle surprise, mais tellement bien foutu qu’il est difficile de lâcher prise avant terme. Ce genre de série ne révolutionnera sans doute jamais le monde de la bande dessinée mais, à l’image d’un bon blockbuster au cinéma, il remplit parfaitement les attentes du lecteur. De la très bonne bd grand public !

11/09/2013 (MAJ le 02/09/2015) (modifier)