Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire - Commander en ligne : pourquoi BDfugue ?

Gentlemind

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 4 avis)

Un récit profondément touchant, sur trois décennies, du rêve américain au féminin !


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale Auteurs espagnols Auteurs italiens La BD au féminin New York

New-York, 1940. Navit, une jeune artiste désargentée, hérite d'un journal de charme quelque peu désuet : 'Gentlemind'. Combative, intelligente et audacieuse, elle s'improvise patronne de presse et se lance le défi insensé d'en faire un magazine moderne. Hantée par le souvenir de son amant disparu sur le front en Europe, elle doit affronter la réalité d'une société américaine en plein âge d'or mais résolument machiste...

Scénaristes
Dessinateur
Coloriste
Traducteur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 21 Août 2020
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Gentlemind

24/08/2020 | Mac Arthur
Modifier


L'avatar du posteur Mac Arthur

Cette série bénéficie de nombreux atouts, tant au niveau du scénario que de sa mise en images. Au niveau du scénario, d’abord, ce récit brasse plusieurs genres et on ne sait si l’on est devant une comédie romantique américaine des années 50', une saga économique qui va nous conter l’ascension d’un petit magazine, une comédie dramatique qui revisite le thème du triangle amoureux ou une évocation historique de l’Amérique des années 40 et de son rêve bien connu… En fait, je pense que ce récit, c’est tout ça et bien plus encore. Ces nombreuses thématiques nous donnent un premier tome riche et, au début, quelque peu décousu. Il faut en effet aux auteurs le temps de placer chacun de leurs personnages et de tisser la toile dans laquelle ils vont devoir se mouvoir, chacun pris dans les fils d’un passé blessant. Mais une fois cette mise en place faite, le récit (déjà plaisant jusque là) prend encore une autre dimension et devient carrément passionnant. Les personnages ne cessent de grandir, rongés qui par le remord, qui par la rancœur, qui par le regret. Et si l’on sent que le drame n’est pas loin, l’humour est bien présent. J’ai particulièrement apprécié le brainstorming duquel les nouvelles idées éditoriales vont surgir pour le renouveau du magazine qui donne son nom à la série. Mais j’ai tout autant apprécié l’aspect dramatique du triangle amoureux. Un triangle à géométrie variable, serais-je tenté de dire, d’abord formé de la belle, du milliardaire transi et de l’artiste maudit puis, à la disparition du milliardaire, de la belle, de l’artiste reconnu et de l’avocat à la recherche de sa propre dignité. Un scénario riche, donc, et très intéressant par plusieurs aspects. Mais un scénario encore sublimé par une mise en images dont je suis résolument fan. Antonio Lapone, grand artiste du style atome, ne cesse de se réinventer. Et ici, clairement, j’ai l’impression d’être devant un style atome version 2.0. Sans renier un Chaland, Antonio Lapone apporte à son trait racé une grande richesse et une belle profondeur grâce à une mise en couleurs originale, audacieuse et élégante. En limitant sa palette de couleurs par planche, il crée constamment des ambiances différentes en parfaite harmonie avec l’histoire. Et puis, que dire de sa mise en page ? Qu’il ne s’agisse que d’une grande case ou d’une planche découpée en de nombreuses cases, Antonio Lapone parvient toujours à occuper judicieusement l’espace. La composition des planches est extrêmement variée et agréable à décortiquer, à analyser… Mais a posteriori, lors d’une relecture. Car à la première lecture, c’est l’histoire qui happe ! Ce dessin est magnifique d’esthétisme mais toujours au service du récit. Du grand art… et comme l’histoire n’est pas en reste, les deux aspects n’ont de cesse de se renforcer l’un l’autre. Vous l’aurez compris : je suis fan. Et comme la série est prévue en deux tomes et que cette première partie est déjà riche de 80 planches, je retrouve deux aspects techniques qui me plaisent : une histoire riche et complexe… mais suffisamment courte pour ne pas me perdre en cours de route. Vivement la suite !

24/08/2020 (modifier)