Bonaventure
Bonaventure est un gars qui possède un don pour les catastrophes.
Albums jeunesse : 10 à 13 ans Institut Saint-Luc, Liège Journal Spirou
Bonaventure à l'air d'un garçon normal. Ce n'est pas le cas car lorsqu'il enlève ses lunettes, des catastrophes étranges se produient Il ne le sait pas car il ne voit rien sans ses lunettes. Faites donc attention !
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| Date de parution | Octobre 1981 |
| Statut histoire | Une histoire par tome 2 tomes parus |
Les avis
Après Les Lettres de mon Moulin, c'est la deuxième série de Mittéï que j'avais envie de découvrir depuis des années, parce que j'en voyais les couvertures parmi les publications de la collection Les Meilleurs Récits du Journal de Spirou. Et c'est une nouvelle redécouverte de cet auteur dont j'ignorais il y a encore un mois à peine à quel point son dessin s'inscrivait dans la plus pure tradition de l'École de Marcinelle. Certaines planches évoquent tour à tour Walthéry, Gos, voire Séron lorsqu'il s'inspire lui-même de Franquin. C'est un style qui parle directement à la nostalgie de mes lectures de jeunesse et qui suscite spontanément mon affection lorsqu'il est réalisé avec autant de sincérité et de soin du détail. Bien sûr, tout n'est pas irréprochable : l'encrage se montre parfois un peu brouillon et les ombrages un peu trop appuyés, mais l'ensemble possède un charme évident. Les histoires respirent elles aussi le Spirou des années 1970. Impossible de ne pas penser à Benoit Brisefer avec ce jeune garçon en apparence tout à fait ordinaire qui cache un pouvoir extraordinaire sous un aspect banal. Ici, Bonaventure déclenche involontairement des phénomènes complètement improbables dès qu'il retire ses lunettes... sans jamais s'en rendre compte puisqu'il ne voit rien sans elles. L'idée est amusante et offre un bon potentiel, à mi-chemin entre l'humour et l'aventure, mais elle montre assez vite ses limites. À force de voir des catastrophes invraisemblables se produire autour de lui sans qu'il ne comprenne jamais rien, le procédé devient répétitif et finit par paraître assez artificiel. De la même façon, comme Mittéï a régulièrement besoin que son héros enlève ses lunettes, il en fait un vrai pleurnichard, que ce soit d'émotion ou de rire, ce qui donne une impression un peu forcée. On alterne entre histoires courtes et récits un peu plus développés, même si celui occupant tout le second tome m'a semblé assez étiré en longueur. Le ton reste résolument léger, les méchants étant davantage tournés en ridicule qu'inquiétants, et les pouvoirs involontaires de Bonaventure servant avant tout à provoquer des situations cocasses. L'humour ne fait pas toujours mouche et il tourne trop souvent autour d'à quel point les gens croient être fous en voyant ce que Bonaventure cause. Le rythme est assez mollasson et les dialogues souvent bavards, mais il faut aussi remettre l'œuvre dans son contexte : c'est une série jeunesse typique de son époque, conçue avant tout pour divertir. Je ne l'ai pas connue enfant, je n'ai donc pas la nostalgie spécifique envers elle. Mais je pense que si je l'avais découverte dans ma jeunesse, je l'aurais probablement assez appréciée, sans pour autant en faire une de mes séries favorites. Aujourd'hui, j'y vois surtout une petite curiosité attachante, sans grande ambition, qui vaut autant pour le plaisir de retrouver le dessin de Mittéï que pour son témoignage d'une certaine manière de faire de la BD franco-belge humoristique. Note : 2,5/5
Je rejoins Mac Arthur sur ce point : moi aussi j'aime Mitteï, je l'ai d'ailleurs toujours aimé et suivi dans tout son parcours au journal Tintin, j'aime ce style vivant, léger, drôle et pétillant, ce dessin agréable aux décors soignés, qui sont typiques du style franco-belge humoristique de la grande époque, que ce soit sur L'Indésirable Désiré, Rouly-la-brise, Modeste et Pompon, les contes de Noël du journal et tous les décors qu'il a dessiné pour ses collègues comme Tibet notamment, sur Ric Hochet et Les 3 A. Puis, en 1976, il va faire un tour chez le concurrent Spirou avec ce garçonnet au prénom à coucher dehors, qui inconsciemment, est à l'origine d'étranges événements lorsqu'il retire ses lunettes. Le sujet est certes un peu tiré par les cheveux, mais cette petite bande est attachante, soignée et poétique, on y retrouve avec plaisir le trait toujours aussi malicieux de son auteur, c'est ce qui la rend agréable, même si elle est sans prétention. Une petite curiosité très peu connue.
Moi, j’aime bien Mittéï… Cet artiste liégeois, poète dans l’âme, grand ami et « parrain » de François Walthéry (avant que celui-ci ne lui renvoie l’ascenseur une fois le succès rencontré) figure selon moi parmi les tout grands dessinateurs du genre. Quel genre ? Mais le franco-belge humoristique de la grande époque, bien sûr ! Avec Bonaventure, il nous livre une œuvre sans prétention, amusante, poétique et naïve. Bon, la série n’est pas sans défaut et si le personnage et sa particularité sont étonnants autant qu’attachants, le concept en lui-même, tout comme son exploitation dans des histoires finalement peu développées, rendent cette lecture anecdotique. Divertissante, plaisante, mais anecdotique. Soulignons tout de même le soin apporté aux décors, la vivacité et la clarté du trait (qui me fait invariablement penser à un Peyo, un Roba, un Jidéhem ou un Walthéry au sommet de son art), la poésie burlesque qui se dégage de certaines idées, les petits clins d’œil aux copains, et la gentille naïveté d‘un ensemble dans lequel même les criminels ne sont pas foncièrement méchants. A lire au moins une fois par tout amateur de franco-belge humoristique des années ’70. Une série légère et tendre qui manque peut-être de fond mais pas de forme. Moi, j’aime bien Mittéï…
Je précise que je n'ai lu que le tome 2. 'Bonaventure' est l'exemple typique de série de seconde zone qu'on retrouve dans le Journal de Spirou et dont le seul but est de divertir. Le dessin est beau sans être très personnel (c'est du franco-belge style Peyo et Franquin), mais l'histoire ne m'a pas franchement convaincu. Elle est divisée en deux parties. La première se situe dans un parc forain où on apprend que Bonaventure vient de gagner au loto. Évidemment, comme il est un peu maladroit, le billet va s'envoler et son copain, un gendarme et deux voleurs courent après. Pendant ce temps, Bonaventure enlève ou perd ses lunettes (ça dépend de la situation) et ça crée plein de catastrophes. J'ai trouvé l'humour pas drôle et franchement répétitif. Bref, je me suis vite ennuyé. La deuxième partie du récit est meilleure. Étrangement, je trouve qu'elle a un côté un peu triste, mais c'est peut-être parce que le décor joyeux de la fête foraine est remplacé par une campagne hivernale. De plus, on voit aussi les deux voleurs faire les clochards et j'ai eu un peu de peine pour eux. La fin est cynique et j'aime bien. Bref, j'étais parti pour mettre un 2 étoiles, mais finalement je vais mettre 3 étoiles.
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