Biankha

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

En plein Moyen Age, dans un monastère, un jeune copiste tombe amoureux d'une princesse égyptienne qui vécut 2.500 ans plus tôt. Surpris en train de réaliser des dessins de sa bien aimée, il est puni à aller prier la sainte vierge.


Auteurs britanniques Egypte Egypte Ancienne

En plein Moyen Age, dans un monastère, un jeune copiste tombe amoureux d'une princesse égyptienne qui vécut 2.500 ans plus tôt. Surpris en train de réaliser des dessins de sa bien aimée, il est puni à aller prier la sainte vierge. Mais c'est la princesse Egyptienne lui apparaît en rêve pour raconter son histoire : fille du pharaon Akhenaton, elle doit fuir son pays quand le peuple se révolte contre son père iconoclaste des dieux millénaires du Pays des Deux Terres. Elle commence un long voyage à la recherche d'une terre d'accueil...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 30 Août 2006
Statut histoire Série abandonnée 1 tome paru
Couverture de la série Biankha
Les notes (3)
Cliquez pour lire les avis

22/01/2007 | Chalybs
Modifier


L'avatar du posteur Le Grand A

De base, j’ai été très attiré par le synopsis ainsi que par le contexte géographique et culturel dans le lequel se déroule les péripéties de Biankha. Le fait que la série fut fort malheureusement abandonnée dès le premier numéro n’a rien avoir avec la (médiocre) notation que je lui attribue, (je critique une série dans son ensemble, qu’il y ait un ou cinquante albums), le gros point faible sur lequel je n’ai pu détourner les yeux provient de la narration, ainsi que de l’histoire en elle-même, que j’ai trouvé laborieuse et décevante. Mais revenons d’abord aux aspects alléchants : Biankha est une princesse d’Égypte, fille fictive du pharaon Akhenaton et de Néfertiti, un des couples royaux les plus célèbres de tous les temps. C’est une époque de grand bouleversements religieux, pharaon s’est détourné des anciens rites pour vénérer le dieu unique Aton, et en allant jusqu’à interdire à son peuple de prier ses dieux ancestraux, il commet un des plus grand sacrilège. Les dieux élisent sa fille Biankha pour l’avertir et le sommer de revenir à l’ancienne voix, la seule à détenir la vérité, sinon son âme ira nourrir Âmmout, le dieu-crocodile dévoreur. Tout de suite quand on voit les caractéristiques de l’héroïne : jeune, athlétique, de sang noble, sexy, forte et indépendante, maniant l’épée mieux que les meilleurs guerriers, dans un contexte d’Heroic Fantasy, on pense tout de suite à Red Sonja, personnage phare de l’écrivain Robert E. Howard. L’hommage appuyé qu’à voulu rendre le scénariste Pat Mills au célèbre écrivain texan paraît d’autant plus évident quand il construit son récit un peu sous la forme d’une rétrospection, car tout commence au Moyen-Âge dans un monastère en Écosse où Aemon un jeune moine copiste tombe follement amoureux de Biankha dont il retranscrit la biographie. Cette dernière lui apparaît alors dans ses rêve, « comme par magie », pour lui raconter sa vie et ses exploits. Les connaisseurs d’Howard se souviendront que celui-ci déclarait qu’à une époque, écrire les aventures de Conan le Cimmérien lui était tellement facile, les idées jaillissaient à son esprit avec une telle aisance, que c’était comme si le fantôme de Conan siégeait à ses côtés pour lui conter sa vie. Les mauvaises langues ont par la suite déformé ces propos en les prenant au pied de la lettre mais… ce n’est pas le sujet, et en bref, la filiation avec le maître et père fondateur de l'Heroic Fantasy ne fait aucun doute. Pour accentuer sur les références, on pourrait même se demander si Pat Mills n’a pas été se fournir chez plus ancien encore que Howard, du côté d’Abraham Merritt et son roman chef-d’œuvre La Nef d’Ishtar où un archéologue contemporain, John Kenton, reçoit une sculpture babylonienne représentant le vaisseau de la déesse Ishtar. Une étrange magie s’en dégage et Kenton plonge à travers un gouffre de six mille années sur le pont de la nef ensorcelée. Il est mis en présence d’une femme d’une divine beauté : Sharane, la prêtresse d’Ishtar. Troublant comme ressemblance, non ? J’ai été aussi, et surtout, très emballé par l’aspect Heroic Fantasy d’inspiration Égypte antique car franchement hormis Papyrus, ça ne cours pas les rues ce genre-ci, en roman comme en bd. Le dessin de Cinzia Di Felice tout pareil, est nickel de chez nickel. Je suis de prime abord plus branché par les ouvrages avec un encrage fourni mais le style réaliste, et sa presque parfaite maîtrise dont fait preuve l’artiste, est sincèrement bluffant. Je dis « presque » car il y a bien quelques petits accrocs comme le personnage Armée qui a l’air de prendre un peu trop la pause, ses mouvements paraissent moins naturels que ceux des autres, et je n’ai pas trouvé que son design faisait guerrier scythe. Il ressemble plus à un proto-Conan version dreadlocks. Et puis il y a ces couleurs façon pastel ! Mama mia que c’est beau ! Ah ouais là on tape dans du lourd, niveau Cécil sur le tome 1 du Réseau Bombyce. Si seulement le scénar’ avait été au niveau… Venons-en aux points qui fâchent : le côté « chronique » n’est pas un problème en soi, les histoires n’ont cependant ni queue ni tête puisqu’on commence par une histoire de sombre présage avec Biankha qui doit ramener son père sur la voie de la raison dans une période que tout amateur d’Histoire sait combien elle est périlleuse pour l’Égypte et la dynastie régnante. Biankha découvre que son père est manipulé par de sombre force maléfique puis, patatras ! On se mange dans la poire une grosse ellipse puis on passe à complètement autre chose avec Biankha quelque part en Grèce avec ses compagnons de fortune, à la recherche d’un prophète androgyne qui va lui révéler sa destiné. « WTF » j’ai envie de dire. J’ai eu le sentiment que dans ce premier (et donc unique) volet les scénaristes (Biljana Ruzicanin est à créditée également) ont cherché à caser de l’action et des références sans trop savoir de quoi ils allaient parler ni comment ils allaient l’amener. Car on ne comprend pas trop pourquoi on se retrouve dans les dernières pages à se farcir les dialogues d’une… femme médecin (qui est-elle?) et d’un… officier de pont (?) qui sont attaqués par des créatures dégénérées descendants des atlantes, avant d’être sauvés par Biankha et ses acolytes au charisme de chaussette sale. Un moment de flibusterie qui bien évidemment rappellera Conan (La Reine de la côte noire et cie) ou même La Nef d’Ishtar. Vraiment j’ai trouvé cela très mal rythmé, très mal construit, alors qu’à la base il y avait le matos. Les dieux apparaissent à Biankha en songe : ok, elle ne se pose pas de question, tranquille normal, elle se tape un barbecue avec eux tous les week-end. Akhenaton est sous l’emprise d’un faux-dieu qui petit à petit le transforme en créature reptilienne : bof, passons à autre chose, zappons quelques années plus tard quand Biankha partait à la recherche d’un prophète LGBT. D’ailleurs Biankha est apparemment capable de télépathie, comme ça ouech, ça lui prend de temps en temps. Néfertiti commande aux Hittites une armée de mercenaire avec armes de sièges pour très cher : les Hittites lui envoi un type nommé… « Armée » (haha, hohoho, trop drôle la blague). Entre parenthèse, le bouffon hittite se fait laminer au combat par Biankha qui passait par là au hasard et s’est permise de rabattre son caquet à Armée parce que ce dernier lui plottait le cul (devant sa mère la reine et toute la cours royale, cela va de soi, comme c’est un cliché de gros neu-neu barbare à la Conan… soupir). En conclusion : la montagne a accouché d’une souris. Dommage, gros potentiel. Je la garderai pour les dessins mais j’éviterai de lire les phylactères.

03/09/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Attiré par la couverture en bibliothèque, j'ai jeté un oeil puis lu cette histoire. Ce qu'on voit en premier, c'est le très beau dessin presque hyperréaliste qui sert bien l'aspect fantastique et la splendeur de l'Egypte avec ses créatures étranges et ses coutumes funéraires, mais surtout ses belles princesses aux tenues diaphanes. La mise en page est aérée par de grandes cases, on voit tout de suite que c'est une Bd qui vise le côté esthétique. Mais en l'état actuel, la direction établie par les auteurs a un peu de mal à trouver une certaine cohérence, et demande confirmation ; seulement, comme depuis 2006, il n'y a toujours pas de suite, j'ai du mal à croire que la série soit encore en cours. Je sens qu'on va rester frustré par ce début plutôt prometteur mais avorté...l'achat pourra se faire uniquement s'il y a une suite, sinon c'est pas la peine.

27/04/2014 (modifier)
Par Chalybs
Note: 3/5

Le scénariste aurait il plusieurs bras ? Parce que s’appeler Mills Pat, je dois avouer que je me questionne sur le jeu de mot possible ! (le pauvre il a du souffrir dans les cours d’école…) Il faut bien avouer que la couverture est attirante… (Hum…) Belles couleurs, remplie de détails et une profondeur impressionnante. L’intérieur contrairement aux couleurs de la couverture vive et lumineuse est plus pastel, malgré une beauté incontestable du dessin. Précis, détaillé, chamarré, de toute beauté. Vraiment, je suis admiratif. La mise en page pour sa part n’a rien de surprenant, les cases s’enchaînent simplement, naturellement et nous ne sommes jamais perturbé en ce demandant où doit on continuer la lecture. Cela manque peut être un peu de recherche et d’originalité, mais au moins ne sommes nous à aucun moment dérangé. Et la concentration sur le scénario ne se fait que mieux. L’aspect visuel réalisant un parcours proche du sans faute, voyons ce que nous réserve le scénario. Commençons par une recherche historique rapide. Alors, je n’ai pas retrouvé sur internet le nom de Biankha comme fille réelle d’Akhenaton. J’ai juste trouvé qu’il aurait eu 6 ou 8 filles en plus de ces fils dont le célèbre Toutânkhamon. La BD commence par un passage au fin fond de l’écosse qui tiendrait son nom de la venue de la princesse Biankha sur ces terres…Un jeune moine copiste est amoureux de Biankha avec 2500 ans de décalage… Dans ces rêves, Biankha lui apparaît alors afin de lui expliquer son histoire. On a donc au long de l’album deux allers retours dans le temps afin de passer de l’Égypte ancienne au moyen âge. Les dessins des moines sont agréables, mais les dessins des princesses Égyptiennes sont très agréables. Les tenues légères de l’époque permettent au dessinateur de laisser libre court à son imagination en laissant vagabonder la notre. Je parie que cela n’est pas innocent et que les auteurs comptent en partie sur ce fait pour attirer un public mâle aimant les belles images. Les auteurs surfent aussi sur le mystique de l’histoire Égyptienne. Les pouvoirs des Dieux et des pharaons amènent ainsi une pointe de fantastique à l’ensemble. Quelques créatures mythiques apparaissent. Le minotaure, des hommes cochons, un androgyne, des descendants dégénérés des atlantes…Tout un bestiaire qui sort du contexte égyptien initial mais qui s’explique parfaitement par la tournure des évènements et par le contexte historique. Je vais faire une comparaison osée avec du Crisse. Le dessin n’a certes rien à voir, mais le fait de mettre des jeunes femmes belles, court vêtues, sachant manier les armes et avec un caractère rebelle dans un contexte mythologique n’est pas sans rappeler les nombreux derniers scénarios de Crisse. Alors, conclusion ? Le dessin est sans conteste l’une des grandes réussites de cette série. Clair, précis, aux tons parfaitement maîtrisés. Le scénario n’en est qu’à ses balbutiements et tout comme l’héroïne qui cherche son destin et a du mal à comprendre ce qu’elle doit faire, nous aussi on cherche et on a du mal à tout comprendre. L’ensemble est pour le moment légèrement confus, mais il y a fort à parier que tout s’éclaircira avec les tomes suivants.

22/01/2007 (modifier)