Journal inquiet d'Istanbul

Note: 3.33/5
(3.33/5 pour 3 avis)

L'histoire vraie d'Ersin Karabulut, célèbre artiste de bande dessinée turc ; son parcours des banlieues déshéritées d'Istanbul aux sommets de l'édition et de la presse satirique ; comment il vécut, parfois en première ligne, les bouleversements et l'agitation politique de son pays, une Turquie transitant lentement d'une démocratie à un régime autoritaire.


Autobiographie La Turquie Profession : bédéiste

En même temps qu'il raconte son parcours d'artiste et de citoyen lambda, Ersin Karabulut dresse le portrait d'un pays tiraillé par des antagonismes politiques et sociétaux profonds, dont l'histoire récente est faite de coup d'états, d'espoir, de désillusion et de drames.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 19 Août 2022
Statut histoire Série en cours 1 tome paru
Dernière parution : Moins d'un an

Couverture de la série Journal inquiet d'Istanbul © Dargaud 2022
Les notes
Note: 3.33/5
(3.33/5 pour 3 avis)
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17/08/2022 | Mac Arthur
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Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
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Les débuts d'un jeune auteur de BD en Turquie. Un dessin et un regard agréable, sur un sujet nouveau pour moi, mais qui rappelle le Persepolis de Marjane Satrapi en Iran, ou L'Arabe du futur de Riad Satouf dans les périodes syriennes, c'est-à-dire le regard d'un enfant sur une dictature en formation. Des points communs donc entre ces trois récits : la distorsion entre le regard d'un enfant qui fait part de ses observations judicieuses sur un environnement que les adultes ne peuvent percevoir de la même façon, grippés qu'ils sont par la peur, l'inquiétude, la résignation ou l'indignation. Une part d'humour donc provoqué par ce décalage enfants/adultes et observation factuelles/motivations politiques. Les trois livres ne vont pas cependant aussi loin que le Guide Sublime de Fabrice Erre qui s'affranchit complètement de la réalité pour mettre son dictateur imaginaire aux prises avec le ridicule de ses décisions, un ridicule qui arrive presque à désarçonner ses bras droits. Ici nous sommes les deux pieds dans la réalité historique Turque, plus récente toutefois que celle retranscrite en Iran par Marjane Satrapi qui remonte au shah et même rêve à la naissance de la Perse. L'environnement social d'Ersin Karabulut (quel nom dépaysant) est constitué de personnes éduquées et plutôt modérées, mais pas très riches et qui ne souhaitent pas faire de vague. Ici peu de référence à une famille élargie comme dans les deux autres albums, c'est le milieu des revues de BD qui l'intéresse, et la montée des barbus qui est le principal ressort dramatique, c'est peut-être pour ça que je suis moins emballée. On sait peu de chose de l'histoire de sa famille, que fait sa sœur, etc... et finalement, cela manque d'épaisseur psychologique Le coup de cœur porte surtout sur le dessin : un caractère des visages qui me rappelle un peu Derf Backderf (Mon ami Dahmer) , du comics underground, mais adouci par la colorisation aquarellée. A mesure que l'enfant grandit, sa vision du monde semble devenir plus proche de la réalité et le dessin devient, lui aussi, plus réaliste. Des photos en fin d'album permettent d'en juger. Ce passage de la caricature comique vers le dessin sensible et précis laisse imaginer un avenir différent pour cet auteur. En tout cas retenez ce nom : Ersin Karabulut, prononcez-le à haute voix, pour le plaisir : je pense qu'on entendra parler de lui...

23/11/2022 (modifier)