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Rusty Brown

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Chris Ware nous livre enfin une suite spirituelle de son roman graphique culte, Jimmy Corrigan. Rusty Brown est un récit choral à la précision redoutable.


Comix Format à l’italienne Gros albums Nouveautés BD, comics et manga Points de vue [USA] - Middle West

Dans son Nebraska natal, Rusty, victime des petites frappes de son école, s'évade en collectionnant les figurines de super héros. Lorsque Chalky White arrive dans son école, les deux enfants très proches se lient d'amitié. La première partie d'un récit choral vertigineux qui retrace la vie de multiples personnages émouvants et pathétiques... Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Traducteur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Novembre 2020
Statut histoire Série en cours (2 tomes prévus, mais le tome 1 se lit indépendamment) 1 tome paru
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série Rusty Brown
Les notes (1)
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03/11/2020 | Alix
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Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Alix

La dernière œuvre en date de Chris Ware, Building Stories, n’avait pas emballé les foules, la faute à un format bizarroïde (une multitude de fascicules de taille variée, regroupés dans un énorme coffret onéreux). Avec « Rusty Brown » l’auteur retourne aux sources, avec un album traditionnel finalement assez proche de l’œuvre qui l’a révélé au grand public : Jimmy Corrigan. On retrouve une galerie de personnages un peu pathétiques et misérables, mais tellement humains. Chris Ware explore au travers le prisme de leurs vies des thèmes variés et intéressants : la difficulté à donner un sens à nos existences, les erreurs que l’on finit tous par commettre, nos fantasmes et nos rêves souvent ridicules, les problèmes familiaux, le harcèlement scolaire, le racisme, la religion, et bien plus encore. Chaque chapitre est indépendant et se focalise sur un personnage précis, même si des passages se recoupent : par exemple le premier chapitre parle de Rusty Brown, mais certains protagonistes faisant de brèves apparitions (une prof, un autre élève qui persécute Rusty) sont développés ultérieurement dans leur chapitre dédié. Cette approche narrative est ingénieuse et propose une réflexion intéressante sur notre perception de l’Autre. On retrouve aussi le graphisme et la narration propres à l’auteur : un style minimaliste aux perspectives isométriques, des cases de taille variée (allant de 1.5cm de côté à des pleines pages magnifiques) pas toujours agencées clairement (l’auteur flèche parfois le sens de lecture)… Les sauts temporels sont fréquents et pas toujours très clairs, et les textes souvent minuscules. Il en résulte une lecture parfois éprouvante, mais stimulante voire jubilatoire. J’ai par exemple beaucoup aimé l’astuce graphique lors de la naissance de Jordan : le style est très symbolique au début (des couleurs, des formes simples, des concepts binaires) pour représenter les facultés de perception limitées d’un nouveau-né, avant de se développer graduellement. Vraiment bien trouvé. Le conseil de lecture est simple : les amateurs du travail de cet auteur qui en redemandent peuvent se jeter sur « Rusty Brown » sans hésiter. Par contre si vous n’avait pas accroché à Jimmy Corrigan, inutile de vous infliger la lecture de ce pavé de 350 pages. Et si vous n’avez jamais lu de Chris Ware ? Et bien je trouve que « Rusty Brown » est un chouette album introductif au travail tellement original de cet auteur. Moi, j’ai beaucoup aimé, les thèmes me parlent, et les émotions étaient aux rendez-vous. Vivement la suite (pas pour tout de suite j’imagine, mais l’album se lit comme un one-shot).

03/11/2020 (modifier)