Tyler Cross
Tyler Cross transporte 17 kilos de came, d'une valeur d'un demi million à la revente au détail. Et il a exactement 21 dollars et 81 cents en poche. Il note l'ironie de la chose et se met en marche.
Dargaud Tueurs à gages [USA] - Dixie, le Sud-Est des USA
Quand Tyler Cross s'est rendu chez Di Pietro et que celui-ci lui a proposé 20 kg d'héroïne mexicaine, il a cru a une erreur. Son truc c'est les braquages, pas le trafic de stup. A priori la routine, mais tout ne se passe pas comme prévu. Après une tuerie qui tourne mal, Tyler Cross se retrouve dans une ville sous la coupe de la famille tyrannique.
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| Date de parution | 23 Août 2013 |
| Statut histoire | Une histoire par tome 3 tomes parus |
Les avis
Boum Boum Pan Pan ! Voici Tyler Cross ! Dargaud épaissit son catalogue d'oeuvres de qualité avec cette pure bombe signée Fabien Nury et Brüno (qui avaient déjà collaboré avec Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle), dont le premier tome paru en 2013 fit l'effet d'un séisme de magnitude 10 sur l'échelle de Richter, à tel point que les critiques s'époumonaient d'éloges et rangeaient déjà ce petit joyau classieux et bien énervé parmi les classiques. Je rajouterais ma petite voix fluette à ce concert de dithyrambes, tellement on ne peut nier avoir là affaire à de la grande bande dessinée. Ce provisoire diptyque (Black Rock et Angola, en attendant les tomes suivants) se distingue d'emblée par son protagoniste. Une carrure de boxeur, une gueule carrée et anguleuse, ce bad boy coiffé d'un stetson et traînant son fusil à pompe rappelle immédiatement certains monstres sacrés du cinéma tels que Jack Palance, Clint Eastwood voire Humphrey Bogart. Mais non content d'être pourvu d'un charisme insolent, notre anti-héros ne manque pas de répondant : cynique et caustique, ses prises de parole sont très souvent savoureuses. Le ton dur, le verbe haut, à travers lui on aperçoit tout le génie de Fabien Nury dans la construction des dialogues. Mais Tyler Cross c'est aussi des intrigues et une atmosphère, très empreinte des films noirs d'après-guerre ; on peut considérer d'ailleurs cette BD comme une déclaration d'amour nostalgique au cinéma hollywoodien des années 50/60. En effet elle revisite certains grands classiques du 7ème art d'Outre-Atlantique, je pense aux films de gangsters dans le premier tome ( avec le narcotrafic, les braquages à main armée, les milieux mafieux...) et aux films de bagnards dans Angola. Derrière des scénarios que l'on peut considérer comme assez classiques se cachent en réalité une maîtrise impressionnante de son sujet, on sent des auteurs qui se sont exhaustivement documenté pour ne rien laisser au hasard. Dans cette série au dessin minimaliste qui renvoie à une esthétique expressionniste, tout se coordonne comme dans une machine parfaitement huilé, on est happé de la première à la dernière page dans les remugles de cet univers sordide où règne le vice et le crime. Non, clairement, ce polar-thriller, truffé de références (des films hard boiled à la James Ellroy au western façon Sergio Leone sans oublier la petite touche pulp de Tarantino) est un merveilleux hommage rendu à Hollywood, et un charmant petit nouveau dans le monde la BD franco-belge. Pour tout dire il a frôlé la note maximale, mais je préfère d'abord attendre de voir comment la série évolue avant de m'emballer. En tout cas , un peu comme Blacksad de Guarnido et Diaz Canalès (avec qui il partage le même cadre géographique et historique), le potentiel est là pour que le Petit Poucet devienne Gargantua.
C'est avec la revue numérique "Pr Cyclope" que j'ai découvert "Tyler Cross" en feuilleton. Ma première surprise avec cette version papier fut donc de découvrir qu'il s'agissait d'une version colorisée ! Car la version numérique était proposée en noir et blanc, ce qui collait à merveille à cette histoire. Petite appréhension donc... mais vite dissipée. La mise en couleur assurée par Laurence Croix est efficace et donne chaleur et intensité au coup de patte minimaliste et contrasté de Brüno. (Bon après, j'aime tellement le noir et blanc... :P ) Et du côté du scénario, c'est Fabien Nury qui s'y colle. Cool, ça ! Moi qui suis ses différentes productions avec attention et plaisir, c'est tout content que je retrouve l'association de ces deux auteurs qui ont su me conquérir en douceur. J'avais déjà beaucoup aimé Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle et retrouver ce duo aux commandes d'un polar bien trempé, ça fait plutôt plaisir. Surtout qu'avec "Tyler Cross" on n'est pas déçu. Les codes du genre ont bien été assimilés et nous sont restitués à merveille ! Ça sent le Tarentino, les frères Cohen et tout le tiroir caisse classique des bons polars et autres thriller US. Une histoire au cordeau, bien sombre, avec des personnages tous plus retors les uns que les autres et prêts à tout pour mettre la main sur le grisbi qui sert de point de départ à cette histoire... Tous les ingrédients sont là et mitonnés avec soin pour nous proposer un album que vous ne lacherez pas avant d'en être arrivé à son terme. Du très bon polar à ne pas rater pour les inconditionnels du genre et à découvrir de tout urgence pour les autres. *** 2e tome *** Fabien Nury et Bruno remettent le couvert pour un deuxième tome tout aussi percutant que le premier ! On retrouve cette fois notre Tyler Cross qu'on croyait plus ou moins rangé directement dans une de ces prisons paumées dans le trou du cul des États-Unis, où la loi se résume au bon vouloir de celui qui la dirige. Comme dans le précédent opus, la brochette de personnages qui nous est proposée est des plus truculentes, tout en gardant ce côté classique en allant compter fleurette avec les codes établis du genre. C'est dur, impitoyable, violent et noir, comme tout bon polar qui se respecte. Une nouvelle fois, la qualité du scénario alliée au dessin toujours aussi efficace et stylé de Bruno enfoncent les derniers clous d'une bière fraichement sortie de l'atelier d'un croquemort qui connait son boulot ! Une série à lire pour tout amateur de polar !
Je découvre ces auteurs que je ne connaissais pas. La première chose qui me dérange, c'est le dessin ; ce graphisme stylisé, géométrique, expressionniste, c'est pas terrible parce que ça crée des effets pas toujours réussis, mais bon, je finis par m'y faire. En fait, je l'accepte parce que c'est une sacrée bonne histoire, bourrée de références, qui se lit assez vite et dont le rythme rapide, carré, sec et efficace me rappelle plein de vieux films de gangsters américains des années 50, dans le style de High Sierra, L'Enigme du Chicago Express, la Peur au ventre, Gun Crazy, et plus encore Un Homme est passé... Le décor en lui-même rappelle beaucoup celui de ces films où des gangsters urbains échouent en plein Texas de bouseux bourré d'éléments folkloriques qu'une petite ville provinciale de cet acabit peut offrir. Et pourtant, c'est archi usé, tout ce scénario est rempli de clichés aussi gros que la Chevy de Tyler : une petite ville aux mains d'un magnat fort en gueule et mal dégrossi, ses fils qui occupent des postes de notables pourris jusqu'à la moelle, leurs caractères différents tels celui du shérif Randy (une vraie tête de lard sadique), celui du banquier timoré ou celui du maire (une vraie lavette)... et au milieu de tout ce beau monde, Stella, la poule blonde un peu godiche à qui le destin va lui apporter le moyen de venger la mort de son père (le pauvre type lessivé par la poisse) ; sans oublier le héros Tyler, prototype du gangster monolithique, le "heavy guy" au visage de marbre qui me fait beaucoup penser à Jack Palance, Ralph Meeker ou Lee Marvin, de vrais durs à gueule, et aussi un peu à Bogart pour son cynisme. Tout ça est vu et revu mais miraculeusement, ça passe je ne sais pas trop comment ni pourquoi, sans doute grâce à la façon de traiter le récit, car le talent de Nury parvient à recycler une trame de film noir ultra classique en insérant une violence moderne plus frénétique, digne des fusillades à la Tarantino, avec de gros flingues et un festival de macchabées, mais surtout en utilisant un dialogue en voix-off magistral ; c'est beau comme du Raymond Chandler, ça imprime un ton très roman noir qui pour moi est au moins à 80% dans la réussite de cet album. Les répliques qui claquent, c'est aussi dans le même ton excellent. J'aime bien aussi la mise en page avec de grandes cases et des cadrages cinématographiques qui vous mettent immédiatement dans l'ambiance du ciné hollywoodien de la grande époque, de même que plusieurs références littéraires à de grands romanciers U.S. comme Richard Stark, Jim Thompson ou James Ellroy sont également bien intégrées. Comme je le disais au début, seul le dessin ne me convient pas, ces visages très épurés avec menton en galoche et 2 ou 3 traits pour figurer le nez ou la bouche, je ne trouve pas que ce soit toujours très heureux, mais bon c'est comme ça, ça coûte 1 étoile à ce polar teigneux... "Tyler Cross" reste une histoire à la densité vertigineuse tout à fait tarantinienne qui pourrait fort bien être adaptée par ce génie de Quentin qui en ferait à coup sûr un film culte comme Pulp Fiction ou Reservoir Dogs. Par contre, je n'ai pas envie d'avoir une suite, ça doit rester unique pour garder sa fulgurance. ADDITIF SUR TOME 2 Bon, j'ai relu le tome 1 pour me remettre dans le bain, et j'ai hésité à lire ce tome 2 qu'on m'a prêté car comme je l'avais dit, je n'avais pas envie que le braqueur le plus hard boiled de la BD reprenne du service après l'avoir laissé filer le long de la frontière mexicaine. Résultat ? ça commence aussitôt par le décor de la prison où est amené Cross, on ne sait donc pas comment ni pourquoi il est arrivé là, la fin du tome 1 pouvant laisser penser qu'il s'en sortait ; déjà je ne trouve pas cet enchainement très réussi. Mais les 3/4 de l'album se focalisent sur la vie en taule, dans un pénitencier de bayou qui m'a rappelé encore un paquet de films du genre Luke la main froide (très proche) combiné avec La Chaîne et même Nevada Smith, où Steve McQueen allait jusqu'à se faire enfermer pour se venger et tuer un homme. Bref, l'atmosphère est bien rendue, hostile, poisseuse, cradoque, impropre à toute forme d'humanité. On voit que Nury a de solides références cinématographiques et littéraires en matière de polar, ça ne fait aucun doute. De son côté, le dessin est plus affirmé, les cadrages sont au cordeau, les masses noires sont bien réparties, la gueule de Cross a gagné en profondeur, de même que les faciès et les postures de toute la belle bande de salopards qui peuplent cette taule, à commencer par le chef Kroeker, plus amoureux de ses clebs que de son épouse Velma qui puise dans ce vivier d'hommes de quoi occuper ses nuits. Malgré toutes ces qualités, j'ai trouvé moins de densité et moins de fulgurance dans ce tome 2, pour moi il est nettement inférieur au tome 1 en qualité de récit, alors que graphiquement, il s'est amélioré, c'est pourquoi je conserve ma note qui couronne une oeuvre dans son ensemble ancrée dans un genre très codifié.
Merci Tyler Cross, maintenant j'ai une expression toute faite pour désigner quelqu'un de solide, froid, déterminé, pragmatique et surtout qui a une immense classe. Le dessin me rappelle la série animée Batman diffusée dans les années: minimaliste, anguleux, dynamique avec de beaux aplats. La narration est incroyable dans le sens où elle prend son temps mais enchaîne tout de même des scènes fortes, retours en arrière, moments calmes etc. D'autres séries en auraient fait un roman fleuve, ici cela tient dans un one-shot. Des 2 tomes, le 2ème est anthologique, nul doute qu'un 3ème est attendu par un paquet de monde.
Avouons le d'entrée, une fois qu'on a passé le cap du dessin, ça envoie du lourd ! Le dessin est ce que je qualifierais de minimaliste, surtout au niveau des traits du visage des différents personnages. Mais, finalement, pris par l'intrigue, on en oublie ce petit désagrément et je me suis aperçu que ça collait bien à l'ambiance nerveuse, rapide de ce polar. Enfin polar pas vraiment, disons plutôt western moderne avec tous les ingrédients de l'ancien. Une ville sous la coupe d'une famille un brin dégénérée avec à sa tête le patriarche très pourri, le héros solitaire sur qui les ennuis tombent sans fin, un pauvre gars frappé par le destin dont la vie a été laminée par la faute de la famille qui met la ville en coupe, une blonde comme on n'en fait plus et enfin quelques mafiosos particulièrement réussis. Le type du début qui suçote ses olives est carrément jouissif. Un scénario au cordeau et des répliques qui font mouche, voilà un one shot indispensable, très cinématographique et qui, comme dit par mes prédécesseurs, mériterait une adaptation. A conseiller. Tome 2 : Et bien mes aïeux!! Comment avec de l'ultra classique faire un truc qui claque ? Avec des éléments vus et revus, les film de prisons et de bagnes poisseux nous ont déjà tout dit, les auteurs réussissent le tour de force de nous captiver de la première à la dernière case. Ce qui me bluffe particulièrement c'est l'adéquation dessin/narration et rythme. En effet le dessin arrive à installer un climat dense et poisseux et un faux rythme qui sous des airs de rapidité prend son temps pour installer les choses. La narration oscille constamment entre scènes violentes ou pleines de tension et des plages plus tranquilles mais ces différents ressentis ne sont jamais éloignés les uns des autres. Les mots me manquent pour dire toute mon admiration sur la construction basique mais d'une efficacité redoutable de cette histoire, messieurs Nury et Brûno , bravo et bien entendu il faut lire ce diptyque en souhaitant que cela devienne une trilogie rapidement.
Soyons clairs : le premier tome de Tyler Cross est un bon album et je ne peux qu'en conseiller la lecture (et même l'achat). Fabien Nury et Brüno nous proposent un récit bien rythmé et stylé. Les années 50 sont à l'honneur, tout comme le polar noir. L'écriture de Nury est soignée, la narration très présente n'alourdit aucunement le rythme de lecture tandis que les dialogues sonnent justes. Le dessin de Brüno est stylé. Très épuré, il s'est étoffé et a gagné en profondeur pour la circonstance, avec un beau travail sur les jeux d'ombre. Je l'ai trouvé plus accessible que dans ses productions précédentes, ce qui n'est pas pour me déplaire. Pourtant, avec ce premier tome, ma cote n’était que de 3/5. Pourquoi ? Parce qu'il manquait deux petits ingrédients pour totalement me convaincre. D'une part, l'humour était totalement absent. C'est un choix assumé des auteurs (et partiellement confirmé dans le deuxième opus) et je ne peux que le respecter mais je ne peux m'empêcher de penser que quelques petites pointes d'humour (au détour d'une réplique, par exemple) n'auraient pas fait de tort à ce sombre récit. D'autre part, l'idée de départ (un gangster qui échoue dans un village paumé contrôlé par une seule famille) a été tellement souvent exploitée que je ne peux que trouver un goût de déjà-vu à ce récit. C'est un bel hommage, mais tellement classique, tellement respectueux qu'il ne m'a pas offert cette part d'originalité que j'attendais. Attention, j'insiste : ce premier tome est agréable à lire, soigné, prenant... A lire, donc. Mais pas révolutionnaire. Que dire du deuxième volet : Angola ? Et bien, déjà, il a fait remonter ma cote d’un point ! Pourtant, cet album n’est guère différent du premier puisqu’on y retrouve le même cocktail d’éléments : un univers bien connu des polars (ici, le milieu carcéral en plein bayou), une narration emphatique (mais un peu plus ironique, m’a t’il semblé), un dessin léché, une influence manifeste du cinéma du genre (comment ne pas penser à « the Shawshank Redemption », à « Cool Hand Luke » ou plus encore à « Papillon ») et des personnages hauts en couleur. Peut-être mes attentes étaient moins élevées que lors de la sortie du premier tome, peut-être le ton employé est-il plus juste, peut-être le dessin est-il plus affirmé, un poil plus accessible, peut-être les seconds rôles ont-ils plus de présence… Peut-être tout cela ensemble, finalement ? Quoiqu’il en soit, j’ai dévoré ce deuxième opus avec énormément de plaisir, retrouvant avec bonheur ce découpage très addictif en multiples chapitres qui fait qu’il est finalement impossible de s’arrêter en cours de route (sauf, à la limite, pour aller se resservir une Bertinchamps ;) ). Ce deuxième tome est une grande réussite ! Toujours aussi classique, fondamentalement sans réelle surprise, mais tellement bien foutu qu’il est difficile de lâcher prise avant terme. Ce genre de série ne révolutionnera sans doute jamais le monde de la bande dessinée mais, à l’image d’un bon blockbuster au cinéma, il remplit parfaitement les attentes du lecteur. De la très bonne bd grand public !
Brüno a cette capacité évidente à me charmer par son trait si caractéristique et il a beau trifouiller tous les thèmes possibles et rebattus comme Lorna ou Jun ou des scénarios plus originaux comme Biotope ou Atar Gull, je ne peux que me plier et acquiescer au charme évident de ses créations. Ici avec Fabien Nury au scénario, on balance méchamment dans la première catégorie, section polars bien noirs. Il ne faut que quelques minutes pour replonger dans un univers à la fois immédiat rappelant les films de Sidney Lumet (12 hommes en colère) comme ceux plus récents par exemple d’Oliver Stone (U-Turn) ou de John Dahl (Red Rock West) où un paria se retrouve dans un village de ploucs inhospitaliers. Le schéma est bien connu et Tyler Cross, mélange taciturne et classieux de Lee Marvin et de Clint Eastwood n’y échappe pas. Ce qui distingue ce polar d’un autre outre ses qualités graphiques évidentes à admirer aussi bien sous les couleurs de Laurence Croix que d’un noir et blanc approprié selon le choix de l’édition, c’est avant tout le traitement narratif utilisé. On n’échappe pas à la voix off qui passe d’un personnage à un autre en y dévoilant moult points de vue, y compris celui d’un crotale ! Quelques flashbacks viennent étayer également ce joyeux bordel organisé autour de réglements de compte dans une ville gangrénée par une famille pourrie et autres rancoeurs. Tyler Cross n’a rien d’un saint, il est méthodique et appliqué et se comporte la plupart du temps pour satisfaire uniquement ses propres intérêts. Les personnages gravitant autour de lui ne manquent pas de saveur entre avocat véreux, flics corrompus et tyrans sadiques. Tous les clichés se concentrent en plusieurs points et les morts violentes mais jouissives se succèdent dans une époque rétro où porter un chapeau était signe d’élégance et où ces foutus gsm n’existaient pas. A Nury et Brüno la lourde charge de parsemer leur récit conventionnel par un humour noir et distingué de bon aloi. On ne s’ennuie pas une seule minute dans ce récit à la fois simple et définitif. Le style de Brüno s’est encore amélioré avec quelques cadrages arrogants et de superbes scènes de pose pour son héros qu’il affectionne et cela se ressent. Cela se ressent d’ailleurs tellement qu’une suite ou préquelle est d’ors et déjà prévue. Tout le plaisir des deux auteurs suinte chaque page de ce pur divertissement pour adultes et on en redemande avec plaisir puisque l’histoire se conclut tel un one-shot mais bien trop rapidement. Une œuvre indispensable de plus pour ce duo doué que je relirais avec un grand plaisir coupable ! Sans aucun doute le polar le plus recommandable de cette année 2013 ! Tome 2 : Angola 2 ans se sont déroulés depuis la première aventure de Tyler Cross et je viens seulement de m'en rendre compte. Le premier tome m'avait tellement plu que ses aventures étaient encore fraîches dans ma mémoire. C'est donc avec un plaisir et une confiance totale en ces deux auteurs que je me suis rué sur Angola dès sa sortie. Cette préquelle/séquelle (biffez la mention inutile) peut d'ailleurs se lire comme un one shot étant complètement détaché de l'autre récit. Tyler Cross se retrouve en très mauvaise posture dès le début du tome en purgeant une peine incompressible dans un pénitencier suite à un casse qui a mal tourné. Les conditions sont insoutenables, la mafia veut sa peau et Tyler Crosse la poudre d'escampette et la vengeance. C'est la poudre de gunshots qui va donc parler dans un milieu carcéral pourri et bien glauque avec une évasion et une vengeance à façonner. Encore un sans fautes pour le couple Brüno/Nury avec ce nouvel opus qui fait définitivement rentrer le personnage de Tyler Cross plus charismatique et iconique que jamais dans le monde de la bd franco-belge !!! Indispensable.
Pour bien planter le décor et ne pas vous prendre en traitre, je fais les présentations ; Don Lope: - Fan absolu de Fabien Nury ; je trouve qu'Il était une fois en France est la meilleure série de ces dernières années et globalement je trouve qu'à peu près tout ce que fait Nury est réussi ; j'achète ses BD les yeux fermés comme je le fais avec quelques rares auteurs (Ayroles, Mathieu, Lupano). - Fan de Brüno depuis Inner City Blues, en passant par Biotope, Commando colonial et même jusqu'à Lorna. J'aime sa touche, son dessin faussement minimaliste, les ambiances qu'il arrive à distiller. De facto, vous vous en doutez, j'ai aimé le premier Tyler Cross. L'ambiance western 50's, le côté redneck moderne, qui m'a fortement rappelé U-Turn, et le personnage principal avec son petit côté Parker... tout ça remplissait parfaitement le job. Mais cela n'était rien comparé à Tyler Cross tome 2. Ce nouveau tome est fabuleux, que cela soit dit. Il est d'une richesse et d'une inventivité folle. On a l'impression d'avoir lu une série entière de 4 tomes tant l'ensemble est dense et sans temps mort. On passe du pénitencier au bayou et du passé de Tyler Cross aux stratégies qu'il fomente dans sa tête avec une fluidité narrative déconcertante. Bruno est à son meilleur niveau, le côté pouilleux du bagne et du bayou allant comme un gant à son dessin. 100 pages de pur plaisir, bravo messieurs, encore. Mais ça va être dur de faire aussi bien...
Excellent fi… bande dessinée pardon, au scénario aux petits oignons mijoté par un Fabien Nury inspiré. Je ne sais pas si Tyler Cross rend hommage aux films de gangsters des années 50, ne connaissant pas personnellement ces films d’époque. J’y ai perçu une attirance vers le cinéma d’inspiration tarantiniesque avec ce côté far-west à la frontière mexicaine, et cette façon de découper le scénario en plusieurs tranches, film choral, où à chaque chapitre on aborde la même scène mais vue à travers le regard d’un autre personnage, apportant un autre point de vue sur les évènements en cours. Pas mal le point de vue du crotale, drôle et acide. Le personnage du patriarche Spencer Pragg me rappelle l’acteur Jeff Fahey dans Machete, aussi bien physiquement que dans son rôle d’hominidé crevarice en quête de pouvoir et d’argent. Les pourris ont la gueule de l’emploi et ils vont grave déguster du calibre 45 dans la margoulette. Il y a aussi un petit côté Daniel Day-Lewis dans There will be blood chez ce Spencer. Une intrigue servie par un dessin de Brüno lui aussi en forme. Je ne suis pas spécialement amateur mais ici le charme a opéré sur ma personne. Je trouve qu’il a un côté Mike Mignola avec un dessin épuré et minimaliste. La différence est que Mignola est plus carré alors que le trait de Brüno est tout en rondeur. Mais c’est clairement une réussite parce qu’il parvient à poser une ambiance, un rythme très lent et bien senti, en raccord avec la chaleur et le désert du Texas où se déroulent les déboires de Tyler Cross, dont le début des péripéties est similaire au début de No Country for Old Man des frères Coen. Les dialogues, sans être une grosse tuerie, sont assez savoureux et déboitent pas mal dans le registre sinistre et graveleux, et qui du coup ne sonnent pas très 50’s mais plus actuels. Un très bon thriller.
Ca y est, je l'ai enfin lu ce "fameux" Tyler Cross tant idolâtré par certains. Bon, pour ma part, j'ai hésité entre le "Pas mal" et le "Bof, sans plus" car même si l'album n'est pas mal dans l'ensemble, il n'y a pas de quoi non plus tomber de sa chaise, c'est du déjà vu, revu et sans surprises. Certains auteurs l'ont fait en beaucoup mieux. Par ailleurs, on ne sait pas grand-chose sur Tyler et j'ai eu un peu de mal à me plonger franchement dans le personnage. Il pouvait se faire plomber à tout moment que ça ne m'aurait fait ni chaud ni froid. J'aurais aimé aussi plus de répliques, d'humour noir,... pour ce genre de récit, les idées ne manquent pourtant pas et c'est ici, un peu léger je trouve... A côté de ça, il y a quand même des scènes très bien faites comme celle du crotale avec son regard perçant qui fait vraiment froid dans le dos. Les dessins de Brüno sont stylés, personnels mais je ne suis pour autant pas fan, les physionomies sont un peu inégales, décors assez simplistes, pas assez fouillés... Affaire à suivre au tome 2.
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