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Gagner la Guerre

Note: 3.45/5
(3.45/5 pour 11 avis)

Adaptation du roman culte de Jean-Philippe Jaworski.


Adaptations de romans en BD Tueurs à gages

Benvenuto est un tueur à gages, sans doute le meilleur de toute la République de Ciudalia. Sa nouvelle mission – expédier un noble venu s'encanailler dans les bas-fonds – a tout d'une sinécure. Mais le client va se révéler beaucoup plus coriace que prévu. Et voilà Benvenuto plongé au coeur d'un complot trop vaste pour lui...

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Coloristes
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Avril 2018
Statut histoire Série en cours (5 ou 6 tomes de prévus) 2 tomes parus
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série Gagner la Guerre
Les notes (11)
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21/04/2018 | Le Grand A
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Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

Jaworski est un auteur dont j'ai adoré la prose dans les quelques livres que j'ai pu lire (dont Gagner la guerre et Janua Vera), et lorsque j'ai appris une adaptation de ces deux œuvres en BD, je suis resté plutôt circonspect. Certes, le style envolé et jouissif de l'auteur, pétri de capes et d'épée autant que d'histoire ou de complot politique permettait une certaine représentation narrative, mais pour autant j'avais trop apprécié l’œuvre pour me laisser compter facilement. Et pourtant, ce fut une réelle bonne surprise à laquelle j'eus droit. Tout d'abord parce que cette BD est une adaptation extrêmement fidèle, presque trop pourrais-je dire. Trop, parce qu'elle s'attache tellement à représenter l’œuvre d'origine que j'ai presque eu l'impression de lire un simple "portage" en cases de BD (et je ne dis pas ça pour nier le travail colossal que cela dut être, mais plutôt pour le saluer). La narration de Jaworski était un excellent point de son livre, mélange de plusieurs influences et mélangé à de l'argot, il faisait vivre et ressentir le personnage de Benvenuto. Et, à travers la mise en page, Gênet a réussi à refaire passer une partie de cette atmosphère, des dialogues internes à Benvenuto et toute sa façon d'être. C'est une réelle transposition, mais exécutée d'une main de maitre et qui donne tout le sel d'origine du livre. En peu de pages, mes appréhensions quant à une adaptation facile ont été balayées comme un fétu de paille. Mais une bonne adaptation, c'est aussi savoir habiller et interpréter son matériau d'origine. Et l'idée d'avoir d'abord adapté la nouvelle qui faisait apparaitre Benvenuto avant de présenter toute l'histoire de Gagner la guerre est une excellente idée, permettant de nous faire directement découvrir les personnages principaux et ce qui sera ensuite le cœur de l'histoire : intrigues politiques, discours sur le pouvoir, personnages odieusement attachants, actions et péripéties, sang et bataille. Un cocktail détonnant mais très bien dosé, que j'ai retrouvé avec plaisir. Un véritable régal, puisque malgré le nombre de pages peu élevé par BD (un petit 64 pages), on sent que le rythme est soutenu. Avec des scènes s'enchainant sans temps mort, nous sommes bien vite dans les éléments clés de l'intrigue, sans réel temps mort. A cet égard, je tiens à souligner l'adresse du premier tome en terme de présentation du contexte en si peu de temps. Bref, on rentre de plain-pied dans l'histoire, et j'ose espérer que le nombre de tomes ne sera pas démentiel, assurant ainsi de ne pas attendre dix ans une fin que je connais déjà, mais que j'ai hâte de voir mise en scène. Niveau coup de crayon, l'auteur n'est pas un manche et ça se voit. Si je ne suis pas un très grand fan de ce genre de dessin, notamment la précision des décors et des ambiances qui prennent parfois trop le pas sur les personnages et l'action à mon goût, je dois dire que l'auteur fait un travail de lisibilité des plus agréables. Rien que par le texte bien abondant mais jamais rébarbatif, on sent que c'est une composition qui n'est pas sortie de n'importe où. La colorisation fait ressentir toute l'atmosphère d'une Italie revisitée pour un besoin scénaristique, bref on est dans une mise en page des plus agréables. Quelques planches sont réellement bien pensées, où les cases chevauchent des dessins d'ensemble qui donnent le ton d'une page. Ça donne à la lecture un côté dynamique et en même temps on sent que les auteurs arrivent à imposer quelques ambiances, dans un récit qui ne se prive pas d'être tordu et retord. J'avais des appréhensions avant ma lecture, et j'en ressors réellement enchanté. C'est le genre de BD que j'ai grand plaisir à avoir, ne serait-ce que pour prouver qu'une adaptation n'est pas synonyme de perte ou dévalorisation d'une œuvre. Lorsque c'est fait intelligemment, d'une manière aussi nette et propre, je ne peux que saluer le travail accompli et confesser mes torts. J'ai douté, mais cela m'a permis de mieux apprécier la BD. Se replonger dans les vieux royaumes fut un plaisir et j'ai hâte de redécouvrir la suite des aventures du trublion assassin qu'est cette fripouille de Benvenuto. C'est une lecture que je recommande chaudement !

29/06/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Le scénario de cette série joue habilement des décors d’une sorte de Renaissance italienne (avec la République de Venise comme modèle semble-t-il, des condottieres et autres spadassins, intrigues de cour, ou entre Guelfes ou Gibelins), dans lesquels la fantasy fait quelques incursions discrètes (voir la carte du monde décrit, ou les Ouromands qui attaquent la forteresse de Kaellsbruck tels des Orcs (ils en ont un peu l’aspect, mêlé à de vagues airs de Germains). Au sein de ce décor donc des intrigues de cour, dont nous ne connaissons pour le moment que les prémices, avec un personnage de sénateur assez habile et manipulateur. Et surtout un tueur, sans état d’âme mais pas sans cervelle, qui essaie de tirer son épingle d’un jeu sacrément dangereux. J’ai plutôt bien aimé ce tome introductif, bien mené, sans temps mort, qui fait plus que planter le décor. Et le dessin de Frédéric Genêt est vraiment bon, techniquement, mais aussi pour la colorisation, les cadrages. Bref, du beau travail pour le moment, on attend la suite, avec un peu d’impatience. ********************************* MAJ après lecture du tome 2: La série se poursuit dans ce deuxième tome, sans encore livrer toutes ses clés. Le dessin est dans la continuité, globalement bon (quelques bémols toutefois, surtout lors des batailles rangées, où le trait se fait moins précis). La construction est plus linéaire (alors que le tome précédent multipliait les flash-back pour dynamiser l'intrigue et présenter le décor), mais aussi, ceci n'expliquant qu'en partie cela, l'histoire se révèle ici moins dense. En effet, il y a moins de rebondissements, et quelques batailles occupent l'essentiel de l'album, alors que notre tueur de héros (qui a obtenu une promotion fragile depuis la fin du tome précédent), se révèle moins à l'aise et présent sur un bateau que sur la terre ferme. Si cela se laisse lire facilement, et relativement agréablement, j'ai été moins convaincu par cet album, et j'espère que la suite redressera un peu la barre. A voir donc... Note réelle 3,5/5.

17/12/2018 (MAJ le 24/01/2020) (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Gagner la Guerre nous propose de suivre les manœuvres, les manigances, les stratégies osées, cyniques, détestables mais souvent finement calculées d’un podestat d’une nation fictive située dans un moyen-âge fantasmé. Mais si le podestat Ducatore est le maître du jeu, Jean-Philippe Jaworski a l’intelligence de raconter ses agissements au travers d’un homme de main. Tour à tour soldat, tueur ou ambassadeur, Benvenuto (puisque c’est de lui qu’il s’agit) ne se contente pas de disposer des qualités que l’on attend d’un héros. Il possède aussi celles que l’on attend d’un salaud, et celles que l’on attend d’un charmeur. Un vrai personnage de roman, séduisant jusque dans ses turpitudes. Ce Benvenuto n’est pas une lumière… mais ce n’est pas un idiot non plus. Et c’est cette faculté à comprendre avec un temps de retard les raisons des agissements du podestat Ducatore qui donne toute sa saveur au récit. Les albums peuvent se lire de manière indépendante mais ils suivent un fil narratif qui nous impose de les lire dans l’ordre de parution. Et si le premier tome se terminait encore sur une fin satisfaisante, le deuxième appelle très franchement un troisième du pied. Ce n’est pas de nature à me déplaire, je suis plutôt séduit par la série. Par contre, je ne comprends pas trop les comparaisons avec A Game of Thrones. Hormis pour certains décors, peut-être… Mais pour moi, il s’agit de deux récits totalement différents dans leur conception comme dans leur univers. Enfin, le fait qu’il s’agit d’une adaptation ne se fait pas trop ressentir. Le premier tome est peut-être un peu trop bavard, et le deuxième s’attarde peut-être un peu trop sur une bataille navale à l’intérêt finalement secondaire… mais dans un cas comme dans l’autre la qualité du dessin de Frédéric Genêt m’aura permis d’oublier les petits défauts de la narration ou du découpage.

26/11/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

Je me retrouve dans l'avis d'herve. J'ai trouvé que ce premier tome se laissait lire et sans plus. Je n'ai pas réussi à trouver le scénario passionnant ou à m'intéresser aux personnages. J'ai rien contre le fait que le héros ne soit pas un enfant de cœur, mais il me laisse indifférent. En fait, tout m'a laissé indifférent dans ce premier tome. Je lisais une scène et je l'oubliais aussitôt et parfois je trouvais que le scénario manquait un peu de clarté. Le dessin a un style réaliste correct sans plus. Je comprends que plusieurs adorent. C'était juste pas une série pour moi.

25/01/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Certes, il y a deux histoires avec un léger décalage temporel. Le récit aurait certainement gagner en clarté s'il n'y avait pas ces flash-back sensés nous montrer les prémices d'un massacre à l'origine d'une guerre. C'est un peu difficile à suivre pour raccrocher les wagons d'autant que l'intrigue se complexifie à mesure que l'on avance. J'aime bien les bd qui se situe dans un monde imaginaire où il y a une carte qui détaille la géographie des lieux ainsi que le système politique. C'est plutôt bien construit ce qui n'est pas toujours le cas. Les scènes d'action sont là pour donner du souffle au moment opportun. Il faut la lire surtout pour comprendre les intrigues politiques façon Game of thrones dans un monde fantasmé de renaissance italienne. J'ai un peu moins aimé le fait que le héros soit un tueur à gage un peu crapuleux mais on a déjà connu cela. Au moins, on aura pas droit au héros sans peur ni reproche et droit dans ses bottes. On verra que la gente féminine en est réduit à de la figuration façon pot de fleur ou pire encore. Mais bon, c'est de la bonne bd qui comblera toutes nos attentes avec un graphisme époustouflant en prime. En tous cas, ce premier tome est bien parti.

07/10/2018 (modifier)
Par herve
Note: 2/5
L'avatar du posteur herve

Le dessin de Genêt est formidable sur cet album, c'est d'ailleurs la grande qualité de cet ouvrage. En effet, j'en ai trouvé la lecture assez laborieuse. Avec ses trop nombreux flash-back , le récit oscille entre fantastique et semi-historique, j'avoue que j'ai été un peu perdu dans la lecture. Une narration plus fluide aurait sans nul doute émoustillé mon intérêt mais là, j'ai eu l'impression de passer à côté de quelque chose. Les amateurs de "Game of Throne" y trouveront sans doute leur compte entre les conspirations et la magie, moi pas.

02/09/2018 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Commençons cet avis en ne parlant pas tout de suite de la Bd mais bien du roman dont elle s'inspire, ou plutôt de la nouvelle. Pour tout amateur du genre qui se respecte il faut lire Jean Philippe Jaworski et plus particulièrement ce gros pavé tout sauf indigeste qu'est le roman "Gagner la guerre". Truculent, picaresque fort bien écrit, une intrigue complexe mais au combien addictive et des personnages que l'on n'oublie pas de sitôt. Mais foin de critiques dithyrambiques c'est de la BD qu'il faut causer et ma foi c'est une très heureuse surprise. Quoi de plus difficile en effet pour un auteur que de se saisir d'un texte existant et de lui donner formes et vies, d'autant plus quand il s'agit d'une œuvre dont la publicité n'est plus à faire. Frédéric Genêt se coltine donc les pinceaux pour nous dépeindre une cité, personnage à part entière, qui pourrait évoquer Venise au temps de sa splendeur. Point n'est besoin d'avoir lu le roman pour être plongé dans l'ambiance. C'est un dessin immergeant qui ne demande qu'à être regardé avec la plus grande attention. Si comme moi vous avez déjà lu le roman je crois qu'il n'est pas flatteur de dire que tout y est. Certes, un livre de 980 pages environ ne peut se résumer en 58 planches mais le condensé qui nous est proposé là est juste jouissif. Au risque de me répéter : quand la matière originelle est de qualité il faut vraiment le vouloir pour saboter le travail. Voilà donc une histoire dont j'attends la suite avec impatience, notre héros crapuleux a encore fort à faire. Faites tourner sans modération.

19/08/2018 (MAJ le 19/08/2018) (modifier)
Par iannick
Note: 3/5
L'avatar du posteur iannick

En lisant « Gagner la guerre », j’ai eu l’impression de me (re)plonger dans un des épisodes de « Game of thrones ». Bon, je m’explique, pour ceux qui ont suivi cette série télévisée : on peut facilement imaginer que l’action se passe à Port-Réal (en réalité à Dubrovnik, en Croatie) ou à Braavos et qu’on suit les péripéties d’un ou de plusieurs de ses habitants ! En effet, l’univers de « Gagner la guerre » est à mes yeux incontestablement transférable à celui de « Game of thrones » étant donné les nombreuses similitudes dans la complexité géopolitique et l’ambiance moyenâgeuse fantastique des deux séries citées. Après, je n’ai pas du tout lu le roman qui a inspiré cette bande dessinée. C’est donc avec un regard totalement neuf que j’ai découvert cette adaptation bd de « Gagner la guerre » et le résultat est franchement encourageant. C’est le graphisme réalisé par Frédéric Genêt qui m’a frappé en premier. Son dessin m’est apparu fin, abouti et fouillé. C’est vraiment un régal de contempler les planches surtout lorsque les arrières plans montrant l’immensité de la cité où se déroule l’action sont mis en avant. Après, on peut toujours pointer quelques imperfections au niveau de la représentation des personnages notamment des visages mais dans l’ensemble, on a affaire à du bon boulot de la part de ce dessinateur même au niveau de la mise en page qui m’est apparu assez aérée et qui fluidifie bien la lecture. Quant au scénario proprement dit, le récit est plus proche de l’intrigue policière et politique que du fantastique. Pour mon grand plaisir de lecture, l’aspect ésotérique est très discret et ça me convient parfaitement étant donné mon aversion pour ce genre. Je n’aime pas trop non plus les intriques policières où le ou les héros cherchent qui a assassiné qui. Mais ce dernier aspect est efficacement contre-balancé par les scènes d’action et de complot politique qui m’ont donné une grande envie de suivre les péripéties du personnage principal. A propos, parlons justement de ce héros, Benvenuto : je n’ai pas eu vraiment de la sympathie pour lui. Cependant, cette histoire grouille tellement de protagonistes que le lecteur pourra tôt ou tard s’attacher à l’un d’entre eux sans pour autant que l’on soit perdu dans la complexité de cet univers. En conclusion, cette nouvelle série m’est apparu très prometteuse. Je ne suis pas fan de ce genre de récit mais il faut reconnaître que le coup de crayon de Frédéric Genêt est impressionnant dans cette adaptation d’un roman de Jean-Philippe Jaworski. Je pense que les fans de bandes dessinées où se mêlent les intriques policières, politiques et un zeste de fantastique seront aux anges en lisant cette nouvelle bd. Quant à moi, n’étant pas un adepte de ce genre de récit, je feuilletterai le prochain tome sans me précipiter mais avec un intérêt certain.

09/08/2018 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

Voilà une adaptation que je n'avais pas vu venir ! Grand fan de l'écriture de Jean-Philippe Jaworski et de son fabuleux roman "Gagner la guerre", j'étais donc curieux et un peu anxieux du résultat transposé en BD. Et bien ma fois, c'est plutôt très bien réussi ! On retrouve toute la gouaille et la roublardise de notre personnage principal Benvenuto Gesufal, ancien soldat reconverti en tueur à gage dans la grande cité portuaire de Ciudalia, capitale du Vieux Royaume. C'est aussi cette ville, personnage à elle seule qui en impose, et son organisation politique très inspirée de la Rome Antique mais dans un style plus Renaissance, qui renforce cette fantasy douce que nous a concocté Jean-Philippe Jaworski. Et c'est tout à l'honneur de Frédéric Genêt d'avoir réussi à coucher sur le papier le foisonnement, la richesse et la complexité de cette cité fabuleuse et grouillante, où populace et podestats (dignitaires de la ville) se croisent et tissent allègrement des liens ou des intrigues. Car question embrouilles et intrigues, Ciudalia n'est pas en reste en toute bonne capitale qui se respecte ! Et nos podestats locaux ne sont pas en manque d'imagination pour conquérir, reconquérir ou se maintenir en haut de l'estrade. Comme le caricature très bien notre très cher président Macouille "Le pouvoir ça ne se gagne pas, ça se prend !"... Bref, même si comme pour toute adaptation de roman en BD des concessions et des coupes sont nécessaire, cet album introductif passe haut la main l'examen d'entrée et j'espère que la suite sera toute aussi efficace !

08/08/2018 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Jean-Philippe Jaworski est un excellent écrivain français et j'avoue avoir savouré avec délectation sa verve littéraire et l'élégance de son imaginaire dans ses aventures se déroulant dans les Vieux Royaumes. Benvenuto Gesufal est son héros le plus connu, apparu tout d'abord dans la nouvelle "Mauvaise Donne" du recueil Janua Vera, puis dans sa suite, le livre le plus célèbre actuellement de l'auteur, le fameux "Gagner la Guerre". Ce sont ces deux histoires, l'une servant de prologue à la seconde, qui sont adaptées en bande dessinée par Frédéric Genêt. L'action se déroule dans un monde de fantasy médiévale où l'aspect fantastique est très discret, composé de quelques rares sorciers et d'encore plus rares et lointaines espèces non humaines. L'univers de Benvenuto Gesufal, c'est la cité de Ciudalia, une ville rappelant fortement Venise où les intrigues politiques et les meurtres sont monnaie courante. Ce n'est pas un gentil paladin ni un brave héros au coeur pur. C'est un ancien soldat devenu tueur à gages sans scrupules. Et pas de grande quête pour notre héros, pas de monde à sauver, bien au contraire, c'est avant tout sa peau qu'il doit sauver pour ensuite évoluer dans les sphères dangereuses des manipulations politiques et militaires. C'est là une belle adaptation. Je suis immédiatement tombé sous le charme de la superbe couverture du tome 1, formidable peinture dont on ne finit pas d'admirer les détails et la lumière. Les planches sont moins soignées sur le plan graphique mais elles sont de bonne facture. Les décors sont toujours beaux, les personnages un peu moins à mon goût mais ils restent réussis. La mise en scène est claire et j'ai été surpris d'à quel point leur représentation par Frédéric Genêt est proche de l'image mentale que je m'en faisais à la lecture du roman. Est-ce parce Jaworski a si bien décrit ses lieux et protagonistes ou est-ce par que son univers partage un imaginaire commun aux lecteurs, fait de cités italiennes et de spadassins ? Je l'ai dit plus haut, le scénario des aventures de Benvenuto Gesufal est très bon. Mais sa transposition en BD l'est-elle aussi ? Eh bien oui, ça passe bien. Le découpage est correctement fait, le déroulement de l'intrigue est clair et le rythme est bon. Forcément, même en 64 pages par album, le contenu se doit d'être un peu plus épuré par rapport à la version roman. Il en ressort quelques passages légèrement trop rapides pour que l'ambiance qu'on pouvait sentir à la lecture du livre ressorte pleinement - je pense par exemple à l'arrivée dans la maison du maître assassin ancien protecteur de Benvenuto, ou encore à l'intensité du dialogue final qui va sauver la vie du héros - mais je suis globalement satisfait. Et j'ai surtout hâte de découvrir comment, après ce premier tome racontant la nouvelle "Mauvaise Donne", les 4 ou 5 tomes suivants vont raconter "Gagner la Guerre".

01/06/2018 (modifier)