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Sturmtruppen

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

De l'humour très noir sur des soldats vert-de-gris


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale Auteurs Italiens Humour noir Strips

les petits malheurs des trouffions allemands durant la Seconde guerre mondiale, des pauvres types résignés et dépassés, oppressés par leur propre hiérarchie, par le poids de la vie et la fatalité. Du surréalisme noir un peu semblable à certains strips américains des années 50/60

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 1973
Statut histoire Strips - gags 3 tomes parus
Couverture de la série Sturmtruppen
Les notes (3)
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20/07/2016 | Agecanonix
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Par Pierig
Note: 3/5
L'avatar du posteur Pierig

A quelle guerre rattacher cette bd ? A la première si on se base sur le titre (sturmtruppen = unité d’élite allemande de la 1ere guerre mondiale), les uniformes (casques) et le fait qu’il s’agit d’une guerre de positions. A la seconde si on en juge par les engins militaires (voitures, tanks). Quoi qu’il en soit, cette unité d’élite en prend pour son grade. Bonvi ne ménage donc pas l’armée prussienne en usant d’un humour corrosif mais pas gratuit pour autant. Il dénonce certaines absurdités de la guerre en amplifiant les traits. Ce n’est pas un humour noir profond mais plutôt un humour désabusé qui joue de la bêtise humaine en reposant sur le comique de situation (les protagonistes rient jaune). Ces strips, bien que datés, ne sont pas passés. Ils ont une portée universelle qui peut encore faire écho aujourd’hui. Et le dessin n’est pas en reste avec un trait simple mais efficace au service du gag. A lire.

02/09/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Bonvi est un auteur relativement original, et j’avais bien aimé sa série post-apocalyptique, « Après la bombe », qui jouait d’une ambiance très noire pour épicer son humour. Si je reconnais quelques qualités aux strips des Sturmtruppen, je dois dire que j’ai nettement moins accroché à cette série. Pourtant, l’antimilitarisme mis en avant est intéressant. En effet, bien plus que les pauvres trouffions allemands utilisés ici, c’est bien l’armée en général (de quelque nationalité qu’elle soit d’ailleurs) – et l’idée même de guerre – que Bonvi tourne en ridicule (sur un ton autre que dans Après la Bombe). Si le principe est jouissif et a priori hautement défendable, la lecture n’est pas aussi drôle qu’espéré. En effet, l’humour n’est pas assez corrosif à mon goût (pas assez noir, ou alors pas assez déconne, comme pouvait l’être au cinéma une farce comme « M.A.S.H. »). J’ai souri plusieurs fois, certes, mais jamais vraiment rigolé, et plusieurs gags ou situations m’ont laissé de marbre. C’est donc une petite déception me concernant. Note réelle 2,5/5.

15/06/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Cette création sous forme de strip en 1968 dans un quotidien italien, fait connaître le dessinateur Franco Bonvicini qui signe Bonvi. Il prend la stupidité de l'armée allemande pendant la guerre pour sujet principal, et la bande connait vite le succès dans la presse italienne qui loue cette création au ton nouveau et au dessin assez peu courant à l'époque. C'est avant tout une satire qui montre des nazis très cons figurés par de petits bonshommes coiffés de casques dissimulant une partie du visage, qui sont sournois et pas très futés, de vrais personnages bêtes et méchants qui évoluent dans des décors glauques de bombardements, d'édifices calcinés et de trous d'obus. Ils servent à l'auteur de prétexte pour se moquer de toutes les armées du monde en forçant beaucoup plus le trait que Mort Walker dans Beetle Bailey, et pour faire réfléchir les lecteurs sur la folie et le côté vain de toutes les guerres. En créant cet univers, Bonvi dénonce la stupidité féroce d'un monde éternellement en guerre (d'où le côté vain), en lutte contre un ennemi qu'on ne voit jamais ; le rire est donc amer. Devenue très populaire, c'est un jalon important dans l'histoire de la BD italienne car c'est la première Bd à l'américaine dans ce pays, construite sous forme de strip ; en 3 cases, parfois en une seule, Bonvi plante un décor et une situation absurde. Bonvi crée un studio où plusieurs dessinateurs travaillent sur le strip, et le succès sera décuplé par une version animée pour la TV italienne. Le dessin rond et simplifié a recours à l'emploi systématique des trames, qui devient le style de Bonvi dans ses autres bandes comme Après la Bombe ; c'est moins flagrant sur la couleur, plus sur le noir & blanc. En France, le strip sera peu traduit, seul Lattès tente un album en 1973 "les Nazis sont des cons", suivi par Sagédition qui sort 2 autres albums en 1976 et 77, mais je me demande si le Canard Enchainé ou un autre quotidien ou hebdo n'en a pas publié quelques strips dans les années 70, car j'ai un vague souvenir d'en avoir vu dans la presse française. En tout cas, c'est un humour qui peut plaire encore.

20/07/2016 (modifier)