Otaku

Note: 2/5
(2/5 pour 3 avis)

Vivons nous dans un monde tel que l'imaginaient les pires récits d'anticipations ?


Jeux vidéo Otaku Requins marteaux

Dans un futur proche, un couple de jeunes chômeurs japonais se retrouve bloqué dans une France paralysée par les grèves. Tandis qu'on annonce la suppression des aides sociales dans l'indifférence générale, EXIL, un jeu vidéo au réalisme troublant fait son apparition. Que sont venus faire Ryù et Mui dans ce pays en mutation? Ils passent le plus clair de leur temps dans leur chambre, où lorsqu'ils ne jouent pas, ils filment leurs ébats sexuels. Petit à petit, images numériques, rêves et fragments de journaux télévisés prennent le pas sur la réalité... Première collaboration entre le scénariste Lionel Tran et le dessinateur Ivan Brun, Otaku est un album d'anticipation à court terme d'une maîtrise formelle impressionnante qui court-circuite de manière vertigineuse notre rapport à la modernité. Fiction subjective, sans concession, Otaku scrute le désinvestissement politique d'une génération mutante, écartelée entre précarité et confort technologique. Un livre fort, dérangeant, ambitieux qui nous aide à décrypter une réalité face à laquelle nous avons de moins en moins de recul.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 08 Septembre 2004
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Otaku © Les Requins Marteaux 2004

16/01/2010 | Ems
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L'avatar du posteur Fanfan Villeperdue

"Otaku" est un projet underground, malsain, glauque, qui est effectivement "ambitieux" et se voudrait "dérangeant", comme le dit la résumé assez alléchant de l'onglet "Histoire", ici sur bdtheque. Malheureusement, je ne me suis pas vraiment senti interpellé par la vie de Ryu et Mui ni par le monologue intérieur de celle-ci. Plusieurs sujets sont abordés : désinvestissement politique, désinvestissement de la vie tout court, prostitution banalisée, absence d'avenir, génération geek, réalité virtuelle... Quelques passages sont bien vus, comme la double page où est mentionnée la série "Le Prisonnier", mais dans l'ensemble cela m'a paru un peu superficiel pour chaque sujet. De plus, la superposition entre les réflexions de Mui et la narration du quotidien de Mui et Ryu ne m'a pas paru apporter énormément. Je crois que j'aurais préféré que l'un ou l'autre soit plus développé. Le dessin est plus que correct mais ne justifie pas à lui seul la lecture.

11/01/2012 (modifier)
Par Erik
Note: 2/5
L'avatar du posteur Erik

Je n'ai pas trop aimé car j'ai trouvé cela bien fade. Plus encore, je n'ai pas du tout adhéré à la vision de l'auteur. Un jeune couple de japonais assez branchés viennent en France pour nous donner la leçon sur leur art de vivre au milieu d'une société informatique voire cybernétique. J'ai été étonné de voir à quel point notre pays pouvait être perçu aussi misérablement par certains japonais : mauvaise bouffe (sic !), pays sale en comparaison à l'Allemagne, des grèves paralysantes partout et tout le temps etc... Bon, la préférence du vin à la bière est pleinement assumée. Cela m'a attristé plutôt que de me mettre mal à l'aise. Que l'héroïne aime bien se désaper devant tout le monde, toucher à la drogue ou encore s'offrir au premier venu en échange de petites attentions, je veux bien mais qu'elle ne vienne pas nous faire la morale ! Je suis un peu méchant mais c'est ce que j'ai ressenti réellement de cette lecture qui n'apporte pas grand chose au final. Je pensais avoir droit à un récit sur la robotique. Je m'aperçois qu'encore une fois, la couverture est bien trompeuse sur la marchandise.

14/03/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 2/5

"Otaku" est dur à cerner. Je n'ai pas réellement compris où voulaient en venir les auteurs. L'histoire de ce couple de japonais, vivant de performances et de passage en France, est étrange. Ils subissent le système en prenant soin d'en rester étrangers. Du coup, les limites explosent en vol, toutes les transgressions sont présentes. Cette histoire est pessimiste car l'on ne voit pas évoluer les personnages qui heureusement se complaisent dans leur vie. Le dessin noir et blanc avec une colorisation en nuances de gris est très agréable à l'oeil. Il semble à mi-chemin entre le manga et la BD franco-belge. "Otaku" n'est pas mauvais en soit mais je ne me suis jamais senti concerner par ma lecture.

16/01/2010 (modifier)