Partie de chasse

Note: 3.15/5
(3.15/5 pour 40 avis)

Les responsables des différents partis communistes du pacte de Varsovie se retrouvent en Pologne pour une partie de chasse qui s'avérera du plus pur style stalinien. A travers chaque personnage se dessine l'histoire des relations entre les pays frères et l'URSS. Cette histoire est aussi celle de Vassili Alexandrovitch, un héros de la Révolution qui a travers sa vie a écrit le destin du communisme en Europe C'est aussi la mise à jour des pratiques occultes des dirigeants du bloc de l'Est et de la gestion de ses problèmes internes.


1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Dictatures et répression Enki Bilal Europe centrale et orientale Pierre Christin Pilote Politique

Un jeune traducteur français, expert en langues slaves, est invité à une partie de chasse pour servir d'interprète. Au cours de son voyage en train, il lui est raconté la vie de Vassili Alexandrovitch Tchevtchenko, l'une des figures les plus importantes du bloc de l'Est. En tout 9 personnalités sont invitées par Tadeusz dans sa maison avec piscine couverte, fauconnerie et vastes terrains. La chasse commence : les faucons ouvrent les festivités puis les hommes commencent le matin par le petit gibier (lapin, faisans ...). L'aprés-midi est réservée à la chasse aux sangliers et autres animaux de ce gabarit. Le lendemain une traque à l'ours est organisée, Tadeusz positionne tout son monde autour du piége. Le brouillard aidant à dissimuler les fusils et déformant les silhouettes Sergueï Chavanidzé est atteint par les premiers plombs. Quelques minutes et coups de fusils plus tard, le but de leur sortie faisant son apparition, l'ours s'écroule sur le sol.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Mai 1983
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Partie de chasse © Casterman 1983
Les notes
Note: 3.15/5
(3.15/5 pour 40 avis)
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17/04/2002 | Ottonegger
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Par Lodi
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Prophétique Bilal annonçant la fin de l'URSS, avec ces hauts dignitaires soviétiques dont nous voyons les réalisations, crimes et échecs ! La pétrification des hommes de pouvoir par leur visage semblables à de la pierre effritée est sublimement rendue. Le sang envahissant les cases quand il le faut pour l'intérêt de l'histoire comme pour ajouter à la splendeur du graphisme et à son expressivité est éblouissant. La chasse fait partie des traditions humaines les plus ancrées, et surtout chez les dirigeants. Ainsi, il y a du réalisme dans partie de chasse, aussi bien que du symbolisme : en fait, une telle chasse sacrificielle* aurait ma foi bien été possible La femme hantant le dignitaire soviétique maître du jeu, elle qu'il a sacrifié à l'ogre Staline pour survivre est aussi un leitmotiv fort bien trouvé. On a le rigide dignitaire de la RDA et le fantaisiste retraité accueillant tout le monde et sa fable avec des oiseaux de proie. Quelle comédie humaine. Aucune case qui ne soit parfaite en soit et insérée dans le flux de la narration… J'ai lu et relu cette œuvre à user l'ouvrage et mon goût pour lui comme lors de ma phase jus de tomate enfant, je n'en pouvais plus… Et puis, ne s'ouvre-t-on pas forcément à d'autres œuvres ? Mais je pense que j'y reviendrais, comme l'augure mon cycle de critique sur Bilal. * Qui est intrigué par cette expression n'a qu'à lire l'œuvre !

19/12/2025 (modifier)
L'avatar du posteur bamiléké

Si je devais partir sur une île déserte et ne prendre que 10 BD, je pense que j'emménerais "Partie de Chasse" de Bilal et Christin. Certains passages me font penser aux chasses du "Roi des Aulnes" de Michel Tournier et le thème de l'ogre qui dévore ses enfants n'est pas si loin. Le scénario est extraordinaire pour une personne qui est née avec la construction du Mur de Berlin et qui s'intéresse à ce tournant historique des années 80. En 1983, écrire sur la désagrégation interne de l'URSS avec comme point de départ la révolte Polonaise de Solidarnosc, il fallait un sacré don de visionnaire. Car c'est de cela qu'il s'agit dans l'album. Alors que nombre d'auteurs imaginent des mondes post atomiques suite au mouvement polonais (voir "V comme Vendetta" par exemple), Bilal et Christin parient sur une transformation interne et pacifique. Avec une Armée Rouge surpuissante (croyait-on) aux portes de la Pologne et engagée en Afghanistan, le scénario était osé. Pourtant, l'élimination des jeunes faucons soviétiques au profit d'Hommes d'Etats écrivant l'Histoire d'une manière enfin pacifique est exactement ce qui est arrivé cinq ans plus tard ! La réalité a dépassé la fiction déjà bien improbable. En bon Slave, Bilal était probablement le plus apte à réaliser cet album. Le récit peut paraître complexe mais en réalité il est très fluide pour un amateur d'Histoire. Il y ajoute des scènes de chasse époustouflantes, des couleurs (eh oui !), le train bleu, couleur du drapeau Européen, qui porte l'espoir du futur contraste avec le rouge (drapeau soviétique) des massacres du passé. Idée géniale que cette réunion des satellites incarnés autour d'un astre muet, vieillissant mais encore maître du jeu. Le Français comme point commun à la fois intérieur et extérieur. Bilal rend graphiquement à la perfection la psychologie de ces hiérarques désabusés mais qui ne regrettent pas une minute de leurs parcours .Le regret est ailleurs... Que l'on ne se trompe pas, ce qui est arrivé en ce temps a toujours un impact fort sur notre vie d'aujourd'hui en Europe.

15/02/2022 (modifier)