La Ballade des frères Blood (The Blood Brothers' Mother)
Brian Azzarello retrouve Eduardo Risso, son collaborateur sur 100 bullets, pour une quête violente et sauvage où les trois personnages principaux tentent de sauver ce qui reste de leur famille. Des flingues, de la vengeance... Et encore des flingues.
Auteurs argentins DSTLRY Les Comanches Les coups de coeur des internautes
Le Far West de la fin du XIXe siècle. Trois enfants traversent la frontière sauvage du Texas pour secourir leur mère, kidnappée par une impitoyable troupe de hors-la-loi, qui ont aussi assassiné leur père, le pasteur du village. Tout au long de leur voyage, nos héros vont affronter l'hostilité d'une nature impitoyable, des animaux mortels, des chasseurs de primes sans foi ni loi et bien pire encore...
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| Date de parution | 17 Septembre 2025 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Risso ne cesse de me surprendre ! Nous sommes très loin ici du style qui l’a défini pendant des années : le noir et blanc bien contrasté, des espaces de lumière et d’ombre dans lesquels les personnages aux contours bien définis évoluaient et agissaient au gré des intrigues, principalement celles de Trillo ou Azzarello. L’introduction de la couleur revient surtout à Patricia Mulvihill, dans 100 bullets, par exemple, sans changer ces éléments fondamentaux. Mais déjà dans le Batman, avec Paul Dini, nous avions le début d’une nouvelle expérimentation avec la couleur. Ici, tout explose ! Risso dessine avec la couleur. Les effets d’aquarelle sont surprenants, ils racontent l’histoire mieux que les mots eux-mêmes: jaunes, bleus, rouges et verts, nuits violettes, ciels orangés : toutes les couleurs complémentaires ! Il faut du courage et de l’assurance! Les couleurs du ciel, de la terre, des journées chaudes et des nuits peuvent sembler trop vives, mais elles créent des ambiances psychologiques qui influencent le lecteur et jouent un rôle de véritable personnage tout au long de l’album. L'intrigue d'Azzarello est l'un des westerns les plus brutaux et sans concession que j'aie jamais lus. Il ne s'agit pas d'une apologie ou d'une glorification de la violence, comme un premier regard pourrait le laisser penser. C'est un portrait réaliste d'un monde sauvage où la volonté de pouvoir cherche à s'imposer contre toutes les considérations morales, religieuses ou légales. L'être humain est bien pire que les bêtes sauvages ! Depuis le début, nous avons le pressentiment que les trois petits garçons n'auront pas une enfance paisible et heureuse. La recherche de leur mère, les différentes rencontres et menaces vont façonner leur parcours et leur destin. La rencontre avec Chouette Enragée, mais aussi avec des colons nordiques en route vers l'Ouest, sera marquante, un vrai oasis. Je ne peux m'empêcher de penser, depuis la couverture du livre, que les trois bandits et les trois gamins forment une sorte de miroir ou de destin circulaire dans lequel la violence se reproduit et se perpétue. Ce ne sera peut-être pas indispensable, mais j'aimerais que l'histoire ait une suite. Je serais preneur. Anna, tout comme les enfants survivants et d'autres personnages, le mériteraient. Un dernier mot pour les couvertures alternatives à la fin de l'album : elles ajoutent de la valeur et de l'intérêt, par la comparaison que l'on fait avec celles de Risso.
Un western aussi bon, beau et fort que Hoka Hey !. Je sais, je prends un gros risque en commençant de la sorte. Les auteurs de 100 bullets nous proposent une ballade et non une balade. Cette triste histoire est racontée par l'un des trois frères Blood, tel un long poème mélancolique et désabusé à la fin tragique. Il faut avouer que ce Far West ne fera de cadeaux à personne. Pour ne pas te gâcher la lecture - en te dévoilant les rebondissements qui vont parsemer le récit - je vais t'en dire le moins possible, juste faire une présentation des personnages. Les trois jeunes frères Blood vivent avec leur mère et leur père adoptif, un homme de dieu. Des gosses qui vont voir trois cow-boys, trois frères aussi, assassiner leur père adoptif et enlever leur mère. Ces trois cow-boys connaissent cette femme et l'un d'eux pourrait être leur père biologique. Les frangins Blood vont partir à la recherche de leur maman. Des personnages crédibles, complexes et très bien campés. Je vais faire un zoom sur cette femme, elle n'a rien de frêle et soumise, elle ne subit pas les événements, elle fait ce qu'il faut pour survivre. Une seconde mère, au tempérament bien trempé aussi, aura un rôle important, une comanche. Voilà, tu en sais assez. Une histoire touchante et une narration onirique, on va suivre en parallèle ces deux fratries où les liens du sang, mais aussi du cœur seront mis à rudes épreuves, où rien n'est totalement noir ou blanc. Un récit violent, mâture et maîtrisé. La boucle est bouclée avec cette dernière planche : "Je suis le fils de mon père". J'aimais déjà beaucoup le dessin de Risso, mais là, il monte le curseur à un niveau très élevé. L'utilisation de l'aquarelle et le choix des couleurs rendent ce récit immersif, dépaysant et profondément humain. Les cadrages et la mise en page permettent d'être au plus près de l'action et de ressentir les émotions des personnages. Superbe ! De nombreuses couvertures alternatives en bonus en fin d'album, par Risso, Jock, Dave Johnson, Gabriel Ba, Howard Chaykin... Un incontournable de 2025, je persiste et signe : un western aussi bon, beau et fort que Hoka Hey !. Note réelle : 4,5. Gros coup de cœur.
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