Château de sable

Note: 3.57/5
(3.57/5 pour 14 avis)

Sur une plage, le destin de 13 personnages va se retrouver bouleversé par un événement inconcevable, un basculement de la réalité qui va plonger cette petite troupe dans un abîme de questionnements.


Atrabile Auteurs suisses Frederik Peeters

Sur une plage, le destin de 13 personnages va se retrouver bouleversé par un événement inconcevable, un basculement de la réalité qui va plonger cette petite troupe dans un abîme de questionnements. Face à cet événement fantastique (que l’on gardera volontairement mystérieux ici), les protagonistes de Château de sable vont d’abord traverser une phase bien humaine de dénégation tendue et conflictuelle, puis viendra la période de l’acceptation, quand les masques seront tombés et qu’il faudra bien composer avec la nouvelle donne, car le temps est compté… Face à un destin qui s’échappe inexorablement comme une poignée de sable entre les doigts, chacun réagira à sa manière, mais comment et que faire quand un coucher de soleil peut être synonyme de fin ? Récit complet et complexe, où la situation est plus importante que l’explication, Château de sable balance tout au long de ses cent pages entre noirceur et humanisme, pour former à l’arrivée un conte moderne, cruel et passionnant.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 01 Octobre 2010
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Château de sable
Les notes (14)
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04/10/2010 | Ro
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L'avatar du posteur Noirdésir

Eh bien, que ce soit seul à la baguette (comme les albums que j’ai précédemment lus de lui) ou seulement au dessin comme dans cet album, voilà la confirmation que Frederik Peeters participe à des projets de grande qualité. Le dessin, en Noir et Blanc, est très bon, et parfaitement adapté à l’ambiance à la fois mystérieuse et angoissante dans laquelle baigne l’histoire. Pas ou peu d’action, un huis-clos (une petite plage isolée), et des personnages dont on ne sait pas grand-chose, mais qui tous, une fois « entrés en scène », se retrouvent piégés dans cette bulle temporelle qui les questionne autant qu’elle intrigue le lecteur. Unité de lieu donc, unité de temps aussi, mais un temps en décalage par rapport à la réalité « de l’extérieur ». On est dans du fantastique sans esbroufe, qui s’inscrit dans un réel bien ancré dans la normalité, mais qui modifie juste un paramètre, pour que la douzaine de personnages ici réunis sentent vaciller sous eux le socle de cette normalité. Tous n’ont pas la force de l’assumer. Au final, un album assez vite lu, mais une très bonne publication de l’éditeur Atrabile, dont la lecture et l’achat sont franchement recommandés ! *** SPOILER*** On pourrait chipoter en disant que Pierre Oscar Levy nous laisse avec nos questions et ne donne pas les clefs de l’énigme (qui tire sur le gamin venu à la rencontre des « piégés », qu’en est-il finalement de cette accélération du temps ?). Cette fin ouverte ne me gêne pas. En effet, cela laisse l’imagination du lecteur au pouvoir, et évite tout risque de dilution de l’intrigue. ***FIN SPOILER***

02/10/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
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Un bon one-shot, mais certains défauts ont fait en sorte que mon intérêt a un peu diminué au fil des pages. J'aime bien le dessin de Frederick Peeters qui est toujours aussi bon. J'adore comment il dessine ses personnages et le noir et blanc est superbe. Le scénario est pas mal et j'ai aimé en général les personnages adultes parce que les enfants ne sont pas crédibles à mes yeux. Donc non seulement ils grandissent, mais ils semblent développer une mentalité d'adulte tout seul sans l'aide de personne ! Comment ça marche ? Peut-être que j'aurais trouvé cela crédible si on avait expliqué le phénomène, mais il n'y a aucune explication et je trouve cela un peu frustrant. De plus, vers le dernier tiers de l'album, j'ai commencé à m'ennuyer un peu parce que je trouve que cela tourne en rond et que la fin est prévisible.

08/02/2014 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
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Après Lupus que j’avais globalement bien apprécié, je suis heureux de retrouver cet auteur dans une autre production, dont il n’est cette fois que le dessinateur. Le trait en noir et blanc est sensiblement le même que dans sa quadrilogie, même si j’en avais préféré l’univers SF fantaisiste et foisonnant. Je dois dire que j’ai lu d’une traite cette histoire aussi palpitante que terrifiante, qui commence comme une série noire pour évoluer, après un virage à 180°, vers le thriller fantastique à la Stephen King. C’est dans l’ensemble bien barré avec un humour gentiment grinçant… Les auteurs semblent prendre un malin plaisir à assister à la décrépitude à vitesse grand V de leurs personnages, tout particulièrement les plus névrosés d’entre eux qui apparaissent comme des souris se débattant frénétiquement dans un labyrinthe. Reste que certains détails m’ont paru flous (par exemple, que vient faire ici José, « le fils de l’hôtelier », pourquoi et par qui se fait-il tirer dessus comme un lapin ?) mais heureusement cela ne gêne en rien la fluidité du récit. En fait, ce qui m’a le plus dérouté, c’est ce sentiment d’avoir un thème parallèle à la trame principale qui du coup s’en trouve diluée. En effet, si le sujet dominant traite bien de la nécessité de ne pas passer à côté de l’essentiel durant la courte vie qui nous est donnée, un autre questionnement vient parasiter l’histoire, celui du racisme, avec cette allusion à « L’Etranger » qu’il m’a semblé percevoir… Cela dit, j’ai trouvé intéressante la présence de l’immigré, au début victime de la suspicion des uns et des autres, accablé malgré sa discrétion et son humilité, mais qui s’avérera au final comme le personnage-clé du récit, celui qui va apaiser le cœur des plus jeunes avec la jolie parabole du palais en rapport avec leur terrible situation. J’aurais juste bien voulu que les auteurs creusent un peu plus la psychologie des personnages que j’ai trouvés assez superficiels, du coup il y a comme un hiatus entre ladite parabole et ces derniers, mais cela tient peut-être au fait que le format one-shot rendait cela plus difficile. Malgré tous ces mais, je recommande vraiment la lecture de cette bédé qui devrait vous happer et vous hanter pour longtemps. La terreur et le malaise qu’elle suscite trouve judicieusement son contrepoint dans la sagesse de son propos suggérée dans le titre et issue de la parabole en question : le plus solide des palais n’est qu’un château de sable inapte à nous protéger des assauts de la mort, alors ne perdons pas de temps et goûtons aux fruits de la vie !

18/03/2013 (modifier)
Par Seb94
Note: 4/5

Huis clos sur une plage, ou comment un banal pique-nique familial va tourner au conte fantastique. Une histoire envoutante, qui va transformer à vitesse grand V les différents personnages. On assiste à leur vie accélérée en mode exponentiel, une minute semblant devenir une heure, puis une journée, puis… Certains vont se résigner, d’autres se révolter ou finalement l’accepter et profiter pleinement de chaque instant, conscient désormais de l’importance de chaque seconde. De nombreux mystères resteront non résolus, ce qui est à la fois frustrant et en même temps donne tout ce charme à ce récit, qui reste longtemps ancré dans la mémoire après avoir refermé la dernière page. On retrouve un peu de l’ambiance de ces bons vieux épisodes de la quatrième dimension, le dessin envoutant en noir et blanc de Peeters ne faisant qu’accentuer cette agréable sensation.

17/06/2011 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Les premières pages ont l'air intrigant à mesure que l'on se rapproche du lieu de ce récit étrange. Il s'agit d'un coin de côte assez escarpé qui pourrait se situer un peu partout dans le monde. Une première famille débarque puis une seconde. Les dialogues m'ont paru tout d'abord assez rébarbatifs puis on va se rendre compte qu'il y a un lien avec ce qui va se passer par la suite. A mesure que le récit avance, cela gagne en intensité jusqu'à la fin qui paraît inéluctable. On va passer un bon moment de lecture mais on va tout de suite regretter de ne pas avoir de réponse à nos questions. Qui est ce petit José, fils de l'hôtelier, qui court pour les rejoindre et qui disparaît comme par enchantement ? S'agissait 'il d'une expérience liée avec le temps ? etc... En guise de réponse, les auteurs nous filent un conte oriental assez moraliste dont la conclusion serait de ne pas avoir peur de la mort et de vivre tout simplement. On avait compris...

16/04/2011 (modifier)
Par cac
Note: 4/5

Déjà très jolie couverture. Ensuite très joli dessin noir et blanc, on reconnait le style de Frederik Peeters. Puis l'histoire en elle-même m'a surpris car je n'en connaissais pas du tout la teneur avant d'ouvrir cet album. On est dans un huis clos sur une plage d'apparence très commune où survient d'un coup l'étrange façon twilight zone. Le côté fantastique sert un récit sur les relations humaines entre des familles qui ne se connaissent pas et qui doivent affronter une réalité inconcevable. Une réalité qui les conduit à rapidement se figurer ce qui va leur arriver et passer par les fameuses phases de déni, colère et d'acceptation. Une très bonne nouvelle fantastique en bande dessinée.

12/12/2010 (modifier)
Par Ubrald
Note: 3/5

Petite précision : ma notation n’est pas totalement objective, Frederik Peeters faisant partie des mes auteurs préférés, de mon Top 5 assurément. --------SPOLIER-------------------------------- Nous sommes en présence d’un huis clos se déroulant sur une plage ou différents protagonistes vont vivre affres et joies de la vie humaine de manière très condensée, en accéléré. --------FIN SPOLIER--------------------------- Ce qu’il faut souligner, parce que cela en frustrera probablement quelques-uns, c’est l’absence d’explication du pourquoi du comment à la fin de l’histoire. Le lecteur est juste là en témoin pour observer évoluer des humains bloqués dans une situation très contraignante, sans savoir pourquoi ils se retrouvent dans ce contexte. On se croirait dans un épisode 5ème dimension de l’émission « Temps X » des frères Bogdanov « Mr Durand ne savait pas encore en se réveillant ce matin qu’il entrait dans la 5ème dimension et qu’il ne vivrait plus jamais normalement … ». L’atmosphère « oppressante » du récit est très bien rendue grâce au graphisme noir & blanc de Peeters. Cet opus se situe dans la continuité de la dernière oeuvre Pachyderme de l’auteur avec une thématique participant du rêve, du symbolisme, de l’inconscient, de la psychanalyse… Cet achat n’est pas à conseiller aux lecteurs recherchant une BD « classique » (dans le bon sens du terme) avec une réelle intrigue.

23/11/2010 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
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Après un album plus que déroutant mais au demeurant superbe, Pachyderme, Peeters se lance de nouveau dans le monde de l'étrange, bien qu'il soit seulement responsable du dessin, Pierre Oscar Levy assurant le scénario. L'ambiance opressante régnant sur ces familles prisonnières sur cette plage est très bien rendue par le dessin en noir et blanc de Fréderic Peeters. J'ai tourné les pages avec une grande rapidité pour connaitre les tenants et aboutissants de cette intrigue, voulant à tout prix connaitre une explication rationnelle à ces mystères de vieillissement prématuré. Si je n'ai pas eu toutes les réponses à mes questions, (d'ailleurs était-ce vraiment la volonté de l'auteur ?), j'ai été assez mal à l'aise voire dérangé ou encore touché par l'attitude des enfants vis à vis de leurs parents déclinants et inversement. Cette bande dessinée nous renvoie vers notre peur de la mort, et de l'inconnu et fait dans un certain sens, l'apologie du carpe diem. L'auteur se livre à une véritable étude du comportement humain en mettant en scène ses personnages dans un vase clos. Ce n'est pas big-brother mais presque. La conclusion de l'histoire me laisse encore dubitatif mais une seconde lecture m'éclairera sans doute. Un album original, fort bien construit et qui fait réflechir.

23/10/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Elle ne paie pas mine cette BD mais c’est bien du grand Frederik Peeters qui nous est servi. Certes le scénario n’est pas de lui, et tant mieux finalement car l’association est parfaite. L’histoire est originale et le pitch fantastique admirablement bien exploité. La narration est fluide et les évènements s’enchainent sans fausses notes. La mise en dessin est sobre mais tellement efficace. Je n’arrive pas à définir ce qui fait que le dessin de Frederik Peeters est meilleur que celui de beaucoup d’autres auteurs. Il est sobre, pas forcément esthétique mais il exprime tant de choses que la lecture devient exclusive. Le lecteur est happé par le récit. Le final peut paraître abrupt, je le trouve superbe. Ces concentrés de vies humaines représentent un échantillon représentatif d’une société. Les rapports sont bien décortiqués. Rien ne sonne faux, pourtant le rationnel n’est pas le point fort de ce one shot. A lire absolument.

17/10/2010 (modifier)
Par Miranda
Note: 3/5

Note 2,5. Cette histoire bien que parfaitement narrée, m’a juste laissé un goût de « facilité » de la part de l'auteur. J’ai passé un bon petit moment de lecture avec une histoire fantastique, légère et sans prétention, sympathique à lire une fois et c’est tout. Tout d’abord la réflexion sur ce fameux « temps qui passe » ou même sur « la mort » est pour moi quasiment inexistante, puisque justement on manque de l‘ingrédient essentiel pour pouvoir s’y pencher : le temps. Tout se déroule tellement vite que les personnages ne peuvent même pas réagir, lorsqu’on subit un choc on a souvent besoin d’un temps d’adaptation, tous ces évènements sont beaucoup trop brutaux, même les parents n’ont que peu de réactions face à la croissance accélérée de leurs enfants et à la mort imminente qui les guette, comment le pourraient-ils puisqu’ils sont déjà presque morts ? Que peuvent-ils faire à part les regarder vieillir ? Les enfants non plus n’ont pas le temps de se poser de questions et finalement le fait que leur mental évolue au même rythme que leur croissance est secondaire puisqu’ils sont morts en maximum 48 heures. Quant à ceux déjà âgé de plus de 40 ans, eux n’en ont que pour 24 heures dans le meilleur des cas, peu importe alors le vieillissement, la déchéance et tout ce qu’ils n’auront pas vécu puisqu’ils sont en train d’agoniser. Il aura fallu étaler tout ça sur 4 ou 5 ans, pour que les personnages aient le temps d’être perturbés, de se poser des questions, de réagir tout simplement, d’être psychologiquement présents et non absents comme ils le sont ici, où ils ne font que subir. Lorsque l’écrivain commence à émettre des hypothèses sur l’accélération du temps je me suis dit que le récit allait décoller, que les personnages auraient au moins une possibilité de se battre, mais tout ne s'arrête qu'à hypothèses et la mort reprend son travail de faucheuse. Par contre, à ce niveau-là j’ai trouvé intéressante la réaction des personnages face à cette mort presque subite, leur résignation et leur tristesse. La vitesse à laquelle se déroule le récit laisse peu de place à un quelconque débat, sur la vie ou sur la mort, du coup je n’ai ressenti aucune frustration sur tout ce qui reste sans explication, la seule chose qui m’a vraiment dérangée c’est la sexualité des ados à la limite du crade, la case où l’on voit en gros plan les attributs d’un des gamins, vraiment aucun intérêt de montrer ça, et le pauvre arabe qui s'en prend plein la tête, trop cliché et fatalement inutile comme ingrédient.

14/10/2010 (modifier)