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Portugal

Note: 3.33/5
(3.33/5 pour 24 avis)

Angoulême 2012 : Prix du Public 2012 : Prix Canal BD En pleine phase de doute, à la recherche de lui-même, un dessinateur se replonge petit à petit dans l'histoire familiale.


Angoulême : récapitulatif des séries primées Portugal Prix des Libraires de Bande Dessinée

La vie est grise. Simon Muchat, auteur de bandes dessinées, est en panne d'inspiration et son existence est en perte de sens. Invité à passer quelques jours au Portugal, il retrouve par hasard ce qu'il n'était pas venu chercher : les odeurs de l'enfance, le chant des rires de vacances, la chaleur lumineuse d'une famille oubliée - peut-être abandonnée. Quel est le mystère des Muchat ? Pourquoi Simon se sent-il de nulle part ? Et pourquoi, sans rien comprendre de cette langue étrangère, vibre-t-il à ses accents ? Des réponses et d'autres questions l'attendent au cours de ce voyage régénérateur. Ancré dans son passé gommé, Simon pourra enfin retracer sa propre trajectoire. Et la vie retrouver ses arcs-en-ciel. Aux frontières de l'autofiction, avec humour et vivacité, Cyril Pedrosa signe - en couleurs directes et émotions immédiates - un récit essentiel sur la quête d'identité. (résumé éditeur)

Scénariste
Dessinateur
Coloristes
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 16 Septembre 2011
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Portugal

03/10/2011 | Altaïr
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Par iannick
Note: 4/5
L'avatar du posteur iannick

En voyant le titre de cette bande dessinée, on pourrait croire que c’est une virée touristique voire historique au Portugal. Et bien non, loupé, car on a affaire à un récit qui nous conte la découverte et la recherche de Cyril Pedrosa (le personnage principal, Simon Muchat, est en quelque sorte l’avatar de Cyril Pedrosa) sur ses origines portugaises. Ainsi, le lecteur suivra les péripéties du héros pour décortiquer et découvrir qui étaient ses aïeuls et pourquoi sa famille s’est établie en France. En fait, ce n’est pas aussi simple que ça cette histoire car, initialement, notre personnage principal n’a jamais eu en quelque sorte d’intérêt sur les affaires familiales. En effet, il a fallu une déprime et une invitation au mariage d’une de ses cousines pour que Simon ait l’envie d’entrevoir ses origines. Cette initiative lui sera le début d’une thérapie à son malaise… Le récit est assez long à se mettre en place, ce parti-pris a permis à l’auteur de poser son histoire et de nous faire immerger dans ses relations assez complexes avec les autres membres de sa famille. J’ai bien aimé cette façon de procéder car on a vraiment l’impression de prendre part à cette aventure, de rencontrer les divers personnages en même temps que Simon Muchat. Certes, j’avoue qu’à certains moments, j’ai ressenti une lassitude à lire cette bande dessinée parce qu’il n’y aucune scène d’action, la pagination est conséquente et beaucoup de scènes contemplatives ; mais cette sensation est contre balancée par la qualité des dialogues, les personnages secondaires attachants et -à mon goût- un graphisme très intéressant. Le coup de crayon de Cyril Pedrosa est vraiment particulier, à mi-chemin entre l’ébauche et le dessin fini, je le trouve très vivant et atypique. J’aime sa faculté de varier les styles, je trouve que ça dynamise son récit qui en avait bien besoin par moments. La mise en couleurs est également particulière, on est clairement dans la recherche d’ambiances plus que dans la mise en place de façon réaliste ; là-aussi, j’aime ce parti-pris même si cela nuit de temps en temps à la lisibilité des planches. Au final, étant moi-même assez friand de romans graphiques, j’ai vachement apprécié « Portugal » où j’ai vraiment eu l’impression de m’immerger dans les péripéties du personnage principal dans la découverte de ses origines familiales. J’y ai adoré aussi son traitement graphique qui m’est apparu atypique, recherché et vivant même si on peut déplorer des lacunes au niveau de la lisibilité de certaines séquences. Bref, une belle découverte et un beau voyage initiatique au côté de cet auteur…

13/10/2021 (modifier)
Par Seube
Note: 4/5
L'avatar du posteur Seube

Ce roman graphique m’a fait apprécier les travaux de Cyril Pedrosa. J’ai passé un bon, très bon moment alors que le fil rouge ne paraît pas des plus excitants. On suit un dessinateur qui peut s’appeler Monsieur Tout-le-Monde. Ici, c’est Cyril Pedrosa. Voilà que lui tombe une petite crise existentielle. Il n’est pas à plaindre, mais il ne se sent pas bien que voulez-vous. Alors il sait pas trop, le mal du pays, la procrastination, la flemmardise, le manque d’émerveillement, la peur de s’enfermer dans les projets de couple, l’envie d’être seul un moment… Il en vient à perdre ses repères puis s’isole, sans trop savoir si c’est grave. Peu convaincu, il ira a un mariage, puis au Portugal. Tout en se demandant pourquoi il fait ce qu’il est en train de faire, il cherche ses souvenirs, découvre une culture bien trempée et rencontre sa famille paternelle. Il y a des engueulades, des caractères opposés, des zones d’ombre. C'est alors que notre petit héros du quotidien trouve un leitmotiv, il veut avoir l’esprit clair sur ses origines pour, peut-être, comprendre son existence. Son problème, c’est un peu ça: comment (re)devenir ce que je suis vraiment? Comment retrouver de l'émerveillement sur ce qui m'entoure? Tout me plaît, vraiment. Le récit nous met dans une attitude sereine, on découvre les choses en douceur. Grâce au récit et surtout au dessin, on peut facilement s’immiscer dans toutes les situations, c’est agréable. Le personnage principal n’occupe pas vraiment l’espace : il rase les murs, plutôt timide, loin d’être charismatique. Du coup, c’est un p’tit gars observateur, curieux mais pas trop. On regarde dans sa direction, on imagine des trucs nous aussi, on voyage les mains dans les poches. Cyril Pedrosa laisse une grand place au silence et invite le Temps à faire partie du récit, ce que j’apprécie particulièrement. Le dessin nous transporte avec fluidité jusqu’à la fin. C’est beau quoi, on est sur un petit nuage. Le temps, l’ambiance des scènes ou les sentiments des personnages… Tout se traduit par la couleur, et ça fait partie de la signature Pedrosa. Personnellement j’adore ce qu’il fait. Une autobiographie qui dégage de l’authenticité, de la sincérité je suis d’accord. Un récit introspectif qui est loin d’être « m’as-tu-vu »… Tout ça me plait, vraiment. Mince j'l'ai déjà dit. Alors je conseille l’achat et je vous invite à en découvrir davantage sur Pedrosa, qui continue de nous surprendre en faisant évoluer son style graphique, tout en changeant de thème bien sûr.

01/04/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Je ne suis pas vraiment le cœur de cible de ce genre bouquin, et j’avoue que j’ai entamé la lecture de ce pavé, emprunté en bibliothèque, un peu à reculons, même si je souhaitais depuis quelques temps découvrir cet album de Pedrosa. Bon, force est de constater qu’il se lit bien, et relativement vite (de nombreuses cases muettes et/ou sans trop de dialogues). Les passages en Portugais ne m’ont pas trop rebuté – même si j’avoue en avoir zappé quelques-uns quand ils étaient trop nombreux et que cela ne gênait pas la compréhension de l’ensemble. L’histoire (probablement en grande partie autobiographique, je ne sais pas ?) est plutôt bien menée, présentant le personnage principal, Simon, qui végète, se pose des questions sur lui-même, le sens à donner à sa vie. Une fois prise (ou plutôt subie) la décision de quitter sa copine, il reprend la main sur sa vie, lentement, à partir des bribes de connaissances qu’il glane sur sa famille (originaire du Portugal), lors d’une réunion familiale (un mariage, où certains passages et chamailleries entre les père, oncle et tante du héros m’ont vaguement fait penser à certains passages de Les Vieux Fourneaux) et enfin dans un retour aux sources au Portugal. Le dessin, parfois en simples esquisses, en aquarelles semble-t-il, est un peu déroutant au départ, mais je m’y suis finalement fait et l’ai trouvé bon. Mais c’est juste que je ne suis pas fan de ce genre de roman graphique, et que Cyril Pedrosa n’y a pas glissé suffisamment de tension, ou de je ne sais quoi qui me l’aurait fait apprécier davantage.

22/10/2016 (modifier)
Par McClure
Note: 2/5
L'avatar du posteur McClure

Cela faisait fort longtemps que je lorgnais cette BD, attiré tout autant par les critiques élogieuses que par la thématique qui aurait dû me plaire. Même si le roman graphique n'est pas mon genre préféré, j'ai appris ici ou là à l'apprécier et à en retirer beaucoup de plaisir. Alors pourquoi ? Cela tient en 2 raisons essentielles : - la première est qu'il y a tromperie sur la marchandise. Pourquoi avoir appelé cela Portugal alors que finalement cet aspect est par trop secondaire. C'est même étrange à quel point mon expérience lusitanienne semble lointaine de celle de l'auteur. Je n'ai reconnu en rien les façons de faire de cette famille d'expat' première génération, époque Salazar, et de la filiation contemporaine me concernant. Les quelques bulles en portugais m'ont semblé n'être là que pour "verser" suffisamment de ce côté là. Je dois aussi avouer que j'attendais plus le retour aux sources de ce côté là (un trentenaire/quadra portugais d'origine passant d'un rejet primaire à une redécouverte) alors que non. C'est simplement un récit encore plus intimiste de l'auteur, de sa relation paternelle et de son je-m-en-foutisme général, le tout au cours d'une noce bourguignonne où même la famille portugaise d'ordinaire présente lors de ces événements brille par son absence..... - la seconde est que malheureusement l'auteur et ses tourments personnels et familiaux ne m'ont pas intéressé. C'est creux, vide, sans intérêt à mes yeux. Reste un trait expressif, vif, alerte. Une mise en couleur agréable. Bref OK pour la forme, non pour le fond. Dommage

02/09/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Pas mal et même un peu plus. L'aspect très épais de ce one shot pourrait en rebuter plus d'un mais finalement la lecture est assez fluide s'attardant sur différents moments de la vie de l'auteur. Une première période où le doute, l'angoisse de la page blanche et l'indécision sont ce qui anime notre héros. Le deuxième temps que j'ai particulièrement apprécié est celui du mariage en Bourgogne, moment comme souvent révélateur où des gens qui n'ont pas l'habitude de se côtoyer sont là obligés de le faire. Des choses se disent d'autres non, quoiqu'il en soit ce moment est formidablement rendu par Pedrosa. La troisième époque, celle du retours au pays, aux sources, est sans doute la plus introspective. Elle me touche moins mais reste très "vraie", toute de subtilité et de retenue. Je ne connaissais pas Pedrosa mais en ce début d'année c'est une belle découverte dont je ne peux que conseiller la lecture.

01/01/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Pas grand-chose à ajouter aux avis précédents. Portugal, c’est très bien. Cette quête de soi d’un auteur en pleine crise existentielle est bien menée. Le dessin s’adapte aux propos et change en fonction des planches. Cela peut dérouter. Personnellement, j’ai beaucoup aimé. La galerie de personnages est attachante. On sent beaucoup de tendresse de la part de Pedrosa pour l’ensemble de ses personnages. Les différentes séquences sentent le vécu et la sincérité. Les passages en portugais n’auront jamais gêné ma lecture. Au contraire, ils me permettent de partager le sort du personnage central. Je m’en méfiais. J’avais tort. Portugal est un album bourré de tendresse et de sincérité, non dénué d’humour et illustré avec audace et brio.

11/06/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

Tiens, je suis encore une fois dans la minorité de ceux qui n'aiment pas une œuvre. Pourtant, je pensais que j'allais au mieux trouver le résultat pas mal. Je trouve sincèrement que le dessin est très bon. J'aime particulièrement les couleurs qui sont un régal pour les yeux. Malheureusement, j'ai trouvé le scénario sans grand intérêt. Donc on suit l'auteur ou un personnage basé sur lui (je ne sais pas trop) au Portugal et il est à la recherche de lui-même, il rencontre des gens, etc. Je me suis ennuyé du début jusqu'à la fin. Les problèmes du personnage ne m'ont pas du tout intéressé et certains passages sont tellement personnels et inintéressants que je ne vois pas trop l'intérêt de ces passages. C'est comme si l'auteur avait oublié qu'il s'adressait à d'autres que lui, mais comme plusieurs ont aimé j'imagine que le problème c'est que ce n'est pas le genre d'histoire que j'aime.

02/04/2013 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue boy

Je ressors assez étonné de cette lecture car lorsqu’il m’était arrivé de feuilleter cette bd en librairie, le graphisme ne m’attirait pas plus que ça au premier abord. Pourtant, quelque chose me donnait envie de la découvrir, ne serait-ce que parce que j’ai passé quelques jours à Lisbonne en 2011 et que j’en gardais un très bon souvenir. Et puis dès que je me suis plongé dans ce gros one-shot de 250 pages, j’ai contre toute attente été conquis très rapidement. Il est vrai qu’on oublie très vite ce côté crayonné du trait qui en fait confère une certaine poésie à l’ensemble. Ces lignes très fines collent bien à la fragilité du personnage principal, très sensible et en proie à ses interrogations métaphysiques. Le choix des couleurs est subtil et particulièrement réussi, avec un ton dominant pour chaque scène, et un élargissement de la palette vers des teintes plus chaudes au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire. Pour les yeux, c’est un vrai festival, un émerveillement permanent. L’ouvrage est composé de trois parties qui délimitent les différentes étapes de la quête du « héros » : sa rupture conjugale nécessaire pour entamer le processus (« Selon Simon »), les « retrouvailles » avec un père accaparé par son boulot lors du mariage de la cousine en Bourgogne (« Selon Jean ») et le séjour au Portugal sur les traces du grand-père (« Selon Abel »). Les plus pressés pourront y trouver des longueurs mais on est quand même dans l’introspectif, ce qui ne veut pas dire chiant, au contraire. « Portugal » est une sorte de road movie humaniste où l’auteur a opté pour les routes départementales plutôt que les autoroutes… A travers cette quête, il nous invite à prendre le temps de réfléchir aussi sur nous-mêmes (car la question de nos racines nous concerne tous), sans lourdeurs, avec délicatesse et humanité. Il y est question de mémoire, de notre condition tragique d’homme moderne mais aussi de reconstruction de soi-même quand la vie paraît vaine. Plusieurs anecdotes et passages drôles ou touchants émaillent le récit, notamment quand Simon apprend l’origine de son nom. J’y ai moi-même retrouvé l’ambiance chaleureuse et la douceur de vivre méditerranéenne d’un pays où les gens ont su rester authentiques. Laissez-vous donc enchanter par ce Portugal à cent lieues de la carte postale !

18/03/2013 (modifier)
Par cubiman
Note: 4/5

Je ne connaissais pas Pedrosa avant de lire Portugal. A la lecture en diagonale des précédents avis, je suis surpris que personne ne fasse allusion au lien qui existe entre l'indécision du personnage principal et le manque de repères familiaux. Par ailleurs, les personnages sont touchants, les dialogues très justes. La narration est certes nonchalante, mais qu'attendre d'autre d'un jeune homme qui se rend au Portugal à la recherche de lui-même! C'est une lecture qui invite à des pauses, des réflexions. Quant au dessin, j'avoue que ce n'est pas ma préoccupation première. Je n'ai donc pas d'avis pertinent sur la question. J'apprécie néanmoins les couleurs qui évoquent pas leur ton pastel les sentiments des personnages ou l'ambiance des villes. Enfin, un mot sur les phylactères en portugais. c'est comme chez Tarantino. Au Portugal, on parle portugais (français aussi) et c'est tant mieux!

14/12/2012 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

J'attendais beaucoup de cet album compte tenu des critiques positives et des prix reçus. Mais je me méfiais aussi car je ne suis pas amateur de romans graphiques et j'avais lu ça et là différents avis de personnes que cette lecture avait ennuyées. Ce ne fut pas véritablement mon cas, mais je n'ai pas été véritablement captivé pour autant. J'aime le graphisme et le style narratif de Pedrosa. Il m'a bien fait rire avec "autobio" et je trouvais très belles ses planches de Trois ombres et de Ring Circus. J'ai retrouvé tout cela ici mais un petit cran en dessous. D'abord, pour le côté humoristique, ce n'est pas vraiment le thème de cet album même si le ton reste léger. Ensuite pour le dessin, c'est bien foutu mais le trait est un peu trop lâché à mon goût, probablement pour pouvoir produire suffisamment rapidement l'impressionnante quantité de pages de cet album. J'ai suivi l'histoire, quant à elle, en me demandant un peu régulièrement quand est-ce que les choses sérieuses allaient commencer. J'avais cru à tort que cette bande dessinée racontait quasi uniquement le séjour ou l'installation de l'auteur ou de son alter-ego fictif au Portugal. Ce passage vient en effet mais ne couvre que moins d'un tiers de l'album et uniquement sur la fin. Le reste, c'est une mise en place du questionnement du héros et de sa famille sur leurs origines et sur la façon dont cela peut ou ne peut pas modifier leur être profond. La thématique est intéressante et menée avec finesse mais elle ne m'a pas touché. Soit j'en suis trop éloigné, soit la façon de le raconter n'a pas su m'en rapprocher, quoiqu'il en soit je n'ai pas été captivé. Je ressors donc avec un avis mi-figue mi-raisin de cette lecture. Elle ne fut pas désagréable, souvent intelligente, le plus souvent jolie, mais elle ne marquera pas plus que cela.

10/04/2012 (modifier)