Le Syndrome de Warhol

Note: 3.67/5
(3.67/5 pour 9 avis)

Errance sanglante et burlesque de trois tueurs à gages et d'un pauvre type affublé d'un costume du king, tous emportés par les desseins délirants d'un esprit dérangé.


Les prix lecteurs BDTheque 2010 Musique Road movie Tueurs à gages

De nulle part à Las Vegas, il n'y a que quelques kilomètres. Sur fond de road movie de série B déjanté, Rossé Louisse, Ute et Jared partent à la traque d'un mystérieux inconnu dont le front est gravé d'un 21. Baigné par une culture rock omniprésente, le syndrome de Warhol suit l'errance sanglante et burlesque de trois tueurs à gages et d'un pauvre type affublé d'un costume du king, tous emportés par les desseins délirants d'un esprit dérangé.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Février 2010
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Syndrome de Warhol
Les notes (9)
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10/02/2010 | Miranda
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L'avatar du posteur Noirdésir

J’avais déjà bien aimé Dérapage, des deux mêmes auteurs, et bien c’est encore là quelque chose qui m’a bien amusé. Résumer l’histoire est à la fois simple et compliqué. Disons que c’est un total foutoir, un gros délire, les auteurs accentuant chaque détail, du scénario ou du dessin des personnages, pour vraiment donner dans le foutraque. Si les amateurs d’Elvis Presley trouveront jouissif les nombreux clins d’œil au culte du rockeur, ceux qui, comme moi, se désintéressent du King y trouvent aussi leur compte. A la fois road-movie, parodie de Frankenstein survitaminée, délire mafieux déjanté, cet album mérite le détour.

02/08/2018 (modifier)

Franchement, il y avait longtemps que je ne m'étais pas autant amusé en lisant une BD !! C'est rock n'roll, c'est trash, c'est innovant, c'est dérangeant, c'est.... tellement bon !!! Les dessins peuvent refroidir (au début, j'ai hésité à l'acheter de peur de ne pas du tout adhérer aux dessins), mais finalement, ils servent magnifiquement bien l'histoire un peu pulp (dans le sens original du terme). Et oui, ça fait penser à ces vieilles BD des années 70'/80' (remis un peu au goût du jour avec la série Doggybags). La couleur aidant bien à maintenir cette ambiance sur la durée. Après, l'histoire peut sembler chaotique d'un premier abord, mais finalement, tout s’emboîte de façon assez bonne même si on reste dans une histoire plutôt linéaire. Le tout formant un véritable petit road movie vraiment plaisant. Je recommande fortement cette histoire !

03/08/2011 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

YEAAHHH ! Non, le Rock'n Roll n'est pas mort ! J'vous cause du vrai, du pur, du dur, celui qui vous colle la gaule et vous laisse raide mort après une nuit fumeuse traversée fugacement avec quelques substances plus ou moins liquides mais toujours illicites, des groupies à chaque jambe et la guitare en bandoulière ! Attention, ici on ne vous cause pas de JoOony' et d'un pseudo Rock'n Roll. On vous cause du King, 'scusez du peu ! Yep, on prend la route, on part en virée pour une tournée sans retour, sur les pas de personnages tous plus déjantés les uns que les autres ! Le pire des trois ? Dur à dire... Chacun s'E(l)s vices ! En tout cas, leur chasse à l'homme se suit à la trace, toujours plus sanglante et sordide au fur et à mesure que l'intrigue avance. Renaud Cerqueux nous a en effet concocté un de ces scénario aux p'tits oignons, découpé au couteau, auquel, mis à part le délire dans lequel on rentre complètement ou pas du tout, on ne pourra rien contesté. On est, certes, dans du "Tarentino like", mais avec une touche très personnelle dans laquelle les auteurs ont su apporter tout le soin nécessaire pour produire cet OVNI d'une très grande cohérence. Car derrière le délire, tout est calculé et s'imbrique à merveille. Toute cette "reproduction d'icônes populaires à l'infini", pour reprendre le sous-titre de cet album, est loin de partir dans tous les sens comme on aurait pu le craindre dans ce genre d'exercice. Au delà de l'histoire, tout semble pensé. De la qualité de l'objet, avec son papier épais, au dessin gras très marqué 70', en passant par la composition et les couleurs, tout est là pour arriver à ce résultat convainquant. Ajoutez à cela des dialogues savoureux se jouant des accents des protagonistes, des cadrages très cinéma, 'vous reste plus qu'à y glisser un glaçon, à touiller et servir frappé ! S'agit pas d'avoir toutes les pièces du puzzle, faut encore que ce qu'il compose tienne la route ! Ici, on est pas dans la catégorie calendrier de la poste mais plutôt dans le [-12] voire [-16] pour certaines scènes... Rock' Rol, quoi ! Au final, ce cocktail détonnant, a su mélanger on ne sait comment des influences aussi éparpillées que les "Freak's Brothers", "Charlie Mensuel", "Pulp Fiction", Crumb et j'en oublie, pour nous distiller au final un one sot très personnel qui ne pourra pas vous laisser de marbre ! Des auteurs à suivre de très près, car comme disait également Warhol : « In the future, everyone will be world-famous for 15 minutes. »

28/05/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

C'est franchement spécial !!! On adhère... ou pas. Quoiqu'il en soit, les auteurs sont cohérents de bout en bout. Ils ont fait le choix d'un style graphique, d'un ton, d'une ambiance et d'un récit décalé. Si Elvis est récurrent dans ce récit, la musique des Cramps me semble plus adaptée pour accompagner ce délire organisé. Je ne sais pas si le scénario a été fait pour le dessin ou l'inverse, mais ils vont bien ensemble et ne forment qu'un. Il faut rentrer dans le jeu et s'élever au 3ème degré, sinon un grand moment de solitude vous attendra. Au prix où est la BD, ce serait du masochisme d'aller contre nature. Pour les autres cette BD est d'une fraicheur et d'une originalité peu commune. Les avis ne pourront qu'être subjectifs et personnels car il n'y a pas de critères de jugement pour ce genre de BD.

20/04/2010 (modifier)

Difficile de passer après les précédents avis élogieux. Graphiquement le style très personnel se distingue par un très gros travail de cadrage sur chaque planche. Plans serrés et planches jouant sur les différents plans de l’image se succèdent avec un rythme travaillé pour donner au récit une dynamique prenante. En revanche côté trait, je n’apprécie pas du tout le trait gras tout comme les déformations des personnages. Personnages et décors souffrent d’un manque de finesse et d’une platitude que le travail de structure des planches n’arrive pas à masquer. Côté colorisation, certes le thème Rock&Roll pourrait justifier cette mise en couleur type seventies, mais l’ambiance rendue manque de profondeur. Je n’ai pas ressenti le rock&Roll justement. Le scénario propose de nous faire suivre l’itinéraire de psychopathes à la poursuite d’un fuyard en costume d’Elvis avec une mutante à la solde d’un vieux nazi. Vu comme çà, le côté loufoque déjanté peut attirer un lecteur en mal de délire, d’autant que si l’histoire va effectivement partir dans tous les sens, les auteurs ont l’immense mérite de ne pas en faire une bouillie informe mais bien une histoire au scénario très structuré au-delà de l’apparent délire. Alors pourquoi une telle critique ? Tout simplement parce que si j’ai vu un gros travail scénaristique, je n’ai jamais trouvé les enchaînements de situations fluides, en fait tout agit comme si chaque situation devait évoluer vers la suivante dans une série d’événements loufoques chaotiques que seul un meurtre de sang froid pourra solutionner. On ne sait pas le comment du pourquoi, les personnages gardent énormément de mystère, mais au final on rentre dans un certain manichéisme puisque toute situation se verra évoluer de digressions en digression jusqu’à problème qui sera résolu par le meurtre. J’ai tout de même pu trouver un point intéressant dans cet album : la description de la conception de la vie du flegmatique (une demie page). Quant à cet épilogue ubuesque : il vient finir en pied de nez un album jamais vraiment commencé (en réalité il n’y a qu’une course poursuite dans tout l’album, c’est léger comme histoire), de délires en délires l’album finit en feu d’artifice de chaos pour un album qui se voulait jusque là thriller un tant soi peu rigoureux. Il faut tout de même signaler de nombreuses références cinématographiques émergeant des images, mais cela ne suffit pas pour faire entrer le lecteur dans cet univers. Vous retrouverez évidemment Pulp fiction, mais aussi nombre de scènes vous rappelant cette vieille ambiance rock suintant des films américains où l’on faisait se côtoyer sik, sexe et violence avec un voile de fumée et de lumière opaque. Au final je n’ai vraiment pas aimé l’ensemble que je trouve trop gras graphiquement, trop gratuit scénaristiquement, trop kitch, trop plein de chose avec un manque de fluidité dans le récit ; tout en reconnaissant un très gros travail aux auteurs dans la structure des vues et l’évolution des phases du scénario… Si vous accrochez au dessin cela vous plaira certainement, sinon le vide du contenu risque de vous sauter à la figure…

06/04/2010 (modifier)
Par Tomeke
Note: 3/5

En voilà une BD bien déjantée ! Ça part dans tous les sens ce truc, Rock’N’Roll… Bourré d’humour - parfois un peu graveleux – cet espèce de road trip se révèle être un bon moment de divertissement. En outre, l’histoire est agrémentée de quelques flash back, ce qui permet à l’auteur de bien assoir ses personnages. Et justement, ce sont ces derniers qui font le charme du récit. Ils sont tous particuliers, haut en couleur et viennent bien servir le trash des situations. Au niveau du dessin, je dois lui reconnaître son dynamisme et son expressivité, même si ce n’est pas ce registre que je préfère. La colorisation est par-contre franchement bien. Criarde parfois, sombre à d’autres moments, elle me semble vraiment bien adaptée aux différentes situations. Au final, j’ai passé un bon moment de lecture, burlesque et trash à la fois. Cependant, 20€ l’album, pour cette quantité, en couverture souple (et bien que le papier soit de qualité), cela reste selon moi assez onéreux… C'est uniquement pour ce dernier point que j'en déconseille l'achat.

25/03/2010 (MAJ le 25/03/2010) (modifier)
Par sejy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sejy

Sans vouloir faire dans le jeu de mot pourri (… mais un peu quand même), c’est une vraie tuerie ce truc ! Un coup de maître, depuis le titre inspiré jusqu'à la dernière réplique en quatrième de couverture. Première page de l’album, premier choc frontal : des tonalités sombres, puissantes, qui rappellent immédiatement le (sublime) Roi des Mouches (normal me direz vous, c’est la même coloriste) et un dessin d’emblée présent, très prégnant. Une ligne sauce Crumb dont le crayon plus gras et généreux se serait noyé dans la gomina. Ultra expressif. Magnifique. Dans la foulée, une seconde claque dans la mouille ; l’ambiance. Dès la scène d’ouverture, on est dans le trip. Une voiture, deux personnages de dos et une conversation teintée d’un « assent hispanique carricatoural si délicio (y’adore) » évoquent immanquablement les échanges Vincent Vega / Jules Winnfield dans le cultissime Pulp fiction. Oui, on y est dans cette bagnole, et ça pue le vieux jeans crade et le mélange patchouli, cheveux gras. Indice que ça ne va pas être tout propre, pas vraiment moral. Ça risque de saigner et même de trasher. Qu’importe ! On ne peut s’empêcher d’y hasarder un nez plus curieux, un œil voyeur un peu coupable et alpagué par le bout du cheveu on finira par y laisser toute la banane. Irrémédiablement chopé par un scénario déjanté déployant son imprévisibilité dans une épopée tragicomique underground, un road movie surréaliste où absolument tout est à déguster. À tout saigneur, tout honneur, commençons par la présentation de nos « gentils » compagnons de voyage. Une schtroumpfette androgyne taille XXL à la diplomatie très… tactile ; un petit prodige de la gâchette et du silencieux camouflé derrière une frange adolescente et flanqué d’un alter ego mexicain, prince ès manipulation de l’outillage qui fait bobo là où ça fait le plus mal ; un succédané de Docteur Mangele métissé Folamour nostalgique inconsolable de toute une époque martiale et musicale ; et enfin, une meute inépuisable d’ic(l)ônes version Nashville à la mèche gonflée et au coup de reins diabolique… Pléiade improbable de héros, tous plus barrés les uns que les autres, mais que l’on va aimer spontanément. Charismatiques, si beaux, chacun avec une vraie gueule, ils font montre d’un incontestable panache dans leur démesure et dégagent une presque sensualité. J’ai éprouvé une réelle tendresse pour certains d’entre eux (l’Elvis de poche m’a fait fondre). Une brochette « poétisée » par le génie de la mise en scène qui accumule les prises de vues inventives, les cadrages habiles et varie les grandes cases magnifiques ou les gigas gros plans dans ta tronche. Cette narration, pensée, réglée au poil de cul, dompte l’apparente anarchie d’une histoire dont elle désamorce la violence par une excentricité omniprésente. Ses acteurs délirants, son comique maitrisé dans les petits riens (un simple geste, un regard en coin), ses répliques à l’ironie vacharde ou sa logorrhée verbale à la philosophie souvent hésitante offrent un enthousiasme permanent qui se colorera d’une nuance supplémentaire quand débouleront les dernières planches. L’épilogue qui gratouillera les plus grincheux (pas moi en tout cas) par son côté « ah ouais, maintenant que j’ai bien déliré faut que je leur explique tout vite fait », mais qui libèrera par-dessus tout une ultime jubilation rétroactive. Le deuxième effet Kill Cool. Après un premier Dérapage déroutant ( :) ), les auteurs nous confirment qu’ils sont bien branchés sur le même courant alternatif en s’improvisant dealers horlogers d’un trash ordonné, burlesque et décoiffant. Prions qu’ils continuent de bosser longtemps ensemble (David ? Renaud ? Pas de blagues, hein ? Je suis méchamment accro’ et va me falloir une dose régulière…). Ça y est… Vous l’entendez maintenant ? La petite musique… Quoi ? C’est du Rock’n Roll ça ? Oh putain, quel pied !

10/03/2010 (modifier)
Par RR15
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Le Syndrome de Warhol c'est : un scénario tarantinesque complètement déjanté signé Renaud Cerqueux (Dérapage) dans lequel 3 tarés traquent sans relâche un mystérieux gros lard crasseux dont le front est marqué du nombre 21, un dessin original et des couleurs explosives. Le monde sait maintenant ce qu'est devenu The King et personnellement, rien que pour ça je dis : C U L T E ! ! !

28/02/2010 (modifier)
Par Miranda
Note: 4/5
L'avatar du posteur Miranda

Le syndrome de Warhol c'est avant tout une bd déjanté et totalement rock à moins que ce ne soit l'inverse. J'ai été tout de suite fascinée par le dessin, les cases sont très grandes avec des personnages qui les occupent presque entièrement, j'ai été immédiatement propulsée dans cet univers coloré et un peu trash. Le papier mate est d'excellente qualité et malgré une couverture souple la bd est extrêmement agréable à tenir en main. Vous parler du scénario m'embêterais presque, car il faudrait vous dévoiler des choses qui sont jubilatoires à découvrir en lisant l'histoire et qui vous gâcherais toute surprise, je dirai simplement qu'il est intelligent et cohérent bien que caché derrière une fausse apparence de loufoquerie. C'est souvent méchant un peu dans le style d'un Le Roi des Mouches, on alterne souvent des scènes franchement humoristiques avec des scènes plus froides et souvent cruelles. Un brun d'analyse de l'âme humaine se glisse de temps en temps au fil des bulles, ces réflexions sont toutes percutantes que l'on soit d'accord ou pas avec cette vision de la vie. Le suspense est haletant de bout en bout, même si à un moment une petite idée est venue me titiller qui s'est avérée exacte, mais cela ne m'a pas gâché ma lecture. Les personnages sont truculents et tout comme la bd ils n'ont vraiment jamais froid aux yeux ! Illico je saute sur Dérapage des mêmes auteurs !

10/02/2010 (modifier)