9 secondes - La Civilisation du poisson rouge

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Adaptation de La civilisation du poisson rouge, le best-seller de Bruno Patino, président d'Arte, par Morgan Navarro, l'auteur de Ma vie de réac.


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Le poisson rouge tourne dans son bocal. Il semble redécouvrir le monde à chaque tour. Les ingénieurs de Google ont réussi à calculer la durée maximale de son attention : 8 secondes. Ces mêmes ingénieurs ont évalué la durée d'attention de la génération des millenials, celle qui a grandi avec les écrans connectés : 9 secondes. Nous sommes devenus des poissons rouges, enfermés dans le bocal de nos écrans, soumis au manège de nos alertes et de nos messages instantanés. Une étude du Journal of Social and Clinical Psychology évalue à 30 minutes le temps maximum d'exposition aux réseaux sociaux et aux écrans d'Internet au-delà duquel apparaît une menace pour la santé mentale. "La servitude numérique est le modèle qu'ont construit les nouveaux empires, sans l'avoir prévu, mais avec une détermination implacable. Au coeur du réacteur, nul déterminisme technologique, mais un projet qui traduit la mutation d'un nouveau capitalisme : l'économie de l'attention."

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Février 2026
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série 9 secondes - La Civilisation du poisson rouge © Dupuis 2026
Les notes
Note: 3/5
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28/01/2026 | Ro
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Par Ro
Note: 3/5
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Dans son essai La Civilisation du poisson rouge, Bruno Patino dénonce et analyse ce qu'il appelle l'économie de l'attention, moteur central des grandes plateformes numériques et des GAFAM. Son constat est clair : nos usages sont encouragés, orientés et rendus addictifs par des interfaces conçues pour capter du temps de cerveau, au détriment de la concentration, du recul critique et du lien social. C'est ce livre que Morgan Navarro adapte en bande dessinée afin d'en restituer l'essentiel, à travers une mise en scène graphique simple et efficace. L'ouvrage explique comment les réseaux sociaux et les moteurs de recherche ont basculé d'une utopie de partage du savoir vers un capitalisme de l'attention, fondé sur la publicité ciblée, la récompense aléatoire et l'exploitation de nos biais cognitifs. Les mécanismes sont clairement exposés, accessibles, et le propos est sociologiquement pertinent. Le passage du livre à la bande dessinée ne se ressent pas vraiment, tant la narration reste fluide et aérée, portée par un narrateur sympathique qui se met en scène dans sa vie quotidienne. Toutefois, l'ouvrage laisse un peu sur sa faim. Les thèmes abordés sont nombreux mais souvent survolés, et beaucoup d'analyses donnent une impression de déjà-vu. Les auteurs expliquent que les GAFAM utilisent les résultats d'études comportementales pour manipuler leurs utilisateurs, mais sans détailler suffisamment ces méthodes pour que les lecteurs puissent réellement les identifier et les repérer dans leurs usages. Les risques liés aux bulles informationnelles, aux biais de confirmation, à la radicalisation ou à l'affaiblissement du journalisme sont évoqués sans réel approfondissement ni véritable plus-value analytique. J'ai également eu le sentiment que l'auteur faisait porter l'essentiel de la responsabilité sur les plateformes, sans interroger suffisamment le contexte social, culturel et technique qui a rendu ces usages possibles et désirables. On trouve par ailleurs de nombreuses citations de chercheurs, de sociologues et d'analyses scientifiques, mais assez peu de didactisme ou de pédagogie dans la structure narrative, ce qui fait qu'en tant que lecteur j'ai fini par un peu tout mélanger sans bien assimiler. Quant aux propositions finales, qu'il s'agisse de solutions individuelles ou d'appels à une refondation plus humaniste du numérique, elles s'avèrent assez convenues et peu percutantes. J'ai refermé l'album sans révélation majeure, avec le sentiment que le titre est plus fort que le contenu. En définitive, j'ai lu là l'adaptation d'un essai intéressant et bien écrit, utile pour poser un cadre et nommer des mécanismes, mais qui manque de profondeur et d'audace. Une lecture correcte, dont le titre et la couverture me laissaient sans doute attendre davantage, et qui ne m'a pas réellement appris grand-chose de nouveau. Il faut dire aussi que je travaille en partie dans ce milieu et que j'étais déjà bien conscient des aspects addictifs de ces applications et médias auxquels je ne suis pas particulièrement accro. Si je passe une grande partie de mon temps devant des écrans, c'est très rarement sur un smartphone.

28/01/2026 (modifier)