Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire.

Une aventure du lieutenant Blueberry

Note: 3.25/5
(3.25/5 pour 4 avis)

Alors qu'il patrouille aux abords d'une réserve indienne, le lieutenant Blueberry assiste au meurtre de deux femmes de la tribu apache tuées par trois jeunes Blancs


Indiens d'amérique du nord Nouveautés BD, comics et manga Sfar Spin-off [USA] - Les déserts Nord-Américains

Alors qu'il patrouille aux abords d'une réserve indienne, le lieutenant Blueberry assiste au meurtre de deux femmes de la tribu apache tuées par trois jeunes Blancs. Les deux victimes sont la femme et la fille d'un guerrier, Amertume : un double meurtre qui risque d'embraser la région en déclenchant une nouvelle guerre... Un récit à la fois fascinant et crépusculaire, une forme d'hommage à ce western culte.

Scénaristes
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Décembre 2019
Statut histoire Série en cours 1 tome paru
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série Une aventure du lieutenant Blueberry
Les notes (4)
Cliquez pour lire les avis

26/11/2019 | Hervé
Modifier


L'avatar du posteur Agecanonix

2/5, de la part d'un fan de western comme moi, ça peut surprendre, mais en tant que fan absolu de Blueberry qui pour moi représente tant dans la BD franco-belge, je ne peux faire mieux car il y a trop de choses qui me dérangent dans cet album. Mon amour indéfectible du personnage et de l'ensemble de la série se refuse à accepter un tel gâchis, et je n'arrive pas à comprendre pourquoi on confie à des gens comme Sfar et Blain la reprise d'une série aussi mythique. Quand j'ai appris ça, je suis resté très sceptique et j'avais raison ; bon d'un autre côté, c'est une note provisoire, que j'espère remonter, mais qu'il me soit permis d'en douter. Quand je vois le dessin de Blain sur ses autres westerns, je me dis mais c'est pas possible... alors on voit qu'il fait un effort pour dessiner de façon réaliste, mais on sent bien qu'il ne lui faudrait pas grand chose pour retomber dans ses horribles gribouillis habituels. De plus, il n'a pas le talent d'un Giraud, il n'y a pas de matière sur les montagnes et les roches, juste des décors rocheux vaguement esquissés, sans grande profondeur ; il n'y a pas cette finesse du trait hachuré, ni les visages bien reproduits des personnages, ce gars n'arrive pas à stabiliser un visage dans son expression corporelle. Le seul détail intéressant dans ce dessin, c'est de reproduire des gueules d'acteurs : le capitaine Tyreen a le faciès de Richard Harris, le sergent Jenkins a celui de Woody Strode, Ruthy a celui de Claudia Cardinale, et j'ai cru reconnaitre aussi ceux de Brigitte Bardot et Charles Denner... Bon en bref, côté graphique, c'est pas terrible mais pas aussi catastrophique que je le croyais même si j'aurais souhaité plus appliqué. En tout cas, si un dessinateur devait reprendre cette série, Blain était bien le dernier à qui la confier. Côté scénario, ça part d'une bonne idée, avec ce meurtre de femmes Apaches, mais ça vire assez vite à l'approximation, la narration s'étire beaucoup trop avec des épisodes inutiles qui ne servent qu'à meubler une action très lente et qui n'a plus rien de passionnant ; à quoi sert cette pseudo idylle entre Ruthy et Blueberry ? à quoi servent ces scènes avec le type aux automates ? si ce n'est à ralentir une action qui aurait pu être développée en un one-shot. Il manque aussi la finesse psychologique des personnages et le côté épique d'une aventure de Blueberry. Sfar peut toujours s'aligner mais il n'aura jamais le talent de conteur de Charlier qui parfois s'égarait mais qui savait vite se reprendre en développant une vraie intrigue de western, tendue, pleine de péripéties et d'action. Là, ça traine et ça glande, on a des Apaches qui mettent 3 plombes pour renifler des traces, un patriarche imbibé de religion qui pour l'instant n'a pas trop de corps, et une fille par qui tout le mal est arrivé, qui part de son côté pour tuer les Apaches... non mais sérieux, elle croit qu'elle va réussir ? Je sais pas où Sfar est allé chercher une idée pareille, mais c'est pas du tout crédible et j'ai l'impression qu'il se prend les pieds dans le tapis dès le 1er tome, parce qu'il va lui falloir un autre tome pour développer tout ça, et encore je suis pas sûr qu'il y parvienne. Bon vous l'aurez compris, je suis non seulement déçu mais aussi en colère de voir qu'une telle paire d'auteurs n'a aucune compétence pour reprendre cette série, j'ai envie de dire que c'est presque du sacrilège. Alors, j'attend de voir la suite, mais étant bon observateur et sentant en général si c'est bon ou pas (sur Undertaker, j'ai tout de suite vu dès le tome 1que ça allait être un western énorme, voir mon avis), j'ai pas grand espoir que ça relève le niveau, et pourtant j'aimerais me tromper.

30/12/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Eric2Vzoul

En apprenant que Sfar et Blain allaient reprendre Blueberry, j'étais très inquiet. En général, je n'aime ni les scénarios intellos et pédants de l'un, ni le dessin gribouillé de l'autre, aussi m'attendais-je au pire. Ô surprise, le résultat est beaucoup moins catastrophique que je le craignais. L'histoire reste dans une veine classique, sans concession à la tendance moderne qui consisterait à ringardiser les histoires de Charlier ou la morale un peu surannée du lieutenant Blueberry. Sfar se retient et ne cède pas à l'ironie facile ou à l'envie de parodier son modèle. On n'est guère surpris, mais on approche du niveau des premiers albums de la série. Le récit est moins dense que ceux de la série d'origine, et je ne peux m'empêcher de penser qu'il faudra à Sfar 3 ou 4 albums de 62 planches pour en raconter autant que Charlier en 46 planches. Il y a d'autres détails qui me gênent : le montreur d'automates dotés de capacités miraculeuses, la petite fille qui se cache sous le lit… Je ne crois pas que le fantastique ait sa place dans cet univers. Cependant, ne boudons pas notre plaisir : au final, on reste dans une bonne vieille histoire dont le classicisme ne dépare pas ce monument que sont les aventures de Blueberry. S'il fallait noter le scénario, je donnerais bien 4*. Là où le bât blesse, c'est au niveau du dessin… Blain n'a jamais fait que des séries vite dessinées, comme Gus ou Isaac le pirate où tout est caricatural, sans décors, sans souci du détail, sans réalisme… Ici, il force sa nature à essayer de dessiner correctement. Les paysages ne sont pas sa tasse de thé et les arrières plans sont sommaires. Lorsque Blain peut faire l'économie de les représenter, il ne s'en prive pas. Dommage car dans le Western, les grands espaces sont un élément crucial. Par moments, il tient à peu près Blueberry et McClure, mais le fait est là : il ne sait pas non plus dessiner les visages de manière réaliste. Chez lui, les portraits, c'est de face ou de profil, sinon, c'est n'importe quoi. Heureusement qu'il n'y pas une foultitude de personnages parce que sinon, on ne saurait jamais qui est qui. Pour les indiens c'est déjà limite, on ne les identifie qu'avec leurs vêtements. Ses personnages semblent par ailleurs toujours dégingandés, bougeant comme des pantins. Le sens du mouvement burlesque qui faisait tout le sel de Quai d'Orsay est dans le cas présent complètement hors-sujet. Nous avons une histoire violente, emplie de scènes d'action, de passions exacerbées, mais l'illustrateur ne sait pas rendre tout cela dans la veine réaliste, aussi l'histoire s'en trouve-t-elle affadie. Bref, Blain s'applique, fait de son mieux, mais on est loin du compte. Au mieux, il vaut 2*… D'accord, Giraud est mort et personne ne demande à quiconque de l'égaler. Et si Colin Wilson, Steve Cuzor, Michel Rouge, Christian Rossi sont engagés dans d'autres projets, il y a plein de dessinateurs doués capables de reprendre Blueberry sans rougir ; il n'y a qu'à regarder ce qu'ont récemment fait Paul Gastine dans Jusqu'au dernier ou Giovanni Lorusso dans le premier volume de West Legends pour s'en convaincre. En somme, si je suis agréablement surpris par le récit de Joann Sfar, le choix de Christophe Blain au dessin m'apparaît comme une énorme erreur de casting. Un coup de com’ de plus : on reprend les classiques de la BD, on les confie à des auteurs qui ont leur petite renommée dans le monde de la BD adulte encensée par les critiques des Inrocks ou de Télérama, on fait de la pub relayée sur France Inter et on produit un album qui, indépendamment de ses défauts, se vendra parce qu’il utilise la renommée de la série d’origine auprès d’un public nostalgique. Après Blake et Mortimer par Schuiten, et avant Tif et Tondu par Blutch, les éditeurs n’en finissent pas d’épuiser le sujet. À voir le résultat, je me dis qu’Hergé a peut-être eu raison d’interdire la reprise de Tintin après sa mort.

14/12/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Je ne suis fan ni de Christophe Blain (dont je reconnais néanmoins le talent), ni de Joann Sfar (qui la plupart du temps m’endort profondément). Les voir reprendre ce monument, cet icône, ce symbole de la bande dessinée et du western qu’est Blueberry avait de quoi m’effrayer… mais aussi m’intriguer. Parce que, oui, je suis un grand fan de Blueberry, de sa gueule cassée, de son sens personnel de la justice, de sa manie de plaire aux femmes loin desquelles il ferait mieux de fuir. Blueberry, c’est une charte, un symbole. On ne touche pas à Blueberry !! J’ai beaucoup aimé ce premier volet. D’abord parce qu’il respecte parfaitement l’esprit de la série mère. On retrouve le Blueberry que l’on connait, toujours aussi doué pour se foutre les pires ennuis sur le dos tout en voulant aider son prochain. On retrouve cet univers de western inspiré par le cinéma italien et les œuvres américaines des années 70. Ici, une famille de dégénérés menée par un pasteur cruel et vicieux va faire office de catalyseur. Blueberry va devoir les protéger d’une juste vengeance indienne tout en évitant que cette vengeance ne sombre dans un bain de sang infernal et aveugle. C’est bu bon, c’est du grand, c’est du pur Blueberry. Mais j’aurais été déçu si les auteurs n’avaient pas apporté quelque chose en plus, ou du moins de différent. Et ils y parviennent grâce à la force de leurs personnages pas si secondaires que cela. Les femmes font montre d’un caractère fidèle à celui qu’elles affichaient déjà dans la série mère. Les indiens ne sont pas de simples victimes ou de sombres brutes, la vérité se situe ici entre les deux avec au départ un légitime besoin de vengeance mais qui glisse en cours de route vers la rancune aveugle. La complexité et l’ambivalence des sentiments et émotions de ces personnages apportent une touche originale au récit. Mais, et c’est important de le souligner, sans alourdir la narration, sans plomber les propos sous des réflexions vaguement philosophiques. Et puis il y a l’excellent dessin de Christophe Blain. Alors, oui, ça change de Giraud… mais j’ai envie de dire « pas tant que ça ». Et certainement pas autant que je le craignais, et si vous avez des doutes, comme moi avant ma lecture, je vous invite à feuilleter l’album pour vous en convaincre. C’est beau, c’est racé, c’est soigné avec une bonne mise en page et la régulière mise en avant de grands espaces. Franchement, je suis heureux que ma curiosité l’ai emporté sur mes craintes car c’est le meilleur album de Blueberry que j’ai lu depuis longtemps ! Vivement la suite !!!

06/12/2019 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5
L'avatar du posteur Hervé

Derrière une couverture très sobre (je parle ici de l'édition n&b), se cache une très belle aventure de Blueberry, que l'on n'espérait plus depuis des années. C'est vrai que la reprise de cette série mythique par le tandem Sfar/Blain a de quoi surprendre (et j'ai même pensé à une blague quand cette information est apparue sur les sites spécialisés début 2019), tant leurs styles différaient de celui de Gir & Charlier. Pourtant la magie est là, nous retrouvons le lieutenant Blueberry de Fort Navajo, intrépide et fougueux, écartelé entre son devoir et les beaux yeux de Ruth. Même si le dessin de Blain n'est vraiment pas celui de Gir, au fil des pages, on finit par oublier cet écart, et l'esprit de Giraud finit par l"emporter et je dois dire que j'ai fini par y croire, rien qu'en découvrant la gueule de Jim Mac Clure. Je n'ai lu que l'édition n&b , mais elle me suffit à dire que Sfar & Blain ont effectué un bon boulot pour rendre hommage, voire plus, à une série qui a marqué l'histoire de la bande dessinée. Avec des personnages féminins assez affirmés (de Ruth, véritable sosie de Claudia Cardinale, à la très belle Mrs Mc Intosch, aux traits de Brigitte Bardot, en passant par la rebelle Bimhal), les auteurs offrent aux lecteurs, avant même le personnage de Chihuahua Pearl, des femmes d'exception et assez remarquables par leur caractère, il faut le souligner. J'ai été subjugué par la lecture de cet opus qui mêle tout ce qui a fait le charme de cette série : affaires indiennes, histoires militaires, et comportement atypique du lieutenant Mike Blueberry. Un seul regret : je pensais que les auteurs avaient choisi de traiter cette histoire en un one-shot, il n'en est rien, il me faudra attendre un second volume pour en connaitre la fin.

26/11/2019 (modifier)