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Priape

Note: 3.2/5
(3.2/5 pour 5 avis)

Le nom de Priape évoque avant tout le dieu romain de la fécondité et de la virilité physique. Ici, c'est d'un homme dont il s'agit, et le cadeau empoisonné que la nature lui a offert fera de lui un être à part.


Atrabile Au temps de la Grèce Antique BD muette Gays et lesbiennes

Le nom de Priape évoque avant tout le dieu romain de la fécondité et de la virilité physique. Ici, c'est d'un homme dont il s'agit, et le cadeau empoisonné que la nature lui a offert fera de lui un être à part. Nicolas Presl, dans son premier ouvrage, nous emmène dans l’Antiquité, sur les pas d'un jeune homme en quête de son identité sexuelle. Parions que ce récit muet, conte cruel et dérangeant, saura ne laisser personne de marbre..

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Juin 2006
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Priape
Les notes (5)
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04/09/2006 | Quentin
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Par Blue boy
Note: 3/5
L'avatar du posteur Blue boy

Le mythe de Priape est revu et corrigé de façon tout à fait originale et hors de toute convention, tant sur la forme que sur le fond, et on a ici l’impression d’avoir affaire à un OVNI temporel venu tout droit de l’Antiquité. L’histoire est sans paroles ni même onomatopées, ce qui paradoxalement demande plus d’effort, car en outre le dessin est volontairement difforme, ignorant les perspectives, d’une étrangeté absolue, et les expressions sont un peu figées, comme si les personnages portaient des masques empruntés aux tragédies grecques. Une fois qu’on s’y est habitué, ça peut aller, et on peut même apprécier ce style graphique si particulier, mais j’ai tout de même dû m’y reprendre à deux fois, parce qu’au début j’avais mal identifié un personnage essentiel pour la compréhension du récit… et je me félicite d’avoir pris la peine de le faire, car du coup, l’histoire a pris une toute autre dimension, et pour le moins subversive (Christine Boutin en avalerait son crucifix)… Non seulement l’auteur assaisonne le mythe à sa sauce en faisant de Priape un éphèbe attiré par les hommes (jusqu’ici rien d’étonnant, on est dans la Grèce antique), mais en plus il le retourne en attirant la disgrâce sur celui qui est censé être son père, Zeus, fort de plusieurs statuts plus ou moins glorieux : roi des dieux, homme à femmes, géniteur performant, époux incestueux (il a marié sa sœur, sans rire)... mais je n’en dirai pas plus ;-) Attention, ce n’est pas une bédé de cul, d’ailleurs on voit très peu le sexe de Priape (qui certes est énorme !) et les rapports sexuels sont toujours suggérés ou métaphorisés ! Car en plus d’évoquer le mythe, l’auteur parle aussi de l’identité, de la différence et du rejet : en effet, dans l’histoire présente, l’attribut fantastique du jeune dieu lui apporte plus de déboires que de satisfactions… Par ailleurs, Nicolas Presl a sans aucun doute une bonne connaissance de la mythologie grecque, car son ouvrage grouille de références et de symboles dont certains m’auront probablement échappé, mais en allant glaner des infos sur le web, j’ai pu faire certains rapprochements. En résumé, je trouve la démarche tout à fait digne d’intérêt. Bien sûr, cette BD comporte les petits défauts narratifs évoqués plus haut, mais on pourra considérer que le défi de revisiter sans texte un conte mythologique peu connu du grand public a été relevé ici de façon tout à fait honorable.

21/03/2013 (modifier)
Par Ems
Note: 1/5

Le seul point positif avec cette BD muette est que l'on ne perd pas trop de temps en raison de sa lecture rapide. Pour le reste, je n'ai pas aimé malgré le contexte de l'antiquité qui me plait en temps normal. Le dessin est particulier mais ne m'émeut pas, je ne l'apprécie pas, il est trop figé limite trop caricatural. Pour le scénario, c'est pire. Je ne suis pas rentré dedans par désintérêt. Cette BD est particulière pour ne pas dire radicale comme les avis qu'elle suscite. Il y a en qui adore, j'ai détesté.

21/08/2009 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
L'avatar du posteur Ro

Si je n'ai pas aimé cette BD alors que Quentin et Deajazz ci-dessous ont adoré, c'est sûrement pour une question de goût. Je reconnais des qualités à cette BD : l'originalité et la personnalité de son dessin d'une part, l'exotisme relatif de son récit et la façon plutôt sympathique dont il est raconté. On sent que l'auteur a mis dans cet ouvrage son coeur et son talent. Hélas, je n'ai pas su être touché. Ce dessin original, je ne l'aime pas. L'animalité de ces visages me révulse plus qu'il m'attire. Et les mimiques théâtrales des personnages ne réussissent pas à faire passer les émotions. Comment apprécier tout le jeu d'attirance de ce récit et des relations entre personnages si en tant que lecteur je les trouve repoussants ? Quant au récit, même s'il reste assez intéressant, il ne m'a pas attiré. S'entamant comme l'histoire véritable de Priape, il se poursuit et se termine à la manière d'un Oedipe inversé. J'y ai ressenti l'équivalent d'une tragédie à l'ancienne additionnée d'attirances homosexuelles et de frustrations adolescentes. Un léger sentiment de malsain ou plutôt de malaise. Bref, pour moi, un plaisir de lecture très réduit et un achat que je regrette.

09/06/2007 (modifier)
Par deajazz
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Tout comme Quentin, j'ai été également fort impressionné par cette BD de Nicolas Presl. Pour un premier album, j'ai envie de dire que c'est incroyable et je suis vraiment étonné qu'il n'y ait pas eu plus d'avis à son propos. Tout d'abord, il est bon de signaler que cette BD est muette. Je dois avouer que je ne suis pas un grand fan de ce type de BD (malgré quelques exceptions telles que Le front de Juncker et l'excellentissime Smart monkey de Whinshluss). Pourtant, le résultat est d'une rare efficacité. Pas besoin de mots, l’auteur réussi son pari en nous faisant voyager dans une histoire revisitant le mythe d’Oedipe. Pour couronner le tout, Nicolas Presl nous offre un dessin exceptionnel. Probablement influencé par Picasso, l'auteur nous distille des planches dignes de Guernica et qui se révèlent particulièrement adaptées à l’histoire. Une vraie réussite graphique qui comblera les amateurs d'arts. Bref, un auteur que je pense suivre avec un certain intérêt...

03/06/2007 (modifier)
Par Quentin
Note: 5/5

Atrabile est décidément une mine d'or pour découvrir de nouveaux talents. Pour son premier album, Nicolas Presl nous offre d'emblée une oeuvre enthousiasmante qui étonne par sa maturité. La tragédie qu'il invente prend Priape comme point de départ pour revisiter et inverser le mythe d'Oedipe. Son récit n'a besoin d'aucun mot tellement ses dessins (superbes et de style très personnel) sont expressifs. Vous aimez Blutch (Peplum) et Fabrice Neaud ? Vous allez adorer Nicolas Presl.

04/09/2006 (modifier)