La 27ème lettre

Note: 3.55/5
(3.55/5 pour 22 avis)

Mon clavier étant "politiquement correct", je n'ai pu écrire le titre comme il le faut : sur la couverture de l'album, le 'e' de '27e' est remplacé par une croix nazi...


1930 - 1938 : De la Grande Dépression aux prémisces de la Seconde Guerre Mondiale 1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale Aire Libre Allemagne Berlin Maisons closes et prostitution Nazisme et Shoah

L'histoire d'un gamin des rues, dans l'Allemagne dévastée de l'entre-deux guerres. Comme tant d'autres, il vole ou mendie pour survivre... jusqu'au jour où il est recueilli... dans un bordel ! Les prostitiuées s'attachent à lui, et l'élèvent du mieux qu'elles peuvent, lui payant même (en nature) des professeurs particuliers. Une vie de bonheur pour le jeune garçon, jusqu'au jour où les personnages se rendent compte que l'alphabet allemand compte désormais une 27e lettre : la croix gammée.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Juin 1990
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série La 27ème lettre
Les notes (22)
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06/06/2002 | Thorn
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Par Gaston
Note: 4/5
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Cela faisait longtemps que je voulais lire cet album et je ne suis pas déçu ! C'est un des meilleurs scénarios de Desberg. J'adore le ton de l'album. C'est raconté comme un conte où tout semble bien se passer avec cet orphelin qui a enfin une famille... un peu spéciale. Et puis soudainement tout devient sombre et pessimiste lorsque les nazis prennent le pouvoir. Ce mélange conte-réalité historique est très dosé et en plus les personnages principaux sont attachants. L'histoire d'amour entre l'orphelin et la petite bohémienne m'a beaucoup touché et la fin est vraiment triste. Une histoire assez originale bien servie par le trait de Will. De tous les dessinateurs classiques du vieux Journal de Spirou, c'est lui qui savait le mieux dessiner les femmes de manière sensuelle.

18/03/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Pourquoi à l'issue de ma lecture ai je l'impression d'avoir lu un truc gentillet, pas transcendant à quelques niveaux que ce soit. Et pourtant il y avait matière à. Le sujet : la montée du nazisme vue au travers du regard de deux enfants, un orphelin des rues élevé par des prostituées et une petite tzigane. Certes les choses ne sont pas comiques mais est-ce dû au dessin, au trait qui donne à l'ensemble un côté enfantin à la chose et donc édulcore les choses ? Pour moi nous sommes presque dans l'univers du conte avec sa face sombre bien sûr mais hésitant constamment entre le drame pur et l'histoire d'amour en gestation. Comme dit par d'autres avant moi ce n'est pas prise de tête, sympa, toutefois je ne conseille pas l'achat. D'autres bandes sur cette période sont à mon sens plus indispensables.

29/03/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

La première impression qui me vient, c'est la surprise : pour quelqu'un qui comme moi a tellement été habitué au dessin de Will sur Tif et Tondu et quelques autres Bd jeunesse, il faut un certain temps d'adaptation pour s'acclimater au fait que là, on n'est plus du tout dans une bande jeunesse mais bien adulte. Mais après tout, il n'est pas le seul dessinateur de Bd jeune public à avoir abordé une BD plus adulte ; je pense à Seron notamment avec Les Petites Femmes, même si ça reste dans un domaine humoristique. Ici, ça ne l'est pas , le sujet n'est pas tellement attirant, mais comme j'avais envie de voir comment Will pouvait s'en sortir avec ce genre de récit plus grave, j'ai continué. Le fond de guerre nazi est souvent accessoire, mais par endroits, il participe grandement au récit qui est avant tout l'histoire d'une jeune garçon au milieu d'un bordel de luxe peuplé de prostituées au grand coeur, tout est vu à travers ce filtre, malgré une fin désespérément tragique et déprimante. L'intérêt principal étant de situer l'action à Berlin juste avant le grand ouragan de la guerre, et non sur un quelconque front en Europe. Au niveau graphique, Will ne change pas tellement son trait qui reste le même que sur ses précédentes séries ; il opte seulement pour une mise en page différente et des cases plus grandes. Au vu de la gravité du sujet, je me demande quand même si Will était bien le dessinateur qu'il fallait pour illustrer cette histoire. Finalement, j'en sors ni déçu ni enthousiasmé ; c'est une histoire gentillette, sympathique à lire, avec quelques moments forts mais aussi des moments de tendresse et d'émotion.. Rien de transcendant, mais une jolie histoire quand même..

22/12/2014 (modifier)

Attention, chef d'oeuvre ! Cet ouvrage fait partie de la trilogie Will/Desberg avec, auparavant, Le Jardin des désirs ( 1988 ), et ensuite L'Appel de l'Enfer ( 1993 ). Avec un Desberg au scénario, à la fois coquin ou tendre, avec son humour décalé, et avec un Will au dessin, au sommet de son art. Il a dû aimer les femmes pour les dessiner aussi attrayantes... Bon, la perfection n'existant pas en ce (bas) monde, je me contenterai donc d'une note de 4,5/5... La trilogie a depuis été rééditée en intégrale. A se procurer, toutes affaires cessantes. Will, un dessinateur, et un peintre bien trop méconnu... A qui s'adresse cette trilogie ? A ceux qui ont déjà eu affaire à l'âme insondable féminine...

14/06/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

Excellent. Vraiment excellent. Je ne pensais pas en ouvrant ce livre que j'en arriverais à verser une larme lorsque je le refermerais. Et pourtant, elle a bien coulé lorsque je suis arrivé au bout de cette BD. J'ai d'abord eu un sourire en voyant le dessin qui me rappelait des lectures d'enfances, les Benoit Brisefer et autres Tif et Tondu. Mais ici, il y a en outre des magnifiques planches à certains moments. J'ai adoré aussi les petits détails présents régulièrement dans les planches. Un très bon support à l'histoire. Le propos paraît de prime abord vu et revu, avec l'Allemagne des années 30 et les débuts du nazisme. Mais ici ce propos passe allègrement en arrière plan pour se concentrer sur un gamin orphelin, son rapport avec les prostituées et son éducation. Le contexte historique ne fait que servir le propos, et non l'inverse. L'idée de l'histoire est bel et bien ce petit orphelin, seul dans un Berlin des années 30, et surtout ignare. Recueilli par des prostituées dans une maison close grâce à l'aide d'un acteur, le récit va progressivement prendre la tournure d'une éducation. Apprendre à lire et écrire, mais aussi apprendre l'amour, les hommes et la cruauté. Cette cruauté qu'il connaissait bien des rues et à laquelle il échappera durant son séjour au bordel. Le récit est mené par la voix off d'une des prostitués, ce qui rajoute d'ailleurs de l'intensité dans les dernières pages, où la réalité rejoint les propos rêveurs de la narratrice. C'est d'autant plus tragique. Car le propos est bien tragique. Une tragédie aux airs de comédie qui vire très vite au noir, repassant au joyeux pour mieux replonger. Tragédie d'autant plus cruelle que les personnages sont incroyablement attachants. J'ai franchement été touché par ce récit, m'identifiant très facilement à ce gamin rêveur, adorant raconter les histoires, créant des contes et des récits, dessinant, créant, rêvant (sa vision de l'accession d'Hitler au pouvoir est juste belle, et terriblement vraie). Mais le personnage principal n'est pas seul, et ce monde de prostituées, de gitans semble tellement beau, un havre de paix au milieu des troubles qui naissent. Un petit paradis qui vole en morceaux. Et quelle justesse dans les propos : jamais mièvre, jamais noir, toujours juste, des dialogues aux situations, tout est à la bonne place. Une bien belle tragédie qui traite de l'éducation. Largement au dessus de ce à quoi je m'attendais. Un très bon 4/5. J'ai aimé, c'est certain.

28/12/2012 (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5
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Joli prétexte pour mettre en scène ce léger érotisme abordé dès le Jardin des désirs par le même duo, la 27ème lettre emploie pour autant un cadre moins guilleret pour dépeindre le quotidien d’un jeune Gavroche débrouillard élevé par des filles de joie dans une maison close à une époque bien noire de notre histoire à savoir la montée du nazisme. Malgré tout Desberg se joue des clichés en utilisant l’histoire comme unique toile de fond, un peu comme si la leçon avait été digérée par son lectorat, ne s’attardant que sur des détails chocs comme la Swastika, une séquence d’autodafés ou la déportation lorsqu’il ne met pas en scène ce maudit chancelier….. Les auteurs préfèrent se focaliser sur la tendresse dégagée par ces filles admirablement croquées par Will sur leur petit protégé Fred et son éducation d’où quelques pages assez drôles mêlant le talent du « grand pouvoir » du sexe faible à l’apprentissage de la lecture ou d’autres leçons de toute chose. :) Le tout est réalisé adroitement et sans grande vulgarité dans une ambiance bon enfant. Malgré tout cela la menace des fanatiques croit et la petite communauté devra redoubler de malice pour continuer tout simplement à vivre. Voici un récit charmant tranchant radicalement avec les Tif et Tondu de l’auteur qui continue à surprendre dans un registre un peu moins connu de son immense œuvre. Si les demoiselles d’Isabelle et des deux comparses étaient déjà dessinées avec des courbes sensuelles, ici il se lache complètement tout en parvenant à n’être jamais vulgaire ou même hors sujet. La conclusion est même étonnante et tranche radicalement avec les productions bien pensantes de Dupuis. Dommage que certains dialogues soient un tantinet trop bavards pour m’accrocher complètement mais je reconnais que la tentative n’est pas vaine et retrouve avec plaisir les couleurs pastel qui m’avaient déjà accroché pour le Jardin des désirs. Encore une belle leçon d’épicurisme dans une période trouble plus qu’un brulant récit érotique, la 27ème lettre est à lire au moins une fois pour tout amateur de bd franco-belge.

14/05/2012 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5

Quelle claque ! Je ne m'attendais pas à cela en ouvrant le bouquin. Je connaissais Will comme beaucoup, par le biais de Tif et Tondu et Benoit Brisefer. Retrouver son trait belgo réaliste de mon enfance m'a surpris, car cela crée un décalage important avec la dureté du scénario. Son dessin est très réussi, il rend les femmes belles malgré ce coté cartoon du dessin et les ambiances de montée du Reich, notamment les feux de livres ou l'incendie du Reichstag sont "sublimes", de même que cette architecture allemande. C'est très bien fait. Desberg, lui, je connais principalement via I.R.$., L'Etoile du Désert, Empire USA ou encore Le Scorpion. Cette histoire est forte et poignante, elle relate à merveille cette montée du nazisme dans un pays coupable de silence. De la montée de l'antisémitisme aux raffles d'intellectuels et autres tziganes, nous navigons dans cette période sombre de notre histoire récente avec poésie et recul. Le lieu principal d'action, à savoir le bordel et ses habitantes, seules à tendre la main à Fred, et le rôle des ces dames ("Qui mieux qu'une prostituée peut juger de la misère, la misère morale des hommes ? Qui mieux qu'une femme offrant ses fesses peut prendre la température d'une nation ?") ainsi que leur valeur morale en regard de leur job, ce regard tendre pour ce monde qui heurte le bourgeois qui pourtant y prend son pied, c'est merveilleux de justesse. Vraiment une BD à lire.

29/02/2012 (modifier)
Par tolllo
Note: 3/5

Ce récit se situant aux prémices de la seconde guerre mondiale nous raconte l’histoire d’un môme recueilli dans une maison close. Son éducation sera donc faite par des prostituées. De ce récit je garde en priorité l’humour. L'apprentissage de la vie, une vie un peu particulière, les découvertes faites par le personnage. Ses premières lectures sont … intrigantes… tout comme ses premières "dictées". Pas du genre qu'on fait dans une scolarité ordinaire... Ce ne sont pas des mots à mettre dans la bouche d’un enfant, mais bon, finalement peut importe la méthode, seul le résultat compte (savoir lire et écrire…). Mettre de l’humour avec en toile de fond des sujets aussi graves, épineux, que le sont la guerre, la prostitution et l’éducation, n’est pas chose aisée, cela pourrait tomber facilement dans le graveleux. Ici il n'en est rien : le tout reste "mimi", malgré tous ces sujets difficiles... Nous suivons donc ce gamin des rues intelligent qui va grandir parmi " ces filles ", il va apprendre la vie, (celle qu'il voit avec la lorgnette des gens avec qui il vit ), faire des rencontres, trouver l’amour pour son propre compte, et découvrir le pouvoir de séduction des femmes.... Ce récit reste mignon, gentillet faisant balance avec la montée du fanatisme ambiant et l’arrivée prochaine de la guerre. (11/20)

27/06/2010 (modifier)
Par GiZeus
Note: 4/5

J'hésitais un peu entre 3 et 4 étoiles. Finalement ce sera 4 étoiles puisque cet album traite avec originalité de cette sombre période. L'histoire s'inscrit dans la période tristement célèbre de l'accession au pouvoir d'Hitler. Loin de nous rabâcher sempiternellement cette période surexploitée, les auteurs ont fait le choix de nous raconter la petite histoire, celle de Fred, orphelin abandonné de tous excepté de prostituées. C'est ainsi que le bordel deviendra son foyer. Ce que j'ai beaucoup apprécié dans ce one-shot, c'est le ton de l'histoire. Alternant dialogues crus et monologues poétiques, le propos n'est jamais barbant. De même, la narration est très fluide et l'histoire se laisse lire sans déplaisir. Ce qui m'a surpris, en bien, c'est que les auteurs ont choisi de passer l'Histoire au second plan pour s'attarder sur la vie de Fred. De ce fait, l'album se rapproche à mon avis plus du roman graphique que du genre historique. Donc une jolie histoire à lire.

12/12/2009 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Un trait qui ne peut que rappeler les séries de Tif et Tondu ou d'Isabelle, mais une histoire bien plus dramatique : voici en résumé ce qu’est « la 27ème lettre ». Deux enfants marginalisés (l’un, orphelin, est éduqué par des prostituées, l’autre, Romanichelle, vit dans la roulotte de ses parents) sont confrontés à l’horreur de l’Allemagne nazie. Tous deux sont en quête d’un bonheur simple mais inaccessible, tous deux souffriront d’un destin tragique. Si le synopsis peut sembler banal, tant le découpage que la narration font de cette œuvre une belle réussite. C’est agréable à lire, en constante progression, vivant et mouvementé. Certes, certains passages m’ont paru maladroits tant ils étaient naïfs, mais dans l’ensemble, « la 27ème lettre » reste à un bon niveau, qu’une fin réussie rehausse encore un peu. Mais la plus grande qualité de cette bande dessinée réside à mes yeux dans son accessibilité. Sans être enfantine ni démagogique, elle me paraît adaptée à un large public et devrait plaire au plus grand nombre tout en traitant d’un sujet grave avec justesse et profondeur. C’est franchement pas mal bien (3,5/5 en résumé).

05/05/2009 (modifier)