Akkinen - Zone toxique

Note: 4/5
(4/5 pour 4 avis)

Dans une ville ouvrière du grand nord, Gaspar s’oppose peu à peu à la société d’hydrocarbure de son frère Elias. De son côté sa fille fait la connaissance d’Aslak et Pekko, tous deux persuadés que Géotrupe n’est pas nette.


Environnement et écologie Les petits éditeurs indépendants Pays scandinaves

Sur le chemin d’Akkinen, Gaspar et Tessie dînent dans un relais routier. En bavardant avec un certain Arto, ils apprennent que le but de leur voyage n’a pas bonne réputation et que le travail y est difficile. Mais Gaspar est confiant. Après tout, c’est son frère, patron de Géotrupe, qui lui propose ce boulot sur un site à réhabiliter. Pour occuper ses journées, Tessie profite de la nature et fait connaissance des locaux. Il rencontre en particulier Aslak, un artiste solitaire qui croit aux magméens, un peuple qui vivrait sous la terre. Cela stimule la créativité de la jeune fille, qui décide de créer un herbier. Plus tard, il lui présente Pekko, son vieil ami touche-à-tout qui s’intéresse de près à la qualité de l’eau des rivières alentours. Selon lui, sa femme en est morte et il est décidé à mener ses propres analyses pour contredire le discours rassurant tenu par la firme. Pendant ce temps, dans le hall de l’entreprise, un groupe de cordistes viennent demander du matériel correct pour travailler. Un des leurs est tombé dans une cuve et ne remarchera plus normalement. Elias, le Frère de Gaspar, reçoit les deux meneurs dans son bureau. Vitruve, un assistant informatique, connait la suite par cœur : un mot de trop et c’est retour à l’envoyeur…

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 07 Février 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Akkinen - Zone toxique
Les notes (4)
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22/04/2018 | Erik
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L'avatar du posteur Noirdésir

L’histoire se déroule dans une ville minière du « Grand Nord » (les noms de personnages et de lieu renvoient vers la Finlande, mais cela pourrait tout aussi bien se dérouler dans le Nord du Canada, où ce genre de choses s’est beaucoup développé ces derniers temps, avec les conséquences humaines et écologiques qu’on imagine). Un homme débarque dans cet espace du bout du monde pour y travailler dans une mine où l’on extrait des schistes bitumineux. Pendant qu’il débute son travail, sa fille découvre la région, mais aussi certains de ses habitants, plus ou moins marginaux, et qui luttent contre les ravages écologiques de la mine. Peu à peu une intrigue policière s’ajoute – tout en étant bien relié à ce thème – à la découverte de la folie que constitue l’extraction et le traitement (à base de produits chimiques très nocifs) de ce type de pétrole. Et l’on voit bien l’ambiguïté du système, puisqu’une partie de la population et la police, dépendant de l’entreprise pour vivre, se trouvent de facto complices de quelque chose qui les détruira à terme. Si la chute de l’histoire peut paraître un chouia optimiste, elle ne fait que laisser des points de suspensions, comme la pollution, qui détruit et détruira des écosystèmes pendant encore des siècles, pour quelques barils (et royalties versés à de lointains actionnaires). L’histoire est bien menée, simplement, à son rythme. Les personnages sont eux aussi simples, on ne sombre pas dans une caricature manichéenne. Et le dessin (particulier pour les visages) est lui aussi finalement intéressant, comme l’est le choix des couleurs (une économie de moyens au service d’une histoire simple et forte). Un album à découvrir. Note réelle 3,5/5.

24/03/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
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Il y a longtemps que cet album me faisait de l’œil avec son étrange couverture. D'abord j'aime beaucoup cette idée de sculptures faites avec des objets de récup' et puis un feuilletage rapide me promettait du dépaysement, l'action de l'histoire se situant dans le grand nord, peut-être vers l'Alaska ou la Norvège. Curieusement alors que le graphisme de cette histoire n'est pas celui que je préfère, il m'a tout de même permis de ressentir cette ambiance finalement assez lourde, étouffante de ce bout du monde où une très grosse entreprise régit la vie d'une population entière. Iwan Lépingle a pourtant su éviter le piège du cliché avec des personnages trop marqués. Après une présentation des lieux, des protagonistes, l'histoire déroule tranquillement dans ce qui se révèle comme une enquête policière, même si la dite police ne fait pas grand chose. A ce propos d'ailleurs je m'étonne de voir cette BD classée dans le thème "aventure", sans doute celui de "policier/thriller aurait 'il été plus approprié. Pour moi c'est une belle découverte sur un thème oh combien d'actualité qui sait être subtile, pas trop manichéenne, bref de la bonne BD qui sait divertir tout en faisant réfléchir un brin, à lire bien sûr.

02/01/2019 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

C'est en trainant mes guêtres du côté du stand de Sarbacane que je suis tombé sur cet album à la couverture intrigante. Le temps de le feuilleter, d'échanger quelques mots avec l'auteur Iwan Lépingle et zou! me voilà conquis ! "Akkinen" nous entraine dans le quotidien du Grand Nord où débarquent Gaspar et sa fille Tessie. Pas facile de se faire accepter dans ces rudes contrées même si pourtant c'est le frère de Gaspar qui gère LA grosse entreprise locale qui emploie la majorité des actifs du coin. Pendant que son père va travailler pour son frère comme chauffeur de camion, Tessie dont la rentrée scolaire n'est prévue que pour dans 15 jours, va faire la connaissance d'Aslak, artiste un peu simple d'esprit qui passe le clair de son temps à réaliser des sculptures avec les restes métalliques des chantiers, usines et carcasses qui trainent, et de Pekko, un ancien qui cherche à prouver que Géotrupe est responsable de la mort de sa femme à cause de la pollution de l'eau due aux rejets toxiques de l'usine. On sent d'emblée que la relation entre les deux frères est loin d'être sereine et la disparition de Pekko va exacerber les tensions locales et familiales jusqu'au dénouement de l'album. Si la couverture pourrait laisser penser que le fantastique pouvait être de la partie, on est plutôt dans un polar socio-écologique qui prend son temps pour imposer ses personnages et une ambiance. Et côté ambiance, Iwan Lépingle sait y faire grâce à un dessin simple mais très efficace rehaussé uniquement d'un rouge symbolisant le poison que distille Géotrube. On se laisse doucement bercer et anesthésier à l'image de la population locale dépendante du groupe industriel qui fait vivre la communauté et l'intrigue monte tranquillement mais surement en intensité jusqu'à la fin. Un album subtil et intelligemment mené qui donne envie de découvrir le reste du travail d'Iwan Lépingle.

14/08/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

L'auteur n'a que trois albums à son actif à savoir Kizilkum (2002), Rio Negro (2007) et cette année Akkinen (2017). A chaque fois, c'est une belle réussite au rendez-vous. De la vaste Patagonie avec Rio Negro, on passe dans le Grand Nord avec toujours la nature des grands espaces comme élément de son oeuvre. Les thématiques sont toujours sérieuses. Ici, il s'agira de la pollution par de grandes entreprises d'hydrocarbures. On peut apercevoir une couverture assez trompeuse bien que reflétant la réalité. On pourrait penser à une rencontre un peu bizarre mais il s'agit d'une oeuvre d'art avec du matériel de récupération. C'est un album dans la pure veine de l'écologie responsable.

22/04/2018 (MAJ le 23/04/2018) (modifier)