La Statue de Gilgamesh
Inspirée de la plus ancienne épopée de l'humanité, cette fable originale imagine la genèse de son écriture, en mêlant habilement histoire, mythe et satire du monde moderne.
Dans l'antique cité d'Ourouk, Gilgamesh fait bâtir une statue colossale censée le rendre éternel. Anzi, jeune poète illettré, arrive en ville pour apprendre à écrire et transmettre le récit qu'il a imaginé. Il tombe amoureux de Siskur, une révolutionnaire qui souhaite faire tomber le roi. Anzi s'engage à ses côtés, animé par l'espoir d'accéder à un scribe du palais pour graver son récit.
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| Date de parution | 19 Février 2026 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
C’est mon intérêt pour l’Antiquité qui m’a porté vers cette BD, bien plus que son dessin que je ne trouvais pas très folichon, intérêt qui a été moyennement satisfait puisqu’en fait de récit historique, il s’agit plutôt d’un conte et non des moindres puisqu’il propose une lecture du mythe du Déluge. Néanmoins, La statue de Gilgamesh possède des qualités indéniables et recèle de surprises. Mais commençons par le dessin. Je le disais : ce n’est pas le gros kif. Les visages sont trop anguleux, si bien que deux ou trois fois, on n’est plus tout à fait certain de suivre le personnage de la scène précédente, ou celui que l’on avait quitté quelques pages auparavant. Mais surtout, il manque cruellement de détails. Les fonds sont trop souvent (pour ne pas dire systématiquement) réduits à des aplats de couleurs conférant à cette histoire l’aspect d’une pièce de théâtre moderne jouée sur une scène nue. C’est dommage, mais ça ne gâte cependant pas la narration, par ailleurs très fluide. Parmi les petites surprises que l’on peut trouver dans cet album, les dialogues figurent en bonne place. Ils sont bien vus et ne manquent pas d’humour. Le ton est un peu décalé, reprenant parfois des expressions modernes (on pense aux Olives noires) ou faisant explicitement référence à notre présent. Le procédé apporte ici un brin de fraicheur, sans compter qu’il est bien dosé. Le scénario est assez cool. On ne s’ennuie pas. De plus, il y a là encore une volonté évidente de l’ancrer dans le présent. En effet, sont évoqués notamment les problèmes environnementaux ; par exemple le fait que les racines des arbres que l’on arrache afin d’ériger une statue géante à la gloire du roi Gilgamesh ne parviennent plus à retenir les terrains et les eaux, provoquant inondations en cascade, dans tous les sens du terme ?. Par le biais d’un groupe d’activistes politique, ça parle aussi de politique, donc, d’inégalités sociales, de consommation, de salariat… En vrac, quelques chouettes trucs : j’ai beaucoup aimé la manière dont les auteurs empoignent l’histoire des tablettes d’argiles, et comment ils imaginent que cette technique utilisée au départ pour la comptabilité, a pu devenir un véritable support de mémoire (et par conséquent comment elle a pu fixer cette histoire de Déluge). Ce ne sont bien entendu que des élucubrations, mais c’est très « fun », bien intégré à l’histoire, tout en apportant un surcroit de sens. Aussi, j’ai aimé cette vision d’un Déluge lié à des causes environnementales. Si je ne la partage pas (j’ai de tout autres croyances à ce sujet), elle fait résonner le présent. Enfin, les personnages sont plutôt fouillés, et l’on s’attache à eux. On regrettera en revanche une fin plutôt brutale. Un bon 3,5 en ce qui me concerne.
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