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Sergent Kirk

Note: 2.8/5
(2.8/5 pour 5 avis)

Un déserteur de l'armée américaine qui se range aux côtés des indiens


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Auteurs Argentins Auteurs Italiens Indiens d'amérique du nord Pratt

Kirk est officier dans l'armée américaine. Il assiste à l'extermination d'un groupe de peaux-rouges. Suite à cet acte volontairement perpétré, il décide de déserter. Il prend alors la défense des Indiens et va se lier d'amitié avec Maha, un membre de la tribu des Tchatooga. Ce duo sera bientôt rejoint par Forbes, un médecin qui est aussi une sorte d'humaniste, et par Corto -un ancien bandit-. Ce quatuor va dès lors se mettre à combattre les exactions de tous genres...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Juin 1975
Statut histoire Série terminée (réédition en cours) 7 tomes parus
Couverture de la série Sergent Kirk
Les notes (5)
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30/12/2006 | L'Ymagier
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L'avatar du posteur Noirdésir

J’avais acheté lors de leur sortie les trois premiers tomes de la réédition de cette série par Futuropolis (soit les 21 premiers épisodes). C’est le nom d’Hugo Pratt qui est mis en avant – et en très gros ! – sur la couverture, et c’est lui qui a sans doute poussé Futuropolis à se lancer dans cette aventure éditoriale. Et à plutôt bien le faire d’ailleurs. En effet, nous avons droit à une couverture épaisse – comme le papier –, mais aussi, pour chaque volume, à une préface éclairante (celle de Giraud pour le deuxième tome est la seule décevante de mon point de vue, alors même que j’en attendais beaucoup). En fin de chaque volume, un historique des publications originales de chaque épisode (dans une revue argentine en 1953, puis dans une revue italienne dans les années 1960). Mosquito aurait pu faire de même pour ses récentes rééditions des travaux « indiens » de Serpieri ! Pratt donc, dans sa période argentine. Son dessin est hésitant, éludant quasiment tous les décors, se concentrant sur les personnages (surtout les visages). Pas exempt de défauts, malgré quelques belles planches. Un Noir et Blanc inspiré de certains comics américains (comme ceux de Milton Caniff, que Pratt admirait), mais qui s’en détache peu à peu, dans un style épuré, jouant sur les hachures (et qui s’améliore aussi peu à peu au fil des tomes). Si Pratt est mis en avant par Futuropolis, il n’est ici que le dessinateur/complice de son compère argentin Oesterheld, que j’avais découvert avec L'Eternaute. On y retrouve ici sa patte : sans aller jusqu’à la mièvrerie, Oesterheld développe une intrigue qui fait la part belle à des questionnements existentiels, à la tolérance, à l’acceptation des différences. Et c’est là que réside l’originalité de cette série, qu’il faut replacer dans son contexte. Oesterheld s’intéresse aux tribus indiennes, mais son scénario et ses dialogues sont toutefois parasités parfois par certaines approximations, généralisations et/ou erreurs factuelles (« manitou » et « sachem » par exemple, employés pour toutes les tribus). Mais au début des années 1950, le cinéma américain n’en était encore qu’au début de la réhabilitation des « Peaux-Rouges » (ou tout du moins d’une vision plus équilibrée, nuancée), et Kirk, le héros qui refuse le racisme et s’entoure indifféremment de Blancs et d’Indiens, qui préfère même vivre au milieu de ces derniers, préfigure certains westerns postérieurs. Il n’est pas non plus interdit de penser que Charlier a pu s’inspirer en partie du personnage de Kirk pour développer certains aspects de la personnalité de Blueberry (tous les deux militaires en rupture de ban, attentifs au sort des Indiens, cherchant à éviter de faire couler le sang, et accompagnés de quelques fidèles malgré leur rejet de la hiérarchie…). Malgré le côté brouillon, parfois naïf du dessin et du scénario, cette série – qu’il faut resituer dans son époque donc – possède un certain charme. Elle donnera aussi envie à Pratt de revenir vers les sous-bois nord-américains, quelques années plus tôt (dernier quart du XIIIème siècle), pour y situer certaines de ses plus intéressantes publications (Fort Wheeling en particulier). C’est en tout cas une série à redécouvrir. Pour l’achat, à vous de voir, même si cela concerne essentiellement les fans de Pratt (ou du genre western peut-être). PS : petite curiosité : parmi les fidèles compagnons progressivement agrégés autour de Kirk, un certain Corto…

12/04/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

En créant ce personnage en 1953, les auteurs prenaient le lecteur à rebrousse-poil, car c'est l'un des premiers héros de BD à être un rénégat, en marge de la société. Prendre conscience du génocide indien à cette époque s'inscrivait dans la mouvance des westerns pro-indiens qui commençaient à percer à Hollywood dès 1950 avec le célèbre "La Flèche brisée". Réaliser que la cause des Comanches est plus juste que celle des Blancs, puis déserter l'armée en rejoignant les Indiens pour partager leur sort, ça partait d'un postulat qui semblait risqué à une époque où les héros de BD devaient être positifs. Pratt et son scénariste racontaient aussi des aspects du Far West encore ignorés du grand public, longtemps nourris par les légendes. Je me souviens avoir lu quelques épisodes dans les pockets Rin-Tin-Tin de chez Sagédition, dans les années 70, mais ça ne m'avait pas marqué, car j'étais trop jeune. J'ai pu lire des albums Humanos dans les années 80 : le sujet était fort, mais le dessin de Pratt me freinait un peu ; un dessin dépouillé, aux noirs et blancs travaillés, insistant sur les personnages. Je n'en ai pas relu depuis ce temps, peut-être le ferai-je un jour, mais je crois que cette série fait date par son sujet couillu et le fait que c'est l'une des premières séries importantes de Pratt, alors dans sa période argentine.

23/01/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

1.5 J'ai emprunté deux albums parus chez Futuropolis, mais au final je n'ai lu qu'un des deux albums et je ne compte pas lire la suite. J'ai trouvé les aventures du Sergent Kirk banales. On retrouve les mêmes situations qu'on a déjà vues dans plein de westerns et les péripéties m'ont profondément ennuyé. Les personnages ont peu de personnalité et je me fichais pas mal d'eux. Le problème vient d'abord et avant tout d'un manque de dynamisme dans les histoires. C'est de la vieille bande dessinée d'aventure qui a mal vieilli à mes yeux. Le dessin est du pur Pratt. En grandissant, j'ai trouvé un certain charme au dessin de Pratt que je trouvais moche. Ce n'est pas un de mes dessinateurs préférés et je trouve que ses personnages sont figés, mais j'aime bien comment il utilise l'encre.

31/12/2011 (modifier)

Je termine les deux premiers des cinq tomes du ‘Sergent Kirk’ publiés par les Humanoïdes Associés dans les années ’80. Ces albums ne retracent pas le début des aventures du sergent. L’on retrouve directement le sergent avec trois de ses compères : Maha, son valeureux frère de sang tchatooga, Corto, l’ancien outlaw aux poings d’acier, et le docteur Forbes, un homme « normalement pacifique [mais qui] une fois offensé dans son sens profond de la justice se transforme en guerrier redoutable ». En provenance de l’ouest, les quatre hommes arrivent dans le Missouri qu’ils découvrent émerveillés. Cet émerveillement n’est toutefois que de courte durée, puisqu’ils sont d’emblée témoins d’une attaque de Sioux contre une embarcation échouée. Les occupants du navire se défendent vaillamment, mais semblent en passe d’être dépassés. Dès lors, n’écoutant que leur courage, Kirk et ses amis décident d’intervenir ! Le sergent Kirk est du genre à toujours prendre le parti du plus faible et à toujours finir par triompher de ses adversaires. Ce héros, un peu trop bon et trop lisse à mon goût, manque malheureusement de personnalité. L’on est bien loin d’un Corto Maltese ! Le dessin de Pratt, qui n’était alors qu’au tout début de sa carrière, m’a toutefois paru plus qu’honorable. Le récit, quant à lui, quoique relativement classique et un peu vieilli, demeure agréable et divertissant. Je lirai sans doute la suite si j’en ai un jour l’occasion. Je pense cependant qu’à trop grosse dose, les aventures du ‘Sergent Kirk’ doivent se révéler lassantes.

17/04/2010 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Curieux, ce western... Il débute dans le magazine argentin "Misterix" n° 225 du 9 Janvier 1953. On le découvre en France -dès 1972 seulement- dans le n° 5 du magazine Les Pieds Nickelés, édité par la SPE. Dès 1977, la série paraît dans le mensuel "Rintintin" (c'est là que je la découvre), puis dans la collection "Western Pocket". Pas fort connue, la série ; et pourtant Pratt en dessinera près de 2000 (DEUX MILLE !) planches. Une véritable saga humaniste où cet artiste fait déjà preuve -à l'époque- d'une grande maîtrise dans le travail du noir et blanc. Je ne possède pas -et de loin- tous les épisodes parus dans les divers hebdos. Les quelques albums en ma possession m'ont néanmoins fait découvrir un mélange d'action, de psychologie, de réflexion et même d'écologie. Les albums : Chez Sagédition : 7 opus brochés, de 1975 à 1978, qui sont les éditions originales. Aux Humanoïdes Associés : 5 tomes -de 1984 à 1987- qui sont des rééditions (mais aux couvertures redessinées, et encore trouvables).

30/12/2006 (modifier)