La Sorcière qui a changé le monde
En 79, l’Angleterre était punk, la Première ministre encore pire...
1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Angleterre Biographies En avant-première Nouveautés BD, comics et manga Politique
Angleterre, années 1970. Alors que le pays s’enlise dans la crise, une femme discrète s’impose contre tous : Margaret Thatcher. Fille d’épicier devenue cheffe du parti conservateur, elle accède au pouvoir en 1979 et engage une rupture radicale. Privatisations, affrontements avec les syndicats, guerre des Malouines, détestation de l’Europe qualifiée de « pays de cinglés », lune de miel avec Reagan… Un grand sabbat néolibéral commence ! Experte en communication, la « Dame de fer » fait marcher au pas ses collaborateurs et au bazooka ses adversaires. Détestée autant qu’admirée, Thatcher va bouleverser les codes du pouvoir et transformer durablement la société britannique, pour le meilleur et pour le pire…
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| Date de parution | 06 Mai 2026 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Après s'être attaqué à Ronald Reagan dans Le Crétin qui a gagné la guerre froide, Jean-Yves Le Naour poursuit son exploration des grandes figures du libéralisme triomphant des années 80 en consacrant cette fois un album à Margaret Thatcher. Et là encore, il le fait avec ce ton très particulier, à mi-chemin entre le biopic historique sérieux et la satire politique complètement acide. L'album retrace son ascension, de fille d'épicier (comme elle aime le rappeler sans arrêt) à Première ministre britannique, puis déroule les grands marqueurs du thatchérisme : dérégulation, réduction de l'État, privatisations, casse des syndicats, guerre des Malouines et proximité idéologique avec Reagan. Le Naour adopte un ton caustique où le loufoque et un humour souvent cynique se mélangent constamment à la réalité historique, ce qui donne une mise en scène drôle sans sacrifier le fond politique. C'est le genre de BD qui se lit facilement tout en donnant envie de creuser ensuite certains événements ou décisions évoqués. Graphiquement, Emilio Van der Zuiden propose une ligne claire assez élégante et très lisible, avec une mise en scène échevelée qui colle bien à ce ton mi-figue mi-raisin : suffisamment légère pour accompagner la dimension humoristique, mais assez sobre pour ne pas désamorcer la gravité du fond. Ce qui fonctionne bien, c'est la manière dont Margaret Thatcher est représentée de façon volontairement ambivalente, tant sur le plan graphique que narratif : tantôt comme une cruche aux idées profondément odieuses, parfois presque grotesque dans sa rigidité idéologique, tantôt comme une stratège politique redoutablement machiavélique, capable de manipuler ses conseillers, ses ministres et son image médiatique pour rester au pouvoir malgré la haine d'une grande partie de la population. L'album rappelle aussi à quel point ses politiques ont broyé une partie des classes populaires britanniques, notamment les mineurs et les bastions ouvriers, en assumant une brutalité sociale qui explique pourquoi tant de Britanniques l'ont haïe. Le récit évoque d'ailleurs en filigrane l'Angleterre punk de la même époque, celle qui voyait en elle une incarnation détestable du pouvoir et la désignait comme une figure à combattre. Sans développer énormément cet aspect culturel, on ressent bien cette période où une partie de la jeunesse percevait le thatchérisme comme quelque chose de profondément violent, teinté de dérives autoritaires voire fascisantes. Une BD politique très orientée idéologiquement, clairement, mais qui assume totalement son point de vue et qui réussit surtout à être à la fois instructive et amusante.
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