Les Marins perdus

Note: 3.4/5
(3.4/5 pour 5 avis)

Pour son premier livre de bande dessinée, Clément Belin, marin de la marine marchande et dessinateur autodidacte, signe une adaptation touchante et juste du roman Les Marins perdus de Jean-Claude Izzo.


Adaptations de romans en BD Marine moderne Marseille

Marseille. Depuis cinq mois, l’Aldébaran est relégué au bout de la digue du grand large. Étrangers, sans le sou, séparés de leurs familles, les marins vivent à bord, dans la promiscuité et le dénuement en attendant un repreneur pour ce foutu cargo. Leur capitaine est Abdul Aziz. C’est un Libanais. Son second, Diamantis, est grec. Marin par tradition et par goût. Autant Diamantis est perméable aux autres, autant Aziz est renfermé, arc-bouté sur ses principes. Ils ont de l’estime l’un pour l’autre. Mais d’amitié, il n’y en a pas. Leur seul lien, c’est la mer. Un jour, l’équipage est débauché. Seuls Abdul et Diamantis restent à bord… Commence alors une vie d’errance, sur le bateau, les quais, aux alentours du port. Ils y côtoieront, l'espace de quelques nuits, d'autres êtres aussi perdus qu'eux avec lesquels ils danseront le ballet dérisoire des éphémères avant d'affronter leur destin.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Juin 2008
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Marins perdus
Les notes (5)
Cliquez pour lire les avis

13/06/2008 | iannick
Modifier


Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Le dessin est réellement magnifique avec une excellente mise en couleur. Cela concourt à rendre une ambiance particulière à ce récit de marin à quai. Or comme chacun le sait, un marin sur terre est un homme perdu ou autrement dit à la dérive... L'histoire ne m'a pas particulièrement passionné mais on se laisse prendre par une certaine atmosphère qui ne vous quitte plus d'autant que j'ai également fréquenté ces lieux autrefois. Il y a également une expressivité du trait qui semble fascinante. Une douce mélancolie vous envahit tout doucement. Ce n'est pas forcément bon pour le moral. Mais bon, c'est cette bd qui veut cela !

01/07/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

Je ne m'attendais pas à une BD aussi intéressante. Pourtant, vu l'éditeur, je n'avais pas de doutes. Les sujets abordés ne sont pas des plus simples à traiter. Ils se recoupent proprement et nous offrent une histoire forte où les personnages ont la vie dure. Ce scénario tiré d'un roman est joliment mis en images par Belin. Il y a un petit côté Davodeau dans ces traits. La colorisation apporte une atmosphère particulière avec ses pastels. Je suis tombé sous le charme de ces dessins. Je conseille vivement cette BD qui ne semble pas avoir eu la publicité qu'elle méritait.

13/04/2009 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Ce récit, adapté d’un roman que je ne connais pas, m’a fait penser à la série « Mérite maritime ». Les deux univers sont en effet semblable, et la vision qu’en ont les auteurs également. Nous avons donc droit à une histoire de marins de la marine marchande des temps moderne, bien loin du romantisme que cette profession pouvait inspirer autrefois. Petites magouilles du personnel et grosses arnaques des armateurs sont au menu de ce prenant récit. Le scénario dans son ensemble m’a particulièrement plu. Pourtant, l’écriture d’un bon scénario est un art délicat. Chaque rouage doit être bien huilé et il suffit que l’un ou l’autre alluchon vienne à manquer pour que l’ensemble tourne dans le vide. Et dans le cas qui nous occupe, l’auteur parvient à donner à chacun des personnages une place d’importance. Tous contribuent à la bonne marche de ce scénario en cascade, chaque événement en entraînant un autre, qui mènera à ce sombre final. Un drame aux rouages bien huilés, à la mécanique bien entretenue, du bien bel ouvrage. Le dessin est également très agréable. Encore un peu brut, il convient bien à ce type de récit. Quant aux couleurs, souvent « sales », elles nous inspirent bien plus une marée noire qu’un lagon bleu. Et là aussi, cela cadre parfaitement avec le sujet. L’ensemble est donc harmonieux, et si l’on peut reprocher aux personnages principaux un certains manque de charisme, cela se fait au profit de leur authenticité. Ces marins perdus ne sont que des hommes, qui se débrouillent comme ils le peuvent dans un univers qui ne leur convient pas : celui des terriens. Le rendu de ce mal-être, de ce sentiment d’ennui, d’errance qui ne leur convient pas est particulièrement palpable. Il contribue, à mon avis, à la réussite de l’ensemble. Franchement bien, oui.

10/03/2009 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
L'avatar du posteur Spooky

Cette BD est un peu en-deçà des dernières productions de chez Futuropolis. En effet celles-ci se sont attelées à adapter en bandes dessinées quelques écrits littéraires. Je pense à Big Foot, Le Petit bleu de la côte Ouest, Martha Jane Cannary... Ces adaptations sont faites avec plus ou moins de bonheur. Ici nous avons un récit nous contant le spleen d'une poignée de marins échoués à terre... Le monde de la marine m'a souvent profondément ennuyé, et ce n'est pas cette nouvelle œuvre qui va rectifier le tir. Visiblement les personnages ont une sacrée propension à s'attirer les emmerdes, et beaucoup de mal à s'en sortir. Ça m'a vite énervé. Ici c'est Clément Belin, un débutant, qui s'est attelé à cette adaptation. Je le trouve un peu léger, même s'il y a des planches assez réussies en termes de mise en scène. Son style est intéressant, mais manque encore de maturité à mon avis. Bref, un album assez moyen, mais qui se laisse lire.

15/06/2008 (modifier)
Par iannick
Note: 3/5
L'avatar du posteur iannick

Décidément, les adaptations de romans en bd sont à la mode ! L’éditeur Futuroplis nous présente « Les marins perdus » tirée d’un roman de Jean-Claude Izzo. C’est le premier album de Clément Belin, lui-même ancien marin. L’histoire des « marins perdus » a pour cadre le port de Marseille. L’ « Aldébaran » est un cargo amarré depuis cinq mois sur un quai et abandonné par son armateur. Seuls, le capitaine Abdul Aziz et son second Diamantis sont demeurés à bord, le reste de l’équipage a quitté le navire en touchant leur prime. Abdul et Diamantis ont chacun leurs raisons de rester dans la ville phocéenne, le premier parce que sa femme vient de le quitter et par conséquent il ne sait pas quoi faire pour le moment, le second parce qu’il a en tête de retrouver une ancienne connaissance à Marseille même… Ce récit s’avère réaliste : des navires qui sont abandonnés par leur propriétaire existent vraiment, Clément Belin a connu des cas similaires quand il opérait en tant que marin. De même, la zone portuaire de Marseille, il la connaît par cœur ! La façon dont se comportent les matelots en général, il le sait ! Ce qui est assez étonnant en lisant ce one-shot : c’est de voir à quel point ces « ouvriers de la mer » se sentent orphelins sur la terre ferme ! Ainsi, les lecteurs pourront s’apercevoir la grande naïveté de ces hommes et leurs envies de dépenser n’importe comment l’argent qu’ils ont gagné soit en passant leurs journées dans les bars, soit en fréquentant les prostituées… Quant au scénario en lui-même, la trame principale est assez accrocheuse et j’ai suivi avec intérêt les recherches de Diamantis. Cependant, je dois reconnaître que l’histoire s’oublie rapidement et j’y ai retenu surtout son ambiance ainsi que la détresse morale des principaux personnages. A mon avis, il manque dans ce récit des scènes marquantes et des dialogues percutants pour que « Les marins perdus » soit une lecture incontournable. Graphiquement, j’ai surtout aimé la mise en couleurs de Clément Belin. Les tons ocres utilisés permettent de donner une atmosphère sale au port de Marseille, ils permettent aussi de mettre en avant la perdition de ces marins. En tout cas, on est loin du cliché qu’au bord de la Méditerranée, il fait toujours beau et chaud dont la plupart des auteurs utilisent automatiquement une mise en couleur azure et jaunâtre pour illustrer ces lieux (cf. la série : Où le regard ne porte pas...)… J’ai apprécié aussi le coup de crayon de l’auteur et sa capacité à dessiner l’intérieur des navires avec beaucoup de détails. Seule, la mise en page manque un peu de dynamisme. Finalement, à mon avis, « Les marins perdus » se révèle plaisant à lire à défaut de marquer les esprits. C’est surtout l’ambiance du port de Marseille et la détresse des marins que j’ai retenues de cette bd. Quant à l’histoire en elle-même, les démarches de Diamantis pour retrouver une vieille connaissance me sont apparues intéressantes. Cependant, je trouve que les personnages manquent un peu de charisme. Bref, « Les marins perdus » est tout à fait le genre de bd que je relirai sans déplaisir un de ces soirs d’autant plus que j’ai aimé le coup de crayon de Clément Belin. Au fait, depuis que j’ai lu cet album, il y a la chanson d’Axel Bauer « Cargo » qui me revient sans arrêt en mémoire ! Et franchement, les paroles de « Cargo » vont à merveille avec « Les marins perdus » ! Note finale : 3,5/5

13/06/2008 (MAJ le 13/06/2008) (modifier)