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Le Grand Siècle

Note: 3.63/5
(3.63/5 pour 16 avis)

France en l'an 1666. Alphonse, manouvrier et modeste sujet de sa majesté Louis XIV, est la risée de sa famille et de son village.


1643 - 1788 : Au temps de Versailles et des Lumières Séries hélas abandonnées

Au lendemain d'une soirée particulièrement arrosée, il est témoin du meurtre du Chevalier de Beaumont et de sa fille. Encore sous l'effet de l'alcool, Alphonse va trouver le courage de sauver Benoît, le fils du Chevalier, au grand dam des assassins. Pour Alphonse et le jeune garçon, une nouvelle vie va commencer.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 18 Octobre 2006
Statut histoire Série abandonnée (Abandon pour des raisons financières) 3 tomes parus
Couverture de la série Le Grand Siècle

20/10/2006 | ArzaK
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Andriveau m'était un auteur inconnu jusqu'ici, mais au détour de ma médiathèque, je suis tombé sur ce titre à la couverture pas très engageante, puis en ouvrant une page au hasard, j'ai découvert un dessin incroyablement maitrisé. Entre temps, j'ai dévoré les trois tomes parus à ce jour, et c'est une claque magistrale. Suivant le destin d'un péon lambda qui va vivre un massacre et sauver le rejeton survivant, les voici impliqués dans une histoire qui les dépasse et implique la monarchie royale de Louis XIV. Ce qui est beau dans le grand siècle, c'est la force de la narration, couplée à des planches de toute beauté. Voulu ou non, le trait évolue et oscille entre Loisel et Lauffray au fil des albums, ce qui colle une personnalité à chaque volume et instille des ambiances à la puissance charmante, revisitant presque les grandes phases de la peinture, entre Delacroix, les flamands et le début du vingtième siècle français. Ainsi, l'aspect bucolique d'Alphonse retranscrit une atmosphère douce et verdoyante propre aux camps tziganes. L'humour y est fortement présent et lance les fils d'une histoire riche et pleine de rebondissements. Simon Andriveau assurant tous les rôles, il prend aussi un malin plaisir à prendre le contre-pied de son lecteur. Ainsi pour le chapitre sur Benoit, il instaure un trait plus esquissé prompt à retranscrire l'action et les mouvements, mais également tourne le récit dans la noirceur. Plus de drôleries, on aborde des sujets graves et on soumet ses protagonistes à de rudes épreuves. Ceci est par ailleurs magnifiquement contrasté mais accentué par les tonalités pastelles employées sous une lumière crue, retranscrivant les Antilles de carte postale et en y ajoutant la sueur et le sang. Le grand siècle nous avait appâté, nous sommes maintenant ferrés. Le dernier chapitre sorti, Moplai, surprend encore. Le scénario oublie le sort de nos deux compagnons d'infortune et aborde le coeur du problème par le biais de side kick jusqu'à présent mais qui apportent également leur pierre à l'édifice. Le dessin se fait diffus à la limite de l’impressionnisme, les couleurs soufflent le chaud et le froid dans des tonalités rouges et bleutées. Toujours le même chef d'orchestre à la baguette, il étale sa virtuosité dans le rendu de la violence et des tourments de Moplai. On se rend compte alors que chaque album distille des éléments repris ultérieurement, bref que l'histoire est bien pensée et qu'Andriveau sait où il va. Une série qui tourne et retourne dans la tête et invite à la relecture pour le récit, mais aussi pour en admirer tous les détails graphiques et s'en imprégner durablement. Devant tant de qualificatifs positifs, pourquoi alors ne mettre que 4/5 ? En l'état, j'aurais pu mettre 5, cependant, l'auteur semble mystérieux et ne sort son grand siècle, en cinq épisodes a priori, qu'au compte-goutte (série débutée en 2006) et sans communication ni prévision. A partir de ce postulat, difficile de juger qu'il s'agit bien d'une oeuvre culte. Abandonnée, il s'agira d'une magnifique tentative mais inutile sans conclusion, une fois fini, si le monsieur continue dans cette voie, il aura touché du doigt la perfection.

05/02/2014 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Pierig

Il est agréable de se laisser surprendre par une série dont on n'attendait pas grand-chose et qui se révèle être finalement passionnante. Le récit est dense avec une foule d’informations transmises au fil des pages sans pour autant alourdir la lecture. Au contraire, elle est des plus prenantes. L’intrigue reste entière sans pour autant frustrer le lecteur. L’auteur se joue de nous avec une grande habileté et nous fait voyager aussi au gré des errements de ses personnages. Il est rare de trouver une telle évolution graphique au sein d’une série sans changement de main. Dans le premier opus, le trait est appuyé pour s’affiner et devenir presque aérien dans les suivants. Il devient plus brouillon aussi, mais sans perdre en lisibilité grâce à une mise en couleur adaptée. Bref, j’attends la suite !

26/10/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Yannou D. Yannou

Comme il a été remarqué dans les autres commentaires, le dessin évolue entre le tome 1 et 2. et aussi entre le tome 3. Mais il évolue magnifiquement ! Le graphisme se développe et se déploie avec majesté ! Le tome 3 est un boulot magnifique. Centré sur le personnage le plus charismatique de la série (à mon sens évidemment), les dessins prennent un envol terrible. Si le tome 4 poursuive cette voie, alors on le sacrera empereur (à minima). Ajouter à cela une ambiance du feu de dieu dans ce tome 3 : notamment le passage ou les mercenaires postés dans l'auberge perdue au milieu de la neige sont dans l'attente du carnage qui va suivre : tripant ! Alors que l'on partait sur un tome 1 prédisant faussement une série sympathique et sans grande surprise, la tournure de l'histoire (notamment le fait que chaque tome se concentre sur un personnage) et l'évolution graphique impressionnante font de cette série, une grande série qui vaut bien des détours (toujours à mon sens évidemment). En attendant les tomes suivant.

10/11/2011 (modifier)

Fan de BD, j'ai été particulièrement impressionné par les 2 volumes dessinés par Simon Andriveau. Le scénario est efficace car extrêmement bien rythmé, laissant la place à une intrigue palpitante. Le graphisme est à mon sens simplement parfait pour ne pas dire exceptionnel. Ce dessinateur est un Egon Schiele des temps modernes. Je reste admiratif et envieux de son dessin, de l'équilibre général de ses planches, des couleurs et de l'univers qui y est restitué (les pages 9 à 15 du tome 2 notamment !). Depuis Loisel et La Quête de l'Oiseau du Temps, jamais une BD ne m'avait autant enthousiasmé (c'est dire !). Beaucoup de succès à ce formidable dessinateur et vivement la suite !

05/09/2008 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Spooky

Belle découverte que ce Simon Andriveau. Avec "Le Grand siècle", il fait directement son entrée dans la catégorie des auteurs à suivre de près. Car c'est une série promise à un grand avenir, pour peu que le public suive. Andriveau a décidé de s'attaquer à l'un des plus grands mystères de l'Histoire de France, celui du Masque de Fer. Ni plus ni moins. Et malgré l'apparition de celui-ci seulement dans le dernier tiers du tome 1, cette option rajoute un supplément d'intérêt à cette histoire de poursuite champêtre dont on avait du mal, au départ, à saisir les implications. Enfin je dis du mal, mais ça se lisait déjà assez bien, Andriveau utilisant une trame assez linéaire, saupoudrée de moments d'humour bienvenus. Quant à son dessin, il est déjà très mature, avec cependant des couleurs un peu sombres par moments. Mais on sent plusieurs influences, comme celle d'Uderzo et celle de Frezzato. Une série à suivre de près, comme je l'ai dit.

29/10/2006 (modifier)