Ailefroide

Note: 4/5
(4/5 pour 6 avis)

Jean-Marc Rochette nous révèle son adolescence et son apprentissage de la montagne.


Casterman Consensus sur une BD Escalade et alpinisme La Montagne Les Alpes Les prix lecteurs BDTheque 2018 One-shots, le best-of

Jean-Marc Rochette nous révèle son adolescence et son apprentissage de la montagne. Originaire de Grenoble, il va par ses rencontres successives devenir un alpiniste chevronné. En parallèle il cherchera à répondre aux questions que la vie ne lui manque pas de lui poser.

Scénaristes
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 21 Mars 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Ailefroide
Les notes (6)
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Ailefroide est un très bon récit autobiographique au travers duquel l’auteur nous dévoile toute sa fascination, tout son respect pour la montagne et nous montre combien celle-ci a formé l’homme qu’il est devenu. La force du livre tient dans l’art de la narration de son auteur car il n’y a pas de prime abord de quoi s’extasier devant ces planches dans lesquels s’’enchainent les plans d’escalade et les anecdotes passe-partout. Seulement, voilà, c’est raconté avec tellement de talent que ce récit en devient captivant. De plus, Rochette parvient à nous faire ressentir le danger sans chercher à faire de l’effet. Il nous montre avec naturel, jusqu’à l’absurde (pour certains événements dramatiques), combien la montagne peut être sans pitié, combien ce milieu demeure hostile. Et puis, l’air de rien, il nous parle de son parcours intérieur, de la naissance de sa vocation d’artiste… qui finira par s’imposer comme une évidence alors que lui-même ne semblait pas y prêter plus attention que cela durant une bonne part de sa jeunesse. Il s’agit donc d’un livre étonnant car il aurait pu n’être qu’anecdotique mais se révèle finalement passionnant… du simple fait des talents de narrateur et de dessinateur de son auteur.

13/08/2019 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue Boy

Tout d’abord, il y eut Soutine et son « Bœuf écorché », que le petit Jean-Marc passait de longs moments à contempler lors de ses visites au Musée de Grenoble. Puis, le coup de foudre pour l’escalade au cours d’une promenade avec sa mère. Ces deux événements en rapport avec deux disciplines en apparence très éloignées scelleront le destin de Jean-Marc Rochette, dont le parcours semble avoir toujours oscillé entre son amour pour la montagne et celui pour le dessin. Rebelle né, l’auteur grenoblois a toujours mené sa vie comme il l’entendait, malgré les remontrances de sa mère avec qui il entretenait des rapports parfois houleux, et celles de ses professeurs qui moquaient les « gribouillis » de cet élève peu docile avec l’autorité. Les multiples tentatives de découragement du système socio-éducatif n’auront fait que renforcer sa détermination à suivre ses envies, en s’échappant mentalement via le dessin, physiquement par l’escalade. On ne domestique pas les loups. « Ailefroide » est la parfaite synthèse de ses deux passions, permettant d’une certaine manière à Rochette de boucler la boucle. Le senior à la barbe et aux cheveux blancs peut aujourd’hui parler de l’ado fougueux qu’il était alors, avec tendresse et sans reniement malgré les années écoulées. Dans une narration très fluide, il évoque avec une sincérité qui fait toute la force de cette autobiographie, son gravissement sysiphéen vers un sommet qu’il n’atteindra jamais, celui qui a donné son nom au titre. Comme une métaphore de sa propre vie, avec cette impression que rien ne pourra vous arrêter dans cette compétition vers les hauteurs (à moins que cela ne soit qu’une fuite…), jusqu’au jour où survient l’accident, celui qui en principe « n’arrive qu’aux autres » et remet les choses en perspective de façon radicale. Un événement grave mais qui sauvera peut-être la vie de notre casse-cou en précipitant son choix définitif vers la bande dessinée, et débouchera sur la création de son personnage fétiche, le cynique et teigneux Edmond le Cochon… On l’aura compris, Rochette n’est pas du genre à s’avouer vaincu ! Graphiquement, le trait ne fait que confirmer le talent de cet auteur pour qui la montagne apparaît désormais comme un genre à part entière et a révélé une nouvelle facette de son art, après notamment l’humour punko-trash des années Actuel/L’Echo des savanes et son cultissime "Transperceneige", œuvre de SF adaptée dans une superproduction hollywoodienne au cinéma. Disposant d’une palette stylistique très étendue, Rochette recourt ici à son trait le plus âpre, où les stries rocailleuses des montagnes se retrouvent jusque dans les visages burinés par le soleil, toujours très expressifs, où l’on ressent quasi-physiquement la minéralité de la pierre et le coupant de la glace, à peine adoucis par le bleu pur des cieux. Si Jean-Marc Rochette n’a pas vaincu le sommet tant rêvé, il est en passe, avec cette aventure humaine puissante, de se hisser au panthéon du neuvième art. « Ailefroide » fait partie de ces œuvres à forte persistance cérébrale, incontestablement un must de l’année 2018, un pavé qu’on se prend en pleine tronche. Et fort heureusement, à l’inverse de ce qui se passe dans la BD, ce n’est ici qu’une image (seuls ceux qui l’ont lu pourront comprendre).

18/07/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

J'ai mis plusieurs jours à venir à bout de ce pavé mais j'y suis arrivé. Je dois dire que ma lecture a plutôt été assez agréable mais il m'a fallu des temps de pause pour reprendre. Sans doute avais-je envie d'apprécier pleinement en prenant pour une fois mon temps. Il est vrai également que je ne suis pas très fan de la montagne et de ses alpinistes qui risquent leur vie pour un gros rocher. Il est vrai que les secours coûtent plutôt assez cher à la collectivité pour des personnes qui se mettent volontairement en danger. D'autres diront que c'est un hobby de riches mais pas forcément quand on voit l'origine social de certains jeunes alpinistes. En tous les cas, c'est un sport très dangereux. Cependant, quand l'esprit de la passion l'emporte... Pour autant, j'ai fortement apprécié ce récit car j'ai été tout d'abord assez impressionné qu'un jeune puisse grimper aussi haut alors qu'il n'est pas encore un adulte. Il s'agit en l'occurrence de l'auteur qui est finalement devenu dessinateur de bande dessinée mais qui aurait pu très bien au niveau de ses compétences être un guide de haute montagne. Il a croisé le destin de pas mal de grimpeurs de renom dont certains ne sont malheureusement plus vivant pour cause d'accident. Il faut dire que la montagne ne fait pas de quartier. On tremblera à de nombreuses reprises pour lui tant les conditions sont parfois difficiles. Il faut dire que l'insouciance de la jeunesse fait faire des choses parfois extraordinaires. Oui, j'ai été captivé parce que c'est une excellente bd qui fait d'ailleurs partie de la sélection officielle d'Angoulême et qui mérite certainement un prix. On comprend également ce qu'Ailefroide représente pour l'auteur ayant changé de voie. Tout sonne juste dans ce récit. Que dire également du dessin qui possède une grande puissance évocatrice du monde de la montagne ? Sublime.

16/01/2019 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

C'est après un certain nombre d'échos plutôt élogieux sur cet album que j'ai fini par me laisser tenter. Connaissant peu la production de Jean-Marc Rochette (mis à part Himalaya vaudou que j'avais moyennement apprécié), je sors cette fois content de ma lecture. Cet album autobiographique qui nous fait découvrir les deux passions de l'auteur s'avale d'une traite malgré l'importante pagination. Jean-Marc Rochette nous fait revivre ses années de jeunesse, sa découverte de la montagne, ses amitiés, ses rencontres et telle une voie vertigineuse à ouvrir vers un sommet encore vierge, son passage à l'âge adulte. Écartelé entre sa passion pour la grimpe et le dessin, il va pourtant pousser jusqu'au bout de ses ambitions pour finir par trancher, le destin aidant de façon quasi tragique. Car la montagne est un monde sans pitié et cet album nous le rappelle cruellement. On arrête vite de compter au fil de l'album le nombre de connaissances ou d'amis qui payèrent le prix fort la pratique de leur passion. Moi qui avais eu un peu de mal avec son trait dans Himalaya vaudou, j'avoue qu'ici il colle parfaitement au récit et nous transporte de la plus belle des façons en haut des sommets qu'il gravit. On souffre avec lui, on a peur avec lui mais on jubile aussi de ses victoires ! Un album très réussi que je conseille forcément à tout amateur de haute montagne, mais également à tous les curieux.

14/08/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

La montagne, je l’aime bien l’été, pour les balades, les paysages (et le fait qu’il n’y a pas forcément beaucoup de monde). Mais je regarde plutôt les paysages d’en bas. Car j’ai un terrible vertige. C’est dire si l’alpinisme est quelque chose qui ne m’attire pas du tout. Et donc, je n’achèterai sans doute jamais cet album, qui ne parle quasiment que de ça. Oui, mais voilà, j’en conseille pourtant l’achat. C’est que l’on peut aussi ne le lire que comme une déclaration d’amour, plutôt la mise en lumière d’une passion, celle de Jean-Marc Rochette pour la montagne, l’alpinisme, la conquête de ces « voies », au nom aussi poétique que terrible. L’éclairage d’une passion, pour laquelle il a brûlé en partie ses ailes, et qui au final n’est plus pour lui qu’un amour presque platonique, une fois les blessures cicatrisées. Nous suivons donc Rochette, de sa jeunesse à son entrée dans le monde de la BD, et il nous fait très bien comprendre – par le texte et par le dessin (franchement réussi) – combien cette montagne, cette roche, cette glace, pouvaient lui apporter. Et ce qu’elles ont failli lui coûter. Même ceux qui, comme moi, ne sont pas forcément réceptifs à cette activité, peuvent reconnaître la réussite de cet album, qui se lit vite, malgré l’importante pagination. Nous suivons la construction d’un homme, par-delà les montagnes. Et, accessoirement, nous apprenons aussi comment Rochette en est venu à la BD… Un chouette album, à recommander évidemment à tous les fanas d’alpinisme, mais sans doute pas que.

29/07/2018 (modifier)

L'auteur se livre sur son adolescence et cette période où (certains le disent) tout se joue. Dans son cas sa rencontre avec la montagne et son apprentissage exigeant lui permettent de surmonter ses douleurs intimes. Une BD profonde et indispensable à tous les amoureux de la montagne.

11/07/2018 (modifier)