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La Fuite du cerveau

Note: 4/5
(4/5 pour 3 avis)

Après le succès de Pereira prétend et de Malaterre, Pierre-Henry Gomont change de registre. Il nous entraîne dans un road movie échevelé et drolatique, inspiré par la véritable destinée du cerveau d'Einstein. Menée tambour battant, cette histoire rocambolesque et burlesque, servie par un dessin épris de liberté, est aussi une réflexion passionnante sur la complexité de l'âme humaine.


1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide Nouveautés BD, comics et manga

Le 18 avril 1955, Albert Einstein passe de vie à trépas. Pour la science, c'est une perte terrible. Pour Thomas Stolz, médecin chargé de l'autopsie, c'est une chance inouïe. Il subtilise le cerveau du savant afin de l'étudier. S'il perce ses mystères, il connaîtra la gloire... Le problème, c'est que le corps d'Einstein le suit ! Privé de cerveau, Albert continue à bouger, à marcher, à parler. La perspective de comprendre le fonctionnement de ses neurones l'excite au plus haut point. « Formidable ! On va faire ça ensemble, tous les deux ! », dit-il à Stolz. Reste à trouver un laboratoire à l'abri des regards. Ce qui n'a rien d'évident quand on a le FBI aux trousses...

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 18 Septembre 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série La Fuite du cerveau
Les notes (3)
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18/09/2020 | Mac Arthur
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Par Blue boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue boy

Si le retour de Pierre-Henry Gomont était des plus attendus en cette rentrée, c’est un retour en fanfare et en grande forme qui se manifeste à travers cet album placé sous le signe du burlesque. En s’inspirant d’un fait réel – le vol du cerveau d’Einstein en 1955 - comme point de départ de son récit, l’auteur nous emmène dans une course folle à travers les Etats-Unis, où le Dr Stolz, détenteur de la « matière grise » du célèbre scientifique, n’aura de cesse de tenter d’échapper à ses poursuivants du FBI, le bocal contenant le précieux « Graal » sous le bras… Pour l’occasion, le trait de Gomont se fait encore plus vif et nerveux qu’à l’accoutumée, accentuant le rythme effréné de cette comédie déjantée. Les corps se tordent en des angles improbables, les jambes s’étirent démesurément pour mieux courir, et les visages se déforment dans des expressions hallucinées, comme dans un dessin animé digne de Tex Avery. L’image marquante de cette histoire restera celle d’un Einstein mi-fantôme mi-héros de BD au crâne évidé, contemplant d’un air un peu crétin son propre cerveau flottant dans un bocal, puis pour passer inaperçu aux côtés de Stolz, sera affublé d’une casquette de base-ball, symbole vestimentaire fétiche d’une certaine beaufitude yankee…L’autre jolie trouvaille est de voir le professeur, par suite de l’ablation de la zone du langage sur son cerveau (l’aire de Broca), s’exprimer par images. Et quoi de mieux que la BD pour raconter cela ? L’air de rien, Pierre-Henry Gomont s’est quelque peu documenté pour produire « La Fuite du cerveau », nous livrant une conclusion pour le moins étonnante qu’il serait déplacé de révéler ici. Cette excellente comédie macabro-surréaliste, non seulement drôle mais également fascinante, parce que traitant d’un sujet des plus fascinants : la grosse éponge peu ragoûtante emprisonnée dans notre crâne, siège de toutes les créations humaines. Très modestement, l’auteur de Malaterre met son envie de « broder ces quelques pages en tous points indignes du génie humain dont il est question (…) sur le compte des mystères insondables que recèle le cerveau humain ». Juste peut-être, comme il le dit, un « besoin vital, et parfois frénétique, de raconter des histoires. Des histoires vraies, comme des histoires fausses ».

17/10/2020 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Titanick

L'avis de Mac Arthur, particulièrement motivant, m'a amenée dans la galerie pour voir de quoi il retournait. Rien que les deux images du bas de la première page (des patients entrent, d'autres sortent....) m'ont fait dire : ça, c'est pour moi ! J'avais envie de me faire plaisir, détour donc par mon libraire bd favori. Que dire de plus : que ce soit au niveau du scénario, de l'humour ou du dessin, tout est raccord, c'est enlevé, drôle, inattendu, inventif, plaisant, rythmé, loufoque, ... le mot qui me vient est « sautillant », je ne sais pas pourquoi. Allez voir les planches de la galerie, si le début vous plait, tout est du même niveau, peu de risque d'être déçu. La première lecture est particulièrement délicieuse par le suspense bien présent, que va t-il donc pouvoir inventer encore ? Mais je le relirai volontiers, rien que pour les dessins et l'humour. Je ne connaissais pas l'auteur mais je vais me rattraper.

01/10/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Quel formidable conteur que ce Pierre-Henry Gomont !! J’aimais déjà ses œuvres précédentes mais celle-ci les surpasse à mes yeux du ‘simple’ fait de l’inventivité dont l’auteur fait preuve dans sa narration. Vivant, drôle, farfelu, intelligent, imagé, décalé, entraînant, audacieux, stupéfiant… Autant d’émotions et de sentiments que j’ai ressentis durant cette lecture. Et dire que tout part d’une anecdote véridique, celle de l’enlèvement du cerveau d’Albert Einstein par un médecin sans scrupules. Sauf que la version qu’en donne Pierre-Henry Gomont laisse libre court à la fantaisie et à l’humour… Les personnages sont dotés de défauts magnifiques, les événements s’enchaînent sans temps mort, et par delà l’humour pointe régulièrement un questionnement sur la quête de savoir et la soif de reconnaissance. Non, franchement ! L’anecdote de départ est stupéfiante. Le dessin est expressif en diable. L’écriture est fine et laisse la part belle à l’humour. Le découpage en différents chapitres structure parfaitement le récit. Les personnages sont tous dotés de personnalités intéressantes. Et partout l’inventivité est au rendez-vous, qui me surprend, me fait sourire (voire rire) et me donne envie de tourner la page pour découvrir la manière dont Pierre-Henry Gomont va s’y prendre afin d'imager son récit -images qui naissent autant de son dessin que de ses mots- et me sortir du train train habituel. Un pur chef d’œuvre (honnêtement, je suis pas loin d’accorder le 5/5).

18/09/2020 (modifier)