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Le Marsupilami de Frank Pé et Zidrou

Note: 4.25/5
(4.25/5 pour 4 avis)

Capturé en pleine Palombie par des Indiens Chahutas et vendu à des trafiquants d'animaux exotiques, un marsupilami débarque dans les années 50 au port d'Anvers.


1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide L'univers de Spirou et Fantasio Les prix lecteurs BDTheque 2020 Spin-off Wallonie

Réussissant à s'enfuir, il arrive dans la banlieue de Bruxelles et est recueilli par François, un jeune garçon fan d'animaux dont le quotidien est loin d'être facile. Le début d'une aventure passionnante, parfois sombre mais toujours porteuse d'espoir, et d'une belle amitié.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 09 Octobre 2020
Statut histoire Série en cours 1 tome paru
Dernière parution : Moins d'un an
Couverture de la série Le Marsupilami de Frank Pé et Zidrou
Les notes (4)
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07/10/2020 | Ro
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Par Montane
Note: 4/5
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Frank Pé n’aura pas produit beaucoup d’albums en 40 ans de carrière. Mobilisé par un projet de zoo et par la fréquentation de festivals au cours desquels il réalisait de longues fresques animalières, il a pu donner le sentiment qu’il était fâché avec le monde de la bande dessinée. Toutefois il laissera quelques albums marquants avec notamment le premier album de Broussaille «  Les baleines publiques », la trilogie de «  Zoo » également et il est probable que ce double album de « La Bête » rentrera dans cette catégorie. Comment adapter un personnage déjà fortement connu? Se placer dans les pas de son créateur en restant le plus fidèle possible? Ou apporter sa propre touche et donner sa propre vision ? Frank Pé a choisi cette seconde solution et il a eu raison. La vision de la créature créée par Franquin est loin du sympathique animal apparu notamment avec le «  nid des marsupilamis ». Sa version à lui est plutôt celle d’un King Kong, c’est à dire un animal arraché à son milieu naturel et qui se retrouve mis en cage dans une grande ville d’un pays occidental. Qu’adviendra t-il de cet animal mythique qui se retrouve dans le Bruxelles des années 50? Comment Frank la rattachera-t-il (ou pas) à son univers d’origine au milieu de Spirou et Fantasio? C’est là tout l’interêt du second tome à venir. Ce premier volet est en tous cas une réussite. Tant sur la forme que sur le fond avec ce format carré de l’album qui détonne. L’histoire est assez sombre avec ce petit garçon fruit des amours d’une mère célibataire avec un soldat allemand et qui est ouvertement ostracisé par ses petits camarades. Il vit dans un quartier misérable avec une mère qui tente de l’élever de son mieux. Jusqu’au jour où il croise cette étrange créature que personne ne connaît qui elle aussi a connu les pires atrocités lors de son arrivé par cargo en Europe au port d’Anvers. Graphiquement l’album est superbe même si on pourrait reprocher à Frank d’avoir du mal à renouveler son graphisme pour les personnages féminin. Les lecteurs de «  Zoo » comprendront à quoi je fais référence. La suite est attendue avec impatience.

06/11/2020 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
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Bwouf...je viens de terminer La Bête et c'est excellent. Le dessin et surtout la mise en page sont très bien maîtrisés et parcourir les pages de cet album est un véritable plaisir. La scène d'introduction est parfaite, la cohérence de l'ensemble, le travail de présentation des personnages... du très beau boulot et on ne peut que se prendre d'affection pour Fran(z)çois, sa mère, Monsieur Boniface et autres seconds rôles. Le tout a un côté cinématographique très prononcé, notamment dans les angles de vue et le déroulement. Certaines planches retranscrivent à merveille les émotions des personnages sans avoir besoin de montrer leur visage ou de les faire parler... Bref, une très très bonne surprise et je recommande vivement la lecture de cet album riche en émotions.

24/10/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sloane

L'expression est un peu galvaudée mais là quelle claque mes aïeux quelle claque. Qui ne connaît pas le Marsupilami à part peut être un ou deux gamins lobotomisés qui s'abreuvent sur Fortnite et ses courbes harmonieuses. Le Marsupilami une créature charismatique de Franquin dont nous avons suivi les aventures avec délice. Quel lecteur enfant n'a pas rêvé d'avoir chez lui ce Marsupilami ? Ce gros volume de plus de 150 pages est une pure merveille et je pèse mes mots. Sans faire dans le manichéisme les auteurs rendent un très bel hommage à la créature issue des aventures de Spirou et Fantasio tout en dénonçant la maltraitance et le trafic d'animaux exotiques. C'est aussi une belle histoire d'un enfant qui ramène à la maison toutes sortes d'animaux estropiés et qui suite à des démêlés avec ses camarades de classe trouve sur son chemin cet animal fantastique. Car cet album est sombre, le jeune François vit avec sa mère, son père étant un soldat allemand retourné au pays à la fin de la guerre. Pour eux la vie n'est pas simple et la vie du jeune garçon est rythmée par un instituteur bienveillant et sa horde de bestioles toutes affublées d'un handicap ce qui permet de mettre quelques touches d'humour dans le récit. Et puis il y a le dessin de Frank Pé, sublissime. L'on savait depuis Zoo qu'il savait dessiner les animaux mais là c'est un véritable festival. Mais s'il n'y avait que cela, ses pleines pages du port d'Anvers en début d'album sont saisissantes. Admirez également la double page qui nous présente le Marsupilami (pages 76 / 77). C'est donc une revisite sombre, très sombre parfois, de notre enfance que proposent les auteurs. Je souhaiterais transmettre mon enthousiasme au plus grand nombre pour ce magnifique hommage à un très grand auteur et à l'une de ses plus belles créations. Coup de cœur évidemment en attendant le tome 2.

10/10/2020 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
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Voilà un album et l'entame d'une série qui sort vraiment des sentiers battus. Zidrou et Frank Pé rendent hommage au Marsupilami, la fameuse création de Franquin, en lui offrant une mise en scène à la fois proche et très éloignée de celle du gentil animal jaune auquel nous sommes habitués. Ils nous le présentent en effet dans son rôle le plus animal et réaliste, l'imaginant capturé, maltraité et se retrouvant à errer dans la pluvieuse campagne belge des années 50. Ce n'est pas la créature fabuleuse souriante et douce : c'est là un vrai animal sauvage, farouche, dangereux, en partie malade et puant. Autant dire que les premières pages de cette série sont assez sombres. D'autant que le jeune héros qui va faire la rencontre du Marsupilami n'a rien d'une vie douce lui non plus. Vivant seul avec sa mère, fils d'un soldat allemand qui les a abandonnés, humilié par ses camarades de classe, il se réfugie dans son amour pour les animaux, notamment ceux qui sont les plus faibles ou handicapés, au point de recueillir une vraie ménagerie dans leur petite maison. Sombre et rude, mais également superbe ! Les planches de Frank Pé sont exceptionnellement belles. Il mêle habilement des personnages de type franco-belge et des décors réalistes dont certains sont grandioses, comme les grands dessins pleine page qui introduisent le récit. Et bien sûr, comme on le sait depuis sa série Zoo, il n'a pas son pareil pour dessiner les animaux, toutes races confondues. Eux aussi mêlent réalisme et des faciès pourtant très expressifs et vivants, rapidement attachants. Le tout avec de formidables couleurs, certes volontairement ternes au début d'album mais s'illuminant peu à peu au fil des pages. L'intrigue a de quoi dérouter pour qui s'attend à retrouver le Marsupilami fier et doux, jolie peluche colorée et amusante. Comme le titre l'indique, c'est ici une vraie bête sauvage, menaçante et en partie repoussante. Même sil sait se montrer plus calme, son comportement instinctif souvent brutal et très méfiant le rend moins charismatique et moins attachant pour le moment que celui de Franquin. De même, leur histoire, à lui et au jeune héros, n'est pas des plus gaies. Heureusement, on y trouve ça et là différentes touches d'humour et autres moments mignons pour égayer un peu l'atmosphère d'ensemble. Et on réalise assez vite que ce n'est que l'entame d'une intrigue de longue haleine, car cet album de plus de 150 pages est le premier d'une série qui s'entame et où la relation entre le jeune héros et la bête va se bâtir peu à peu et où on imagine que le soleil finira par briller après la pluie. Avec un tel graphisme, mais aussi avec des personnages très sympathiques tels que la mère du héros et son instituteur, il y a les ingrédients de départ d'une série marquante, forte et belle.

07/10/2020 (modifier)