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Les chroniques jeux vidéo / La Quête de l'Oiseau du Temps

L’éditeur français Infogrames avait acquis les droits de nombreuses BDs franco-belges à la fin des années 80 : Les passagers du vent, Bob Morane, Iznogoud… et "La Quête de l'Oiseau du Temps", gros succès fantasy de la décennie, adapté en jeu d’aventure épique en 1989… séquence nostalgie !


Boîte du jeu PC
Boîte du jeu PC - également disponible sur Atari ST et Amiga

Un jeu ambitieux

« Mara la princesse sorcière a retrouvé le grimoire des dieux et l'a déchiffré... l'antique incantation qui lia Ramor à la conque lui est enfin accessible, mais l'incantation est longue, beaucoup trop longue ! Seul l'oiseau du temps lui permettra d'arrêter le temps et ainsi d'achever l'incantation avant que Ramor ne s’échappe et sème la terreur sur Akbar. Elle envoie Pelisse, sa fille, et Bragon, une vieille connaissance, à la recherche de cette oiseau mythique. Leur parcourt sera semé d'embûches, et les ennemie seront nombreux... » Fort de ses succès relatifs et de son expérience acquise avec ses autres jeux d’aventure basés sur des BDs, Infogrames se lance dans un projet pour le moins ambitieux : adapter La Quête de l'Oiseau du Temps, véritable monument de la BD fantasy des années 80. L’équipe ayant déjà œuvré sur les adaptations précédentes retourne (presque) au complet, et réalise son jeu le plus abouti : interface graphique entièrement contrôlée à la souris, des graphismes et une aventure fidèles à la BD, une narration « en cases », une liberté de mouvement complète dans le monde de Akbar, des dialogues aux choix multiples, un système d’inventaire… tout un programme !

Mon avis

La Quête de l'Oiseau du Temps (Atari ST) - Dix minutes de jeu (Français)
[Vidéo] La Quête de l'Oiseau du Temps (Atari ST) - Dix minutes de jeu (Français)
Le studio Infogrames ne s’est pas moqué des bédéphiles, et on sent qu’un travail et un amour considérables ont été investis dans cette adaptation. Je pense notamment à la nature complétement ouverte de l’aventure : il est possible de se promener librement dans Akbar, de parler à tout le monde, de visiter les différents lieux dans le désordre… une liberté assez rare dans les jeux d’aventure de l’époque, souvent très linéaires. Je note aussi une réalisation graphique exemplaire. Les graphismes en 16 couleurs sont magnifiques, et représentent parfaitement les personnages et les lieux emblématiques de la BD. Attention, pas de scanner à l’époque, les deux graphistes Josiane Girard et Dominique Girou ont dû reconstituer les illustrations de Loisel pixel par pixel… du travail d’orfèvre. Mais voilà, malgré toute l’affection que je porte à ce jeu, il faut avouer qu’il a bien mal vieilli. Il date d’une époque où jouer à un jeu d’aventure était une tâche laborieuse : il faut expérimenter, cliquer un peu partout, perdre, recommencer… on nage en plein brouillard, et si relire la BD m’a un peu aidé dans certains choix (dans l’ordre des lieux à visiter, dans les dialogues, voire même lors des énigmes de Fol – les questions et réponses sont les mêmes que dans la BD !), je dois avouer avoir jeté l’éponge avant la fin. Plutôt que de réfléchir, on se retrouve souvent à cliquer un peu partout pour « déclencher » la suite de l’histoire… une expérience frustrante et rarement satisfaisante.
Le domaine du Rige et le doigt du ciel, lieux emblématiques de la BD
Le domaine du Rige et le doigt du ciel, lieux emblématiques de la BD
Il faut aussi noter une interface certes moderne pour l’époque (surtout comparé aux aventures textuelles des années 80), mais complètement désuète et absconse en 2020. Il faut une bonne demi-heure pour s’y habituer… et c’est bien simple, après des heures de jeu je n’ai toujours pas trouvé comment « sortir » de l’écran de « game over » (je reboot le jeu à chaque partie perdue !) Une curiosité au charme indéniable, que je recommande uniquement aux fans de la BD également amateurs de jeux d’aventures « vintage »… Les autres pourront éventuellement tester la chose, ne serait-ce que pour se promener dans le royaume d'Akbar (aidez-vous donc de la vidéo « longplay » jointe à cette chronique). Verdict : Note : 2/5

Comment y jouer aujourd'hui ?

Amiga 500 Longplay - The Quest for the Time Bird (anglais)
[Vidéo] Amiga 500 Longplay - The Quest for the Time Bird (anglais)

Nous pouvons déjà ignorer la version PC, avec ses graphismes CGA en 4 couleurs et ses sons immondes, issus du haut-parleur interne… une horreur, parue avant la montée en puissance des PCs en début des années 90.

Les versions ST et Amiga sont presque identiques… si vous possédez toujours une machine en état de marche (ce qui n’est pas gagné), vous pourrez peut-être dénicher le jeu sur eBay (surtout que la boîte est jolie)… encore faut-il que les disquettes fonctionnent toujours, ce qui après 30 ans n’est pas garanti.

Le plus simple est sans doute de vous tourner vers l’émulation. Il faut certes bidouiller un peu, et chercher les fichiers du jeu sur le web, mais au moins c’est gratuit (mais légalement douteux). Niveau émulateurs, je recommande WinUAE pour l’Amiga, et Steem pour l’Atari ST (j’ai utilisé les deux pour jouer et réaliser les captures d’écran ci-dessous). Si vous avez des questions techniques, n’hésitez pas à me contacter sur le forum !

Les liens utiles

Les images

Reportage réalisé le 16/06/2020, par Alix.