Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire

Loudun

Note: 2.83/5
(2.83/5 pour 6 avis)

Loudun en 1632. Alors que Richelieu tient la France d‘une main de fer, le Diable et ses cohortes infernales décident de prendre possession du couvent de la petite ville de Loudun. Apparitions, spectres et possessions sont désormais le lot quotidien des résidentes du couvent.


1454 - 1643 : Du début de la Renaissance à Louis XIII Auteurs italiens Diables et démons Procès

Loudun en 1632. Alors que Richelieu tient la France d‘une main de fer, le Diable et ses cohortes infernales décident de prendre possession du couvent de la petite ville de Loudun. Apparitions, spectres et possessions sont désormais le lot quotidien des résidentes du couvent. Un champ de bataille où les forces du Mal et du Bien s’affrontérent. À la fin, personne ne saura dire lequel de l’ange ou du démon triompha, tant la justice de Dieu fut proche de celle du Diable.

Scénariste
Dessinateurs
Coloristes
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 26 Novembre 2008
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Loudun © Soleil 2008

14/12/2008 | Ro
Modifier


L'avatar du posteur Agecanonix

Ah c'est dommage l'option choisie par les auteurs de favoriser l'aspect fantastique plutôt que le complot historico-politique, ça aurait pu donner un album exceptionnel sur une affaire assez méconnue qui a fait pourtant grand bruit dans cette France de Louis XIII en 1634. Cette histoire de possession de religieuses du couvent des Ursulines de Loudun est cependant connue des gens de la région, et comme une partie de ma famille est poitevine, j'ai eu vent très jeune de cette histoire qui m'avait passionné dans les années 80, j'en ai même fait le sujet d'une conférence pour mon asso culturelle. Loudun est aujourd'hui une petite sous-préfecture de la Vienne, isolée au nord du département à 57 km de Poitiers, j'y suis souvent venu parce qu'il y a des monuments à photographier : la Tour carrée (vestiges d'un donjon, en fait une tour de guet) qui fut en partie démolie par Richelieu, une belle porte fortifiée (la seule qui subsiste des 4 portes d'origine), des églises intéressantes. En outre, c'est la ville natale de Théophraste Renaudot, père de la Gazette de France, il a une belle statue de bronze qui trône devant la mairie. Avant de parler de cet album pour lequel j'ai quelques réserves, il faut planter le contexte. Tout ramène au prêtre Urbain Grandier qui est la grande victime de cette affaire. Cultivé, ses sermons de dimanche marqués par sa liberté de penser déplacent les foules, il acquiert une réputation de séducteur et il a plusieurs relations sexuelles et affectives avec des femmes : il met enceinte la fille du procureur du roi Louis Trincant, élève de quinze ans à qui il enseigne le latin, puis l'abandonne pour se mettre en ménage avec Madeleine de Brou, orpheline issue de la haute noblesse dont il a la charge spirituelle et qu'il doit préparer à prendre le voile. Comme ils sont amoureux l'un de l'autre, Madeleine de Brou réclame le mariage, mais Grandier prône le célibat des prêtres, et au moment où il va l'épouser secrètement, il est arrêté pour débauche ; Grandier gagnera son premier procès. La mère supérieure du couvent des Ursulines de Loudun, lui propose peu après de devenir confesseur de sa communauté. Grandier se récusant, la mère supérieure porte son choix sur le chanoine Mignon, ennemi de Grandier qui réprouve sa conduite. Pendant dix ans, le père Mignon et des notables de Loudun mènent une cabale contre le prêtre, enchaînant les procédures judiciaires pour impiété et luxure. Les historiens s'interrogent sur l'influence du cardinal de Richelieu dans cette affaire car il est certain qu'il y a joué un rôle capital. Loudun était une cité protestante où cohabitaient réformés et catholiques, Richelieu avait déja abattu la morgue des insurgés de La Rochelle en 1628, il n'allait pas se laisser intimider par une petite cité poitevine, il voulait donc abattre son château, ce à quoi s'opposa Grandier qui mit toute son ardeur à sauver la Tour carrée dont je parlais plus haut (Richelieu n'a finalement abattu que le couronnement, la Tour s'élevant encore dans le ciel loudunais à 27 m de haut). Des religieuses de ce couvent accusent Grandier en septembre 1632 de les avoir ensorcelées, en leur envoyant, entre autres, le démon Asmodée, pour les amener à commettre des actes impudiques avec lui. Les critiques modernes qui ont étudié l’affaire estiment que les accusations ont commencé après le refus de Grandier de devenir le directeur de conscience du monastère, sans se douter que la mère supérieure était devenue folle de lui après l’avoir vu de loin et avoir entendu parler de ses exploits amoureux. On pense que, mise hors d’elle par ce refus, cette femme a proposé cette place de directeur au chanoine Mignon, ennemi juré de Grandier qu’elle accuse alors d’avoir employé la magie noire pour la séduire. Les autres nonnes se mettent peu à peu à lancer des accusations du même genre. Bien des érudits modernes y voient un cas de psychose collective. Personnellement, je souscris à cette thèse. Grandier est arrêté, interrogé et jugé par un tribunal ecclésiastique, qui l’acquitte. Malheureusement pour lui, Grandier s’est, pour l’avoir publiquement attaqué en paroles, attiré l’hostilité du puissant cardinal de Richelieu qui ordonne un nouveau procès qui ne bénéficie pas de nouveaux témoins à charge, mais où tout est décidé d’avance. Après avoir torturé Grandier aux brodequins, les juges produisent des documents prétendument signés par le prêtre et plusieurs démons comme preuve qu’il a passé un pacte diabolique. Un des actes est écrit en latin et se donnait comme signé par Grandier ; un autre, presque illisible, comportant une foule de symboles étranges est soi-disant signé par plusieurs démons avec leurs cachets, aussi bien que par Satan lui-même (une signature se lit nettement Satanas). On ne sait pas si Grandier a écrit ou signé de tels actes sous la contrainte, ou s’ils ont été entièrement contrefaits, mais on s'en doute un peu. Malgré la défense de son ami Claude Quillet, Grandier est reconnu coupable et condamné à mort. Malgré la torture, Grandier refuse d’avouer ce dont on l’accuse. Il est brûlé vif le 18 août 1634 sur la place du marché de Loudun (qui existe encore mais de dimensions plus réduites). Voila, désolé pour ce long passage historique, mais il m'a semblé intéressant pour le confronter avec la Bd qui est offerte ici. L'intrigue hésite entre le récit historique et le récit satanique, mais celui-ci prend de plus en plus le pas sur l'autre. Basé sur l'histoire réelle d'Urbain Grandier et de ces fameuses "possédées de Loudun", cet album tente de démonter la légende tenace née de cette affaire qui est probablement le cas de possession démoniaque le plus célèbre survenu en France. Malheureusement, c'est tout le contraire qui se produit, car tout en respectant les faits historiques, le but des auteurs qui est de conter le complot politico-religieux mené contre Urbain Grandier qui a fini sur le bûcher de l'Inquisition, dérive trop ouvertement vers un aspect fantastique trop appuyé, avec des démons qui symbolisent une outrance destinée à régaler ou effrayer le lecteur. Tout ceci constitue des passages grandguignolesques à la limite du ridicule, car on sait à peu près que les cas de possession n'ont dû être qu'une vaste supercherie destinée à abattre un prêtre réputé libertin et un contestataire n'hésitant pas à braver l'autorité de Richelieu, et les pouvoirs du roi et de l'Eglise. Il était donc facile de l'accuser de sorcellerie. L'ambiance chaotique est accentuée par le graphisme adopté qui donne un ton quasiment infernal mais hélas par endroits peu lisible, c'est comme s'il y avait sur les images un voile, une sorte de flou. Je ne connais pas ces 2 dessinateurs et j'ignore quelle est la part de chacun, mais leur dessin a certes de la gueule, il offre une atmosphère trouble et angoissante à travers une dominante de couleurs rouge ou sanguine, comme pour bien accentuer le caractère maléfique du récit et souligner un aspect fantasmagorique. C'est aussi très instructif sur les méthodes radicales de l'Inquisition de cette époque. Je sors donc à moitié satisfait de ce récit, je reconnais l'excellence du travail de fond et du dessin dans son ensemble, de même que le récit illustre parfaitement une époque où la religion était toute puissante et capable de dicter la politique des Etats, c'est un document saisissant et sombre à ce niveau, dans une France du XVIIème siècle qui semble encore obscurantiste, mais je déplore cet étalage ostentatoire de fantastique et persiste à dire que cette Bd aurait amplement gagné à se focaliser sur l'aspect historique.

22/09/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 2/5
L'avatar du posteur Cacal69

Une lecture pas si désagréable que ça mais loin de m'avoir captivé. Dans une petite ville de la Vienne, une histoire de possession et d'exorcisme qui vont après un procès à charge causer la perte d'Urbain Grangier Une histoire tirée de faits réels, Rusig se concentre sur le fantastique et les exorcismes, ce qui enlève de la crédibilité au récit. Le cardinal Richelieu faisait construire sa ville non loin de Loudun (ville protestante). Urbain Grangier curé de Loudun voulut empêcher le transfert du grenier à sel de sa ville vers Richelieu. De plus sa tolérance envers les protestants et ses critiques contre le cardinal jouèrent aussi en sa défaveur. Sans oublier le fait d'avoir mis deux de ses paroissiennes enceintes. Il est donc permis de penser que cette histoire de nonnes possédées serait plutôt un complot hourdis par le cardinal avec l'aide du capucin Mignon et le bras armé de l'inquisition pour faire "tomber" Grangier. Dommage de s'être focaliser sur du fantastique outrancier qui ne renouvelle par le genre. Visuellement, c'est pas mal, même si ce n'est pas toujours très lisible. Une très belle colorisation. Note réelle : 2,5.

21/09/2021 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Encore un titre de la collection Hanté que j'aborde. Le début semble prometteur car on se met à frissonner lors des apparitions des êtres maléfiques dans le couvent des bonnes soeurs. Progressivement, on se rend compte qu'on n'est pas vraiment dans le genre fantastique malgré l'apparition des prêtres exorcistes. Non, on assiste à un malheureux épisode qui s'est déroulé en France au moment du règne de Louis XIII sous la coupe du maléfique Cardinal de Richelieu. Ce dernier voulait régler quelques comptes. Rien de mieux qu'exploiter une histoire de ce genre. On peut en effet s'interroger sur cette hallucination collective. La région a été durement frappée par la peste dans cette ville protestante de Loudun qui a perdu 3000 de ses habitants. L'Inquisition fera son travail dignement puisqu'elle est là pour chasser le sorcier. La victime ? Un curé qui fait un peu trop d'ombre. Je devrais dire un héros de la première heure qui n'a pas ménagé ses forces pour aider cette ville après ses malheurs (peste, destruction par ordre royal des remparts et autres fortifications...). Cette bd retrace essentiellement le procès et les méthodes employées par l'Eglise. On a déjà vu cela par ailleurs et du coup, cela perd de son intérêt. Pourtant, force est de reconnaître que c'est plutôt bien retranscrit. Le dessin qui se perd dans des nuances brumeuses concourt à donner une bonne impression d'atmosphère sur l'ensemble. "Loudun" où quand Dieu utilise les mêmes armes que le Diable...

18/10/2009 (modifier)
Par scuineld
Note: 3/5

En commençant cette BD, je ne m'attendais pas à trouver un documentaire. Certes, je savais que le scénario était basé sur une histoire vraie, mais je m'attendais quand même un peu plus à du romancé. Malheureusement, j'ai trouvé qu'il s'agissait plus d'une relation de faits que d'une véritable histoire. En effet, à aucun moment, je n'ai accroché avec un personnage: ils sont tous distants et froids. De plus, le "découpage" en différentes périodes (chaque période représentée par une date ou le passage d'une période) m'a encore plus fait pensé à un documentaire... Heureusement, l'ambiance qui ressort de le mise en image et surtout de la colorisation m'ont permis de lire cette BD avec un certain plaisir (c'est d'ailleurs ce traitement graphique "hors norme" qui m'a attiré)... En bref, une BD documentaire sur une affaire d'exorcisme (et j'insiste sur mon ressenti "documentaire").

07/04/2009 (modifier)
Par Miranda
Note: 3/5
L'avatar du posteur Miranda

Excellente bd qui malheureusement se dirige ouvertement vers le fantastique en donnant trop de place à l'exorcisme, alors qu'elle aurait dû presque uniquement s'axer sur l'Histoire. Le résumé des Éditions Soleil le prouve bien, confinant cette bd à un récit de possessions et en la classant qui plus est dans la collection Hanté. Cette histoire est basée sur des faits réels politiques et familiaux, le petit dossier de fin d'album - très intéressant - nous fait voir toutes les possibilités qu'aurait pu avoir cette bd si Rusig avait pris le parti de développer le côté historique du récit plutôt que de trop insister sur le fantastique. Le diable prend bien trop de place alors que par exemple Richelieu, qui en avait déjà l'habit rouge et certainement les pieds un peu fourchus aurait fait un bien meilleur protagoniste, sans compter tous les autres personnages de l'époque, on aurait eu ici une bd historique de premier choix. Cela dit les exorcismes sont très intéressants car ils nous sont montrés tels qu'ils étaient pratiqués à cette période. La torture aussi est bien illustrée avec le supplice que dû subir Urbain Grandier, personnage auquel on s'attache immédiatement. Un peu frustrante tout de même cette fin qui arrive trop vite... Le graphisme est magnifique, certes informatisé mais très réussi, tant les visages que les décors tout y est très réaliste. Il y a aussi un petit côté envoûtant dû aux différents dégradés de rouges étalés tout au long de la bd. Excellent travail de Furno et Arminato, qui nous donnent pour cette première bd un aperçu de ce qu'ils pourront nous offrir par la suite.

17/12/2008 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Cette BD est la retranscription de faits avérés ayant eu lieu à Loudun en 1632, sous le règne de Louis XIII et Richelieu, dans un cadre politique où la France sortait à peine des guerres entre protestants et catholiques. Il s'agit d'une sombre histoire de possessions démoniaques dans un couvent qui amèneront à la condamnation pour sorcellerie d'un prêtre qui avait le malheur de s'être opposé à l'autorité religieuse d'une part mais également aux ordres des catholiques de détruire les fortifications de la ville de Loudun alors protestante. Tout ce récit est basé sur des témoignages réels, avec preuves judiciaires et comptes-rendus d'époque à l'appui. Mais là où l'historien moderne y voit un complot politique et humain évident, l'auteur prend le parti de représenter les possessions démoniaques telles qu'elles ont été racontées, ou plus probablement affabulées, à l'époque. La BD a donc une part ouvertement fantastique puisque les apparitions y sont affirmées comme réelles et que les démons laissent véritablement voir leur visage et leurs imprécations. C'est un peu dérangeant, comme si l'auteur prenait un parti, celui de dire que tout ceci était réel, pour ensuite changer de camp lors du jugement en appuyant bien sur le côté forcément faux et monté de toutes pièces du dossier. Historiquement dérangeant donc, mais cela permet de donner plus de force à l'accusation et aux rumeurs qui ont immanquablement dues parcourir les rues de Loudun et de la Vienne à l'époque. Et cela permet en outre de nous présenter deux scènes intéressantes d'exorcisme. Dommage qu'à partir de la moitié de l'album, le rythme commence à devenir plus lent et le récit moins prenant car assez prévisible. Le graphisme n'est pas vraiment d'un genre que j'apprécie d'ordinaire mais il est techniquement maîtrisé et donne une très bonne atmosphère à l'histoire. Seul regret, les personnages féminins, notamment les religieuses, ne sont pas très faciles à différencier. C'est donc là une oeuvre intéressante, qui mélange Histoire et Fantastique, et qui est en outre complétée par un petit dossier historique très instructif.

14/12/2008 (modifier)