Babybox

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Après le succès de Couleur de peau : miel, Jung propose un magnifique récit croisé qui bouleverse, parce qu’il aborde de près l’intime et l’espoir.


À l’âge de quatre ans, Claire a quitté la Corée du Sud et vit aujourd’hui en France. Elle a un petit frère, Julien, dix ans. Soudain, un drame se produit... Leurs parents ont un grave accident de voiture : leur mère décède et leur père tombe dans le coma. Claire découvre alors une boîte cachée au fond d’un tiroir. À l’intérieur : des photos de sa mère, jeune, un petit bracelet de naissance ainsi qu’un dossier médical. Tout se bouscule en elle : elle comprend qu’elle a été adoptée... À Séoul, les nouveau-nés peuvent être déposés, anonymement, dans une boîte encastrée dans un mur : la babybox. Et à sa création, un petit garçon, Min-ki, y a été déposé. Se pourrait-il que la babybox ait scellé les destinées de Claire et de Min-ki, et qu’elles se révèlent salvatrices pour l’un comme pour l’autre ?...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 17 Octobre 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Babybox
Les notes (2)
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05/11/2018 | PAco
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L'avatar du posteur Pokespagne

Bien sûr, tous les aficionados de la BD, ou presque, connaissent désormais le manhwa, et savent que la Corée du Sud est aujourd'hui, au même niveau que le Japon, l'un des pays phares dans le monde de cette forme littéraire. "Babybox" n'est pourtant pas à proprement parler un manhwa, et s'apparente sans doute tout autant au courant de la "BD adulte occidentale" car son auteur, Jung, bien que coréen, a été élevé en Belgique. Le premier et sans doute principal attrait de ce très beau livre, tant pour la forme - reliure inhabituelle remarquable, superbes dessins et compositions en noir et blanc rehaussées de rouge - que pour le fond, c'est son positionnement "entre deux cultures", la franco-belge dans laquelle notre "héroïne" se sent "chez elle", mais jamais vraiment "elle-même", et la sud-coréenne dont elle a tenté de se détacher mais qui l'attire, puisqu'elle espère y retrouver ses "origines". Bien que le personnage central de "Babybox" soit féminin, il est impossible de ne pas lire en filigrane ici le récit d'une quête identitaire très intime de Jung… d'autant qu'il est évident que cette "zone grise" (rouge, pour le coup...) dans laquelle erre Claire fait écho à la situation de tout immigré cherchant à trouver sa place dans une société qui n'est pas la sienne. Ce trouble est ici aggravé, comme une "double peine", par la découverte par Claire de sa situation réelle d'enfant adopté, qui lui a toujours été cachée, et qui lui est révélée dans des circonstances dramatiques. Sans pays et sans parents, donc devant un vide identitaire béant, que faire ? La réponse qu'apporte Jung sera peut-être critiquée, le livre se refermant sur une résolution qui semble un peu facile, mais c'est aussi là la beauté de ce livre, qui tirera probablement des larmes aux plus sensibles d'entre nous. Par-delà cette sorte d'évidence - préférons ce mot à celui de simplicité - du récit, il y a dans "Babybox" un très beau concept, plus complexe qu'il n'y paraît, celui du SAS de décompression, permettant le "passage" d'un monde à l'autre. L'enfant abandonné y séjourne avant d'être confié - ou non - à ses nouveaux parents, et il y a non seulement la possibilité d'une transition, d'une "reprise de son souffle", d'un repos passager peut-être, mais aussi l'idée, moins positive, d'une étanchéité entre l'avant et l'après : le retour en arrière est impossible. A cette impossibilité, ou plutôt à cette fermeture des possibles, Jung / Claire opposent judicieusement l'idée d'une ouverture radicale, symbolisée par la bouteille à la mer, porteuse d'un message qui ne sera probablement jamais lu et qui n'arrivera certainement jamais à sa destination désirée, mais dont l'existence têtue - sur les flots infinis - justifie finalement que l'on continue à lutter, à espérer. Il n'est malheureusement pas certain que "Babybox" trouve beaucoup de lecteurs, car sa subtilité et sa discrétion s'accordent mal avec le tumulte de notre époque, mais gageons que chaque lecteur qu'il rencontrera se sentira touché par la grâce. Heureux comme celle ou celui qui ramasse une bouteille échouée sur une plage, et qui y découvre le message d'un ami ou d'une amie inconnue.

08/10/2019 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
L'avatar du posteur PAco

C'est avec Kwaïdan puis surtout Couleur de peau : miel que j'avais découvert comme beaucoup le talent de Jung. Cette série sur l'adoption d'une rare franchise de par la mise à nu de l'auteur sur le sujet le concernant en premier lieu m'avait impressionnée. Il revient à nouveau fois sur le sujet avec cette fois-ci une fiction. S'il s'agit bien d'une fiction, l'adoption et la Corée restent les deux thématiques centrales de ce nouvel album. Il n'y est plus question de lui mais d'une jeune fille, Claire, qui habite avec ses parents et son jeune frère en France. Ils tiennent un restaurant, et sont arrivés de Corée quand elle avait 4 ans. Un tragique accident de voiture plonge son père dans le comas et entraine le décès de sa mère. C'est à la suite de cet événement qu'elle va découvrir qu'elle a été adoptée et retourne pour l'occasion en Corée avec son frère. C'est toujours un plaisir de retrouver la grâce et la douceur du dessin de Joung, ici tout en noir et blanc, rehaussé uniquement par moment de rouge pour mieux servir son récit. Ce contraste tranché permet à Jung de nous produire des planches magnifiques dans un écrin des plus réussi (merci la collection Noctambule). Pour ce qui est de l'histoire, j'ai par contre été moins sensible à cet album que son autre série sur le sujet. Le récit est pourtant bien construit, mais reste dans l'ensemble assez prévisible ce qui est un peu décevant pour une fiction. L'album n'en reste pas moins agréable et très beau et fera sans doute des heureux, mais pour ma part j'en attendais du coup un peu plus.

05/11/2018 (modifier)