Berck

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Dérives d'un personnage énigmatique: la poésie de Gébé s'incarne en Berck.


Qui est Berck ? Que pense-t-il ? Gébé nous entraine dans une dérive poétique à laquelle il faut être sensible.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 1965
Statut histoire Strips - gags 1 tome paru
Couverture de la série Berck
Les notes (2)
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19/10/2016 | Noirdésir
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Par Canarde
Note: 4/5
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Beaucoup de livres pour enfants d'aujourd'hui prennent ce motif du personnage pas comme les autres, qui est rejeté et qui finit par trouver sa place. Ici la fin n'est probablement pas aussi convenue, mais le début non plus... On ne peut pas dire que berck soit rejeté. Simplement il est seul au milieu des autres, et c'est sans doute le sentiment que peut avoir un enfant au milieu des adultes. Et peut être l'humain qu'était GÉBÉ au milieu des autres humains.... J'ai lu cet album quand j'étais enfant. Et je crois qu'il m'a donné beaucoup : l'étrangeté du personnage, amoral, bizarre, inconvenant, mais assez calme dans son genre, m'a appris à me méfier des préjugés, à ne pas avoir peur devant ce qui déconcerte. En partie grâce à ce livre mais aussi à mes parents qui l'avaient laissé venir entre mes mains, j'ai grandi plus vite. Le dessin de GÉBÉ est une chose froide et pleine de surprise. Pas de gnangnan, pas de mamour, mais pas de violence non plus. Le trait, juste le trait... Et la poésie. Bref, lisez et faites lire Berck !

21/10/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Gébé est un auteur réellement à part, auteur d’une œuvre très originale – et qui l’était déjà « à son époque » : « Berck » n’est clairement pas le genre de lecture qui va captiver le lecteur lambda, on est très loin du formatage habituel de la production contemporaine. Gébé développe un univers très personnel, poétique, parfois doucement absurde, quasi intemporel. Berck est un personnage improbable, qui court-circuite toute sociabilité, qui est indifférent ou lunaire, aime manger des fleurs. Quelques ressemblance avec l’humain, ce qu’il aurait de désincarné ? Avec une tête en forme de masque… Créature parfois inquiétante – par sa résistance aux émotions, parfois porteuse d’une poésie désuète ou noire, Berck promène sa silhouette dans des décors simples. Si certaines critiques affleurent parfois (sur la société, les relations humaines), Berck ne porte aucun message, n’est le héraut d’aucune révolte. Mais ce personnage – et la narration (minimaliste) qui le fait se mouvoir, devait participer au cocktail explosif et bourré d’énergie de Hara-Kiri, dans lequel il a d’abord été publié. Après, c’est une affaire de goût, j’ai moins accroché à « Berck » qu’à la plupart des histoires de Une Plume pour Clovis - même si thème et tons ne sont pas totalement équivalents. Un album à emprunter. Même s'il peut se trouver vraiment pas cher en collection de poche Folio (feuilletage préalable conseillé, car c’est un univers très particulier). J’ai mis la couverture de la dernière édition en date, mais l’univers de Berck a d’abord été publié aux éditions du Square dans la série bête et méchante de Hara-Kiri en 1965, puis en poche (Folio) en 1978, à La Découverte en 1992 et donc aux Cahiers dessinés en 2015.

19/10/2016 (modifier)