La Vie secrète

Note: 3/5
(3/5 pour 4 avis)

Arrivée de Fredman dans la collection Écritures avec un diptyque. L’auteur se lance dans une chronique familiale compliquée, où 3 générations de personnages vont nourrir le récit. Le grand-père, aux portes de la mort, en froid avec son fils – il faut dire que son passé de SS n’aide pas. Le père de famille, personnage pivot de ce premier tome, divorcé, et son propre fils de 10 ans, qui adore son papy. À partir de ce triangle, l’auteur livre une histoire qui se joue dans trois lieux différents, mais dont les personnages se retrouvent dans le rêve et l’inconscient.


Ecritures Secrets de famille...

Armand, autrefois engagé volontaire dans les Waffen SS est sur le point de mourir. Son entourage souhaite que son fils Grégoire profite des dernier instants d’Armand pour se rapprocher de lui et en apprendre davantage sur son douloureux passé… en dépit du conflit qui les a toujours opposés. En marge de ces conflits d’adultes se trouve Simon, le fils de Grégoire, qui lui adore son grand père et voudrait juste qu’on arrête de lui mentir sur la mort imminente de son super-héros… Une tranche de vie touchante qui met en scène un conflit intergénérationnel entre trois hommes du même sang au seuil du départ de l’un deux… Moment décisif où ceux qui restent doivent accepter le départ de l’être cher ainsi que son passé comme partie intégrante de leur identité.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 2008
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série La Vie secrète
Les notes (4)
Cliquez pour lire les avis

21/04/2009 | Erik
Modifier


L'avatar du posteur Noirdésir

Même si l’on devine relativement rapidement le secret dont est porteur le grand père, la construction de l’histoire – du moins dans le premier tome –, qui multiplie les flash-back, qui mélange les époques, les générations (grand-père, père [le héros de l’histoire] et fils) en entrecroisant leur histoire et les liens qui les unissent – ou les désunissent, bref, toutes ces circonvolutions m’ont parfois fait perdre le fil de l’intrigue. J’ai plusieurs fois dû faire des retours en arrière, pour comprendre qui parlait de qui, et ma lecture en a été un peu hachée… Il faut vraiment faire l’effort de passer outre ce premier tome trop brouillon, cela se simplifie quelque peu dans le second, même si des allers-retours entre le présent et le passé (la participation du père du héros aux crimes des Waffen SS en Ukraine durant la Seconde guerre mondiale) hachent encore un peu la lecture. Histoire de deuils, d’oubli, de mort et de renaissance, voyage cathartique du héros, ces sujets sont assez bien traités, malgré une construction un peu trop chaotique à mon goût. Le dessin de Fredman (que je découvre avec ce diptyque) est bon, dynamique. C’est du franco-belge fluide (proche du trait de Bonhomme je trouve parfois), même si le Noir et Blanc qu’il utilise ici (jouant sur des dégradés de gris, et parfois proche d’un simple crayonné) n’est pas toujours très clair, et aurait peut-être supporté une colorisation.

20/10/2018 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
L'avatar du posteur Spooky

J'ai été cueilli à froid par le premier volet de ce diptyque. Je l'ai trouvé bavard, décousu, bancal narrativement parlant. Certes, on sent bien l'intention de l'auteur ; nous narrer une sorte de renaissance, d'éveil à tout un tas de choses pour trois générations d'hommes. Mais d'entrée de jeu il se prend les pieds dans le tapis, et même si c'est plus clair et délayé dans le second volet, le mal est fait. Du coup je n'ai pas pu vraiment me passionner pour les aventures initiatiques de Grégoire. Sur le plan graphique c'est vraiment chouette, ce côté crayonnés poussés passe vraiment bien, même si ce n'est pas la tasse de thé de tout le monde. Au final, c'est pas mal, sans plus.

10/02/2013 (modifier)
Par Ems
Note: 3/5

Après la lecture des 2 tomes. Le premier tome m'a refroidi mais il ne faut pas s'arrêter et aller au bout des choses, surtout qu'il s'agissait d'un diptyque. Graphiquement c'est très dynamique, on voit que l'auteur est passé par l'animation avant de faire de la BD. J'aurais aimé un encrage et non un crayonné juste " habillé " par des finitions grisâtres. Le scénario est très décousu, voire mal géré, dans le premier tome. Dans le second tome, il prend tout son sens et par la même occasion son intérêt. Les sujets abordés sont classiques (relation père/fils) et inédits (actions des SS en Ukraine lors de la seconde guerre mondiale). Cette série est non dénuée d'intérêt et mérite sa place dans cette excellent collection " Ecritures " de Casterman. A découvrir, cette série semble accuser un déficit de reconnaisance lié à une méconnaissance.

10/07/2010 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Trois générations représentant chacune trois états de la vie, se cherchent et se déchirent en essayant d'exister. Le passé est représenté par Armand, un vieil homme qui est plongé dans le coma et qui attend sa fin prochaine. Le présent, c'est son fils Grégoire qui a rompu les liens avec lui depuis 25 ans et qui cherche une issue à sa vie. Le futur est l'image de Simon, le fils de Grégoire qui est très lié à son grand-père, à la recherche du bonheur et naviguant entre ces adultes tourmentés. La mort imminente d'Armand oblige Grégoire à se pencher sur le passé de son père... celui d'un français engagé volontaire dans les Waffen SS ayant participé aux massacres sur le front de l'Est en Ukraine suite à la défaite de Stalingrad où les nazis ont appliqué la politique de la terre brûlée. L'auteur nous livre une histoire dramatique qui nous prend aux tripes avec des personnages attachants. Fredman n'est pas très connu du public sauf pour des bd de supermarché de type "comment supporter sa famille"... On peut dire qu'il change brillamment de registre. Le dessin en noir et blanc tout en finesse renforce le caractère intimiste de ce récit. La narration est très originale et dynamique. Grégoire a construit un drôle de monde affectivement autarcique qui s'est transformé en labyrinthe mental dans lequel il a fini par s'égarer. Il a perdu l'amour de Juliette, la mère de son enfant, sans doute effrayé par le puit de son égoïste douleur qu'il cultive avec obstination tel une pauvre errance étriquée de dandy dépressif. C'est un véritable voyage tout en profondeur dans les boyaux de l'humanité pour y ressentir peut-être une odeur d'inhumanité. Loin du politiquement correct, on plonge dans les états d'âme d'un bourreau comme pour y expurger quelque chose qui restera à définir dans un second tome concluant ce diptyque. A découvrir !

21/04/2009 (MAJ le 22/04/2009) (modifier)