À hauteur d'homme
Il reste invisible tout au long des pages, car ces pages sont composées uniquement de ce qu’il voit : le spectacle de la rue.
Par bribes, cet homme nous donne à connaitre ce qu’il était. Avant sa chute, il était mari et père et il était astronome amateur. Il contemplait sa femme et sa fille, il contemplait le mouvement des corps célestes. À présent il regarde d’autres corps en mouvement : la trajectoire des passants. Il regarde des couples qui se retrouvent, qui se séparent, il regarde des parents, des enfants. Autant de fragments de vies qui lui rappellent la sienne, les jours heureux et le drame qui l’a amené là, assigné à ce bout de trottoir. Au début du récit, il guette quelques interactions, obtient quelques regards, quelques pièces, quelques sourires. Puis, il perd tout échange, perdu dans son monde intérieur, un monde contemplatif, un monde sombre traversé de quelques lumières et de rares espérances.
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Editeur
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Collection
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Genre
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Public
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Type
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| Date de parution | 18 Février 2021 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Je suis assez déçu de la BD, qui m'avait cueilli sur les premières pages avant de me lâcher en cours de route. C'est d'autant plus dommage que j'étais assez content de voir le début de la BD qui proposait une idée originale : une BD en vue subjective d'un SDF faisant la manche, qui commente le monde. Là où j'étais intéressé, c'était l'idée qui permettait de se mettre à la place du personnage, tout en ayant un commentaire acide sur la société et l'hypocrisie de ces personnes laissées seules dehors qu'on ne veut plus voir, qu'on souhaiterai voir disparaitre, qui dérangent ... Le hic, c'est que la BD part très vite sur une histoire personnelle, expliquant comment le type a fini dans la rue. Enfin, c'est plutôt une explication de sa vie, et on comprend qu'il a finit dans la rue suite à ce qu'il raconte. Le tout avec des métaphores jolies autour des étoiles et de l'astronomie, mais qui finissent par cantonner l'histoire à une seule représentation de la misère. Et c'est dommage, le début et tout le dialogue interne au SDF aurait pu continuer à être plus désincarné, plus universel. Car au final, aucune remise en question n'est faite de la société, ni de la façon dont s'organise la misère dans un monde capitaliste et libérale. Là, on a une histoire d'un type qui a fait les mauvais choix, point. C'est dommage que le potentiel de la BD ne soit jamais exploitée, et ça me fait baisser ma note. Par contre, c'est bien dessiné et je reconnais qu'il y a une vraie recherche esthétique, notamment avec l'angle de vue et la multiplicité des personnages qui passent et regardent, qui donnent l'impression que l'auteur a regardé pendant des heures les gens dans la rue pour arriver à faire autant de portraits qui rendent si bien. Le dessin me fait encore plus regretter les choix narratifs, car il y avait quelque chose de vraiment excellent qui aurait pu être mis en image, il en reste une BD assez poétique mais à portée limitée. Dommage !
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