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Le Garage hermétique (Major Fatal)

Note: 3/5
(3/5 pour 11 avis)

Le Garage hermétique, ou comment miner la bande dessinée de l'intérieur en en ébranlant les plus solides fondations, en particulier narratives. Moebius a créé un monde, un style, une école même. Un travail de déstructuration euphorique et graphiquement époustouflant.


Absurde Giraud-Moebius Les années Métal Hurlant

Le Major Grubert, grand explorateur, mais aussi homme de science, a mis au point un formidable procédé permettant de créer un véritable monde à partir de n'importe quel astéroïde de troisième zone. Un tel monde, organisé sur trois niveaux, comme un oignon et ses pelures, produit forcément en même temps que sa genèse, un charroi de population, d'entités et autres artefacts plus ou moins transcendantaux... De cette complexité socialo-spirituelle surgit bientôt le noyaux même du scénario ; une erreur malencontreuse de l'ingénieur Barnier, telle la mouche de Brasil, va provoquer le naufrage incontrôlable des forces qui se côtoyaient jusque là en bonne intelligence. La mission de reconnaissance de Samuel Mohad à bord de "Star Billiard" ayant échouée, le Major, inquiet, se rend en personne sur le monde afin de jauger les dégâts déjà commis et de rétablir l'ordre ; tandis que l'Archer, "héros de main" du major prends la protection de l'ingénieur Barnier. Mais certains ne l'entendent pas de cette oreille, les Bakalites, contrôleurs de l'espace-temps, Jerry Cornélius, envoyé du "Nagual", Sper Gossi, intronisé de nouveaux pouvoirs et le Seigneur Tar'aï, entité interne, n'ont de cesse que de participer à un complot ourdi afin de donner l'indépendance à ce monde, œuvre du Major. C'est en quelque sorte contre la révolte de son propre enfant, que le Major-Frankestein, tente d'imposer le retour à l'ordre. Mais il est trop tard, sans doute cela n'est pas une question de temps et qu'il doit en être ainsi, la prise de conscience de chaque niveau de sa subordination au Ciguri ( vaisseau du Major et de sa belle fiancée Alvina en orbite autour de la planète oignon), rend irrémédiable la fuite du Major vers notre propre univers ( oui ! le notre, celui de la terre ), après avoir réalisé un parcours des trois niveaux en profondeur. Ici, nous entrons dans la suite intitulée "L'homme du Ciguri". Le Major, qui, pour le Ciguri et son équipage est perdu dans le plan des planètes aléatoire, se retrouve en présence d'un certain Larcher, auteur d'un livre qui semble retracer de façon stupéfiante les événements survenus jusque là sur le monde fabriqué dans le plan parallèle. Il semble que ce archer soit en connexion cataleptique ( transe) avec l'univers dans lequel se produit la rébellion des niveaux. Intrigué, le Major ne s'en laisse pas moins séduire par Anne Laure au point de finir dans son lit. Au beau milieu de la nuit, nu, repus et perdu dans ses pensées, le Major assiste alors à sa rencontre avec lui-même. Le Major surréaliste en tenue d'explorateur sort d'un tableau coulissant, une porte interdimensionelle, et demande à son double paradoxal de retourner vers un autre plan afin d'échapper aux tentatives d'exterminations fomentées par le Tar'aï à son encontre. Sur le Ciguri, Damalvina est aux prise avec ses désillusions et décide de retourner sur terre, vers la Californie.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 1988
Statut histoire Une histoire par tome 2 tomes parus
Couverture de la série Le Garage hermétique (Major Fatal)
Les notes (11)
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09/01/2002 | toce
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Par Pierig
Note: 2/5
L'avatar du posteur Pierig

J’avoue n’avoir pas pu aller jusqu’au bout de ma lecture. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le titre n’est pas galvaudé. Car, si j’ai réussi à rentrer dans le récit (enfin, le pensais-je), j’ai abandonné face à tant de circonvolutions. C’est un vrai labyrinthe sans queue ni tête (mais avec des niveaux). Pourtant, on sent clairement que Moebius s’amuse … mais il ne m’a pas emmené dans son délire.

11/02/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

C'est un brin foutraque, et pour cause. A l'origine cette histoire qui ne devait pas en être une sortait épisodiquement dans Métal Hurlant, bien évidemment cela se sent dans l'histoire complète mais on y trouve tout de même des choses passionnantes. Dans certaines planches nous voyons déjà un univers très proche de ce qu'il y aura plus tard dans L'Incal. Alors bien sur il ne faut pas chercher ici de logique narrative, disons qu'il s'agit d'un délire d'auteur mais au bon sens du terme qui nous permet d'admirer le travail de Moebius. Sans doute pas la première œuvre à conseillé pour un néophyte, mais elle ravira les fans.

11/03/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Bon, ben voilà bien le genre d’œuvre qui ne mène pas au consensus, c’est sûr, et qui doit autant enthousiasmer les thuriféraires que déchaîner les critiques. Au départ petites histoires de quelques planches publiées dans Métal Hurlant, le côté grandement improvisé ressort encore plus quand on les lit d’un trait en album. On est proche ici d’une certaine écriture automatique quasi surréaliste qui peut clairement rebuter ceux qui cherchent une histoire construite, linéaire, classique. Ça part un peu dans tous les sens, et Moebius essaye tant bien que mal de créer du lien entre ces histoires et les personnages qui les habitent. C’est un peu foutraque, tout n’est pas expliqué et ne s’explique pas, mais j’ai été accroché par l’univers créé par Moebius. Un univers parfois proche par le dessin ou certains thèmes de celui que développait à l’époque Bilal. Un univers marqué par les années 1970 – sans que ce soit forcément « daté ». Si ça l’est, ce n’est en tout cas pas périmé ! Le dessin est évidemment éloigné de celui de son double Giraud (même si les premières planches et certaines ensuite se déroulent dans un univers western), et alterne un trait gras et volontairement imprécis avec un dessin ultra précis et réaliste. Apparaissent donc tous les thèmes et styles moebiusiens, y compris les super-héros des comics américains (l’Archer entre autres). A noter qu’en chapeau de la plupart des petites histoires, un bandeau plus ou moins important prétend faire office de résumé, de manière plus ou moins loufoque et humoristique. Il est vrai que résumer ces aventures se révèle impossible et n’est même pas souhaitable. Une sorte de recueil de poèmes visuels, un recueil de ce que l’imagination foisonnante d’un grand auteur pouvait produire, lorsqu’elle s’éloignait des grands espaces de l’Ouest américain. Note réelle 3,5/5.

03/12/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

J'ai enfin pu lire cette série qui m'intéressait grâce à la réédition de 2012. Le personnage du Major, que je crois avoir déjà vu dans une autre série de Moebius, me semblait intéressant et je voulais lire ses aventures. Le dessin de Moebius est toujours aussi imaginatif et son scénario l'est aussi. Je ne savais jamais ce qui allait se passer et plusieurs idées sont très bonnes. Malheureusement, le fait que cela manque de structure a fait en sorte que parfois je ne comprenais pas trop ce qui se passait et ça fait baisser ma note de 4 à 3.

09/02/2014 (modifier)
Par Telechamp
Note: 2/5

Cette BD est parue dans les débuts de Métal Hurlant. Ce sont des suites de planches qui montrent le style de Moebius, il n'y a que très peu de dialogues, le tout se suit, mais je n'accroche pas autant que Arzach ou The Long Tomorrow, toujours de Moebius. C'est vrai que les dessins et les planches sont vraiment biens ! Mais c'est dommage, je n'arrive pas tellement à comprendre Moebius dans ce "Garage hermétique". Le tout peut être rebutant et saoulant à la longue, dommage, je m'attendais à mieux de Moebius, et bien c'est raté !

15/10/2008 (modifier)
Par Kalish
Note: 2/5

Bon, premier contact avec Moebius, enfin c’est ce que je croyais puisque je viens d’apprendre que cet auteur n’est autre que Jean Giraud sous sa forme délirante. Le garage hermétique ; c’est rien de le dire, il est incroyablement difficile de rentrer dans cette histoire (enfin quand je dis histoire...). En gros on a là une succession de doubles planches parues dans Métal Hurlant et qui se suivent plus ou moins. Le principal intérêt de ce recueil est de découvrir les différents styles de son auteur, et c’est vrai que graphiquement c’est époustouflant. Après il n’y a pas beaucoup plus à tirer de ce gros non-sens, si ce n’est une sorte de témoignage du temps où les auteurs étaient livrés à eux-mêmes et pouvaient faire ce qui leur passaient par la tête, un peu à la Gotlib. Mais à moins d’être un fan incontesté ce sera juste à lire et encore... à feuilleter.

16/10/2007 (modifier)
Par Gevaudan
Note: 3/5

Comme souvent quand Moebius est seul aux commandes, on part à fond dans le délire. Le Garage Hermétique (rien que ce nom qui ne veut rien dire en dit long) est une grand voyage dans le non-sens, où il devient très vite illusoire de tenter de trouver une quelconque intrigue structurée, tant le pseudo-scénario (inventé au fil de l'eau) ne sert à rien d'autre qu'à servir de prétexte à des planches sublimes. Mais rien que pour ça, les aventures du Major Grubert valent le détour. Le talent de Moebius à son apogée c'est vraiment du plaisir à l'état pur, et le côté abscons de l'histoire se fait rapidement oublier. Une approche intéressante de la BD, qui n'a guère été retentée depuis.

12/07/2005 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Sur la base d'une suite d'histoires en 2 planches, au scénario improvisé au fur et à mesure que les pages avancent, Moebius nous crée un univers complexe et un peu loufoque, des personnages incongrus et pourtant si vivants... Bref, il crée de la SF comme ça lui vient, et ça marche bien. Néanmoins, j'ai trouvé la lecture de toute l'histoire à la chaine assez fouillis et difficile. Il y a beaucoup d'idées, c'est clair, mais elles ne sont pas suffisamment structurées à mon goût pour permettre de créer une histoire unique, posée et surtout bien narrée. "Le Garage Hermétique" est pour moi une curiosité, tant que niveau de la SF que de la BD improvisée, et surtout elle m'a permis de découvrir qui était le Major Grubert et son Ciguri.

04/12/2003 (modifier)
Par régis
Note: 2/5

Personnellement j'avais trouvé cette série pas mal il y a dix ans, mais une relecture aujourd'hui met en valeur de gros manques dans le scénario. Le dessin lui est du moebius pas trop recherché donc c'est pas mal. Je ne cherche pas à avoir une explication à tout mais je trouve que le déroulement de l'histoire est trop simpliste, ceux qui cherchent des mises en scenes un peu léchées, ne cherchez pas ici.

29/01/2002 (modifier)
Par toce
Note: 4/5

C'est grand, tres grand. Un univers décalé, troublant (au début faut s'accrocher: y a une histoire? Y a pas d'histoire?) on suit les aventures du Major Grubert avec délectation puisqu'elles sont servit par des dessins tous plus bluffants les uns que les autres: Moebius fidèle à lui même expérimente et nous sort à chaque fois des planches plus étonnantes, plus belles et plus chargées d'émotions, du grand art. Encore un petit truc commencé dans Métal hurlant qui est devenu un monument de la bande dessinée. A lire absolument!

09/01/2002 (modifier)