Gilles Hamesh
Détective privé sans scrupules, Gilles Hamesh est un hybride de Philippe Marlowe de Raymond Chandler et du Gros Dégueulasse de Reiser. (Source : Humanos).
BDs controversées Cannibalisme Détectives privés Humour noir Jodorowsky Policier, mais drôle Trash
Détective privé sans scrupules, Gilles Hamesh est un hybride du Philippe Marlowe de Chandler et du Gros dégueulasse de Reiser. Au milieu d'un monde en voie de décomposition, à son image, il résout les énigmes à son profit, pour satisfaire besoin d'argent et pulsions inavouables. (source : humanos) A coup d'humour très noir et de fantastique, Jodorowsky et Durandur s'amusent à lacérer quelques grands thèmes du polar, composant en cinq enquêtes au delà du cynisme un tableau décapant de la société urbaine. De l'amusement en perspective...
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| Date de parution | Janvier 1995 |
| Statut histoire | Histoires courtes 1 tome paru |
Les avis
Toutes les mouches ont une ombre. – Proverbe espagnol - Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre, plusieurs enquêtes différentes menées par un détective privé. L’édition originale date de 1998. Il a été réalisé par Alejandro Jodorowsky pour le scénario et par Durandur (Michel Durand, également auteur de Les Travailleurs de la mer, 2024) pour les dessins. Il comporte quatre-vingt-six pages de bande dessinée en noir & blanc. Il commence par une introduction, un texte d’une page, rédigé par le scénariste en septembre 2002. Il évoque un proverbe espagnol : Toutes les mouches ont une ombre. Puis il explique son intention : une série dont l’antihéros concentrerait la bassesse morale du monde. Il indique qu’il a vu en Durandur un dessinateur féroce, le seul qui ait bien voulu se prêter à cette aventure, politiquement incorrecte jusqu’à la moelle, et qui partageait son sens de l’humour. Il termine avec la réaction des libraires remplis d’appréhension devant un tel ouvrage, les faibles ventes, le statut culte auprès des jeunes lecteurs, et l’espoir que cette réédition permettra à cette monstruosité d’être comprise. Dans le quartier le plus mal famé de New York, les prostituées attendent le client sur le trottoir. L’indic surnommé Face de rat vient solliciter les services de l’une d’elle, en lui proposant cinq dollars alors qu’elle en demande quinze. Il se prend une grande mandale en pleine poire, généreusement assénée par Gilles Hamesh qui rentre dans l’hôtel avec la dame, pour une relation tarifée et agitée. Une fois son affaire faite, il évoque sa vie : il a reçu sur la tronche tout ce qu’on peut recevoir, il a dû tremper ses boules dans pas mal de groupes sanguins, sans faire attention au sexe et à l’âge de la carcasse avec laquelle il avait un rapport. Il a sniffé la puanteur de tas d’hommes et de femmes, et il n’a jamais bronché, parce que son job était d’avoir le pif collé sur toutes ces horreurs qui n’étaient pas belles à voir. Il s’est battu à poing nu. Puis il raconte à la dame une chaude journée au cours de laquelle il a assisté à un meurtre depuis sa fenêtre. Le dimanche soir, au milieu des immondices, d’énormes poubelles vomissent leurs ordures : morceaux d’hamburgers, vieux journaux, seringues, et toutes sortes de vomis, les travelos sud-américains, ramassent les derniers sous du week-end. Ces petits derrières affamés n’ont même pas un mac pour les soutenir. Il suffit de leur montrer ses fafs de privé, de leur mettre les menottes, et on se fait tailler une pipe royale. Et après avoir fait le travail gratis, ils font encore la bise pour te dire merci. Que c’est bon de se sentir généreux ! C’est ainsi que comblé, Gilles Hamesh quitte la professionnelle au coin de la rue, et qu’il assiste à son accident mortel : un chauffard tournant le coin de la rue à toute berzingue et la faisant littéralement voler à plusieurs mètres, renversant au passage une poubelle. Celle-ci déversant son contenu sur le trottoir : des déchets et le cadavre d’une femme nue. Le privé se précipite et constate qu’il manque au cadavre, un bon morceau de hanche et le mont de Vénus. À l’occasion de la réédition de 2002, le scénariste le dit fort bien lui-même dans son avant-propos : une œuvre jouissant d’une mauvaise réputation, un exercice dans la bassesse morale du monde, un personnage sale, amoral, dépravé, qui, immergé dans la pourriture sociale, l’aspire goulument, à plein poumon. Le scénariste ajoute : Hamesh est si profondément plongé dans la réalité négative qu’il mène le lecteur au-delà du cauchemar et, en pissant sur les anges, à un rire salutaire. Il apparaît que l’auteur, déjà connu pour ses exagérations de mauvais goût, a choisi de se rouler dans la fange, d’embrasser ses pires tendances pour contrebalancer ses œuvres tournées vers l’élévation spirituelle : la recherche de la Conscience cosmique dans L’Incal (avec Mœbius), la vérité dans Alef-Thau (avec Arno), l’illumination dans Le Lama Blanc (avec Georges Bess), la rédemption dans Juan Solo (également avec Bess). Il loue le courage du dessinateur d’avoir accepté de collaborer avec lui sur un tel projet. Le lecteur découvre des pages chargées en noir, que ce soit les aplats, ou le lavis de gris, et des traits de contours à l’épaisseur variable. Tout cela concourt à une sensation d’environnement sale, marqué par l’usure, des sensations tactiles désagréables, des zones indistinctes parce que trop crasseuses ou mal éclairées, et lorsque le blanc reprend de l’espace, c’est encore pire parce ce qu’il suggère ou ce qu’il représente. Comme il a pu le faire pour d’autres de ses créations, le scénariste a conçu celui-ci comme une suite de plusieurs histoires indépendantes, la dernière pouvant se voir comme une forme de conclusion. Ainsi le lecteur découvre cinq récits de pagination différente : douze pages pour la première, puis quinze pour la seconde, puis quatorze pages, vingt-et-une et encore vingt-et-une pour la dernière. Il fait connaissance avec le personnage principal alors qu’il requiert les services d’une prostituée. Gilles Hamesh apparaît comme un individu massivement charpenté, une force de la nature, musculeux, avec une gueule burinée et son galurin quasiment vissé sur la tête, y compris pendant l’acte. Le lecteur le retrouve de temps à autre dans son bureau professionnel, qui semble également lui servir d’appartement : assis sur un fauteuil pivotant, les pieds sur le bureau et le regard mauvais, tous les clichés du genre sont respectés, avec même la clope au bec, et un regard accompagnant une posture très premier degré, très intense. Ce détective privé (de tout) fait preuve d’un solide cynisme sans illusion sur la condition humaine et ses pires travers, dans un décor évoquant les années 1950. Les autres personnages exhalent tous une forme de bassesse, de vilenie, d’infâmie, de compromission, une allure et des expressions transpirant d’indignité, de lâcheté, de mesquinerie, de pleutrerie, etc. Des êtres humains dans tout ce qu’ils peuvent avoir de méprisables et de fourbe. La première prostituée (oui, il y en a plusieurs) présente un physique bien en chair, et se comporte avec un professionnalisme débarrassé de toute forme de dégoût, ce qui implique un abandon de tout respect de soi, des sentiments négatifs vis-à-vis de soi-même. Le lecteur se met alors à regarder les autres personnages, rôles secondaires ou figurants anonymes à travers ce prisme d’une appréciation de soi dépréciative, la pleine conscience de ses propres défauts, de ses manquements, de ses vices, et du fait de s’y adonner, de l’acceptation de son incapacité à s’améliorer, à s’en émanciper. Une fois ce point de vue ancré dans son esprit, le lecteur ne voit plus que des individus méprisables, faillibles… comme lui-même l’est aussi. Le scénariste embrasse donc les actions immorales de son personnage principal et des autres, et le dessinateur fait preuve d’une implication remarquable pour transcrire ce positionnement et le dégout qu’il peut susciter. Il représente des lieux sales et déliquescents, des corps gras et répugnants : les rues de New York jonchées de détritus et mal éclairées (où parfois l’influence de Will Eisner, 1917-2005, peut se faire sentir), les fluides corporels visqueux et malodorants, les déjections tartinées à même le corps (atteignant des proportions insoutenables dans la quatrième histoire), les corps mutilés de façon atroce, la chair triste, les manifestations concrètes de la pestilence, l’insalubrité, etc. Le lecteur se sent souillé en regardant les planches, sans aucun répit. Il relève bien de ci de là des éléments comiques ou absurdes, incongrus et peinant à lutter contre l’insalubrité généralisée : Hamesh écrasant sa clope dans sa paume pour l’éteindre, un dentier abandonné sur le trottoir, des odeurs assaillant Hamesh sous forme d’onomatopées passant par sa fenêtre, Hamesh shootant dans une prothèse de jambe en marchant dans la rue, des chaussettes trouées, un rabbin avec une coiffe de type oreilles de Mickey, etc. Cependant la démarche du scénariste, son intention, s’avère fort ambitieuse et difficile à réaliser. Il souhaite embrasser la bassesse du monde au travers d’un personnage qu’il décrit dans ces termes : un personnage sale, amoral, dépravé, qui, immergé dans la pourriture sociale, l’aspire goulument à plein poumon. Cela renvoie forcément à un système de valeurs morales, à des qualités morales comme l'amitié, l'amour, la confiance, le courage, l'empathie, l'entraide, l'équité, la famille, la fidélité, l'honnêteté, l'intégrité, la justice, la loyauté, la paix, le partage, la persévérance, le respect, la solidarité, la tolérance, le travail, etc. D’une certaine manière, les travers de Gilles Hamesh se définissent de manière négative par tout ce qu’il ne respecte pas. Or dans chacun de ces cinq récits, il participe au dénouement en châtiant un assassin, en mettant un terme aux agissements d’un cannibale (même s’il lui rend un hommage de la pire des façons), en neutralisant un autre assassin, en stoppant les pratiques toxiques d’un rebouteux exerçant une forme mortelle de chirurgie esthétique, et pour finir en rétablissant l’ordre établi ! Certes son comportement est souvent abject, entre usage de la violence pour imposer sa volonté ou cannibalisme (Ah, oui, quand même !). En outre, les auteurs, surtout le scénariste, mettent en scène des moments scatologiques et l‘onanisme comme récurrents d’un récit à l’autre. Il est possible d’y voir aussi bien des provocations et des transgressions, que du simple mauvais goût faute de réussir à élever le débat, ou à l’entraîner dans les tréfonds de l’immoralité, et de ce que cela veut dire. Certes, mais aussi de vraies transgressions comme la sexualité à voile et à vapeur de ce véritable mâle virile, et son acceptation, voire sa délectation, de se montrer aussi compromis que tous les individus qu’il fréquente ou qu’il traque. Les auteurs vont jusqu’au bout, posant la question : Mais ne reste-t-il rien de sacré ? Et ils y répondent… en restant dans un domaine circonscrit aux valeurs morales judéo-chrétiennes. Œuvre culte ? Transgression réelle ? Difficile de répondre, car cela dépend beaucoup de la sensibilité de chaque lecteur. En tout cas, le dessinateur ne triche pas : il représente tout, y compris le plus crade et le plus avilissant, le plus abject et le plus répugnant. Le scénariste tient sa promesse d’inverser le dosage habituel de ses histoires, entre les épreuves sur le chemin de l’élévation spirituelle et la compromission morale, faisant la part belle à cette dernière. Les transgressions se heurte toutefois à la conception d’une morale circonscrite à des valeurs judéo-chrétienne un peu étriquées. Provocateur et dérangeant, mais pas trop.
Les auteurs de cet album ont probablement cru faire une provoc'trash post moderne indépassable. Je souris du côté vain, pitoyable, convenu et ringard de l'exercice. Convenu car on ne peut pas faire plus stéréotypé dans les thèmes choisis: sexualité, violence et une touche de spiritualité. Sans oublier l'épisode pipi-caca mais j'ai passé l'âge scato depuis longtemps. Ringard car ce n'est qu'une pâle copie d'un Titus Andronicus vieux de 400 ans avec un look de film noir des 50's. Quelle originalité du copiste !! Ah si ! J'ai oublié le nauséabond ! Mais où est donc la cagoule blanche tant les références racistes et homophobes abondent ? A ranger bien au fond de sa cave, près de la fosse septique.
Le dernier album de Jodorowsky que j'avais vraiment envie de lire. D'un coté parce que j'aime bien l'humour noir et d'un autre à cause du coté controversé de l'album. Vu que les avis sont très divisés je n'avais aucune idée si j'allais aimer ou non et j'avais vraiment envie de savoir dans quel camp je finirais par me retrouver. Bon ben je fais parti de ceux qui n'ont pas accroché à l'album. C'est provocateur quoique hormis quelques cases trop crades pour moi, je n'ai pas été choqué par ce que contient l'album. Je dois dire que j'ai lu et vu tellement de trucs malsains (genre des Evilfrance avec des femmes qui ont leurs seins coupés) que mon niveau de tolérance doit être supérieur à la moyenne. Je pense que la seule chose qui m'aurait vraiment mis furieux aurait été de mettre de la pédophilie dans l'album (en tout cas s'il y en a j'ai pas remarqué !). Et puis j'ai surtout tendance à trouver malsain des scènes censées m'émoustiller avec des trucs horribles (genre une fille qui se fait violer) ou encore des œuvres créés uniquement dans le but de promouvoir des discours puants alors qu'ici je sais que les auteurs ne sont pas sérieux et se sont juste lancés le défi d'aller le plus loin possible dans le trash. J'ai vite trouvé que les histoires étaient ennuyeuses et j'ai à peine souris durant ma lecture. L'humour ne m'a pas fait sourire et parfois je ne comprenais pas ce qui se passait et je n'avais aucune envie de faire un effort pour relire des passages et essayer de mieux comprendre tellement je m'ennuyais. C'est dommage parce que j'aime bien le look de Gilles Hamesh et le dessin est bien. D'ailleurs, j'aurais préféré lire la version originale de l'album et non sa réédition dans un petit format.
J’ai recherché quelques temps cet album, réputé pour être assez trash (je l’ai trouvé soldé il y a quelques années), et ai donc pu enfin découvrir cette mise en avant du bon goût. Je possède la version originale, qui minimisait dans son titre Gilles Hamesh, pour mettre en gras et en avant le sous-titre « polar extrême ». Et le fait est que c’est davantage représentatif du contenu que le titre de la seconde version ! Jodorowsky pond souvent des scénarios alambiqués, remplis de mystique. Ici, j’ai vraiment eu du mal à reconnaître sa patte. Quelques extraits de l’épopée de Gilgamesh scandent chacune des histoires composant l’album : voilà pour la touche mystique, mais je n’ai pas vu le lien avec les histoires, si ce n’est rappeler le jeu de mot sur le nom du héros. Enfin, nous avons peut-être révélé là le côté obscur, noir et délétère de Jodo. Toujours est-il qu’on est moins surpris de voir Durandur participer à cet album, lui qui a commis d’autres ouvrages poétiques assez rentre dedans (déjà les titres !). Plus Durandur que Jodo donc… Un polar extrême disait donc le titre original. Un polar certes, mais très noir, Gilles Hamesh, par sa fréquentation des bas-fonds, l’extrême nonchalance de sa démarche, le côté poisseux de ses aventures et la dégaine, le cynisme de ses réparties, ressemble à une sorte de Philip Marlow – mais alors après quelques cuites et nuits blanches ! Voilà pour le polar. Mais Hamesh, s’il mène vaguement des enquêtes, illustre surtout le côté extrême du sous-titre initial. Usant d’un langage argotique, fleuri et très ordurier, il ne fréquente que des endroits glauques, se complait dans la merde (dans tous les sens du terme d’ailleurs !), le scato, le crado, l’anthropophagie et autres « déviances » ne le révulsant pas trop. Le dessin de Durandur, usant du Noir et Blanc, maintient volontiers du sombre, de l’indéfini. Là aussi, on oublie volontiers la finesse. Là où Vuillemin avec Les Sales Blagues de l'Echo ou les excellents Paf et Hencule, tout en étant aussi très noirs, cons et trash mettaient une sorte de filtre en usant de l’humour, Jodo et Durandur ne se donnent même pas la peine de donner cette justification. Même si on arrive à déceler quelques touches d’humour (très noir bien sûr !) dans les dialogues outranciers, ou dans certaines situations finalement burlesques. C’est donc une œuvre provocante, forcément dérangeante, une « curieuse curiosité ». En tout cas, pour amateurs « éclairés », ce défouloir mérite un petit coup d’œil. Avec Paf et Hencule, Hitler=SS, cet album forme une sorte de trilogie du trash en bande dessinée, dont la rencontre n’est pas évidente dans les bacs des supermarchés – ou d’ailleurs…
J'ai adoré l'humour très noir et les situations très trash de cet album avec une pointe de fantastique qui passe super bien. Un détective bien crasseux, reflet de la ville dans laquelle il opère. Perso, j'en redemande.
Je dois avouer que ce « polar extrême « m’a arraché deux ou trois sourires tellement le glauque y est ici poussé à son paroxysme. En fait, ce sont plutôt les réactions de Gilles Hamesh, détective désabusé, qui m’ont fait sourire, face à un monde sordide et violent, rempli de prostituées difformes et de rats s’accouplant parmi les seringues usagées. Raciste, scatophile, agnostique, nécrophile, cannibale,…Dur de faire plus anti-héros que ce Gilles Hamesh,, parfait fruit pourri de cette société décadente où les crimes dépassent le simple fait divers et s’étalent monstrueusement devant la curiosité malsaine ou l’indifférence des badauds. Et malgré tout cet étalage racoleur tel un journal télévisé, je n’ai pas été embarqué dans le rafiot.
Gilles Hamesh n’est pas à mettre entre toutes les mains ça c’est sûr. Surtout si elles sont propres. Je conseille même de se renseigner sur le contenu avant une lecture ou de l’offrir à quelqu’un. Gilles Hamesh est probablement la BD la plus dégueulasse et trash que j’aie lue et que je lirai, à moins de tomber un jour sur les autres œuvres du dessinateur Durandur et qui semblent être de la même veine. Le personnage principal Gilles Hamesh, est un détective alcoolo, moche, scatophile, cannibale, ordurier, raciste et tout adjectif à consonance négative. Il est à l’image de la société et de l’environnement dans lequel il vit, sale et corrompu. Il serait injuste de mal noter cette BD sous prétexte qu’elle met mal à l’aise et peut donner des nausées aux âmes les plus sensibles (pauvres choux…) alors que c’est principalement le but recherché ici par Jodorowski, dépeindre les aspects les plus gerbants et glauques de notre société et nous les balancer en pleine tronche. Une réussite en somme. Il est dommage en revanche que le format et l’aspect choisis pour cette BD ne soient pas un peu plus classe. Le format est plus petit qu’un comics américain et la couverture est souple.
« Sale », c’est le mot qui définit le mieux cet album, dont le héros, Gilles Hamesh, est un personnage des plus répugnants. Son aspect physique est en effet aussi repoussant que sa mentalité est dépravée. Si Jodorowsky fait souvent dans l’excès, en l’occurrence, il s’affranchit de toute limite. Racisme, cannibalisme, scatophilie et autres sujets exotiques, tout y passe. Même s’il ne s’agit pas exactement de mon style graphique de prédilection, je dois bien reconnaître un talent certain à Durandur. Son dessin poisseux colle parfaitement à l’ambiance du récit. J’ai beaucoup aimé le vieil argot. J’ai moins apprécié le côté surnaturel de l’album. À mon avis, à part Yume no Q-Saku (que je n’ai d’ailleurs pas encore eu l’occasion de lire), il doit être difficile de trouver plus trash que les aventures de Gilles Hamesh. Bref, si les auteurs voulaient choquer, c’est réussi ! Mais de là à dire qu’ils ont fait une grande bd… À réserver aux amateurs de sensations fortes ! ;)
Ce "Polar extrême" porte plutôt très bien son nom. Oui, c'est extrêmement sale, scato, sado, facho sur toute la ligne .. et bien plus encore. C'est vraiment dégueux en fait ... :o Mais c'est surtout extrêmement bien dessiné, et extrêmement bien écrit. C'est finalement une des meilleures ambiance de polar qui soit, et l'animal (il est à la limite du gorille) a une gueule pas possible. C'est donc extrêmement réussi. J'ai adoré plus particulièrement le tac au tac du personnage, les répliques cultes. J'ai choisi d'en rire plutôt que d'en vomir ...
85 planches en totalité, desquelles je dois en retirer 20 (pages 50 à 70), il en reste donc 65 ce qui est plus qu'honnête pour une bd. Il est vrai que je me serais bien passée de celles-ci ; elles forment l'avant-dernière histoire, totalement scato et franchement crade, je les ai lues avec un profond dégoût et à la relecture je les sauterai, c'est évident. D'autant plus que c'est aussi la seule histoire qui comporte une grosse incohérence. Ma note portera donc sur les 65 autres planches qui elles, sont excellentes. Toutes les dépravations humaines y passent, un peu comme dans Durandur, mais en plus intéressant, puisqu'il s'agit ici de mini enquêtes menées par un détective on ne peut plus dépravé. Tout y passe, cannibalisme, homophobie, racisme, torture, etc. C'est toujours cru, parfois un peu imagé, parfois un peu fantastique, mais toujours traité avec humour et acidité, et surtout ce qui est le plus important, très réel. Tous ces cas réunis ici pourraient sembler exagérés, mais ils ont tous eu lieu dans la réalité, et bien plus souvent qu'on ne le pense. J'ajoute un coup de cœur pour la dernière histoire. Je n'ai pas eu l'impression de lire du Jodorowsky, mais du pur Durandur, qui encore une fois nous démontre ici que l'on vie dans une société d'enculeurs de mouches. En disant cela j'ai une petite pensée pour la pauvre Trini… paix à son âme, du peuple des muscomorphes. Rebaptisée Polar Extrême cette bd porte bien son nom, surfant avec les limites de la tolérance et les dépassant souvent, mais toujours juste. Oups, j'ai failli oublier un mot sur le dessin : fabuleux !
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