Paroles d'illettrisme

Note: 3.4/5
(3.4/5 pour 5 avis)

« À cause de leur travail, mes parents m’ont placé chez une nourrice, pendant les trois premières années de ma vie. Cette femme avait un gamin, qui était bègue. Sans le faire exprès, je me suis mis à imiter sa façon de parler. Quand mes parents m’ont repris avec eux, le mal était fait. J’ai jamais réussi à me défaire de ce bégaiement. »


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Ils s’appellent Ronny, Patrick, Zahia, Amar, Marcel, Sylvie, Maxime… Les turpitudes de la vie, déracinement, alcoolisme parental, violence ont fait qu’ils ont passé une bonne partie de leur vie sans savoir lire. Dans le cadre d’ateliers organisés par la ville de Blois, Luc Brunschwig a recueilli les témoignages de huit personnes qui ont connus des difficultés d’apprentissage de la lecture et ont appris à vivre malgré leur illettrisme. Ces témoignages sont aujourd’hui mis en images par un collectif de jeunes auteurs de bande dessinée, au talent reconnu : Simon Hureau, Phicil, Benjamin Flao, Ralph Meyer, Brüno, Laurent Astier, Bandini et Eddy Vaccaro.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Décembre 2008
Statut histoire Histoires courtes 1 tome paru
Couverture de la série Paroles d'illettrisme
Les notes (5)
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12/12/2008 | Spooky
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Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

La preuve que la bande dessinée est une forme d'expression, une forme d'art, un médium des plus intéressants et complets, car il permet de toucher à tous types de sujets, des plus futiles et divertissants, aux plus engagés, touchant aux problèmes de société mais néanmoins d'une manière instructive et touchante. Les albums commandés par l'association BD Boum font partie de ces albums que j'ai le plus envie de lire. Le concept est simple, prendre un sujet sensible, et recueillir des témoignages pour les mettre en images par des auteurs reconnus (comme l'excellent album "Paroles sans papier" mais la démarche est proche aussi des En chemin elle rencontre...). Ici, c'est l'auteur (des plus connus), Luc Brunschwig qui a recueilli les témoignages sur l’illettrisme de 8 personnes avec leur histoire et leur expérience. Au vu des thèmes proposés par les autres albums, on peut se dire que celui de cet album est le moins "grave", mais à la lecture de ce magnifique album, on se rend compte comment une vie détruite peut mener à l’illettrisme (et vice-versa). Et si les problèmes de société, tout comme les romans graphiques, ne vous intéressent pas, cette BD pourra quand même vous plaire pour son magnifique graphisme. Brunschwig ne s'est entouré que de pointures, aux dessins souvent torturés (Benjamin Flao), modernes (Bandini), épurés (Brüno), contrastés (Laurent Astier), détaillés (Phicil), aux allures de crayonnés (Simon Hureau) ou avec un encrage plus gras (Ralph Meyer), mais toujours magnifiques (Eddy Vaccaro). Des témoignages "coups de poing", poignants et vrais (comme l'ont pu l'être des lectures comme Pourquoi j'ai tué Pierre), qui attendent une réflexion de notre part sur des "fléaux de société". Des récits graves ou au contraire remplis d'espoir, servis par de magnifiques dessins : une BD incontournable pour tous amateurs de récits humains. Quelle qualité !!! Note : 4.5/5

03/12/2011 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

Depuis le temps que je souhaitais lire cette BD !!! J'ai fini par me lancer et l'acheter. Après sa lecture, je ne regrette qu'une chose : avoir attendu aussi longtemps. Les 8 récits formant ce recueil sont tous intéressants et bien dessinés. Chaque dessinateur a son style mais l'ensemble est cohérent grâce au choix du noir et blanc. Luc Brunschwig fournit un bon travail pour les scenarii tirés de témoignages. Ils sont concis, bien développés et arrivent à simplement retranscrire ces destinées difficiles car la base de l'illettrisme est souvent une situation de vie complexe et défavorable. Avec ce genre d'initiative, on se couche moins idiot. Ce projet est réussi à tous niveaux grâce aux auteurs qui ont joué le jeu sérieusement.

24/04/2010 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
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Paroles d'illettrisme est un recueil scénarisé par Luc Brunschwig mettant en scènes huit témoignages différents. Huit dessinateurs vont se succéder également. Le style graphique n'est point homogène. Seule la couleur est absente. Dans l'ensemble, la qualité est acceptable. J'ai bien aimé le récit de ces personnes qui ont connu l'illettrisme et de toutes les difficultés que cela pouvait engendrer dans leur vie. Je n’en avais pas trop conscience jusqu'ici. C'est important d'aborder pour une fois ce thème dans la bande dessinée : l'initiative était louable. On se rend compte que cela touche des étrangers, des enfants malades, des gens défavorisés : bref, ceux que la société a mis à l'écart. Certains témoignages sont poignants et en tout cas toujours justes. Pourtant, j'ai senti beaucoup d'optimisme à la fin de chaque récit. Je n'aurais cependant qu'un regret : l'histoire de Zahia qui est découpée en 3 parties se termine pas vraiment sur une note de gaieté. Cela tranche singulièrement avec le reste. De plus, on reste un peu sur notre faim avec son récit dont on aurait aimé connaître la suite. En conclusion, je dirai que j'ai apprécié l'authenticité de ces récits. Une vraie bd humaniste comme je les aime.

06/08/2009 (modifier)
Par iannick
Note: 3/5
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C’est le nom de Simon Hureau en couverture qui m’a donné l’envie de feuilleter « Paroles d’illettrisme ». C’est un auteur que j’apprécie énormément suite à mes lectures du « Bureau des prolongations » et de « L’empire des Hauts murs » (faudra que je déniche « Palaces » un de ces jours !). Cet album scénarisé par Luc Brunschwig est un collectif réunissant huit dessinateurs (Simon Hureau, Benjamin Flao, Phicil, Ralph Meyer, Brüno, Eddy Vaccaro, Laurent Astier et Bandini) dont un pour chaque récit. Le scénariste nous présente le destin de huit illettrés. Le lecteur y découvrira le parcours d’immigrés, de personnages issus de couples séparés ou itinérants, d’un enfant dont sa surdité a été décelée trop tardivement ou encore d’un élève ayant subi de sarcasmes de la part de sa maitresse… Ce qui ressort inévitablement à travers ces destins, c’est qu’au-delà de leurs origines, de leurs âges, la plupart de ces illettrés ont souffert très souvent de la pauvreté, de la précarité comme les médias aiment citer de nos jours. Il n’y a pas une histoire que j’ai préférée plus que l’autre dans cette bd, tous ces récits malheureusement vécus ne me sont apparus très intéressants et touchants. Je salue le scénariste d’avoir échappé à la tentation de mettre du mélodrame dans ces histoires, la lecture est par conséquent très plaisante et ne tombe jamais dans le sensationnel. Au niveau du graphisme, même si j’ai une petite préférence pour le style de Simon Hureau, j’ai apprécié le coup de crayon de tous les dessinateurs. Par exemple, je n’hésiterai pas à me précipiter sur un album de Laurent Astier que je viens de découvrir dans cette bd. Dans l’ensemble, le dessin en noir et blanc se prête très bien à ces récits et le coup de crayon de chaque auteur est très agréable à contempler. C’est un album très intéressant et très plaisant à lire que nous propose Luc Brunschwig et les huit dessinateurs. Malgré son thème (moi-même, je n’avais pas trop l’envie de lire une bd sur l’illettrisme) et les itinéraires peu enviables de chaque protagoniste, toutes ces histoires réellement vécues ne tombent jamais dans le sensationnel et dans le mélodrame… rien que pour ça, je tire mon chapeau aux auteurs ! Cependant, à la sortie de cette lecture, je dois vous avouer que je suis très sceptique sur la capacité de nos politiciens (de n’importe quel parti) et des citoyens à enrayer l’illettrisme dans mon pays au vu de l’augmentation du nombre de ménages en situation précaire chaque année… « Paroles d’illettrisme » est donc une bd que je vous conseille fortement de découvrir. Note finale : 3,5/5

22/12/2008 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
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Dans le cadre de ses ateliers organisés par la ville de Blois et le festival BD Boum, la collection "paroles de...", initiée par Corbeyran chez Delcourt, continue son bonhomme de chemin chez Futuropolis. Cette fois-ci ce sont des récits mettant en scène la pauvreté qui nous sont proposés, car illettrisme et pauvreté sont indéfectiblement liés. Les situations proposées sont assez diverses, mais toutes édifiantes. Racontées avec sobriété, sans misérabilisme, elles aideront peut-être à faire reculer ce phénomène invisible qu'est l'illettrisme. Les dessinateurs se sont tous impliqués dans le projet, sous la direction de Luc Brunschwig, toujours appliqué. Je n'ai pas de préférence au niveau des histoires ou des dessins, préférant apprécier l'ensemble et saluer l'entreprise. Un travail remarquable, comme toujours dans ce cadre.

12/12/2008 (modifier)