L'Indien Français

Note: 3.2/5
(3.2/5 pour 5 avis)

Sauveur Pagès, jeune biologiste Français, fuit son pays pour se réfugier en Amérique en 1871 où il se fond dans la population indienne.


1872 - 1899 : de la IIIe république à la fin du XIXe siècle Circus Indiens d'amérique du nord Le western fantastique [USA] - Middle West

Sauveur Pagès, jeune biologiste Français, fuit la repression de Perpignan en 1871 et part se réfugier en Amérique où il se fond dans la population indienne. Ses talents exceptionnels en matière de biologie lui donne des pouvoirs dignes d'un sorcier indien et lui permettent de vivre entouré d'amis aussi bien humains qu'animaux et végétaux. Sauveur partagera alors sa vie entre le monde brutal des visages pâles, le monde en perdition des indiens et celui instinctif des animaux et d'Eve, la femme-loup qu'il a créée et qui est devenue sa fidèle compagne. Un western particulier teinté de science-fiction et fantastique.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 1978
Statut histoire Une histoire par tome 8 tomes parus
Couverture de la série L'Indien Français
Les notes (5)
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07/06/2005 | Ro
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L'avatar du posteur Noirdésir

Le titre, et le point de départ, m’ont un temps fait penser à un western assez méconnu, que j’avais bien aimé, « Un homme nommé Cheval », qui racontait la vie d’un blanc adopté par les Sioux (on y voyait une danse du soleil – ce qui est rarement évoqué). J’avise cette série très longtemps après l’avoir découverte, car j’ai mis beaucoup de temps à la compléter. En effet, si le premier album – et quelques autres – se trouvent relativement facilement, ce n’est pas du tout le cas des derniers, très difficiles à dégotter (surtout que je me refuse à payer d’éventuelles spéculations tentant de profiter de cette rareté). Mais j’ai quand même réussi à avoir tous les albums, et à la lire sur la durée, moi qui suis plutôt intéressé par les westerns et le monde amérindien. L’intrigue est un peu fourre-tout au départ : la Commune, la fin des guerres indiennes, une bonne dose de fantastique, et une sorte de power flower, d’écologisme avant l’heure, un peu surprenants, voilà les ingrédients mélangés par Durand pour lancer la série. Beaucoup de choses intéressantes donc (et un mélange a priori original !), qu’il va être difficile de lier. D’autant plus qu’au départ quelques naïvetés alourdissent un peu l’ensemble. D’autant plus que le dessin de Ramaïoli – surtout sur le premier album – est franchement brouillon, qui plus est avec une colorisation un peu baveuse et franchement baroque. Bref, c’est étrange, à la fois attirant et répulsif, mais j’ai passé outre cette entame, pour ne retenir que le positif, les promesses d’une histoire sortant des sentiers battus, tout en utilisant des thèmes que j’apprécie particulièrement (l’engagement politique, le monde amérindien, etc.). Le personnage principal, Sauveur Pagès, a fui la répression de la Commune (de Perpignan en l’occurrence), et il a gardé ses idées politiques (il nommera d’ailleurs sa fille «Commune » !). Scientifique, il apporte avec lui ses outils, mais surtout ses connaissances (il est biologiste) : arrivé dans les Black Hills, il se fait adopter par les Sioux Oglalas, qui le considèrent comme un « homme médecine », et accessoirement comme l’un des leurs. Cet aspect est intéressant, et rapproche cette série d’autres westerns contemplatifs, naturalistes (Buddy Longway, La Saga du Grizzli), défendant la cause indienne. Il rencontre ainsi les grandes tribus des plaines, et certains de leurs chefs emblématiques (comme les Nez-Percés de Chef Joseph dans le tome 3 – personnage, stratège, qui méritait beaucoup mieux que ce que l’histoire américaine en a retenu, ou Sitting Bull dans les derniers albums se déroulant au Canada). A côté de ça, Durand a tôt introduit du fantastique dans l’histoire, puisque Pagès vit avec une louve humanoïde (Eve, sans doute pour lui donner un avant-goût de paradis !), et que les esprits, certains animaux lui obéissent. J’aurais sans doute préféré éviter cela et rester sur une histoire plus réaliste, mais tant que cet aspect ne prédomine pas trop, ça va, et cela donne quelque chose d’original aux aventures de Pagès. Et, globalement, ce n’est pas trop prégnant – cet aspect en est même quasiment absent sur certains albums. Si les scénarios de Durand sont inégaux et parfois légers (mais globalement j’ai quand même bien aimé), le dessin de Ramaïoli s’est lui nettement bonifié au fil des tomes. La colorisation criarde disparaît après le tome 4, et le dessin lui-même est franchement très bon après les 3/4 premiers albums – quelques planches étant vraiment superbes, avec un trait franchement influencé par Giraud (avec lequel il a collaboré), même s’il s’en émancipe. Au final, c’est une série relativement méconnue, originale. Inégale, certes, mais qui mérite clairement le détour, surtout si vous êtes accros aux westerns, à la fois classiques, et avec certains aspects les faisant sortir de l’ordinaire.

02/09/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Cette belle série tranche avec les séries western traditionnelles par son ton profondément humaniste et même écologique. Elle conte les aventures d'un biologiste français qui fuit la France après l'insurrection de la Commune en 1871, pour se réfugier dans les contrées sauvages d'Amérique, où il poursuit ses expériences parmi les Indiens qui l'ont accepté et baptisé du nom de Coeur Enterré, tout en luttant contre l'injustice et l'oppression des Blancs. De plus, cette série surprend lorsqu'elle prend une tournure un peu fantastique: le héros apprivoise une louve qu'il nomme Eve, et la rend humaine; elle devient sa compagne qui lui donnera une fille appelée Commune. Ce ton insolite est plutôt rare dans ce type d'aventure. Proche de Buddy Longway à première vue, la série prend pour héros un défenseur de la cause indienne, c'est ce qui m'a attiré dans cette histoire, malgré quelques incohérences. Mais l'Histoire est implacable; en effet, le progrès des Etats-Unis empêchera ce type de vie pure et de communion fraternelle, creusant même encore plus parfois le fossé entre Blancs et Rouges (notamment le parcage en réserve), d'abord parce que ces belles idées progressistes pourraient être un frein à l'avancée de la "civilisation", et ensuite parce que le pays veut oublier la honte qui le ronge, celle d'avoir pratiqué le plus grand génocide indien de l'histoire de l'humanité. Un mot sur le dessin: le trait de Ramaïoli est assez proche de celui de Gir dont il fut l'assistant, il met un peu de temps à trouver ses marques avant de s'affiner. Cette bande surprenante et relativement peu connue débute en 1977 dans la revue Circus, mais ne connaît pas un véritable succès, ce qui explique que beaucoup de lecteurs ait revendu leurs albums, j'en ai souvent vu en occasion, façon idéale pour en acheter et découvrir cette BD.

15/06/2013 (modifier)
Par Sebper
Note: 4/5

Dès le premier album de cette série, le dessin de Georges Ramaïoli est déjà très abouti. On sent la grande influence de Jean Giraud, mais il y a en plus une forte volonté d'innovation dans la mise en page. Côté scénario, je regrette un peu que le premier album ne dispose pas d'une quinzaine de pages supplémentaires, ce qui aurait permis aux auteurs de mieux présenter leur personnage et de mieux mettre en place cet univers très riche. A part ce petit bémol, cette série se révèle vite très agréable, jouant avec les codes du western traditionnel pour les bousculer un peu. D'album en album, le dessin progresse très vite pour s'écarter du style "Giraud". Ramaïoli crée très vite son propre style. Dommage que les scénarios de Durand ne soit pas toujours à la hauteur des progrès de son dessinateur. L'indien français reste cependant une série très intéressante et très originale qu'il serait dommage de bouder.

21/11/2009 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 3/5

Hou que c'est spécial, ça !... Un bon -mais très curieux- "western fantastique pro-indien". Une série qui surprend, avec un postulat de départ vraiment hors des sentiers battus : fin du 19ème siècle, un médecin biologiste -exilé en Amérique- " transforme" une louve et a un enfant d'elle ! Original... et très curieux !... Une sorte de western qui est aussi une fable fantastique et une saga écologique. Une série qui aura -au fur et à mesure de sa progression- ses partisans et ses détracteurs. J'étais, et suis toujours, des premiers... Scénario de départ tarabiscoté ?... aventure rébarbative, voire même incestueusement morale ?... oui... mais aussi très attachante. C'est très bien mis en images par un Ramaioli dont le graphisme n'est pas sans rappeler celui de JeanGiraud (Blueberry), avec lequel -d'ailleurs- il avait travaillé. "L'indien français" débute sa saga dans le mensuel "Circus" n°9, paru fin 1977. Huit albums cartonnés seront édités de 1978 à 1992. Si vous en trouvez -car rares- oubliez le monde actuel et ses idées "politiquement correctes" ; laissez-vous entraîner par Sauveur Pagès, sa "femme" Eve et leur fille "Commune". Ils vous emmèneront dans quelque chose d'original, de surprenant, de curieux... mais néanmoins bien fait !

02/10/2006 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Sans être exceptionnelle, cette série m'a surpris par bien des aspects. Déjà son dessin, qui m'a paru assez moche, aux couleurs affreuses au début du tome 1 (orange, rouge et vert ont rarement été des couleurs qui collent bien ensemble), mais qui finalement n'est pas mauvais concernant les décors même s'il est très inégal concernant les personnages (certains personnages sont franchement moches et changeants). A partir du tome 2 ou 3, le dessin devient assez bon globalement, même si les visages de certains personnages (pas tous) laissent vraiment à désirer). Mais ensuite, la série m'a assez surpris par son personnage principal. Pour imaginer Sauveur Pagés, il faudrait trouver un juste milieu entre Buddy Longway, John Lennon (pour les lunettes et le côté hippie) et le Docteur Moreau. Si on ajoute à cela des origines Françaises de Perpignan et des souvenirs désagréables de la répression de la Commune, cela donne un personnage western assez original. D'autant plus original que le récit mêle allègrement la science-fiction et le fantastique dans son univers western : Sauveur est en effet un tel biologiste qu'il est capable de créer une femme-loup intelligente et belle ou de faire pousser des "monstroplantes" (ou presque) pour combattre ses ennemis. Bon, cet aspect un peu SF s'estompe assez vite après le premier tome pour ne garder qu'une grande affinité de Sauveur avec les animaux et surtout en gardant Eve, la femme-loup. Mais il a de quoi vraiment surprendre quand on entame la lecture de la série et qu'on voit soudain débarquer de tels éléments fantastiques sans plus d'explications logiques. Cet aspect, un peu naïf dans le premier tome, est assez bien utilisé ensuite au cours de la série. Chaque tome est composé d'une histoire plus ou moins indépendante et chaque album bénéficie de scénarios qui, s'ils ne sont pas totalement innovants et prenants, sont différents les uns des autres et assez bien foutus en même temps que relativement originaux. S'il fallait faire des reproches à cette série, ils tiendraient surtout dans l'aspect un peu amateur du scénario initial : ça sent la vieille série naïve pour le premier tome, avec énormément d'influences hippies et non-violentes dignes des années 70 qui ont vu naître la série, mais aussi dans la narration qui est parfois franchement confuse et pas vraiment au point dans les premiers tomes. On notera également quelques incohérences qui semblent à nouveau rappeler un manque de professionnalisme des auteurs (Sauveur se déclare soudain géologue alors qu'au tome précédent il affirmait ne pas l'être, un certain Abel se fait appeler Samson 2 pages plus tard puis revient à Abel etc...). Et le tout parait parfois assez naïf dans les personnages : la petite fille de sauveur, gros bébé au sourire permanent qui fait "papa papa", les juifs assez caricaturaux persécutés dans le tome 2, les trappeurs visages-pâles brutaux et poivrots, les méchants blancs prêts à lyncher tous ceux qui sont différents d'eux, etc... A nouveau, cette naïveté s'estompe au fil des tomes et c'est tant mieux. On retiendra donc, malgré quelques défauts dans la forme, un fond original et parfois surprenant, des scénarios pas mauvais et une série qui mérite d'être lue par curiosité.

07/06/2005 (modifier)