Seccotine
Créée par Franquin dans Le journal de Spirou, Seccotine est une figure majeure de la BD franco-belge qui méritait bien sa propre série.
Journal Spirou Journalistes L'univers de Spirou et Fantasio La BD au féminin
Elle est journaliste, intrépide, piquante... et a besoin d'une petite pause : c'est Seccotine ! Loin des aventures de Spirou et Fantasio, elle décide de ralentir et de se mettre au vert. Champignac-en-Cambrousse s'impose alors comme le refuge idéal : campagne paisible, habitudes rassurantes, silences réparateurs. Mais à peine installée, la journaliste se retrouve entraînée dans une affaire de disparitions d'animaux. Entre les écologistes équivoques d'Arthur Nature et les chasseurs du GSC, le Groupement pour la sécurité de Champignac, le village révèle ses zones d'ombre... Derrière les façades tranquilles, l'intrigue s'inscrit dans la grande tradition du cosy mystery anglais, où le mystère se glisse dans un décor bucolique et faussement innocent...
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Editeur
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Genre
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Public
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Type
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| Date de parution | 22 Mai 2026 |
| Statut histoire |
Série en cours
1 tome paru
Dernière parution :
Moins d'un an
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Les avis
J’avais très envie d’aimer cet album. Je l’ai acheté avec un réel enthousiasme, car j’y ai vu ce qui ressemblait à un véritable hommage au Spirou classique. Le lettrage du titre rappelle les anciens albums Dupuis, les champignons géants évoquent immédiatement "Il y a un sorcier à Champignac", Seccotine est enfin mise en avant, et jusqu’au dos de l’album, avec son titre écrit verticalement comme dans les anciennes collections, tout semblait témoigner d’un profond respect pour l’univers de Franquin. En le feuilletant rapidement, la promesse paraît tenue. Seccotine est reconnaissable, son caractère est plutôt bien retranscrit, et cela fait plaisir de la voir enfin occuper le premier rôle. Le dessin, au premier regard, évoque bien cette école franco-belge des années 60-70 et donne envie de se plonger dans l’aventure. Malheureusement, une fois la lecture commencée, cette première impression s’effondre peu à peu. J’ai fini par avoir le sentiment que toute cette esthétique relevait davantage d’un habillage marketing destiné à séduire les amateurs de Franquin que d’un véritable hommage porté par le contenu de l’album. Ce qui m’a le plus dérangé est l’absence totale de cohérence. L’album mélange sans cesse les époques et les références. Seccotine utilise parfois du matériel qui paraît très daté, comme un énorme ordinateur fixe, alors qu’on la voit également utiliser un téléphone moderne avec des appels vidéo. Elle alterne aussi entre des tenues très actuelles et des vêtements qui semblent tout droit sortis des années 50. Spirou porte quant à lui sa veste noire et son col roulé des années 70 dans un style qui rappelle Fournier. On finit par ne plus savoir à quelle époque se déroule réellement le récit. Et puis Gaston qui apparaît avec sa vieille voiture alors que l’histoire semble se dérouler dans une époque contemporaine, mais il ne sert quasiment à rien et n’apporte aucune touche d’humour. Le même problème existe dans le dessin. Le maire de Champignac semble directement sorti des premiers albums de Franquin, comme "Il y a un sorcier à Champignac". Le Comte évoque davantage la période Zorglub. Spirou et Fantasio changent presque de style au fil des pages : parfois très élancés, avec une silhouette qui rappelle Munuera, parfois beaucoup plus trapus, avec des proportions qui évoquent davantage Tome & Janry. Certains clins d’œil fonctionnent, comme la tenue de Fantasio similaire à celle du sorcier à Champignac, mais l’ensemble ressemble davantage à un assemblage de références qu’à une véritable direction artistique cohérente. Le contraste est encore plus frappant avec les nouveaux personnages. Seccotine, Spirou, Fantasio ou le Comte sont clairement dessinés dans une imitation de Franquin, tandis que les personnages d’Arthur Nature ou les membres de son groupe semblent appartenir à une toute autre bande dessinée. Les styles graphiques cohabitent mal. Quant à Colette ou Arthur, leurs visages sont tellement caricaturaux qu’ils donnent parfois l’impression d’une imitation maladroite d'un sous-sous-Seron. Le jeune chasseur, lui, semble tout droit sorti d’un album de Tillieux. Là encore, cela pourrait être perçu comme un hommage, mais l’ensemble paraît davantage bricolé que réellement maîtrisé. Le scénario n’arrange malheureusement rien. Je ne me souviens pas avoir souri une seule fois durant toute la lecture. Rien n’est vraiment drôle, alors que c’est précisément ce que j’attends d’un album situé dans cet univers. Même les interventions du maire tombent à plat. Spirou manque de personnalité, apparaît souvent simplement râleur, et Fantasio ne sert pas à grand-chose. L’intrigue est extrêmement linéaire, sans surprise ni véritable tension. Les antagonistes constituent sans doute la plus grande déception. Ils sont très caricaturaux mais paradoxalement dépourvus de personnalité. On ne sait quasiment rien d’eux, ils ne sont ni amusants, ni inquiétants, ni mémorables. C'est presque moins bon que du Bob et Bobette. Enfin, le Comte de Champignac est lui aussi méconnaissable. Habituellement brillant, fantasque mais profondément intelligent, il apparaît ici comme un personnage naïf qui accorde sa confiance à n’importe qui, ce qui ne correspond pas du tout à l’image que je me fais de lui. Au final, j’ai surtout eu le sentiment d’avoir été séduit par une promesse que l’album ne tient jamais. L’emballage est beau et donne sincèrement l’impression d’un retour aux fondamentaux de Spirou. Mais derrière cette façade, je n’ai trouvé ni la finesse, ni l’humour, ni l’inventivité qui font le charme des grands albums de Franquin et ses successeurs. C’est d’autant plus frustrant que Seccotine méritait largement une véritable grande aventure.
À la lecture des avis précédents, je m'attendais à pire, mais au final je n'ai pas trouvé ce spin-off centré sur Seccotine désagréable à lire, même s'il reste inégal. Graphiquement, l'ensemble est plutôt réussi. Le dessin est propre, plus soigné que dans Spirou et Fantasio Classique - La Baie des Cochons, avec des décors plus détaillés et une vraie volonté de redonner vie au village de Champignac et à son atmosphère. J'ai aussi trouvé que Seccotine était plutôt bien caractérisée dans cette version, avec un personnage qui conserve une certaine énergie et un côté attachant. En revanche, la colorisation de certains ciels et effets de lumière m'a parfois un peu fait tiquer, avec un rendu qui m'a semblé moins naturel. Là où ça se complique, c'est du côté des personnages secondaires et de l'intrigue. J'ai trouvé Colette assez pénible, tout comme les deux antagonistes, qui ne m'ont pas vraiment intéressé. L'histoire en elle-même est très classique, presque trop sage, avec une impression générale de récit enfantin et sans aspérité. La résolution n'a pas réussi à me surprendre ni à me convaincre. Il y a aussi cette étrange sensation au niveau du rythme, comme si les journées ne duraient qu'une ou deux heures dans le récit tant Seccotine semble vouloir déjà se reposer ou passer à autre chose dès qu'une piste commence à apparaître. Cela renforce encore cette impression de narration molle et de manque de tension. Au final, même si je rejoins en partie les critiques sur le côté assez fade de l'ensemble, je n'ai pas passé un mauvais moment non plus. C'est une lecture plutôt tranquille, avec quelques qualités graphiques et une vraie envie de revisiter Champignac, mais globalement trop sage et trop lisse pour marquer durablement. Je reste malgré tout curieux de voir si d'autres tomes pourraient mieux exploiter le potentiel du personnage. Note : 2.5/5
"Fade" est le mot qui me vient à l'esprit pour qualifier ce 1er épisode (s'il y en a d'autres). Pourtant, il y avait de quoi faire une aventure fun et amusante avec pareils personnages (surtout Seccotine et le Comte) et pareille base champignonesque, mais tout tombe à plat, plouf, y compris les apparitions de Gaston. On a franchement envie de baffer tout le monde, y compris Spirou (inexistant) et Fantasio (brassant du vent), tant c'est plat et mouuu. L'avis de Josq pourrait être le mien. À trop vouloir être sans angle, sans aspérité, on finit par tout vider de sa substance. Pourtant, avec un personnage comme Seccotine, il y avait de quoi bien faire. Son créateur, le pauvre Franquin, doit se retourner dans sa tombe :( Il y avait moyen de faire une belle montagne, les auteurs ont accouché d'un monticule... PS : je mets un "bof" car je n'ai pas envie d'être trop méchant, bien que j'ai la sinistre impression de pouvoir faire mieux que les 2 auteurs.
Au début, j'ai été plutôt agréablement surpris par le dessin d'Elric, qui, malgré un manque de relief global et des soucis mineurs de proportion ici et là, parvient à nous offrir un résultat graphique très propre, et une modernisation assez acceptable de l'univers de Spirou et Fantasio. Rien qui relève de l'hérésie, en tous cas, et on retrouve même l'ambiance de Champignac avec un certain plaisir, grâce au scénario de Guerrive, qui choisit de nous emmener à la campagne. Un choix assez rafraîchissant, qui dépayse un peu, et nous ramène aux fondamentaux de la saga-mère. Rapidement, toutefois, on se rend compte que tout ça est assez plat. Les dialogues ne sont pas spécialement drôles ; le récit trainasse dès qu'il en a l'occasion ; les couleurs très claires, presque pastel, semblent effacer le caractère des autant des paysages et des personnages, qui en deviennent quasi-transparents. Sans doute par volonté de ne pas cliver, peut-être par peur du politiquement incorrect, les auteurs semblent vouloir éviter soigneusement tout ce qui pourrait ressembler à de la caricature. C'est d'ailleurs partiellement raté, puisque la complotiste est ultra-cliché, mais d'une part, on a le droit de trouver que c'est inhérent au complotisme même, et surtout, on peut probablement partir du principe que ça ne fâchera personne... Sinon, Seccotine décide d'enquêter sur des disparitions mystérieuses d'animaux et de personnes à Champignac, et découvre que tout cela est très probablement lié à une expérience du comte, lui aussi introuvable. Le lecteur découvre également que le petit village est devenu le théâtre d'affrontements entre deux groupes, l'un constitué de chasseurs et l'autre d'écolos qui fabriquent du granulé pour les élevages locaux. On imagine ce que Franquin aurait pu en tirer... et on reste ahuri de constater à quel point Guerrive n'en tire rien. À force de ne vouloir fâcher personne et de ne pas tomber dans la caricature, on se demande ce qui anime les deux auteurs. Leur récit en devient d'une fadeur inconcevable. Il n'y a rien derrière, juste la volonté de reprendre le schéma classique de l'affrontement entre deux bandes de taille égale (et pourquoi pas ?), mais à partir du moment où ce schéma n'est le support à aucun discours en particulier, ni à aucun humour, on se questionne vraiment sur l'intention de l'album. Les auteurs le savent-ils eux-mêmes, d'ailleurs ? Bref, on pourrait louer la volonté des auteurs de réussir à ne jamais basculer dans le politiquement correct sur un sujet potentiellement glissant, mais si c'est pour avoir ça derrière, j'aurais encore préféré un propos anti-chasse ou anti-écolos. Au moins, on aurait eu quelque chose à se mettre sous la dent... Le plus drôle, c'est quand même que la seule intention identifiable derrière cet album est d'avoir voulu donner à un personnage féminin secondaire une saga où elle aurait le premier rôle. Ce qui, précisément, est le summum du politiquement correct...
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