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Perpendiculaire au soleil

Note: 4.33/5
(4.33/5 pour 3 avis)

"Huit jours après mon vingtième anniversaire, j'ai été condamné à mort ". Renaldo McGirth. "Le bleu du ciel et l'orange des uniformes des condamnés sont trop parfaitement complémentaires. Je n'ai pas envie de trouver ça joli". Valentine Cuny-Le Callet.


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Au travail au crayon et en gravure sur bois, se mêlent des images singulières, colorées, qui parlent de la beauté du monde, qui ont vu le jour dans des conditions extrêmes. Témoignage bouleversant sur une amitié naissante, ce récit se penche sur la brutalité du système carcéral, et la ténacité avec laquelle les condamnés reconstruisent leur vie, depuis une cellule de cinq mètres carrés.

Scénaristes
Dessinateurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 31 Août 2022
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Perpendiculaire au soleil © Delcourt 2022

02/09/2022 | Cacal69
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Par doumé
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
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Un témoignage sur le quotidien d'un homme dans le couloir de la mort. L'autrice prend contact avec un prisonnier condamné à la peine capitale par l'intermédiaire d'une association pour correspondre avec lui. Elle s'applique à retranscrire le plus fidèlement possible les rêves, les espoirs et les envies du prisonnier. Au fil des années, le fruit de cette correspondance devient une bd qui nous fait vivre l'évolution des relations entre les deux auteurs. Une œuvre remarquable par l'engagement dans la durée de l'autrice et par le sujet traité, la force de cette bd c'est sa capacité a nous faire ressentir les sentiments des personnages et à ne rien cacher de la vie de ces prisonniers spéciaux. L'autrice ne juge pas le prisonnier, son récit n'est pas un réquisitoire contre la peine de mort mais elle dénonce les excès du système carcéral qu'elle souhaiterait exemplaire. Le dessin à quatre mains est d'une qualité supérieure aux autres bd documentaires. Un noir et blanc avec quelques rares couleurs qui font ressentir l'émotion entre Valentine Cuny Le Callet et Renaldo McGirth et qui mettent en valeur la richesse de leurs échanges par courrier malgré les contraintes de la censure et des matériaux utilisés par Renaldo pour dessiner. Une bd qui questionne sur le fonctionnement de la peine de mort aux Etats Unis et de l'utilité d'une durée d'attente aléatoire pour tous les prisonniers avant leur exécution. Entre espoir et désespoir, le quotidien de Renaldo nous est révélé et se résume au titre "Perpendiculaire au soleil" qui signifie toujours vivant mais pour combien de temps.

21/09/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Ouch !!!! Mais quel album !!! C'est BEAU déjà ! C'est grave ! C'est dur... cruel... mesquin... Mais ça respire d'humanité ! Que ce soit pour le pire ou le meilleur, l'âme humaine est ici capturée et mise à plat, à l'image de Renaldo McGirth, qui à l'aube de sa vie termine dans le couloir de la mort. Valentine Cuny-Le Callet a 19 ans quand elle entame une correspondance épistolaire avec lui. Commence alors l'histoire d'une amitié compliquée qui au fil des ans donnera naissance à ce pavé de 436 pages. La force de cet album tient pour moi avant tout dans l'absence de jugement de Valentine ; elle n'est pas là pour juger, mais découvrir quelqu'un (qui par ailleurs a toujours nié le meurtre dont on l'accuse) qui passe son temps dans 5m², isolé, sans aucune lumière naturelle. Au fil des échanges compliqués, on découvre petit à petit le quotidien spartiate de Renaldo. Compliqué est un doux euphémisme quand on prend connaissance des règles à respecter concernant le contenu des courriers... La liste des interdits est juste hallucinante et surtout laissée à l'appréciation de l'institution pénitentiaire. Valentine ne comptera plus les courriers découpés, tronqués ou qui ne parviendront jamais à Renaldo. Autant dire que quand leur projet de BD a commencé, cela a été un vrai casse tête ! Lire cet album aujourd'hui est donc un petit miracle en soi ! Ultime humiliation pour Renaldo, les condamnés à mort n'ont pas le droit de toucher de l'argent en produisant quoi que ce soit relatif au motif de leur incarcération : il ne sera donc même pas crédité en tant qu'auteur sur cet album pourtant paru en France chez Delcourt... Concernant le graphisme, chaque page est une pure merveille qu'on pourrait admirer de longues minutes. Que c'est beau ! Le travail de dessin et de gravure de Valentine est juste sublime ! Les dessins de Renaldo ne sont pas en reste, et les siens sont souvent très colorés, ce qui contraste d'autant avec le noir et blanc brut de Valentine. Un choc tant esthétique qu'intellectuel qui fait beaucoup réfléchir sur cette peine de mort et sa marchandisation par un système pénitencier qui semble avoir oublié ses objectifs...

15/09/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Cacal69

Une lecture vertigineuse que ce pavé de 436 pages. Par militantisme contre la peine de mort, en 2016 Valentine Cuny-Le Callet, alors âgée de 19 ans, commence une correspondance avec Renaldo McGirth, jeune noir dans le couloir de la mort. Il avait 18 ans à l'époque des faits. Dix années se sont écoulées depuis. Un album à quatre mains, mais le nom de Renaldo n'y figure pas, la loi l'interdit. J'ai par contre ajouté son nom sur la fiche, il le mérite amplement. Valentine est une jeune autrice qui a étudié les arts décoratifs à Paris et d'autres techniques à la School of the Art Institute de Chicago pendant six mois. Le monde carcéral, celui du couloir de la mort, est dépeint sans concessions et avec justesse. Un monde où le prisonnier doit toujours payer pour améliorer son quotidien. Un monde dur qui ne laisse plus place à l'humain dans sa cage de cinq m² éclairée au néon où il est difficile de reconstruire sa vie. De cette relation va naître une amitié et l'amour pour la musique, l'écriture et enfin le dessin n'y seront pas étrangers. Le pouvoir de l'art à rapprocher les gens. Une narration faite d'échanges épistolaires où les seules voix off de nos deux protagonistes donnent un ton étrange au récit, presque hors du temps et qui fait ressentir cette effroyable solitude. La censure appliquée par le pénitencier ne va les aider dans ce projet commun, celui de réaliser cette bande dessinée. Persévérance et obstination seront plus fortes que les moments de découragement. Cette idée naîtra suite à leurs rencontres en prison. Une bd qui fait aussi référence au racisme par le biais d'Ida B. Wells, ancienne esclave devenue journaliste, pionnière des droits des noirs et de l'émancipation des femmes, lorsqu'elle emménage à Chicago. Édifiant ! Une œuvre touchante qui fait froid dans le dos et qui pose des questions. A chacun d'y apporter des réponses. Un titre énigmatique qui prendra tout son sens en fin d'album. Un dessin d'une réelle beauté évocatrice dans un noir et blanc aux différentes textures, du charbonneux au trait gras, mais toujours au service du récit avec une mise en page qui supprime la frontière entre textes et dessins. Des planches de Renaldo parsèment l'album, elles sont souvent colorisées et font transpirer ses émotions. Elles sont réalisées au crayon papier, stylo bille et gouaches. Mais que c'est BEAU ! Pour un premier coup d'essai, c'est un coup de maître. Une œuvre remplie d'humanité où l'espoir demeure toujours vivant. Une œuvre puissante et déstabilisante. Gros coup de cœur.

02/09/2022 (modifier)