Buddy Bradley (Hate)

Note: 4/5
(4/5 pour 3 avis)

En route pour Seattle raconte avec humour les péripéties d'un jeune désoeuvré, le fantasque Buddy Bradley, de ses copains et de son improbable famille. As de la débrouille, Buddy est tour à tour libraire, manager de rock, disquaire... Toujours avec les mêmes résultats apocalyptiques ! En plus, la ses relations amoureuses sont des plus tumultueuses et son jeune frère raciste lui gâche la vie. Heureusement, il lui reste la bière et le rock'n'roll !


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En route pour Seattle raconte avec humour les péripéties d'un jeune désoeuvré, le fantasque Buddy Bradley, de ses copains et de son improbable famille. As de la débrouille, Buddy est tour à tour libraire, manager de rock, disquaire... Toujours avec les mêmes résultats apocalyptiques ! En plus, ses relations amoureuses sont des plus tumultueuses et son jeune frère raciste lui gâche la vie. Heureusement, il lui reste la bière et le rock'n'roll ! Avec la saga de Buddy Bradley, Peter Bagge a construit une formidable galerie de personnages, sortant de la vie réelle tout en conservant sur eux un regard humain. Aussi médiocres, prévisibles, énervants soient-ils, Bagge en brosse des portraits touts en nuances et ne tombe jamais dans la caricature facile. A bien des égards, le personnage de Buddy Bradley peut être considéré comme autobio-graphique. Il est en tout cas, beaucoup plus complexe que ne le laissent entendre ses goûts et son mode de vie. Génération X, version bande dessinée. Lancé de Seattle au même moment que la vague Grunge, Buddy Bradley de Peter Bagge a été généralement associé à celle-ci, à l'instar de Gilbert Shelton pour le San Francisco hippy. (Texte éditeur)

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Mars 2006
Statut histoire Histoires courtes 2 tomes parus
Couverture de la série Buddy Bradley
Les notes (3)
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22/10/2006 | Ro
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Très bonne surprise cette BD. Je ne connaissais ni l'auteur ni son personnage Buddy. Toutes les histoires sont bourrées d'humour. Ce sont des tranches de vie des différents protagonistes avec pour ligne rouge l'évolution du héros Buddy. Un alcoolique glandeur un peu anar mais très attachant. Les milieux et les personnages sont décrits avec justesse et ironie. Le style du dessin est proche de la caricature N&B avec des distorsions de personnages qui accentuent le trait, l'émotion recherchée. En plus c'est un pavé conséquent. Des heures de lectures divertissantes!

03/11/2010 (modifier)
Par Felipe
Note: 5/5

Rarement une BD m'aura fait autant rire. On sent bien le vécu dans le récit de Peter Bagge, et plusieurs personnages m'ont fortement fait penser à certaines de mes connaissances (c'est peut-être pour ça que j'ai trouvé ça aussi drôle). Le dessin est cheap, mais Bagge est passé maître dans l'art de déformer le corps de ses personnages pour en tirer un effet hilarant. L'expressivité de ses personnages est extraordinaire, avec mention spéciale pour la colère et l'embarras. Buddy Bradley, le personnage central, semble être le seul à ne pas être complètement dingue (et il y a énormément de façons d'être dingue), ce qui ne l'empêche pas de cultiver nombre de vices. Le langage est cru mais les répliques sont souvent bien trouvées. En route pour Seattle permet de se familiariser avec une culture populaire américaine et est aussi une satire sociale qui bien qu'enracinée dans le Seattle des années 90 n'en évoque pas moins des situations que l'on peut retrouver de nos jours chez nous. Le coté "rock'n'roll" de cette BD est ce qui fait sa force. Il peut choquer ou ennuyer ceux qui n'y sont pas sensible, mais si ce n'est pas le cas, sa lecture est un pur moment de jouissance.

15/11/2006 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

J'ai lu cette grosse BD (environ 350 pages) dans l'idée d'y retrouver un récit proche de De mal en pis que j'avais beaucoup aimé. On trouve en effet des points communs entre ces deux pavés issus du monde du comics : dans les deux cas nous suivons une petite bande de jeunes un peu paumés qui vivent en colocation, qui débutent dans la vie d'adulte et qui ont des relations sentimentales tumultueuses. Mais ce sont peut-être les seuls liens entre ces deux oeuvres. Car sans vraiment connaître l'oeuvre de Robert Crumb, je trouve que Buddy Bradley se situe quelque part entre De mal en pis et certains ouvrages de cet auteur culte dans le domaine de l'underground américain. Cela se voit au niveau du dessin. Proche de la caricature, il abonde en déformations et visages rendus grotesques par leurs expressions outrées. Les corps sont plutôt stylisés, avec des membres "mous", afin de les rendre encore plus abusément expressifs. Les mises en page sont assez brouillons, pas très agréable au premier coup d'oeil. Sincèrement, j'ai cru avoir beaucoup de mal à me faire à ce dessin et c'est même ce qui m'a fait repousser plusieurs fois l'achat de cette BD. Mais, même si je continue à penser que j'aurais préféré un autre style de dessin, je m'y suis fait et en suis même venu à plutôt l'apprécier par moments. Il faut également dire qu'en réalité le récit tient davantage à mes yeux sur ses textes et dialogues que sur son dessin. Ce sont les échanges entre de jeunes désoeuvrés ou vivotant de petits boulots. Chacun a sa personnalité très affirmée voire exacerbée. Le héros, Buddy, est le plus proche de la "normalité" : simple gars débrouillard mais plutôt paresseux et peu désireux de s'engager, il est relativement attachant. Autour de lui, un ami d'enfance égocentrique et sans gêne plein d'ambition et de mauvaises combines, un colocataire asocial et misanthrope, une amie au caractère oscillant entre douceur et moments de hargne furieuse, une autre amie complètement lunatique et sans estime de soi, et d'autres du même genre. Le récit est structuré en histoires courtes formant un récit global et une vision de l'intérieur de l'univers rock et grunge des jeunes paumés de Seattle dans les années 90. L'ambiance est parfois assez trash, ou disons du moins rock n' roll. C'est en cela également que cette oeuvre se rapproche plutôt de Crumb ou du moins d'une certaine part du comics underground US à mes yeux. J'ai lu ce pavé avec un certain interêt mais sans jamais véritablement réussir à entrer dedans. Les moments d'humour n'ont pas tellement su me toucher. Et contrairement à ma lecture de De mal en pis, je dois dire qu'au bout de 350 pages, je me suis relativement peu attaché aux personnages et je les ai quittés sans aucun pincement au coeur. Il représente assez bien l'ambiance d'une époque mais je n'ai pas suffisamment vécu cette époque (de cette manière là du moins) pour m'y retrouver moi-même et pour m'y intéresser plus que ça. Au final, ce ne fut donc pas une lecture déplaisante pour moi mais je ne pense pas en garder un souvenir impérissable.

22/10/2006 (modifier)