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Karoo

Note: 3.33/5
(3.33/5 pour 3 avis)

Véritable succès littéraire lors de sa parution en France, Karoo trouve avec Bézian l’interprète idéal. Son style puissant et raffiné transcende proprement les intentions narratives du roman de Steve Tesich.


Adaptations de romans en BD

Fumeur invétéré et alcoolique notoire, Saul Karoo aborde la cinquantaine séparé d'une femme qui le méprise et père d'un fils adopté qui aura grandi trop vite pour lui permettre d'établir un véritable dialogue. Script doctor au service d'Hollywood, on le croit cynique et dépourvu de talent. Aussi, quand l'opportunité de réécrire le scénario de sa propre vie se présente, il n'hésite pas un instant...

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Septembre 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Karoo
Les notes (3)
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03/10/2019 | Jetjet
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Par sloane
Note: 4/5
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Au fur et à mesure de ma découverte de l’œuvre de Bezian j'avoue que je commence à devenir un inconditionnel de son style. Permettez-moi de citer quelques-uns de ses titres Ne touchez à rien, Les Garde-Fous, Aller-retour et Docteur Radar. À chaque foi j'ai été véritablement bluffé par le style de l'auteur, un trait acéré, minimaliste et possédant une formidable puissance. L'on dirait que ses dessins ont été tracés à la pointe d'un stylet. Encore une fois sur ce "Karoo" le style fait mouche et convient parfaitement à l'histoire de ce grand cynique évoluant dans la jungle hollywoodienne, mais au final pas si mauvais que cela, en quête de rédemption, non seulement pour lui-même mais aussi pour les autres. J'ai été touché par cette histoire qui au final nous dit que finalement l'homme est perfectible, mais c'est hélas ici un concours de circonstances "heureuses". Notons également le parallèle avec L'Odyssée d'Homère, qui nous conte l'aventure d'un homme lui aussi en quête d'un objectif. Nul doute que je relirai cette histoire, voire même le roman dont elle est tirée.

22/05/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
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Difficile de rédiger un avis au sortir de cette lecture... Cela fait bien un bon mois que je l'ai lu sans réussir à rédiger mon avis... Saul Karoo, spin doctor au service d'Hollywood a donc pour mission de transformer des films plutôt quelconques en chef d'oeuvres cinématographique. Sa situation familiale et professionnelle sentent la chute libre, ce qui ne va pas arranger son alcoolisme assumé ni sa santé qui suit la même courbe. La proposition de boulot qui lui tombe dessus est donc l'occasion de se refaire... Tout d'abord je ne connaissais pas ni Steve Tesich ni son roman qu'adapte Bézian, et j'avoue que cette plongée dans les coulisses du cinéma américain avec en personnage principal cet alcoolique au cynisme débordant, ça surprend. Tout autant que le graphisme de Bézian que je ne connaissais pas non plus avant cet album. Une ligne acérée, minimaliste mais très expressive, rehaussée d'une mise en couleur en bichromie toute aussi chiche, on sent que l'auteur veut aller à l'essentiel pour mettre en avant son personnage et son fichu caractère. Pour être honnête je n'ai pas été transcendé par son histoire, à cause de quelques longueurs ou de quelques scènes dont je n'ai pas vraiment senti l'intérêt. Malgré cette impression générale, quelques scènes donnent à cet album toute sa saveur. Voilà donc un album tout aussi déroutant que son personnage principal dans lequel j'ai réussi à trouver aussi bien un réel plaisir de lecture qu'un peu d'ennui en fonction des moments de l'histoire... Ceci expliquant cela, ma note sera donc à cette image mitigée et médiane : 2.5/5

17/02/2020 (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5
L'avatar du posteur Jetjet

Afin d'être très clair dans mon raisonnement, je dois d'abord confesser que je ne connaissais absolument pas ni même de nom le livre éponyme de Steve Tesich dont Bezian réalise ici l'adaptation. Avec ses codes graphiques si caractéristiques, l'auteur d'Adam Sarlech se l'est visiblement approprié. Usant d'un cadrage indomptable et d'une bichromie impeccable, le trait se veut épuré mais stylisé. Le découpage est audacieux cherchant à couper tout repère rassurant à un lecteur désemparé mais curieux de bien connaître où toute cette odyssée américaineval'emmener. Saul Karoo est un script doctor renommé à Hollywood. À lui donc de découper et de charcuter des films sans potentiel commercial pour en faire des succès destinés aux salles obscures. La cinquantaine bien tapée, en plein divorce et aussi cynique qu'alcoolisé, Karoo doit gérer une profession qui ne lui apporte plus de satisfactions, une ex-femme rancunière et un fils adoptif qu'il ignore. C'est par le biais d'un nouveau projet à remodeler qu'il reconnait la génitrice naturelle de son rejeton. De ce second rôle effacé, il veut la replacer au cœur du film et renouer ces liens inconnus entre jeune mère célibataire et son fils Billy, cet homme effacé et rejeté. Difficile d'en raconter davantage tant le parti pris de ce surprenant ensemble graphique agit en suggestions. Si les dessins sont superbes, Bezian peut nous perdre dans de longues joutes verbales ou ambiances délétères. L'histoire est simple mais il est difficile de s'attacher à Karoo, personnage méprisable reflétant une certaine Amérique désabusée mais aisée. La conclusion peut être surprenante mais l'ensemble manque un peu d'émotions. Je n'ai pu m'empêcher de penser au méconnu L'Ombre de moi-même de Petit Roulet et Martiny qui dressait également le récit d'un vieux bourgeois français cynique et dont j'ai apprécié chaque versant. En tant qu'objet purement graphique, Karoo est une tuerie mais m'inciterait davantage à lire le roman original tant il me manque quelques clés pour pouvoir apprécier le talent de Bezian à sa juste valeur sur une histoire finalement nébuleuse.

03/10/2019 (modifier)