La Dernière Ombre

Inspiré dans ses ambiances par Le labyrinthe de Pan, La Dernière Ombre met en scène les tourments de la guerre et la puissance de l’imaginaire au service de l’oubli de la violence humaine.
1914 - 1918 : La Première Guerre Mondiale Première Guerre mondiale Russie
À bout de forces, un groupe composé de soldats et de civils russes s’éloigne péniblement du front. La première guerre mondiale s'étire . Pour soulager le groupe, Zvoga, ancien capitaine de son état, préconise une halte dans un manoir isolé près duquel ils passent. Ce n'est pas du goût de son lieutenant, mais ce sera l’occasion pour le « Doc. » de soigner les blessés et d’offrir à ses filles qui l'accompagnent, Natalia et Irina, un peu de repos. La Baronne qui vit dans ces lieux avec les siens les accueille malgré elle...
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Date de parution | 21 Avril 2021 |
Statut histoire | Série terminée 2 tomes parus |
Les avis


J'ai lu par ailleurs que cette série était inspirée par "Le Labyrinthe de Pan". Comme je ne connais pas ce fim je ne peux rien dire à ce propos. Par contre je trouve ce diptyque très intéressant car j'estime que D.P Filippi brouille les pistes en y introduisant beaucoup de trompe-l'oeil, notamment dans le tome 1. J'ai lu plusieurs séries de Filippi et j'ai retrouvé beaucoup de ses univers de prédilection. Un château isolé à l'ambiance mystérieuse et maléfique (Le Livre de Jack, Songes), une bande d'enfants perdus (Gargouilles, Le Livre de Jack, Téo) plus un graphisme de Gaspard Yvan qui me rappelle celui de Camboni, font que Filippi m'a donné l'impression d'installer son lecteur dans une ambiance assez connue et confortable. C'est une illusion. En effet, dès les deux premières planches Yvan nous sert de la bouillie de viscères bien plus à sa place chez Tardi que chez Mickey. La suite du tome 1 est une succession de points d'interrogations. D'où vient cet équipage hétéroclite de militaires et de civils ? Qui est ce Svoga (capitaine, lieutenant, soldat) qui semble maître du jeu ? Quelle ligne choisir entre un récit d'aventure militaire classique ou une orientation pamphlétaire plus révolutionnaire ? Pourquoi ce saupoudrage de fantastique qui à ce moment du récit me semble assez incongru. J'ai refermé le tome 1 séduit par la construction et le rythme mais en me demandant où Filippi voulait nous conduire. C'est l'une des beautés de cette série, les auteurs répondent à (presque) toutes les questions d'une façon assez inattendue avec un retour à une rationalité brutale. L'illusion du fantastique s'évanouit pour laisser la place aux horreurs de la réalité même si elles sont travesties sous formes de contes. Nettoyeurs de tranchées, rats de tunnels, meurtres de camarades, viols, prostitution juvénile, les auteurs nous renvoient dans l'ombre la plus sombre d'une réalité guerrière souvent éloignée des récits officiels. Les auteurs préfèrent travailler sur le descriptif réaliste dans les épisodes entre soldats mais nous plongent dans un univers de conte pour les civils. Ces deux registres se rejoignent dans la tragédie vécue par tous ces innocents. Filippi conclut son récit par une dernière "grande illusion" qui ne peut résister à la réalité historique. Le graphisme de Gaspard Yvan s'inscrit dans la continuité des excellents graphismes produits avec Camboni dans d'autres séries avec Filippi. Son trait rond et gracieux tranche avec la dureté des scènes exposées. Ce décalage renforce cette thématique de l'illusion que je pense centrale dans le récit. C'est donc une œuvre très travaillée au niveau du récit et du graphisme et qui fournit une lecture riche avec une forte intensité émotionnelle. Une très bonne lecture.
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