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Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle

Note: 3.64/5
(3.64/5 pour 28 avis)

Récit du destin tragique d'un esclave noir au XIXème siècle


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Adaptations de romans en BD Esclavage

Fils d'un chef de tribu africain, Atar Gull fait le serment de ne jamais pleurer, de ne jamais se soumettre. Mais son destin le rattrape, et le voila emporté en esclavage par le terrible capitaine Brulart La haine d' Atar Gull sera à la hauteur des sévices qu'on lui impose, à lui et à ses proches.

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 07 Octobre 2011
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle © Dargaud 2011

19/10/2011 | Pacman
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Par karibou79
Note: 4/5
L'avatar du posteur karibou79

Après le fabuleux Tyler Cross, le duo gagnant de ses auteurs nous offre cette superbe adaptation de roman. Rien que le titre et la couverture sont glaçants de majesté, annonçant le destin implacable d'Atar Gull, surhomme prêt au sacrifice des autres. Quel portrait de cet esclave dans cet endroit dur du 19ème siècle qui se promettra de ne jamais verser de larmes. Et pourtant le scénariste aurait facilement pu nous en faire couler en abordant les malheurs engendrés par l'esclavagisme de l'époque. Mais il a la sagesse de dérouler la réalité des faits sans tomber dans le pathos facile, pour suivre l'histoire d'Atar Gull. Le graphisme pourra en rebuter plus d'un, pour moi ces personnages et décors parfois monolithiques collent parfaitement à l'esprit du récit, participant à la construction d'un personnage destiné à devenir mythique. Les couleurs, simples, mettent immédiatement l'histoire en place (le bleu - la mer, le jaune - le matin, le noir - la réflexion...). Vraiment je ne vois rien à y redire.

05/08/2022 (modifier)
L'avatar du posteur Tomdelapampa

Atar Gull me fit l’effet d’une petite claque lors de sa sortie. Bruno m’avait déjà conquis mais là il a franchi un palier, sa 1ère collaboration avec Fabien Nury, une association qui fera date et qui perdure. Je ne connais pas l’œuvre originale mais j’ai trouvé cette adaptation très très bonne. Une lecture qui me captive à chaque fois. Pourtant les personnages sont tout sauf attachants, un récit dur de vengeance sur fond de commerce triangulaire. Passionnant de bout en bout, de part son séquençage et finalement ces 2 personnages (l’esclave et le capitaine) bien ancrés dans leur époque. C’est tout sauf manichéen. Une œuvre réussie, réalisée par un tandem de choc.

18/07/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 3/5
L'avatar du posteur Solo

Une BD parcourue avec réel intérêt, mais le caractère minimaliste du récit m'aura empêché d'entrer franchement dans cette histoire. Dommage, parce-que l'histoire est en soi vraiment intéressante. On dirait que toutes les connaissances et atrocités de cette période tragique se retrouvent dans un concentré de dialogues courts et bigrement efficaces. Le dessin m'a aussi pas mal plu, alors que ça n'est pas forcément mon style de prédilection, notamment grâce à l'émotion qui réussit à se dégager chez les personnages. Et puis ce que j'ai le plus aimé dans la forme, c'est la colorisation ! Un rendu absolument superbe. Mais mais mais... J'ai pas réussi à entrer entièrement dans le sujet. Pour ce type de récit, peut être que je préfère quand les auteurs prennent le temps de poser le contexte et cherchent à fournir plus de matières à la lecture. Ça s'enchaîne trop rapidement pour moi, j'ai pas eu le temps de ressentir de l'empathie pour cette histoire qui en demande, je suis pas complétement emballé par le leitmotiv de notre Atar Gull, et j'ai cette mauvaise sensation de rester en surface, sans savoir comment interpréter cette BD avec plus de profondeurs... Peut être le caractère minimaliste qui me bloque, je sais pas... Mais cela reste une histoire qui vaut le détour, commencer par emprunter à la bibli me paraît le bon choix!

26/06/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Calimeranne

Cette bande dessinée me faisait de l’œil depuis sa sortie, et la lecture du superbe Tyler Cross m’a encore plus donné envie de découvrir cet opus réalisé par le même duo d’auteurs. Techniquement, l’album est une réussite : Fabien Nury mène à merveille la narration ; quant à Brüno, personnellement j’aime beaucoup son dessin qu’on reconnait entre mille, ainsi que sa mise en scène. Cerise sur le gâteau, les couleurs de Laurence Croix sont superbes. Cela peut sembler étrange, mais j’ai trouvé que son graphisme peu réaliste renforçait la dureté de certaines scènes. L’histoire est très intéressante, et le thème de l’esclavage m’a beaucoup touchée ; j’ai apprécié que les personnages ne soient pas trop caricaturaux, en particulier le maître d’Atar Gull. Mon seul regret est d’être restée un peu sur ma faim : j’ai trouvé la deuxième partie trop courte par rapport à la première, j’aurais aimé que le récit se focalise un peu plus sur le personnage d’Atar Gull. Quelques pages supplémentaires pour mieux recentrer l’histoire sur son personnage principal n’aurait pas été un luxe. Quoiqu’il en soit, j’ai beaucoup aimé cette bande dessinée que je recommande chaudement.

25/01/2020 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ju

Comme beaucoup, c'est après avoir découvert Tyler Cross que je me suis penché sur cette bd des deux mêmes auteurs, publiée deux ans auparavant. Comme toujours, le dessin de Brüno marche totalement avec moi. Cette fausse simplicité, ces personnages dessinés très simplement mais aux expressions si profondes, et si impressionnants sur certaines cases.. Bref, Ätar Gull fait partie de ces bds où le dessin est un plus, une valeur ajoutée : il ne se contente pas de servir l'histoire, il la bonifie. Après, je sais que le style de Brüno ne plait pas à tout le monde, et certains novices de l'auteur pourraient être désarçonnés par ce dessin très particulier. Côté scénario, c'est prenant et assez original : la vie des esclaves dans les plantations, c'est certes déjà vu mais toujours intéressant, et abordé sous un angle intéressant. Je trouve que le scénario est plus original que ceux de Tyler Cross, par exemple, cela étant en partie dû au fait qu'il s'agit d'une adaptation de roman. En revanche, la narration est moins efficace, et je peux comprendre certaines critiques lues sur ce site, qui disent que le personnage du héros les a dérangé car trop impassible et muet. Dans Tyler Cross, la narration pallie à cela, pas dans Ätar Gull. Personnellement cela ne m'a pas dérangé, mais je peux comprendre ceux que ça aura gêné. L'histoire est rythmée et bien racontée et, je l'ai dit, magnifiquement mise en valeur par le dessin. Ca nous donne un résultat très agréable et, si vous avez apprécié Tyler Cross, vous ne pourrez qu'aimer "Ätar Gull"

03/05/2018 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Cela fait la deuxième fois que je m'aventure dans une histoire dessinée par Brüno, après Tyler Cross me voici donc découvrant Atar Gull. Finalement si son dessin n'est pas mon style je dois avouer que c'est donc la deuxième fois que je me trouve piégé par un je ne sais quoi d'assez envoutant. Le cadrage?, La couleur?, L'expressivité qui malgré un dessin d'aspect minimaliste est parfaitement rendue? Décidément la fréquentation de ce site m'aura fait découvrir des choses que je n'aurais pas imaginé regarder un jour. Quand à l'histoire , que dire? Tout est millimétré, il faut dire que Nury n'est pas un lapin de six semaines et qu'il sait mener sa barque. Sans pathos larmoyant il décrit avec une précision de chirurgien tous les rouages du commerce triangulaire. Dés le début l'épisode des larmes vous assène un coup derrière la tête. Nous sommes groggy et ne quitterons plus cet état jusqu'à la dernière case. Tout a été dit précédemment mais la mécanique scénaristique est impeccable et imparable. Une grande et bonne claque salvatrice. Pour ceux qui ne connaissent pas, il ne faut pas hésiter.

15/02/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Publiée deux ans avant Tyler Cross , cette adaptation en BD du roman d’Eugène Sue par Fabien Nury et Brüno est particulièrement réussie. La synergie entre les deux auteurs semble décidément fonctionner à merveille. J’ai éprouvé un plaisir équivalent voire supérieur à cette lecture que pour leur tant acclamé polar-western de l’an dernier, tant l’intrigue est passionnante. Cela étant, il ne suffit pas que le matériau d’origine soit bon pour faire une adaptation de qualité, ça se saurait. Mais c’est sans compter sur le talent narratif de Nury, qui n’écrème que l’essentiel, actualisant de belle manière un roman du 19ème pour en faire un récit rythmé et percutant, superbement servi par le dessin moderne et cinématographique de Brüno, agrémenté lui-même d’à-plats de couleurs flamboyantes et bien choisies. Quant à l’histoire en elle-même, elle constitue une puissante matière à réflexion à propos de l’éternelle question du bien et du mal, par le biais de personnages très bien campés. D’abord Atar Gull, très éloigné du cliché du bon sauvage en cours à l’époque ou fut écrit le roman, dont on peut comprendre la haine légitime qui l’anime, mais qui, tout en jouant « l’esclave modèle », finira par se révéler incroyablement machiavélique. De même son propriétaire, le planteur de coton Will, qui passe pour un « bon » maître alors qu’il n’hésite pas à punir cruellement et sans états d’âme ses esclaves, notamment le père d’Atar Gull, dont la mort va faire du fils sa Nemesis. La vengeance de ce dernier, digne s’un supplice chinois, sera spectaculaire et plongera le lecteur dans l’effroi le plus glacial, questionnant avec acuité le bien-fondé de la loi du Talion. Ceux qui ont apprécié Tyler Cross auraient tort de passer à côté d’ Atar Gull. Pour ma part, J’espère que ces deux auteurs réenfourcheront au plus vite leur tandem prodigieux. Du coup dans certaines situations, j’aime à croire en ce dicton débile : « jamais deux sans trois ».

18/08/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Un récit solide, bien mené. Le personnage central apparait souvent en retrait dans la majeure partie de l’album, c’est pour mieux s’imposer dans son final ! La reconstitution du contexte social et politique de ces années où l’esclavagisme était la règle est faite avec soin et beaucoup d’aspects sont abordés. Le dessin de Brüno (dont j’avoue ne pas être un grand fan) ne m’a pas dérangé. Mais si j’ai trouvé certaines cases vraiment belles, d’autres m’ont semblé vides car trop épurées. C’est son style et il faut l’accepter. En tous les cas, ce style n’aura pas constitué un frein pour mon appréciation. J’hésite entre le « pas mal du tout » et le « franchement bien ». A lire, en tous les cas, et cet album ne fera certainement pas tâche dans votre bibliothèque.

03/07/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
L'avatar du posteur Spooky

Là encore, c'est sur la foi des très bonnes notes sur bdtheque que j'ai lu cet album. Il y a beaucoup à dire, et nombre de mes camarades le font très bien. Pour ma part je mettrai l'accent sur le très beau travail graphique du dessinateur, au style épuré, presque primitif, mais dont l'efficacité est maximale. Je me suis pris à admirer certaines de ses cases, sans raison particulière, juste parce que je trouvais la mise en scène et le style franchement beaux. A côté, l'histoire qui nous est contée est exemplaire, ou presque ; j'ai tout de même un peu de mal avec le côté jusqu'au-boutiste d'Atar Gull, prêt à sacrifier les siens pour assouvir sa soif de vengeance. Mais le destin sera cruel pour lui aussi... Très beau travail de Brüno sur un scénario assez prenant de Fabien Nury.

04/05/2014 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Jetjet

En tant que grand fan unique du trait de Brüno, Atar Gull s'est logiquement retrouvé il y a près de deux ans dans mon cabas sans grande conviction de l'intérêt d'une histoire qui ne m'intéressait à vrai dire pas plus que cela. C'est donc après ma lecture de l'excellent Tyler Cross du même duo d'auteurs que ma curiosité me piqua à ouvrir d'un peu plus près cette adaptation d'un roman d'Eugène Sue que je connaissais davantage pour ses Mystères de Paris que cette sombre histoire de vengeance. Et pourtant quelle claque monumentale... Cela faisait bien longtemps que je n'avais plus lu une oeuvre aussi riche et complète faussement aiguillée par le dessin de Brüno et toujours aussi bien colorée par une Laurence Croix qui magnifie ambiance et climax par sa palette nuancée. Il s'agit d'un drame terriblement humain en plusieurs actes ou époques à une sombre époque où le bois d'ébène était considéré comme une simple "marchandise" monnayable et convoitée dans des desseins purement lucratifs. Et on oublie que ces hommes fiers sont simplement les égaux des occidentaux dans leurs qualités comme dans leurs faiblesses. Un parallèle rapide pourrait être fait entre la destinée d'Atar Gull, qui aurait pu être un roi, et celle du héros de Tarantino, Django. La différence est que tout aussi cruel soit le film Django Unchained, de larges plages d'humour noir mais néanmoins d'humour traitent de l'esclavage alors que dans cette adaptation rédigée par Fabien Nury, il n'y a pas un seul instant qui prête à rire ou à sourire et la destinée de Atar Gull et des siens, arrachés de leur tribu par des "négriers" ou des pirates, est d'une horreur sans égal qui prête à réfléchir activement sur la montée du racisme actuelle en France. No comment.... Par chance ce n'est pas parce que cette histoire est horriblement triste et mélancolique qu'elle est dénuée de charme comme de poésie, j'étais habitué aux cadrages intelligents de Brüno sur ses oeuvres précèdentes et j'avoue avoir été soufflé par la réalisation purement cinématographique de celle-ci. Qu'il s'agisse d'une tempête représentée sur deux pages où l'on sent presque l'eau et la houle ruisseler sur nos visages ou d'une scène d'échange de "marchandise", chaque partie contemplant ses acquisitions qu'il s'agisse d'or pour l'un ou d'hommes noirs pour l'autre, le montage en parallèle est d'une rare intelligence. Je ne sais pas s'il faut féliciter Sue ou Nury mais les dialogues sont également inspirés, faisant clairement passer les esclaves pour de simples objets le plus naturellement du monde, il s'agit d'une horreur peu ordinaire qui le devient aux yeux de ces hommes qui considéraient leurs frères africains comme de simples objets. Tout simplement effarant... De la traversée des océans aux plantations en Jamaïque, les auteurs insufflent un rythme sans égal se contentant de sublimer leur héros silencieux, Atar Gull d'un charisme sans égal. Ce personnage restera passif jusqu'à un élément déclencheur qui va réveiller toute sa fureur et sa vengeance sera aussi horrible que féroce et laissera plus d'un lecteur sur le carreau à l'issue de cette histoire complète dont la conclusion formera une boucle subtile avec l'introduction. Atar Gull deviendra t-il par ses actes réfléchis aussi barbare que les hommes qu'il souhaite condamner ? La réponse sera aussi évidente que la Loi du Thalion d'autant plus que personne n'en sortira indemne avec d'habiles pirouettes scénaristiques que je préfère taire pour en garder toute la saveur. L'un des derniers aspects non négligeables subsiste par la description des seconds rôles, qu'il s'agisse du terrible Brulard qui mériterait presque un livre à la gloire de ses "méfaits" ou du capitaine du Catherine ainsi que du "brave" maître d'Atar Gull, toutes ces personnes restent dans un recoin même lointain profondément humains. Rarement touché comme je l'ai été, je ne peux qu'attribuer une note maximale à une oeuvre intelligente sans être manichéenne et que je recommande à tous. Il s'agit peut-être cette fois de la plus belle œuvre à l'heure actuelle de Brüno, en tous cas surement de la plus percutante dans un ensemble qui frôle la perfection. Fabien Nury ne restera plus longtemps inconnu à mes yeux par la récente acquisition de sa série culte Il était une fois en France dont j'espère ressentir à sa proche lecture le même uppercut. Il serait d'utilité publique d'enseigner et de prodiguer cette destinée sans faire de leçon de morale dans un monde qui perd ses repères sur les différentes races ou estimes de soi comme d'autrui... Touchant sans être déprimant, poétique sans être barbant, Atar Gull cumule divertissement et réflexion. Une oeuvre inestimable à ne pas louper.

11/11/2013 (modifier)