Tetfol

Note: 3.67/5
(3.67/5 pour 6 avis)

Tetfol est un garçon sauvage, qui a grandi parmi les loups, évoluant dans un monde fantastique et anaphorique, empli de liberté.


BDs oubliées Journal Tintin Le Lombard Les Loups

Tetfol est un jeune garçon, à l'écart de sa civilisation, élévé par un ermite et parmi les loups. Il va de découverte en découverte, conférant à ses aventures une dimension initiaque passionante. Il croise à plusieurs reprises le Fourchu, "va petit pion, et que la fatalité s'accomplisse", dit-il, voyant notre héros s'éloigner et agir selon ses convictions ; il rencontrera un chevalier en quête de la verveine ; une fée de la cascade prisonnière d'un barrage construit par un pur rationaliste ; un "Faust" voulant soumettre les loups par la science, même s'il doit y perdre son âme ; il se mettra en quête du grand livre où sont écrit les destinées de chaque être humain ; affrontera les quatre héraults de l'apocalypse... Une jolie quête qui s'établit au fil des tomes... Vous l'aurez compris, chaque histoire, entre réel et songe, est une sorte de parabole, de métaphore de notre monde, et c'est un délice...

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 1981
Statut histoire Une histoire par tome 7 tomes parus

Couverture de la série Tetfol © Le Lombard 1981
Les notes
Note: 3.67/5
(3.67/5 pour 6 avis)
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15/06/2003 | Nirvanaël
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Il est des moments de grâce improbables que l’on n’a pas vu venir et qui procurent un émerveillement tout à fait merveilleux. Contexte : me revoilà proche des 2000 albums il va falloir refaire un nouveau tri, celui-ci s’annonce difficile car plus de 700 albums sont partis depuis 5 ans, ah si les deux rangées du bas dans la bibliothèque là, il doit y avoir encore du gras. Tiens 6 albums Tetfol, encore un vieux truc pour gamins parus dans tintin dans les années 70, on va quand même les relire avant de les faire partir. Rhaaaaa Quelle redécouverte, quelle surprise… A noter qu’il y a généralement plusieurs histoires dans un tome. Le scénario du tome 1 assez classique nous présente les origines de Tetfol, rien d’extraordinaire mais histoire bien ficelée avec une bonne synthèse narration-dessin sans pour autant montrer une technique géniale. Et puis une histoire courte à la fin tout à fait merveilleuse qui éveille les sens et la curiosité. On est alors obligé de lire le tome 2 et là commence le rêve. Magnifique tome 2 rempli de symboles, de poésie, sortant des chemins scénaristiques confortables pour présenter des personnages plus complexes qu’une lecture superficielle pourrait laisser voir, les dessins progressent en particulier dans la scénarisation du poétique, on commence à le palper dans le trait. Viennent ensuite l’apogée les tomes 3 et 4 sont des bijoux de poésie, de merveilleux présentés au lecteur dans un écrin de lumière tout à fait extraordinaire. Nous ne sommes pas dans un conte avec des sentiments bien-pensants remplis de conventions, ici le lecteur n’est pas confortable, il se voit dans ses faiblesses, les arêtes du récit sont dures à nos confortables et individualistes réflexes. Le dessin a trouvé son âme et les couleurs, les traits font exploser la poésie du texte, l’hymne à la civilisation. Le tome 6 nous raconte une histoire de bannis, même bannis ils trouvent le moyen de s'entre-tuer, et il n’y a qu’un externe à leur guerre qui va les réunir et leur redonner espoir. Pour leur malheur, leur refus de changer les entraînera dans leur perte. Il y a du Don Juan dans cet opus Le dernier tome mélange les mythes pour une création tout à fait réussie, une fois encore notre héros n’est pas tout puissant et les messages tout en nuance rendent le récit tout à fait passionnant. Une fois ces tomes avalés on se dit que nombre de très gros succès du 9eme art postérieurs n’ont finalement rien inventé et qu’une matière incroyable réside dans ces opus. On se dit aussi que le lectorat de Tintin des années 70 n’était peut-être pas le meilleur pour ce genre et que le journal « (À suivre)» aurait probablement donné une meilleure place à cet auteur qui par la suite, à part dans Le Maître des brumes, n’arrivera pas à retrouver une telle poésie dans ses lignes. Non seulement les opus ne partiront pas, mais il va me falloir trouver le tome 5 manquant. J’aurais en l’espace de plusieurs soirées retrouvé une poésie non formatée loin des blockbusters actuels. Le dessin nettement moins inspiré du cinéma que dans les productions actuelles trouve une sensibilité exacerbée non ressentie depuis fort longtemps, les scénarios moins implacables et moins confortables pour le lecteur que les productions actuelles rendent la lecture beaucoup plus riche et durable. Si l’opus échappe au ultime aujourd’hui, peut-être qu’une prochaine relecture nivellera par le haut une série qui me semble injustement oubliée.

30/07/2015 (modifier)